lundi 3 juin 2013

Les émergents se mettent à stagner à la surface

Notez qu'ils coulent pas quand même... Et qu'il y a quand même eu un certain découplage de l'occident. Mais c'est pas encore ça...

Mister Market and Doctor Conjoncture du Jeudi 30 Mai 2013: Jean qui pleure et Jean qui rit Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 30/05/2013 (en Français texte en français )
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L’autre poche de déflation est en Asie autour de la Chine. Les institutions internationales révisent en baisse les perspectives. Les chiffres des uns et des autres ne veulent pas dire grand-chose, nous préférons faire confiance à des indicateurs en volume ; eux, ils ne trompent pas. La consommation d’énergie est extrêmement molle. Les importations de matières premières et singulièrement de minerais de fer sont en chute libre.

En Chine, la hausse des salaires s’assagit

D’après des chiffres publiés par le Bureau national des statistiques, le salaire moyen des travailleurs migrants a augmenté de 11,8% l’année dernière en Chine, pour s’établir à 2290 yuans (près de 300 euros) mensuels. Un taux de croissance faible quand on se souvient qu’en 2011, la hausse avait été de 21,2%. Cette évolution semble résulter de la dégradation de la conjoncture chinoise. Les industriels, confrontés à des surcapacités de production et à la chute de leurs prix de vente, ne semblent pas en mesure d’augmenter les salaires au même rythme qu’auparavant.

Les autorités souhaitent que d’ici à 2015, dans chaque province, le salaire moyen des travailleurs migrants atteigne 40% du salaire moyen de l’ensemble des travailleurs. Ce qui implique une hausse annuelle de 13% entre 2010 et 2015. Pour autant, l’objectif pourrait être atteint, car les salaires ont augmenté, en moyenne, de 17,6% au cours des trois premières années de cette période. C’est dans la région de Shenzhen, où les salaires des ouvriers sont les plus élevés, que la hausse a été la plus faible l’an dernier, à 6,7%. Un soulagement pour les industriels hongkongais, qui disent avoir réduit leurs effectifs sur le continent à cause de la hausse des coûts.

Selon Stanley Lau Chin-ho, le vice-président de la Fédération des entreprises de Hongkong, cité par le «South China Morning Post», le nombre de travailleurs chinois employés par des sociétés hongkongaises sur le continent devrait se situer, en 2015, à 60% ou 70% du niveau de 2010.

Le FMI réduit sa prévision de croissance chinoise

L’économie chinoise ne devrait pas croître de 8% cette année, contrairement à ce qu’avait estimé le Fonds monétaire international (FMI) en avril, mais de 7,75%, juge David Lipton, le premier secrétaire général adjoint de l’institution internationale, de passage à Pékin ce mercredi matin. Selon David Lipton, il est nécessaire que la Chine engage des politiques «décisives» afin de remettre la Chine sur de bons rails.

Le numéro deux du FMI juge que la maîtrise du crédit est devenue une priorité pour la deuxième économie mondiale, car la croissance rapide des financements jette un doute sur la qualité des investissements et sur la capacité des entreprises et des gouvernements locaux à payer leurs dettes. Limiter l’emballement du crédit pourrait ralentir la croissance chinoise à court terme, mais s’avérer bénéfique à long terme, estime donc David Lipton. L’explosion du crédit au début 2013, devenue particulièrement nette en avril, place tous les économistes devant la question de la solidité financière du pays.

Tous ne sont pas alarmistes, à l’image de Moody’s qui, hier, lors d’un colloque financier, a jugé qu’en dépit de risques réels, la Chine avait largement les moyens de retomber sur ses pieds financièrement. Mais tous jugent que le problème est sérieux, et qu’il implique des réformes de nature à ralentir l’activité économique.






L’Asie nage dans l’argent par Richard Dupaul
Le blog à Lupus, Richard Dupaul, 01/06/2013 (en Français texte en français )
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Faut-il rappeler que les banques centrales aux États-Unis (Fed), en Europe (BCE) et au Japon ont ramené leurs taux d’intérêt à des creux historiques, proches de zéro. Sans oublier que, par des opérations financières, elles injectent des milliards dans le système financier pour requinquer l’économie.

Bref, l’argent coule à flots.

Or, les faibles taux d’intérêt compliquent la vie des gestionnaires de fonds et des spéculateurs qui cherchent à placer de l’argent dans des placements sûrs et liquides offrant de bons rendements. Aussi, beaucoup d’investisseurs se tournent tout naturellement vers l’Orient pour dénicher les plus belles prises.

