jeudi 25 juillet 2013

Charles Péguy

Un commentaire très intéressant que m'a poussé Martin T.

Les socialistes d'aujourd'hui ont trahi les socialistes d'hier c'est certain...

Charles Péguy

"Pour Péguy, la République se doit de poursuivre, par son organisation, ses exigences morales et donc son énergie, l'œuvre de progrès de la monarchie au service du peuple tout entier, et non pas au service de quelques-uns – comme la IIIe République le faisait selon lui, à cause de la faiblesse de son exécutif et de l'emprise abusive des partis. Son nationalisme est spontanément philo-judaïque par fidélité à nos racines autant judéo-chrétiennes que gréco-romaines. Pour lui, la « race française » est le fruit millénaire d'une correspondance entre un peuple et une terre irriguée par des siècles de christianisme ; le christianisme est d'abord païen, au sens du latin paganus (paysan). C'est à cette vision de la nation qu'adhèrent plus tard Bernanos et de Gaulle. Par conviction, il s'oppose fermement à cet « universalisme facile » qui commence, à ses yeux, à marquer la vie économique et culturelle : « Je ne veux pas que l'autre soit le même, je veux que l'autre soit autre. C'est à Babel qu'était la confusion, dit Dieu, cette fois que l'homme voulut faire le malin ». Pour Péguy, tout ce qui relève de la confusion et du désordre nous enchaîne ; ce sont l'ordre, l'organisation, la rationalité qui libèrent."

Tu apprécieras la référence à "Babel"...

Cordialement,

Martin

Beaucoup trop tolérant à la guerre et à la mort à mon goût, mais la citation vaut son pesant de cacahouètes... Ça change de nos traitres à leur peuple déguisés en socialistes...

4 commentaires:

  1. "Péguy disait heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre. Il doit s'ensuivre que ceux qui les tuent injustement sont des malheureux. Si les soldats français de 1914 sont morts dans une juste guerre, alors c'est certainement aussi le cas, au moins au même degré, pour Vercingétorix. Si l’on pense ainsi, quels sentiments peut-on avoir envers l'homme qui l'a tenu pendant six ans enchaîné dans un cachot complètement noir, puis l'a exposé en spectacle aux Romains, puis l'a fait égorger ?
    Mais Péguy était un fervent admirateur de l'Empire romain. Si l'on admire l'Empire romain, pourquoi en vouloir à l'Allemagne qui essaie de le reconstituer, sur un territoire plus vaste, avec des méthodes presque identiques ? Cette contradiction n'a pas empêché Péguy de mourir en 1914. Mais c'est elle, quoique non formulée, non reconnue, qui a empêché beaucoup de jeunes en 1940 d'aller au feu dans le même état d'esprit que Péguy."
    Simone Weil, "L'Enracinement", 1943

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  2. Les "socialistes" actuels qui sont avant tout des néolibéraux déguisés, se gardent bien de toute référence à Charles Péguy. Pensez-donc: il était nationaliste. En plus, il emploie des termes bannis, passibles des assises, comme "la race française" On en a envoyé aux galères pour moins que ça....
    Quand les hommes de bonne volonté vont-ils ouvrir les yeux et mettre un terme au règne de tous ces tartuffes adoubés par le Siècle via le Bilderberg et fabriqués médiatiquement par une presse plus avide de carrière que de vérité.
    Oui, Péguy avait anticipé tout cela lorsqu'il a écrit:
    "La nation, le patrimoine de ceux qui n'ont rien"

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  3. toujours de Simone Weil, du même ouvrage: "Dans la confusion actuelle [en 1943] des pensées et des sentiments autour de l'idée de patrie, avons-nous aucune garantie que le sacrifice d'un soldat français en Afrique est plus pur par l'inspiration que celui d'un soldat allemand en Russie ? Actuellement nous n'en avons pas. Si nous ne sentons pas quelle terrible responsabilité il en résulte, nous ne pouvons pas être innocents au milieu de ce déchaînement de crimes à travers le monde.
    S'il y a un point sur lequel il faille tout mépriser et tout braver par amour de la vérité, c'est celui-là. Nous sommes tous rassemblés au nom de la patrie. Que sommes-nous, quel mépris ne mériterons-nous pas, si dans la pensée de la patrie se trouve mêlée la moindre trace de mensonge ?
    Mais si les sentiments du genre cornélien n'animent pas notre patriotisme, on peut demander quel mobile les remplacera.
    Il y en a un, non moins énergique, absolument pur, et répondant complètement aux circonstances actuelles. C'est la compassion pour la patrie. Il y a un répondant glorieux. Jeanne d'Arc disait qu'elle avait pitié du royaume de France.[...]
    Qu'on ne pense pas que la compassion pour la patrie n'enferme pas d'énergie guerrière. Elle a animé les Carthaginois à un des exploits les plus prodigieux de l'histoire. Vaincus et réduits à peu de chose par Scipion l'Africain, ils subirent ensuite pendant cinquante ans un processus de démoralisation auprès duquel la capitulation de la France à Munich est peu de chose. Ils furent exposés sans aucun recours à toutes les injures des Numides, et, ayant renoncé par traité à la liberté de faire la guerre, ils imploraient vainement de Rome la permission de se défendre. Quand ils le firent enfin sans autorisation, leur armée fut exterminée. Il fallut alors implorer le pardon des Romains. Ils consentirent à livrer trois cents enfants nobles et toutes leurs armes. Puis leurs délégués reçurent l'ordre d'évacuer entièrement et définitivement la ville afin qu'elle pût être rasée. Ils éclatèrent en cris d'indignation, puis en larmes. « Ils appelaient leur patrie par son nom, et, lui parlant comme à une personne, ils lui disaient les choses les plus déchirantes. » Puis ils supplièrent les Romains, s'ils voulaient leur faire du mal, d'épargner cette cité, ces pierres, ces monuments, ces temples, à qui on ne pouvait rien reprocher, et d'exterminer plutôt la population tout entière ; ils dirent que ce parti serait moins honteux pour les Romains et bien préférable pour le peuple de Carthage. Les Romains restant inflexibles, la ville se souleva, bien que sans ressources, et Scipion l'Africain, à la tête d'une armée nombreuse, mit trois années entières pour s'en emparer et la détruire.
    Ce sentiment de tendresse poignante pour une chose belle, précieuse, fragile et périssable, est autrement chaleureux que celui de la grandeur nationale. L'énergie dont il est chargé est parfaitement pure. Elle est très intense. Un homme n'est-il pas facilement capable d'héroïsme pour protéger ses enfants, ou ses vieux parents, auxquels ne s'attache pourtant aucun prestige de grandeur ? Un amour parfaitement pur de la patrie a une affinité avec les sentiments qu'inspirent à un homme ses jeunes enfants, ses vieux parents, une femme aimée. La pensée de la faiblesse peut enflammer l'amour comme celle de la force, mais c'est d'une flamme bien autrement pure. La compassion pour la fragilité est toujours liée à l'amour pour la véritable beauté, parce que nous sentons vivement que les choses vraiment belles devraient être assurées d'une existence éternelle et ne le sont pas."

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  4. « Le triomphe des démagogies est passager, mais les ruines sont éternelles. »
    Charles Péguy

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