lundi 29 juillet 2013

Courrier des lecteurs

Courrier des lecteurs
Egalité & réconciliation, 29/07/2013 (en Français texte en français )
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Cher Alain Soral,

Je vous écris suite à la lecture de plusieurs courriers des lecteurs. Ces courriers des lecteurs aux profils variés sont encourageants, et j’imagine même plus stimulants pour vous qu’un compteur de vues dailymotion. Je vous écris aussi par besoin de m’adresser à quelqu’un qui par ses analyses démontre être une des rares personnes qui pourra comprendre mon parcours.

Je suis un ex-banquier, dans l’investissement en infrastructure, aujourd’hui consultant freelance. Je vis dans et de la logique mondialiste que vous dénoncez, et dont je corrobore à la critique bien que faisant partie du problème. Ceci dit j’ai de plus en plus de mal à en vivre, et j’ai de moins en moins de motivation, ce qui revient en fait au même. Je pense que cela est dû à une prise de conscience assez forte qui se doit principalement à mon parcours et à mes origines.

Né en France, fils d’immigré italien resté en contact avec le pays, j’ai dès l’enfance été confronté à deux réalités, la réalité de la famille, paysanne, saine, simple mais aussi très limitée, et la réalité de la ville moyenne de France où j’ai grandi, l’abondance, mais aussi le manque de certaines valeurs de base, le multiculturalisme et le communautarisme. Communautarisme quasi-inexorable qui commençait chez moi en se référant aux voisins comme "français", terme amicalement péjoratif se référant à un voisinage de prolétaires dont la laideur avait beaucoup à voir avec la perte de leurs traditions françaises, à commencer par la cuisine – les pâtes au jambon ou au ketchup de mes camarades de classe étaient très symptomatiques d’un mal plus profond.

Après des années d’école publique qui me firent baigner dans le multiculturalisme et bain idéologique sos racisme, et n’ayant jamais vraiment compris quelle attitude adopter entre la sympathie familiale pour Le Pen et le discours étudiant ambiant, je me suis affranchi de toutes ces questions en me concentrant sur les études et entrant dans une grande école parisienne – ou du moins j’avais cru m’en affranchir.

La réalité m’est retombée dessus lorsque j’ai commencé à côtoyer une certaine bourgeoisie "catholique" française qui vit du système et est donc allergique à Le Pen, mais aussi quelques juifs séfarades, en apparence fils de commerçants comme moi, en apparence déracinés comme moi, mais dévoilant au fil des années un cosmopolitisme antagoniste à toute forme d’enracinement, préférant ainsi New York à la France. Je n’avais à l’époque pas encore lu Simone Weil mais j’étais sensible à la question de l’enracinement par intuition.

C’est lors de ces années d’études que ma conscience de classe s’est développée. Mes parents me payaient les études mais je n’oubliais pas leurs 15h de travail par jour. Puis en allant à l’étranger pour finir mes études, j’ai fini par travailler à Hong Kong plusieurs années. J’ai alors pu ajouter la catégorie juifs ashkénaze à ma compréhension du monde, et du monde la banque en particulier en entrant dans ce monde. J’ai toujours eu un talent d’observation et d’intégration dans un groupe, m’immisçant dans des mondes étrangers pour mieux les comprendre et sans les juger de premier abord. J’ai alors compris que la distance qui me séparait des élites mondialistes dont je faisais partie de facto était beaucoup plus grande que la distance culturelle qui me séparait des prolétaires français. La distance géographique était donc finalement moins déterminante que la distance de classe dans la lecture du monde.

Mon père, ce petit patron qui offrait l’appéritif à ses employés le samedi, m’exaspérait par son mono-déterminisme politique centré sur la seule valeur travail - souvent travail individuel de production, ce qui fait sens chez un immigré de première génération mais me paraissait être une vision limitée. Il aurait sûrement dit de Soral que c’est un malin qui cherche à eviter de travailler qui ne vaut pas mieux que les autres ! Aujourd’hui, je comprends qu’il réunissait le bon sens et la conscience politique du petit entrepreneur, et qu’un type cultivé comme Soral tend finalement, à 50 ans, à se rapprocher plus vers cette catégorie que vers celle de penseur ou chroniqueur télé. C’est finalement qu’elle est assez vertueuse et affranchissante.

De mon coté, je continue à vivre dans et par le parasitisme tertiaire. Ça me permet de vivre confortablement et même d’avoir pu modestement faire un don de quelques centaines d’euros à votre association il y a un plus d’un an. Vous sourirez en apprenant que par méfiance j’ai utilisé une adresse mail temporaire et que je fais de même aujourd’hui. Méfiance envers le système.

