jeudi 25 juillet 2013

L'autre rente

Je parle ici souvent de la klepto finance qui se nourrit de la planche à billets, mais il ne faut pas perdre de vue également l'autre rente, soviétoïde, qui n'est d'ailleurs que l'autre face de la même pièce du groucho capitalisme, malgré le spectacle de la fausse opposition dialectique que ces deux rentes organisent. Les dettes et la fausse monnaie générés par les premiers ne servant qu'à payer les rentes et le sur pouvoir d'achat des seconds...

Détroit : Autopsie d’une mort par overdose de syndicalisme
Contrepoints, 24/07/2013 (en Français texte en français )
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Le Wall Street Journal évoque le cas d’une tentative d’optimisation des techniques de soudure qui a tourné court faute d’avoir l’aval de UAW, ici un témoignage plus personnel d’un ancien employé qui se demande ouvertement comment on peut humainement réussir à atteindre une qualité d’assemblage aussi médiocre.




Detroit, précurseur du destin des USA : le cauchemar d'Ayn Rand devient réalité
Contrepoints, Daniel Hannan, 25/07/2013 (en Français texte en français )
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Si vous voulez voir le résultat final que donnera la politique menée par Obama, alors regardez du côté de Detroit.

Voici la description que The Observer fait de Detroit :

Tout ce qui n'est pas jeté est volé. Les usines et maisons ont été dépouillées de quasiment tout objet de valeur. Les voleurs s'en prennent désormais aux pots d'échappement de voitures. L'analphabétisme atteint les 47%. La moitié des adultes de certaines zones sont au chômage. Dans de nombreux quartiers, le seul signe d'activité est une personne marchant lentement vers le magasin de spiritueux.

Maintenant, voici la description étrangement prophétique de Starnesville, une ville du centre-ouest des États-Unis dans le roman dystopique d'Ayn Rand, La Grève. Cette ville avait été le foyer de la grande Twentieth Century Motor Company, mais avait décliné à cause du socialisme.

Quelques maisons étaient encore debout dans le squelette de ce qui avait été autrefois une ville industrielle. Tout ceux qui pouvaient se déplacer étaient partis, mais quelques personnes étaient restées. Les bâtiments vides étaient en ruines, ils avaient été mangés, non pas par le temps, mais par les hommes : des planches arrachées au hasard, des tuiles manquantes, des trous laissés dans des caves brûlées. On aurait dit que des mains invisibles s'étaient emparées de tout ce qui pouvait servir sur le moment, sans aucune notion de rester en vie le lendemain matin. Les maisons habitées étaient dispersées au hasard parmi les ruines, la fumée de leurs cheminées restant le seul mouvement visible de la ville. Une coque de béton, qui avait été une école, se tenait à la périphérie. Elle ressemblait à un crâne, avec les orbites vides de ses fenêtres sans vitres et quelques mèches de cheveux s'accrochant, sous la forme de câbles à l'abandon.

Au-delà de la ville, sur une colline éloignée, se tenait l'usine de la Twentieth Century Motor Company. Ses murs, toits et cheminées semblaient solides, impénétrables comme une forteresse. L'usine paraissait intacte, à l'exception d'une citerne argentée, renversée sur le côté.

Ils ne voyaient aucune trace d'une route vers l'usine, parmi les kilomètres d'arbres et de collines. Ils se dirigeaient jusqu'à la première maison en vue qui avait un faible signe de fumée. La porte était ouverte. Une vieille femme s'était approché en entendant le moteur. Elle était courbée et enflée, pieds nus, habillée d'un sac de farine. Elle regardait la voiture sans étonnement, sans curiosité, c'était le regard vide d'une personne ayant perdu la capacité de ressentir quoi que ce soit, en dehors de l'épuisement.

"Pouvez-vous m'indiquer le chemin vers l'usine ?" demanda Rearden.

