lundi 17 juin 2013

Marché transatlantique UE-Etats-Unis : François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont dit oui

Marché transatlantique UE-Etats-Unis : François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont dit oui
Blog d'Olivier Demeulenaere, 16/06/2013 (en Français texte en français )
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"Il n’y a pas eu de veto français le 14 juin lors du conseil européen des ministres du commerce qui a donné son accord pour l’ouverture des négociations autour d’un accord de libre échange entre l’Union européenne et les États-Unis. Le très libéral commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht s’est réjoui du feu vert des États membres, y compris sur les services audiovisuels.

Lors de la conférence de presse à Bruxelles, vendredi 14 juin, le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht s’est livré à un tour de passe-passe dont la Commission européenne a le secret (voir ici). Peu expansif, De Gucht a d’abord déclaré être « ravi que le Conseil a décidé le 14 juin de donner à la Commission européenne le feu vert pour commencer les négociations » autour d’un accord de libre échange avec les États-Unis, ce que les technocrates de la Commission ont nommé le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI, TTIP en anglais).

"98 % du contenu du mandat de la Commission a été adopté, avec un consensus très large", a révélé le commissaire européen, qui a ensuite développé la position de la Commission sur le dossier brûlant de la culture et de l’audiovisuel. « Les services audiovisuels ne sont actuellement pas dans le mandat », jure Karel De Gucht. « Mais le mandat indique clairement que la Commission a la possibilité de revenir au Conseil avec des directives de négociations supplémentaires sur la base d’une discussion avec nos homologues américains ». L’audiovisuel n’est pas dans le mandat, mais il n’est pas exclu qu’il y soit…



"Nous sommes prêts à discuter avec nos homologues américains et à écouter leur point de vue sur cette question". La conclusion de Karel De Gucht est que les services audiovisuels pourraient faire l’objet de directives de négociations supplémentaires le moment venu. Une belle victoire pour la Commission européenne qui a obtenu ce qu’elle souhaitait contre la bronca française de ces derniers jours.

Lire ici : Le coup de bluff du gouvernement sur l’exception culturelle

A l’issue du conseil des ministres européens du Commerce du 14 juin, les services de Nicole Bricq, ministre français du Commerce extérieur ont gardé le silence. Le silence a aussi prévalu à Matignon et à l’Elysée. La Commission européenne a pourtant publié le jour même un long Mémo (lire ici en anglais) détaillant ce que les États membres ont approuvé dans le cadre des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis pour un accord de libre échange.

Pourtant, François Hollande et Jean-Marc Ayrault auraient dû réagir sur le contenu de ce Mémo daté du 14 juin. Si un accord est conclu avec les États-Unis, les multinationales pourront protéger leurs investissements en utilisant une procédure d’arbitrage privée nommée « règlement des différends investisseur-Etat » (ISDS, Investor to State Dispute Settlement), et ainsi lever les barrières juridiques dans les secteurs convoités.

Lire ici : Marché transatlantique UE-Etats-Unis : le mandat explosif de la Commission européenne

Dans ce billet de blog, on découvrira ce que contient le mandat de négociation en ce qui concerne l’exception culturelle. En fait la Commission européenne évoque la « diversité culturelle », ce qui nuance fortement les propos d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, dont on dit abusivement qu’elle a obtenu gain de cause face à la commission européenne. Filippetti a d’ailleurs repris ce terme : c’est un « succès pour la diversité culturelle partout en Europe »…

Et pour Karel De Gucht, c’est un grand succès, car à Bruxelles, on a une autre lecture du mandat adopté par les ministres du Commerce. Ce conseil européen est en fait un échec pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault, qui ont ouvert la porte à la marchandisation décidée par les multinationales européennes et américaines."

Lire ici : Accord de libre échange UE-USA : les lobbies n’ont pas à décider de notre avenir

Lire ici le communiqué de bilaterals.org

Thierry Brun, Politis.fr, le 15 juin 2013

9 commentaires:

  1. Ce n'est pas un coup de bluff, mais une gigantesque opération de propagande et d'intoxication (avec la complicité des américains).

    En clair : on fait semblant de s'écharper sur un point totalement accessoire, anecdotique, pour totalement dissimuler l'arrière-plan. Ce qui permet à Neuneu et à son gang de se prévaloir d'une "victoire" politique, alors qu'ils sont comme cul et chemise avec Bruxelles et Washington.

    Bref, c'est à gerber.