Car la rançon "de la gloire", c’est d’être tenu par les couilles, à tel point que beaucoup finissent par les perdre ou pire encore, par se demander si elles servent encore à quelque chose tant la carte de crédit fait des miracles. Une sorte d’aboutissement du meilleur des mondes où les riches contrôlent, les pauvres reproduisent, où tout le monde est heureux et personne ne se pose de questions, la mort de la conscience par la flatterie de l’égo et du plaisir individuel. Comme a dit Vanneste que j’ai découvert sur votre site : on vit dans un monde où on ne pense plus, ou alors si l’on pensait ça serait pour penser à soi.

Concernant le monde de la banque d’investissement, ce monde de l’argent et la corruption morale où l’un nourrit le besoin de l’autre et vice-versa, sachez que la motivation première des jeunes analystes est d’accéder aux "models and bottles", c’est à dire au carré VIP de la "meilleure" boîte du centre-ville remplie de banquiers, d’avocats, de consultants et de bimbos. Bimbos c’est-à-dire putes, demi-putes pour certaines : chroniqueuses pour revues féminines ou mannequins ratées, voire putes-en-devenir : jeunes étudiantes bobos qui passent leurs vendredi après-midi à choisir leur robe et arrivent en boîte avec 3 fois trop d’accessoires… ou tout simplement putes du capital comme nous c’est-à-dire avocate, banquier ou consultante, executive woman à talons hauts qui a quand même besoin d’un réconfort mâle dominateur après une semaine de boulot et une bouteille de vin blanc au bar avec sa collègue. À se demander si, au milieu de tout ça, les putes au premier sens du terme ne sont finalement pas les plus honnêtes et vertueuses !

La corruption morale est assez banale dans ce milieu, la banque en elle-même en tant que logique ou système n’a pas de morale autre que la croissance du profit, et est un espace complètement déshumanisé. En tant que jeune analyste j’ai pu m’enthousiasmer pour certains projets d’infrastructure donnant l’impression de participer à quelque chose de vertueux, puis j’ai vite déchanté, lorsque ne pouvant pas faire avancer un projet malgré un sacré budget "lobbying" le tout fut découpé en pièces (droits, pré-contrats etc) et vendu aux plus offrants, permettant ainsi tout même de faire du profit sans pourtant que ce projet ait un quelconque futur concret qui fasse sens. Être à l’intérieur de ce monde ouvre les yeux.

Et ça ouvre les yeux aussi sur un sujet qui vous est cher. Pour reprendre et adapter une citation de Desproges je dirai que dans le monde de la banque, le monde se divise en deux catégories, les juifs et les schyzo-sémites ! C’est-à-dire à la fois "antisémite" car bien au fait de la domination juive de ce monde de l’usure, et à la fois philo-sémite par admiration pour la communauté qui contrôle notre monde professionnel, d’autant que tout le monde rêve du bonus et du premier million de dollars. Pour certains, goys en général, le premier million est vu comme une fin, pour d’autres plus ambitieux et donc plus faciles à corrompre, comme un début !

Je ne suis pas resté assez longtemps dans la banque pour accéder aux fêtes partouzardes dont tout le monde parle discrètement, et qui étaient organisées par un directeur assez senior. Je n’ai donc pas vu de première main la dérive réellement satanique du milieu. Mais dans une moindre mesure, il me suffit d’observer beaucoup de mes collègues qui partagent ce goût pour la coke, le plaisir de baiser hors mariage et d’aller en vacances à Ibiza à 35 piges pour comprendre quel futur les attend. Le profit et l’usure sont tout à fait compatibles avec l’hédonisme, et j’irai même plus loin en disant que ceux qui ont le plus de succès sont ceux qui "embrassent" l’hédonisme et se revendiquent d’Ayn Rand pour se justifier de leur égoïsme. Niveau décadence morale, j’ai donc bien vu le début de la spirale.

Ma conscience politique et ma douleur face à ce milieu a sûrement une explication anthropologique, difficile de passer de petit-fils de paysan et fils de petit patron à l’élite d’argent la plus destructrice. Parmi tant d’intellectuels et d’experts qui passent leurs vies sur les plateaux télé, vous êtes un des seuls à comprendre et à exprimer ça. Quand vous expliquiez pourquoi le système ne pourrait pas se servir d’une Ségolene Royal, fille de militaire, car ayant en elle un reste de structuration mentale et morale, tout ça fait sens à mes yeux. La notion même de système que certains renvoient directement à de la conspiration est beaucoup plus facile à appréhender une fois passé quelques années en plein dedans.