La femme ne répondit pas tout de suite. Elle le regarda comme si elle était incapable de parler anglais. "Quelle usine ?" demanda-t-elle.

Rearden la pointa du doigt. "Celle-là."

"C'est fermé."

Maintenant, voici ce qui est vraiment extraordinaire. Lorsque Ayn Rand publia ces mots en 1957, Detroit était, selon la plupart des indicateurs, la ville avec le plus haut PIB par habitant des États-Unis.

La Starnesville de la réalité, tout comme la fictionnelle, a dépéri lentement, puis s'est effondrée rapidement. J'ai passé quelques semaines à Detroit en 1991. La ville fonctionnait toujours plus ou moins normalement, mais les premiers signes de décomposition étaient visibles. Mon hôte, un cousin de mon compagnon de voyage britannique, tenait un bar et restaurant. Il semblait, à mes yeux adolescents, l'incarnation du rêve américain : il n'avait jamais été à l'université mais avait réussi à créer une entreprise prospère, fermement et sans se plaindre. Pourtant, il était inquiet. Il me disait qu'il faisait partie d'un nombre en chute de contribuables, soutenant de plus en plus de dépendants. Il se disait qu'il valait peut-être mieux vendre, tant que l'activité était encore bonne.

Il n'était pas le seul à penser ainsi. La population de Motown [NdT: surnom de Detroit, du même nom que la compagnie de disques fondée dans cette ville] a chuté de 2 millions à 700.000 et les quartiers autrefois prospères sont devenus délabrés. Soixante six mille maisons ont été abandonnées. Les agents immobiliers sont incapables de louer des maisons avec 3 chambres pour un dollar.

Bien entendu, The Observer cite un natif de Detroit se plaignant que "le capitalisme a échoué". Mais le capitalisme est justement la seule chose dont cet endroit a désespérément besoin. Detroit est dirigée par une administration de gauche depuis un demi-siècle. La ville a dépensé et emprunté trop, chassant les entreprises et devenant un outil des syndicats.

Sur les 11 milliards de dollars de la dette de Detroit, 9 milliards représentent les salaires et les retraites du secteur public. Sous la montagne de ces dettes accumulées, l'argent ne va plus dans les services, mais dans les retraites. Le résultat ? La police met une heure à répondre à un appel d'urgence et les deux tiers des ambulances ne sont plus en état de rouler. C'est un échec non pas du secteur privé, mais de l’État. Et aujourd'hui encore, l’État se bat pour sa clientèle : un tribunal a annulé la demande de faillite au motif que "cela réduira les retraites des employés du secteur public".

Ce qui nous amène à ce qui est le plus terrifiant. Detroit pourrait tout aussi bien être un précurseur du reste des États-Unis. Pour citer Mark Steyn du National Review :

Comme Detroit, les États-Unis ont des dettes non capitalisées, à hauteur de 220.000 milliards de dollars selon l'économiste Laurence Kotlikoff. Comme Detroit, les États-Unis chouchoutent la classe gouvernementale et étendent la classe dépendante. Au point que sa "réforme de l'immigration" en accord avec les deux principaux partis va recruter activement entre 50 et 60 millions d'immigrants peu qualifiés. Comme à Detroit, les institutions publiques des États-Unis sont de plus en plus les responsables corrompus d'un système à parti unique, les exemples les plus évidents étant l'IRS et le Département de Justice au nom trompeur. Comme Detroit, les États-Unis se transforment en une classe d'"organisateurs de communautés" et d'habitants malheureux des communautés ainsi organisées.

Pas étonnant que le président préfère alors parler de Trayvon Martin. Si vous voulez voir le résultat final des Obamanomics, regardez Starnesville. Et tremblez.



Unions and Fundamental Freedoms: Two Upcoming U.S. Supreme Court Cases
Mish's Global Economic Trend Analysis, Mike Shedlock, 24/07/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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What follows is a guest post regarding two important union cases that the US Supreme Court will hear.