«L’Asie est toujours l’endroit où l’on trouve de la croissance. C’est de ce côté qu’on va diriger l’argent», résume la firme Nomura dans une note financière. En fait, il faut parler d’un tsunami de fric.

Selon les calculs de la Banque mondiale, les sommes investies dans les fonds obligataires asiatiques – des instruments financiers liquides et généralement fiables – ont bondi de 42% (en un an) au premier trimestre de 2013 pour atteindre 64 milliards US.

Une hausse prévisible. Car, à titre d’exemple, les taux sur les obligations en Corée du Sud et en Thaïlande sont deux à trois points de pourcentage plus élevés qu’en Europe ou aux États-Unis ces temps-ci. Donc un gage de succès, avec de meilleurs rendements et la sécurité en prime.

Et si on comptabilise les entrées de fonds de toutes sortes, les flux de capitaux étrangers sont encore plus imposants. Si bien que les réserves monétaires des pays asiatiques ont grimpé de 120 milliards US en un trimestre, portant leur bas de laine (excluant le Japon) à 4300 milliards US! toujours selon la Banque mondiale.

Évidemment, un tel torrent monétaire alimente la demande pour les devises locales. Dans le cas de la Corée du Sud, le won s’est apprécié de 24% par rapport au yen japonais en six mois.

De quoi déplaire aux Samsung, Hyundai et autres exportateurs coréens, qui perdent du terrain contre des concurrents profitant d’une monnaie affaiblie. La croissance de l’économie sud-coréenne est ressortie à 2% l’an dernier, le plus faible taux en trois ans, en raison surtout des exportations au ralenti.

À l’inverse, Toyota vient d’annoncer que ses profits avaient triplé l’an dernier. La raison? Le constructeur japonais ne le crie pas sur les toits, mais il profite de la faiblesse du yen – tombé à un creux de quatre ans vendredi contre le dollar américain – qui rend la marque Toyota plus attrayante et gonfle ses revenus en devises étrangères.

Aussi, les banques centrales coréenne, indienne et australienne en ont assez. Elles abaissent les taux d’intérêt afin de refouler les investissements spéculatifs – appelés «hot money» à Wall Street – qui ont le don d’entrer mais aussi de sortir rapidement d’un pays.

La Chine aussi

En dépit de ses réserves monétaires de 3400 milliards US, les plus grandes du monde, la Chine également ne s’amuse plus à la vue de ces vagues d’argent «chaud» qui s’abattent sur ses côtes.

La banque centrale chinoise vient d’annoncer des mesures pour freiner les capitaux spéculatifs qui menacent d’alimenter une envolée du yuan, la monnaie nationale.

Les chiffres les plus récents du commerce extérieur chinois ont beau montrer une hausse de 15% des exportations en avril – une hausse supérieure aux prévisions qui semble rassurante à première vue -, pour des économistes, ce bilan dissimule des flux spéculatifs enregistrés comme des transactions commerciales.

En réalité, les investissements spéculatifs étrangers sur les marchés chinois auraient atteint 180 milliards US au premier trimestre, selon des estimations. Une grosse déferlante d’argent, en somme, qui fait craindre l’émergence d’une bulle spéculative.

Les experts de Royal Bank of Scotland (RBS) estiment que la croissance réelle des exportations de la Chine n’a été que de 5,7% en avril, impliquant que les 9 points d’écart avec le chiffre officiel représenteraient des transactions commerciales fictives permettant aux étrangers d’augmenter leurs avoirs financiers en yuans.

Donc, avis aux spéculateurs: l’alerte au tsunami a été donnée. Les autorités asiatiques vous ont à l’oeil.



CHINA'S MANUFACTURING SECTOR IS CONTRACTING
Business Insider, Sam Ro, 02/06/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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Is This China's 'Minsky Moment'?
ZeroHedge, 30/05/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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China’s credit growth has been outstripping economic growth for five quarters with the corporate debt bubble looking increasingly precarious (as we explained here and here). This raises one key question: where has the money gone? As SocGen notes, although such divergence is not unprecedented, it potentially suggests a trend that gives greater cause for concern – China is approaching a Minsky moment.

the recent divergence is particularly worrying.



Au moins 93 morts dans l'incendie d'un abattoir en Chine
Challenges, 03/06/2013 (en Français texte en français )
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Au moins 93 personnes ont été tuées lundi dans l'incendie d'un abattoir de volailles dans le nord-est de la Chine, et d'autres personnes sont encore portées disparues, a annoncé l'agence officielle Chine Nouvelle.