Je vous considère donc avant tout non pas comme un penseur ni comme un politique mais comme un "éveilleur de conscience". Ce noble but que vous vous fixez et que vous atteignez de plus en plus. Mon courrier fait suite à d’autres, et aura pour but je l’espère de montrer les différents horizons des gens qui vous écoutent et vous soutiennent. Vous avez fait un choix, et comme vous aimez à le dire, contrairement à la jeunesse pressée, vous savez que les arbres prennent du temps avant de donner des fruits et que votre travail est un travail sur la durée.

Enfant, je m’étonnais de voir mon grand-père de 60 ans planter de tout petits oliviers à coté d’olivier centenaires. La frustration de savoir que dans 20 ans ils auraient grandi si peu qu’ils ne feraient pas la moitié de la taille des autres, me faisait penser que mon grand-père n’avait vraiment rien de mieux à faire. Aujourd’hui je comprends que ce sont les gens comme lui qui fondent l’humanité.

Et je tiens à dire qu’il est assez admirable et courageux d’être sorti du monde dans lequel vous étiez, mais au final je crois comprendre qu’entre choisir d’endurer la laideur morale au prix du mensonge ou basculer vers la vérité, il vous aura été assez simple de choisir. Et que comme toujours le courage n’est qu’un terme généreux qui permet d’expliquer après coup qu’on ait suivi son intention sans prendre en compte les risques auxquels on s’exposait. Un peu comme ce père de famille qui a désarmé un homme au cinéma et dont vous avez relayé l’information.

Aujourd’hui, à 34 ans, je n’ai toujours pas atteint le million de dollars, mais mes rêves ont dramatiquement changé. Plus envie de Porsche, plus envie d’appartement chic en haut d’une tour, mon rêve est de me marier, d’avoir des enfants, de pouvoir m’affranchir de cette vie qui me coûte tant d’effort indidivuel et du travail pour nourrir un capital qui certes me dédommage bien, mais qui ne m’a pas permis d’atteindre le niveau de satisfaction d’un petit entrepreneur local comme mon père.

Contrairement à vous, j’aspire à vivre dans l’anonymat, sans ambition politique sinon celle d’élever mes futurs enfants de manière civique et responsable. En tant que produit de la mondialisation, il m’est pourtant aujourd’hui difficile de retourner vivre à la campagne, de trouver une femme qui puisse accepter mon train de vie et mon niveau de vie tout en ayant des valeurs saines – cet univers étant très réduit. Considérant l’enracinement comme décrit par Simone Weil comme fondamental, je suis aujourd’hui un être humain quasiment in-enracinable. Je vous laisse penser à ça, c’est une donnée avec laquelle il faudra penser le monde de demain.

Merci de m’avoir lu. Je lis votre revue de presse fréquemment ce qui me permet de rester en contact avec la langue française. Pour le reste des médias français comme le Monde ou le Figaro, ils ne sont qu’une version française d’une presse mondialiste abondamment disponible en anglais.

Bon courage !

J

18 commentaires:

  1. mouai ta gueule, entre frustration d'etre arrive trop tard et nevrose d'aller nul part.

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  2. Témoignage assez intéressant.

    "Il aurait sûrement dit de Soral que c’est un malin qui cherche à eviter de travailler qui ne vaut pas mieux que les autres ! "

    C'est aussi mon avis !

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    1. Exactement !

      Derrière le côté "gourou plein de bon sens", AS peut servir effectivement d'éveilleur de conscience pour ceux qui en ont besoin. Mais il vaut mieux ne pas trop s'attarder sur lui. (sauf si comme moi vous appréciez le côté involontairement comique de ses messes mensuelles)

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  3. On sent la frustration du J dans sa lettre...
    Il aurait voulu en croquer, il n'en croque pas assez à son gout.

    J ferait mieux de se dire qu'il a déjà une sacrée situation. Je connais pas mal de bac+5 qui tueraient pour avoir sa place, juste pour assurer leur survie.
    Avec la thune qu'il a accumulé, il peut faire comme le suisse survivaliste : se payer une ferme à la campagne, et bosser en freelance. Au moins il supporterait moins ses estimés collègues.

    @tonio
    Oui, le système nous tient par les c*uilles. A partir du moment où tu es dans une situation perdante (genre bac+5 chômeur ou galérien à près de 30 ans, tu cherches à te soumettre pour te faire une place.
    Car, cerise sur la gâteau, les années de galère empêchent d'accumuler un patrimoine qui permettrait de financer une reconversion ou un démarrage d'activité en solo.

