dimanche 28 juillet 2013

L'ascension d'Igor Sechin en Russie, ou comment le probable successeur de Poutine va tourner le dos au modèle occidental

Par Jacques Sapir :
Igor Sechin : jusqu’où ne montera-t-il pas ?
Ria Novosti, Jacques Sapir, 28/07/2013 (en Français texte en français )
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L’étoile d’Igor Sechin est en train de monter de manière spectaculaire au firmament politique Russe. Le président de ROSNEFT est désormais l’un des hommes les plus puissants mais aussi les plus influents, après le Président Poutine naturellement.

Sechin a joué un rôle essentiel dans la transformation de ROSSNEFT, une société où l’État est majoritaire, ces dernières années en un géant mondial. Cette compagnie pétrolière s’est d’abord étendu dans son secteur d’origine, au point de devenir, à la suite du rachat de TNK-BP, l’une des principales, voir LA principale, compagnie pétrolière dans le monde. Elle a aussi acquis massivement les technologies qui lui manquaient jusque-là au travers d’un accord historique conclu avec BP. Ces technologies vont lui permettre non seulement de réaliser des progrès importants en exploration et en exploitation, mais aussi de prendre une option décisive sur la future exploitation du gaz et de l’huile de schiste. Elle a de plus pris des contacts importants avec les compagnies pétrolières chinoises, et s’est placée de manière avantageuse par rapport à cet immense marché. Dans le même temps, elle a commencé à se diversifier dans le domaine du gaz, et va pouvoir accélérer cette diversification d’ailleurs grâce aux technologies acquises qui vont lui permettre de récupérer une bonne partie du gaz gaspillé sur les puits de pétrole.

Il est de notoriété publique qu’il a défendu depuis de nombreuses années un modèle de développement largement inspiré de l’exemple chinois. Ce modèle, que l’on peut qualifier de modernisation conservatrice, s’oppose au modèle « libéral » qui a été suivi jusqu’à maintenant par la Russie. Avec l’affaiblissement progressif de Dmitry Medvedev et la montée en puissance d’Igor Sechin, c’est peut-être à un basculement de modèle que l’on est en train d’assister en Russie.

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