Unions and Fundamental Freedoms by David. A. Bego

The U. S. Supreme Court has agreed to hear two cases in the next year
which will determine whether persons will be protected in their
exercise of the fundamental right to either choose whether to engage in
union representation or to abstain from such representation, and to make
such decision absent intimidation from either the union or their
employer via the secret ballot election — the same process we use to
elect our local, state and federal government officials. Interestingly,
both cases stem from the President’s attempt to provide political
payback to his allies in Big Labor through the Rogue NLRB.

7 commentaires:

  1. Les socialistes d'aujourd'hui ont trahi les socialistes d'hier c'est certain...

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_P%C3%A9guy

    "Pour Péguy, la République se doit de poursuivre, par son organisation, ses exigences morales et donc son énergie, l'œuvre de progrès de la monarchie au service du peuple tout entier, et non pas au service de quelques-uns – comme la IIIe République le faisait selon lui, à cause de la faiblesse de son exécutif et de l'emprise abusive des partis. Son nationalisme est spontanément philo-judaïque par fidélité à nos racines autant judéo-chrétiennes que gréco-romaines. Pour lui, la « race française » est le fruit millénaire d'une correspondance entre un peuple et une terre irriguée par des siècles de christianisme ; le christianisme est d'abord païen, au sens du latin paganus (paysan). C'est à cette vision de la nation qu'adhèrent plus tard Bernanos et de Gaulle. Par conviction, il s'oppose fermement à cet « universalisme facile » qui commence, à ses yeux, à marquer la vie économique et culturelle : « Je ne veux pas que l'autre soit le même, je veux que l'autre soit autre. C'est à Babel qu'était la confusion, dit Dieu, cette fois que l'homme voulut faire le malin ». Pour Péguy, tout ce qui relève de la confusion et du désordre nous enchaîne ; ce sont l'ordre, l'organisation, la rationalité qui libèrent."

    Tu apprécieras la référence à "Babel"...

    Cordialement,

    Martin

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  2. Un peu facile comme analyse :

    "Si vous voulez voir le résultat final que donnera la politique menée par Obama, alors regardez du côté de Detroit"

    Le résultat final ne vient pas seulement de Obama, mais de la politique économique suivie dès le début des 80' par Reagan.

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    1. alors la boucle est bouclé et il faisait quoi obama en 1980

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  3. Désolé, mais associer la chute de Détroit à Obama révèle un parti pris idéologique tellement extrême que ça décrédibilise tout l'article.

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    1. l'idéologie elle est dans la construction d'une population hors sol " pour le bien du clan du bien ".
      Chicago community organizer and Harvard Law School

      Two years after graduating, Obama was hired in Chicago as director of the Developing Communities Project (DCP), a church-based community organization originally comprising eight Catholic parishes in Roseland, West Pullman, and Riverdale on Chicago's South Side. He worked there as a community organizer from June 1985 to May 1988.[30][31] He helped set up a job training program, a college preparatory tutoring program, and a tenants' rights organization in Altgeld Gardens.[32] Obama also worked as a consultant and instructor for the Gamaliel Foundation, a community organizing institute.[33] In mid-1988, he traveled for the first time in Europe for three weeks and then for five weeks in Kenya, where he met many of his paternal relatives for the first time.[34][35] He returned to Kenya in 1992 with his fiancée Michelle and his half-sister Auma.[34][36] He returned to Kenya in August 2006 for a visit to his father's birthplace, a village near Kisumu in rural western Kenya.[37]

      In late 1988, Obama entered Harvard Law School. He was selected as an editor of the Harvard Law Review at the end of his first year,[38] and president of the journal in his second year.[32][39] During his summers, he returned to Chicago, where he worked as an associate at the law firms of Sidley Austin in 1989 and Hopkins & Sutter in 1990.[40] After graduating with a J.D. magna cum laude[41] from Harvard in 1991, he returned to Chicago.[38] Obama's election as the first black president of the Harvard Law Review gained national media attention[32][39] and led to a publishing contract and advance for a book about race relations,[42] which evolved into a personal memoir. The manuscript was published in mid-1995 as Dreams from My Father.[42]
      University of Chicago Law School and civil rights attorney