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    1. Bien sûr tu cherches à te soumettre!!
      J'ai moi-même été dans ce cas, j'ai signé mon premier CDI à plus de 30 ans après 9 ans de galère!!!
      Il ne faut pas oublier que nous sommes en grande majorité salarié quand nous avons la "chance" d'avoir un boulot, nous vendons tous notre force de travail contre un salaire, nous sommes des prolos: les putes du capital ou de l'état!!!
      Un prolo à bac+5 est un prolo!!! Ce mec a juste conscience que c’est une pute de luxe, alors que son père lui possédait son moyen de production et son indépendance !!
      On a juste oublié ce qu'est le rapport de classe, on ne veut juste pas voir que quelques 800 gros actionnaires dans le monde contrôlent toutes les multinationales, que ces gros actionnaires contrôlent les médias et la presse et donc les gouvernements !!!
      Tant que les gens n’auront pas compris que pour abolir la servitude volontaire au système il ne faut mieux répartir les profits (social-démocratie : capitalisme + état providence) mais mieux répartir les moyen de production !!
      Chacun doit être le possesseur de son outil de travail, de sa maison, de son champ, etc !! Voilà la seule transformation du système souhaitable selon moi, car elle ne mène pas un bonheur préfabriqué mais à plus d’indépendance économique et à la vraie démocratie !!!
      Lisez Proudhon et Bakounine!!!

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    2. C'est sûr que du jour au lendemain des millions de crétins, de veaux, d'idiots congénitaux vont devenir proprio de leur "outil de travail".

      Si théoriquement tu as sans doute raison, dans la pratique tu es totalement à l'ouest.

      La population humaine, c'est 10 % de très intelligents, 10 % de très cons (mais vraiment très cons) voire de débiles mentaux, et 80 % entre les deux.

      J'ajoute à ma critique, pour faire bonne mesure, que les crétins libéraux qui nous pompent l'air avec l'"éducation", la "formation", le "mouvement qualitatif vers le haut" sont également totalement à côté de la plaque, et pour les mêmes raisons : la négation de la structure de toute population humaine.

      Désolé : tout le monde ne peut pas être ingénieur, avocat, artisan etc.

      Donc retour à la case départ : on fait quoi des gens peu "qualifiés" (pour reprendre la linote à la mode).

      Je rephrase : on fait quoi des 6,6 millions de crétins absolus que nous avons sur les bras en France ?

      Avant ils étaient aux champs... Mais maintenant ?

      Le vrai tabou il commence là. C'est ce genre de constats dérangeants qu'il faut d'abord poser.

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    3. Non, pas les putes : les esclaves...

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    4. @Anonyme 11:55 de Anonyme de 10:37
      Ils font fonctionnaires (seul les fonctionnaires doivent être salariés et interdit de droit de grève): cantonier, agent d'entretien ou de maintenace, jardinier municipal, à quoi travaille les gens dans les CAT???
      Le commentaire sur le travail des champs est bien péjoratif vis à vis des paysans, je trouve!!
      Voici une petite citationde proudhon (de 1848) pour expliquer la base de cette réfléxion sur la nécessité d'être possésseur de son outil de production:
      Ici encore, et combien parmi nous l'ont pu voir, le principe de la division des industries existant à peine, la propriété était tout ; la famille était comme un petit monde fermé et sans communications extérieures. Les mêmes mains semaient le blé, le faisaient moudre et le faisaient cuire. Les hommes étaient tout à la fois vignerons, bouviers, laboureurs, bouchers. Ils savaient la maçon¬nerie, la charpente, le charronnage. Les femmes étaient cardeuses de laine, peigneuses de chanvre, fileuses, tisserandes, couturières. On passait des années entières presque sans argent ; on ne tirait rien de la ville ; chacun chez soi, chacun pour soi ; on n'avait besoin de personne. La propriété était une vérité ; l'homme, par la propriété, était complet. C'est à ce régime que s'était formée la forte race qui accomplit l'ancienne révolution. Aussi, voyez quels hommes ! quels caractères ! quelles vigoureuses personnalités! Auprès de ces natures de fer, nous n'avons que des tempéraments mous, flasques et lymphatiques.

      Telle était, en 1789, l'économie générale de la société : l'indépendance des fortunes faisait la sécurité du peuple. Aussi nos aïeux purent-ils supporter dix ans de régime révolutionnaire, soutenir et vaincre les efforts de l'Europe conjurée ; tandis que nous, race désappropriée, race appauvrie, avec six fois plus de richesses cependant, nous ne tiendrions pas six mois, non pas à la guerre étrangère, ni à la guerre civile, mais à la seule incertitude !...