Plus de 300 employés se trouvaient dans l'abattoir, situé près de la ville de Dehui, dans la province du Jilin, lorsque l'incendie s'est déclaré.

"Une centaine d'employés ont réussi à s'échapper de l'abattoir, dont les portes étaient verrouillées lors du départ de l'incendie", a précisé Chine Nouvelle.



Et en Inde aussi, ça patine :
What's The Matter With India?
Business Insider, Mamta Badkar, 02/06/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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India's GDP climbed 4.8% year-over-year in the January-March quarter.

This was the slowest pace of growth in a decade.



Du coup, l'Australie qui alimente tout ce petit monde en matières premières dérouille aussi, sur fond d'explosion de bulle immobilière et de crédit :
Here Are A Bunch Of Horrific Australian Economic Numbers
Business Insider, Sam Ro, 02/06/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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Australia's May manufacturing PMI report is out.

The headline number came in at 43.8, up from 36.7 in April.

Here are some bullets via AiG:
  • The Australian Industry Group Australian Performance of Manufacturing Index (Australian PMI®) was 7.1 points stronger in May although at 43.8 is still well in the red.
  • May marks the 23rd consecutive month of manufacturing contraction.
  • The new orders sub-index was up 9.9 points to 42.3.
  • The production sub-index rose 13.0 points to 46.1 in the month.
  • Input prices (54.7) and wages (52.9) growth are at their lowest levels since June 2009.
  • No state or sub-sector recorded an expansion in manufacturing in May.

4 commentaires:

  1. La bottom line est simplissime :

    -la croissance, au sens traditionnel du terme, est en asie. Effet de base : il y a des centaines de millions de gens, jeunes, qui ont les crocs, qui veulent goûter à la société de consommation, qui sont prêts à travailler comme des cinglés, et qui ont des besoins non assouvis.

    On peut prendre le problème sous tous les angles : le pognon, comme un aimant, va en Asie. Et continuera d'aller en Asie.

    Alors après bien entendu, il faut voir comment les gouvernements locaux gèreront ces influx.
    Il y aura des crises, c'est certain.

    Mais il n'y a pas d'échappatoire.

    A côté, l'Europe n'a aucune perspective : des fonctionnaires, des délires idéologiques, des immigrés "chances", des retraités.

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    1. Si c'était si simple à résumer, l'issue serait certainement déjà à portée de la main. Hélas, le flux des actifs circulants correspond à une anticipation sur des richesses à venir. Or, le système, qu'il s'exprime ou qu'il s'épanouisse en Asie ou ailleurs produit des effets collatéraux non encore chiffrés ou mesurés, non encore intégrés comptablement par faute de correspondances à des capitaux propres au sens où ils existent et participent à toute forme d'activité à caractère économique. Et le coût généré par leur traitement absorbe la part des "richesses à venir". Et ce, dans des proportions toujours plus défavorables à un ratio équilibré. C'est donc certainement d'Asie que viendra la remise en question des aberrations de ce système unijambiste. Rira bien qui rira le dernier dans cette course à la connerie.

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  2. Prévisions de l'OCDE pour l'année 2013 :

    Pour l'année 2013, le PIB de la France va baisser de 0,3 %.

    Zone euro : - 0,6 %.

    Pays-Bas : - 0,9 %.

    République Tchèque : - 1 %.

    Espagne : - 1,7 %.

    Italie : - 1,8 %.

    Slovénie : - 2,3 %.

    Portugal : - 2,7 %.

    Grèce : - 4,2 %.

    Chypre : - 10 % ? ? ?

    Chypre : la chute du PIB en 2013 pourrait être à deux chiffres.

    Le ministre chypriote des Finances, Haris Georgiades, a reconnu mardi 21 mai que la chute du PIB de l’île méditerranéenne pourrait être à deux chiffres cette année en raison des mesures d’austérité adoptées dans le cadre du plan de sauvetage européen.

    «Oui, elle pourrait être à deux chiffres», a-t-il déclaré à un groupe de journalistes de Lituanie.

    http://www.oecd.org/fr/economie/perspectives/leconomie-mondiale-progresse-mais-le-rythme-de-la-reprise-varie.htm

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  3. La croissance au T1 du Brésil a aussi été décevante...

    Après une année 2012 catastrophique...

    Julien A.

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