jeudi 25 juillet 2013

Baptiste Créteur : Libérons la France !

Libérons la France !
Contrepoints, 25/07/2013 (en Français texte en français )
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La France est un pays où les droits poussent aussi vite que les emplois disparaissent. Après le droit de puer au musée, voici le droit d'être moche et mannequin. Abercrombie & Fitch emploie de beaux mannequins pour construire son image, partout dans le monde. Mais en France, choisir des mannequins parce qu'ils sont beaux, c'est faire de la discrimination envers les moches. Choisir, c'est discriminer, et en France, c'est grave.

La France est un pays où on s'empresse de clore les débats avant qu'ils n'aient eu lieu : OGM, gaz de schiste, mariage pour tous, il faut créer l'unité parmi les Français en tranchant pour eux sur les sujets qui les divisent. Le pays a d'ailleurs fait une spécialité d'un dialogue social où seules les revendications des syndicats sont légitimes et peuvent être défendues violemment s'il le faut en toute impunité.

La France est un pays qui réécrit son histoire et dont on réécrit l'hymne pour bien refléter la disparition des valeurs de liberté, d'égalité devant la loi et de fraternité, dont certains auteurs ont disparu des bibliothèques et programmes scolaires et certains faits historiques sont progressivement effacés.

La France est un pays qui se veut terre d'accueil dont les hauts potentiels s'en vont, qui se targue d'être le pays des droits de l'homme, les revendique partout et les bafoue sur son sol. Un pays qui se targue d'être à la pointe en matière de progrès social où le taux de chômage ne cesse de grimper. Un pays où seuls les politiciens parlent d'avenir et vis-à-vis duquel la presse étrangère hésite entre mettre en garde et se moquer.

La France est un pays où la vie des citoyens n'a jamais été aussi prise en charge par l’État, mais aussi n'a jamais été aussi compliquée. Un pays où on ose encore se déclarer socialiste ou communiste, considérer que ce sont de belles utopies mal mises en œuvre et qu'on pourrait bien refaire un petit essai. Un pays où on se bat contre le capitalisme alors qu'il n'y existe déjà presque plus, où on a presque atteint sans le dire l'idéal communiste.

La France est un pays nostalgique des années fastes où on pouvait boire et fumer, où les idéologies vivaient encore et où on rêvait de liberté. C'est aussi l'un des derniers pays à vivre dans l'idéologie au mépris de la réalité, où les nostalgiques ont voté pour plus de taxes sur l'alcool et tabac, et où la liberté n'est plus qu'un rêve.

La France est un pays où on veut créer des emplois et que les entreprises reviennent, en les assommant de prélèvements et en taxant lourdement le travail, en fermant la porte aux énergies permettant d'améliorer la compétitivité et en voulant créer de tout, sauf de la richesse. Un pays pour lequel on crée une marque, des plans alambiqués et des chocs de simplification sans ambition, où on pense que c'est avec plus de bureaucratie qu'on lutte contre la rigidité, avec plus de privilèges qu'on lutte pour l'égalité.

La France est un pays de castes, groupes, minorités, lobbies, un pays de boucs émissaires, de traîtres et d'évadés, un pays où on se bat pour plus d’État pour lutter contre le fascisme, où on se bat pour plus de discriminations pour lutter contre les discriminations.

La France est un pays dont on parle du passé pour se repentir sans cesse, de l'avenir pour donner de faux espoirs et du présent avec urgence. Une exception économique, une exception culturelle, une exception aux principes de l'action humaine qui résiste à la gravité des circonstances et aux lois intemporelles. Un pays où la dette coute cher mais n'est pas un fardeau, où on peut faire des économies sans réduire les dépenses et parler d'austérité quand on augmente les impôts.

La France est un pays malade, vieillissant et au chômage, où l’État-providence colossal mais fragile ne résistera pas à la crise qui vient et créera de vives tensions mais qu'on refuse de renforcer pour préserver la paix sociale.