    Mais ça passe comme une lettre à la poste. Il faut noter que le cheptel français a été littéralement conditionné par 20 ans de propagande, puisque ça fait 20 ans qu'on lui parle de l'"exception culturelle française"...

    Cela constitue un puissant marqueur mental.

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  2. Ce haut fait de vassalisation transnationale constitue une première, et jusqu'ici la seule vraie et profonde réforme de ce gouvernement : un acte d'abandon de souveraineté supérieur à l'Euro.

    Mais je n'ai de cesse de vous le dire et c'est en train de se réaliser : il s'agit de coaliser l'Occident (les échanges on s'en fout un peu, pour le peu que ça représente ; ce n'est pas un accord qui va les faire repartir).

    Ce dont il est question, c'est d'unifier le bloc occidental comme client du reste du monde, en sapant tout accord bilatéral avec les émergents, pour qu'il devienne too big to fail.
    On est tous d'accord pour se serrer les coudes et continuer le pillage.
    C'est ça l'enjeu.

    Côté Europe, on voit ça comme le moyen de s'arrimer au paquebot US dont on se dit qu'il peut mieux tenir que le rafiot Europe (les derniers matraquages de la propagande sur le "les USA s'en sortent mieux" servait à ça). Côté USA, on est bien content de pouvoir trouver des relais de financement chez ces cons d'Européens, qui ont cru pouvoir faire meilleure figure face aux émergents avec une politique vertueuse.

    "Tous unis dans la faillite" sera désormais notre devise commune.

    Ca va accélérer la réalisation de l'ASEAN, et sûrement dynamiser le Mercosur, l'Afrique restant comme d'habitude à la traîne.

    On est rentrés de plein pied dans une logique de blocs.

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  3. Neuneu est en perdition. Et il fait un four absolu à la télé.

    http://tinyurl.com/kpxnsn9

    Que c'est bon d'assister à une telle déchéance. Prochain RDV... le 14 juillet (il parlera vélo)... Et ensuite 31/12 (il parlera de la neige).

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  4. A-t-il pas du marché transatlantique ? Certainement comme d'une "chance pour la France". Aucune idée, je ne regarde pratiquement plus la télé et si je tombe sur ce monsieur, je zappe immédiatement identiquement à son prédecesseur à la fin de son mandant.

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  5. Ce qui est inquiétant c'est l'avenir des relations EU/Russie.
    Car ce nouveau "Machin" va forcément décourager tout rapprochement avec la Russie.
    Le blocage actuel de l'EU sur la suppression des visas avec la Russie en atteste déjà....
    :-(

    Il va vraiment falloir tout faire tomber pour se sortir de cette nasse.
    L'UE, l'Euro, l'OTAN, l'OCDE, le GATT.... TOUT !

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    1. "Il va vraiment falloir tout faire tomber pour se sortir de cette nasse.
      L'UE, l'Euro, l'OTAN, l'OCDE, le GATT.... TOUT !"

      oui on en vient à souhaiter un cataclysme économique majeure, seul à même de nous permettre de nous échapper de cette clique au pouvoir et de cet asservissement impérial...

      mais la politique du pire on ne sait jamais vraiment ce qu'elle amène.

      Seule consolation : si nous pouvons peu nous défendre(on peux quand même se préparer au pire, voir San Giorgio)les zélites au pouvoir elles pourront encore moins arriver à une maitrise totale...

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  6. http://www.lefigaro.fr/international/2013/06/17/01003-20130617ARTFIG00694-passe-d-armes-entre-hollande-et-barroso-sur-l-exception-culturelle.php

    Barroso estime qu'on ne se fait pas encore assez s......... les fesses. On va se faire exploser toute notre industrie, l'agriculture et l'alimentaire, le militaire par les américains avec le bousonium transatlantique. Mais c'est pas encore assez. Le minuscule domaine que Louis16 a défendu (pour faire semblant et contenter le bon peuple, ne soyons pas dupe), c'est encore trop.
    Comme si on ne bouffait deja pas assez de culture us, le ciné la musique et tout le reste.
    Quelle honte cette UE.

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    1. C'est çà ou la ruée des asiatiques ici. Pour la méthode, c'est exactement le meilleur moment pour que les négociations soient au bénéfice presque exclusif des USA, comme par hasard là où les Standards & Poors et autres Goldman'Sachs séjournent....
      La prochaine étape consistera à mettre sous le joucs la grande Russie...
      Histoire de tenir à distance (des intérêts US) la menace asiatique.
      Voili-voilou,nous sommes cuits !!

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