vendredi 28 juin 2013

Sur la disjonction des pays officiels et réels

Sur mon post précédent, j'ai eu ce commentaire ci...
Moui... la "rage" des Grec... j'attends de la voir... Quand par exemple, ils auront le courage de voter, à une majorité, pour Aube Dorée ou l'extrême-gauch. D'ici là, franchement, on reste dans le virtuel.

C'est comme la révolte des Italiens, Espagnols, Portugais... qui continuent de voter pour une fausse alternance, passant de l'UMP au PS, et vice versa.

Tonio... Est-ce que Rajoy a une tête d'"enragé" ? Est-ce que Letta a une tête d'"enragé" ?

Or dans ce dernier post, je parlais aussi de cette issue possible là :
Ou alors ça finira juste par une disjonction complète des pays. Avec deux pays vivant sur le même sol. Un pays officiel, de plus en plus village Potemkine, seul, avec des ressources qui s'effondrent de fait d'une explosion de l'activité non déclarée, pendant que le pays réel, lui, aura appris à faire sans le pays officiel. Et les premiers disparaîtront juste avec la faillite... Sans un bruit. Comme un pet dans le vent... Et le pays réel, lui, qui aura appris depuis longtemps à faire sans le pays officiel, ne s'en rendra peut-être même pas compte...

Or souvenez vous :
La Grèce face au chaos : le pays est désormais ingouvernable
atlantico, Joëlle Dalègre, 07/05/2012 (en Français texte en français )
→ lien
Une abstention record (35% contre 29% en 2009) et des résultats où triomphe la colère : effondrement du bipartisme (35% des voix aux 2 partis, 77% en 2009 ), écroulement du PASOK (13,2% des voix et 41 sièges contre 43,9% et 160 sièges en 2009) qui paye le prix de la gestion de Georges Papandréou, montée du virulent rassemblement des gauches mené par le jeune Alexis Tsipras, le SYRIZA (16,7% des voix et 52 sièges, 2e parti, contre 4,6% des voix et 13 sièges en 2009), et entrée d'une extrême-droite nouvelle au parfum de nazisme, Aube Dorée (7% des voix et 21 sièges) qui se distingue par une xénophobie affirmée face aux 800 000 illégaux qui errent à travers la Grèce.

Effondrement de l'UMPS locale, explosion de l'abstention...

Avant...


Après :


Et en intégrant l'abstention :



Naturellement, le système a fait revoter ces grecs qui votent mal, en juin de cette année là...
Abstention record aux élections du 17 juin
info-grèce, 17/06/2013 (en Français texte en français )
→ lien
L'abstention des électeurs grecs aux élections législatives du 17 juin a battu un nouveau record à 37,53%, en augmentation de 2,5 points par rapport au scrutin du 6 mai.

En gros, entre le vote protestataire et l'abstention, c'est plus d'un grec sur deux désormais qui dit merde au pays officiel. Et dans l'effondrement du PIB, vous pouvez être sûr qu'il y a aussi une grande part de passage sous les radars de la comptabilité nationale et ponctionnable de l'activité...

Plus que le vote protestataire, c'est l'abstention qui est tout particulièrement intéressante.

Tout se passe comme si le grec passait en mode Soljenytsine... "Ne les croyez pas, ne les craignez pas, ne leur demandez rien"...

Le pays officiel est de plus en plus un village Potemkine. Une part de plus en plus importante de la population vit désormais à côté de ce pays officiel, et regarde ces bouffons babeliens agiter les bras très fort alors que leur emprise réelle sur le pays se réduit chaque jour un peu plus, et que les manettes répondent de moins en moins...

Vous croyez sérieusement que si les taux de chômage étaient réels, les gens, aculés, crève la faim, n'auraient pas déjà foutu le feu ? Avec des 30% de taux de chômage ? Et je suis sûr que derrière les PIB qui s'effondrent et les taux de chômage qui explosent, il y a surtout en fait tout un monde qui s'extrait du cadre officiel. Comment vous arrivez à expliquer sinon que les maisons continuent de s'y vendre 200 000€ ?

Et la fermeture de la télé publique est symptomatique. Ils en sont réduits à s'attaquer au cœur de la petite rente gôchiste babelienne. Ils n'arrivent même plus à ponctionner assez pour nourrir le cœur même du pouvoir...

Babel disparaît... Comme un pet dans le vent...



Tout ça me fait furieusement penser à cette conférence moultes fois postée sur l'effondrement de l'empire romain, et à sa conclusion :
By justice he meant a just system of taxation. Salvian tells us, and I don't think he's exaggerating, that one of the reasons why the Roman state collapsed in the 5th century was that the Roman people, the mass of the population, had but one wish after being captured by the barbarians: to never again fall under the rule of the Roman bureaucracy.

In other words, the Roman state was the enemy; the barbarians were the liberators. And this undoubtedly was due to the inflation of the 3rd century. While the state had solved the monetary problem for its own constituents, it had failed to solve it for the masses. Rome continued to use an oppressive system of taxation in order to fill the coffers of the ruling bureaucrats and soldiers.

3 commentaires:

  1. Encore une fois, il ne connait RIEN a l'histoire
    de l'empire Romain.

    Voir sa fiche wiki:
    James G. Rickards is an American lawyer, economist, and investment banker with 35 years of experience working in capital markets on Wall Street. He is a writer and is a regular commentator on finance.

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    1. Et encore une fois, c pas James Rickards. Regarde bien, il y a deux liens dans le post...

      La conférence est de Joseph R. Peden...

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  2. "Plus que le vote protestataire, c'est l'abstention qui est tout particulièrement intéressante.
    Tout se passe comme si le grec passait en mode Soljenytsine... "Ne les croyez pas, ne les craignez pas, ne leur demandez rien"..."
    C'est exactement ça aussi en Espagne (que je connais mieux que la Grèce) qui est sur la même pente, les jeunes notamment y sont massivement abstentionnistes. Un des slogans du mouvement 15-M (les indignés) aux dernières présidentielles était d'ailleurs "no les votes" ("ne vote pas pour eux", tous candidats confondus). L'élection de Rajoy est totalement déconnectée de ces réalités-là, il a été mis au pouvoir essentiellement par les papy-boomers.
    Et de même, retour des jeunes chômistes à la campagne pour faire maraîcher ou apiculteur, et économie non-officielle massive.

    Pour moi un des meilleurs exemples de la résilience espagnole est Marinaleda: https://fr.wikipedia.org/wiki/Marinaleda
    Pas mal de bonnes choses dans ce bled, notamment les baraques à 15 euros par mois, et pas des cubes en béton plastique, des chouettes petites maisons façon échoppe bordelaise en version blanc andalou (on les voit sur google maps)
    sur la page wiki on lit d'ailleurs "Le PS espagnol n'est pas trés tendre dans ses propos concernant Marinaleda". Tu m'étonnes. Une ville comme ça met bien le nez dans leur caca à ceux qui ont encore le culot de s'appeler "parti socialiste ouvrier".

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