      In 1991, Obama accepted a two-year position as Visiting Law and Government Fellow at the University of Chicago Law School to work on his first book.[42][43] He then taught at the University of Chicago Law School for twelve years—as a Lecturer from 1992 to 1996, and as a Senior Lecturer from 1996 to 2004—teaching constitutional law.[44]

      From April to October 1992, Obama directed Illinois's Project Vote, a voter registration campaign with ten staffers and seven hundred volunteer registrars; it achieved its goal of registering 150,000 of 400,000 unregistered African Americans in the state, leading Crain's Chicago Business to name Obama to its 1993 list of "40 under Forty" powers to be.[45]

      In 1993, he joined Davis, Miner, Barnhill & Galland, a 13-attorney law firm specializing in civil rights litigation and neighborhood economic development, where he was an associate for three years from 1993 to 1996, then of counsel from 1996 to 2004. His law license became inactive in 2007.[46][47]

      From 1994 to 2002, Obama served on the boards of directors of the Woods Fund of Chicago, which in 1985 had been the first foundation to fund the Developing Communities Project; and of the Joyce Foundation.[30] He served on the board of directors of the Chicago Annenberg Challenge from 1995 to 2002, as founding president and chairman of the board of directors from 1995 to 1999.[30]

      http://translate.googleusercontent.com/translate_c?depth=1&hl=fr&prev=/search%3Fq%3Dobama%26safe%3Doff%26client%3Dopera%26hs%3Dark%26channel%3Dsuggest&rurl=translate.google.fr&sl=en&u=http://en.wikipedia.org/wiki/Altgeld_Gardens,_Chicago&usg=ALkJrhg4_ahDweW1vhmEjD2jrx6sluXSFg

      cerise sur le gâteau le clergé n'est pas mort :

      http://translate.googleusercontent.com/translate_c?depth=1&hl=fr&prev=/search%3Fq%3Dobama%26safe%3Doff%26client%3Dopera%26hs%3Dark%26channel%3Dsuggest&rurl=translate.google.fr&sl=en&u=http://en.wikipedia.org/wiki/Altgeld_Gardens,_Chicago&usg=ALkJrhg4_ahDweW1vhmEjD2jrx6sluXSFg

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  4. Us vs UE, par J.Attali :

    "Le monde anglo-saxon ne voit pas que sa faillite approche à grands pas : les Américains refusent de voir que, sur presque tous les points, leur situation est bien pire que celle des Européens : l’Eurozone a une balance des paiements excédentaire ; pas les Etats-Unis ; le chômage américain (en prenant les vraies statistiques) est très supérieur à celui de l’Union ; les inégalités et la criminalité sont très supérieures aux Etats-Unis qu’en Europe ; l’espérance de vie augmente en Europe, quand elle diminue aux Etats-Unis. Quant à la dette publique, dont les médias anglo-saxons nous rebattent les oreilles pour l’Eurozone, les Etats-Unis sont en pleine débâcle. En faillite même : leur dette publique atteint aujourd’hui 16 000 milliards de dollars, soit 100% du PIB", déclarait Jacques Attali dans L'Express en février 2013. "Les Etats-Unis sont donc dans une situation bien pire que celle de l’Union européenne, et même que les plus endettés des pays de l’Union. Ils sont en faillite. Et le dollar ne tient que par ceux qui veulent bien maintenir leurs réserves dans cette monnaie", ajoutait-il.

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  5. Fed Economist Fired for Investigating Suspicious 9-11 Cash Transfers; and Steve Keen Exposes Financial Fallacies

    http://www.zerohedge.com/contributed/2013-07-25/fed-economist-fired-investigating-suspicious-9-11-cash-transfers-and-steve-ke

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