La France est un pays qui change tous les 5 ans mais parvient à aller toujours dans la mauvaise direction, toujours plus loin et toujours plus vite vers le mur qu'il érige autour de lui. Un pays qui rêve d'ouvrir ses frontières à la misère du monde mais de les fermer à la richesse, à Edward Snowden et à ceux qui veulent sortir, de traquer les Français où qu'ils soient pour réclamer ce qu'ils doivent à la nation qui leur a offert une éducation médiocre. La France est un pays qui refuse qu'on stigmatise, mais aussi qu'on réussisse ; qui n'aime pas qu'on se mette en avant et refuse de laisser quiconque derrière. Tout le monde est dans le même bateau, et il coule.

La France est un pays occupé à ne rien faire pour changer. Un pays colonisé par les évadés fiscaux de l'intérieur, les privilégiés de l'égalitarisme, les lobbies de la démocratie et les partisans d'une transparence plus opaque. Un pays dirigé par des repris de justice et sclérosé par des groupes de pression qui entravent tout changement à cor et à cri, qui défendent becs et ongles les avantages acquis sur le reste des citoyens et le status quo qui assombrit chaque jour un peu plus l'avenir du pays et éloigne peu à peu toute perspective d'avenir.

La France est un pays qui, pourtant, pourrait connaître des jours meilleurs, et vite. Les Français sont plein de ressources, mais on les en prive et les empêche de les utiliser à meilleur escient. La France telle qu'elle est est condamnée, comme tous les pays qui ont pris la voie du collectivisme l'ont toujours été. Pour que le pays prospère, il faut que ses habitants puissent créer et échanger entre eux aussi simplement que possible. Mettons derrière nous l'avenir sombre qui se profile : libérons la France !

8 commentaires:

  1. Mais arretez de vous plaindre !

    Il y en a marre des "constats"... des km d articles plus ou moins bien tournes...

    nous savons tout.

    deja.

    la seule question est : que faire ?

    reponse : precipiter la chute dee ce systeme de merde.

    comment ?

    en lui coupant les vivres.

    avec des recettes de la rapine etatique en berne, plus de hollande, plus de taubira, valls, plus de syndicalistes, plus de 5.5 millions de fonctionnaires qui vous meprisent et vous rient au nez, ...

    c est pourtant simple bon sang !

    arretez de consommer, expatriez vous, arretez de produire, delocalisez vos entreprises, fermez vos bureaux et vos usines...

    Atlas Shrugged ! La greve.

    c est le seul moyen pour mettre a bas le leviathan.

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    1. L'un n'empêche pas l'autre.
      Tu dois découvrir ce blog puisque le thème attlas shrugged est plus qu'abordé ici;

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  2. +1
    je suis jaloux de son éloquence !

    mais au moins c'est dit.

    y a quand même un problème de mentalité étrange en France qui nie les évidence avec une rhétorique culpabilisante refoulatoire.

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  3. La France est simplement un ensemble de pays qui auraient pu former une union solide et tenant par elle-même si leurs cultures rurales et leurs traditions révolutionnaires n'avaient pas été rejetées dans les oubliettes de l'histoire à la faveur de concepts abstraits, sans enracinement charnel, et qui bien que louables (humanisme, droits de l'homme), ont par leur abstraction et leur élitisme empêché la république d'être authentiquement populaire. Ils ont au contraire laissé le champ libre aux tendances étatistes et autoritaires qui se sont solidifées au XVIIème sous Richelieu et prolongées par la suite. Cette déchéance morale et cette mainmise de l'Etat que certains constatent et déplorent aujourd'hui ne datent pas d'hier, elles ne font que prendre une forme différente au fil des avancées techniques.

    Simone Weil: "il y a eu en France ce paradoxe d'un patriotisme fondé, non sur l'amour du passé, mais sur la rupture la plus violente avec le passé du pays. Et pourtant la Révolution avait un passé dans la partie plus ou moins souterraine de l'histoire de France ; tout ce qui avait rapport à l'émancipation des serfs, aux libertés des villes, aux luttes sociales ; les révoltes du XIVe siècle, le début du mouvement des Bourguignons, la Fronde, des écrivains comme d'Aubigné, Théophile de Viau, Retz. Sous François Ier un projet de milice populaire fut écarté, parce que les seigneurs objectèrent que si on le réalisait les petits-fils des miliciens seraient seigneurs et leurs propres petits-fils seraient serfs. Si grande était la force ascendante qui soulevait souterrainement ce peuple.
    Mais l'influence des Encyclopédistes, tous intellectuels déracinés, tous obsédés par l'idée de progrès, empêcha qu'on fit aucun effort pour évoquer une tradition révolutionnaire. D'ailleurs la longue terreur du règne de Louis XIV faisait un espace vide, difficile à franchir. C'est à cause d'elle que, malgré les efforts de Montesquieu en sens contraire, le courant de libération du XVIIIe siècle se trouva sans racines historiques. 1789 fut vraiment une rupture."