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  4. Bac +5 ... ah Bac + 5....
    mais qu'est ce que ça veut dire "bac + 5" ?
    c'est des gens qui ont passé (brillamment bien sur) le LMD dans une discipline quelconque.
    en aucun cas ça ne donne de droit ni de prérogatives.
    On a plein de bac + 5 dans des discipline complètement bouchées. Et quand les prétendants se sont engagés dans lesdites disciplines ils savaient que c'était bouché et que leur "bac +5" ne leur servirait pas vraiment pour gagner leur vie. Evidemment ça fait des frustrés d'autant qu'il y a des disciplines dans lesquelles il y a du travail assez bien payé même pour des diplômes inférieurs.
    Maintenant qu'ils ont la tête bien pleine (bien faite c'est autre chose) ils n'ont qu'à se recycler. Après tout passer d'un LMD d'histoire de l'art à plombier ça nous ferait des artisans intéressants.

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    1. Tu m'étonnes...
      On nous a vendu les études comme une solution idéale.
      Et j'ai tout à fait conscience que malgré mon futur bac+8, je reste un prolo.

      Un détail : souvent, tu te rends compte que c'est bouché à la fin du cursus, pas au début...
      Et faut justifier ton échec auprès de la famille (supporter aussi que ta copine te lâche car tu est un looser).

      Autre chose d'assez craquant : même si tu acceptes ton déclassement et tu tapes sur des postes de tech, ton CV ne passe pas dans le privé comme dans le public car trop diplômé/mange le pain des techniciens, etc...

      Sinon, comme tu dis, il reste encore la reconversion. Perso, j'hésite entre plombier, technicien géomètre ou technicien informatique... avec la kangoo, au black. Je n'ai pas les finances nécessaires pour me lancer dans le maraichage.

      Y en a aussi qui montent des boites. J'en connais un qui a fait ça, et qui vit des subventions au renouvelable...

      Peste et coryza

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    2. Voyez les choses du bon côté. Vous êtes arrivés plus tard sur le marché du travail, ce qui doit arranger pas mal de monde...

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    3. Pas nous en tout cas !

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  5. Tiens c'est amusant, le style utilisé dans ce courrier ressemble au phrasé de Soral..

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  6. Je crois que certains commentateurs ont mal lu ou compris le texte.
    Ce n'est pas le non-million qui a fait changer l'auteur, mais simplement sa conscience, conscience née de l'expérience familiale (qu'il a la chance d'avoir eue).
    J'ai un pote, qui comme lui était trader.
    Comme lui il a arrêté, et se mure désormais dans une vie familiale totalement anonyme (pas de compte Facebook, pas de présence sur le Net).

    Ils font souvent ça, les traders.

    Ils s'éclatent un bon coup, et après ils ont honte.
    Au départ ça les fait marrer d'entuber les gens, mais ils finissent par prendre conscience que ce n'est pas ça la vraie vie.
    Ceux qui restent, ma foi, ils devaient être faits pour être des enculés (banquiers, pardon).

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    1. Facile de lacher n'importe quel taff pour des raisons plus ou moins fallacieuses quand on a amassé suffisamment de cash pour vivre rentier le reste de sa vie...!
      Combien de personnes exploitent au max le système pendant 10 / 20 ans pour devenir rentiers et vivre tranquilous a la campagne en mode babacools ? (et se refaire une virginité!)
      inge36ans

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    2. Ils pourraient pas rendre l'argent, ces traders "repentis" ? On serait plus indulgents...

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  7. "je suis aujourd’hui un être humain quasiment in-enracinable."

    C'est là tout le génie des élites, parvenir à déraciner même les plus lucides et les plus intelligents.

    Pendant ce temps, la "communauté dont on ne peut pas dire le nom" préserve sévèrement ses racines dans ce qui sera le dernier Etat-Nation de cette planète (pas de mariage gay, immigration ultra contrôlée, indépendance politique etc...).

    Le meilleur plan est effectivement de s'assurer une sortie individuelle du système sans dégâts, tout en transmettant les valeurs essentielles à ses descendants. Peut être qu'en théorisant et qu'en diffusant ce processus de proche en proche, on peut parvenir à changer le cours des choses. Mais pour moi, sans brutal chute du niveau de vie des populations, ce sera quasi impossible.

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  8. "on vit dans un monde où on ne pense plus, ou alors si l’on pensait ça serait pour penser à soi."

    Et oui. Snif !

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