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  4. Simone Weil: "[Le dévouement de Richelieu] à l'État a déraciné la France. Sa politique était de tuer systématiquement toute vie spontanée dans le pays, pour empêcher que quoi que ce soit pût s’opposer à l'État. Si son action en ce sens semble avoir eu des limites, c'est qu'il commençait et qu'il était assez habile pour procéder graduellement. Il suffit de lire les dédicaces de Corneille pour sentir à quel degré de servilité ignoble il avait su abaisser les esprits. Depuis, pour préserver de la honte nos gloires nationales, on a imaginé de dire que c'était simplement le langage de politesse de l'époque. Mais c'est un mensonge. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à lire les écrits de Théophile de Viau. Seulement Théophile est mort prématurément des conséquences d'un emprisonnement arbitraire au lieu que Corneille a vécu très vieux.
    La littérature n'a d'intérêt que comme signe, mais elle est un signe qui ne trompe pas. Le langage servile de Corneille montre que Richelieu voulait asservir les esprits eux-mêmes. Non pas à sa personne, car dans son abnégation de soi-même il était probablement sincère, mais à l'État représenté par lui. Sa conception de l'État était déjà totalitaire. Il l'a appliquée autant qu'il pouvait en soumettant le pays, dans toute la mesure où le permettaient les moyens de son temps, à un régime policier. Il a ainsi détruit une grande partie de la vie morale du pays. Si la France s'est soumise à cet étouffement, c'est que les nobles l'avaient tellement désolée de guerres civiles absurdes et atrocement cruelles qu'elle a accepté d'acheter la paix civile à ce prix.
    Après l'explosion de la Fronde, qui en ses débuts, par bien des points, annonçait 1789, Louis XIV s'installa au pouvoir dans un esprit de dictateur bien plutôt que de souverain légitime. C'est ce qu'exprime sa phrase : « L'État c'est moi. » Ce n'est pas là une pensée de roi. Montesquieu a très bien expliqué cela, à mots couverts. Mais ce qu'il ne pouvait encore apercevoir à son époque, c'est qu'il y a eu deux étapes dans la déchéance de la monarchie française. La monarchie après Charles V a dégénéré en despotisme personnel. Mais à partir de Richelieu, elle a été remplacée par une machine d'État à tendances totalitaires, qui, comme le dit Marx, non seulement a subsisté à travers tous les changements, mais a été perfectionnée et accrue par chaque changement de régime.
    Pendant la Fronde et sous Mazarin, la France, malgré la détresse publique, a respiré moralement. Louis XIV l'a trouvée pleine de génies brillants qu'il a reconnus et encouragés. Mais en même temps il a continué, avec un degré d'intensité bien plus élevé, la politique de Richelieu. Il a ainsi réduit la France, en très peu de temps, à un état moralement désertique, sans parler d'une atroce misère matérielle"

    bref tout cela ne date pas d'hier, ça ne fait que se perfectionner techniquement.

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  5. que c'est facile de râler sans rien faire pour que cela change !
    que c'est facile de tout critiquer et de ne rien proposer d'autre !
    que c'est facile de passer son temps à cracher dans la soupe !
    "il vaut mieux un imbécile qui marche qu'un "philosophe" assis" ...

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    1. Vous y êtes presque : "deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche"

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  6. Vu le nombre d'abrutis (croissant) et de diminués du bulbe, des roses, des verts, des rouges, des "démoncrates" et des libéraux pédophiles, je leur souhaite de continuer la lutte (finale) contre le "fascisme" et de se faire bouffer tout crus par leur joyeuse diversité égorgeuse et anthropophage qui les enrichit tant !
    Mort aux cons !

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