vendredi 19 juillet 2013

Nations artificielles sans consistance charnelle

Wallons et Romands plus près des Français que de leurs compatriotes
Romandie, 19/07/2013 (en Français texte en français )
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Les Belges et Suisses romands ont, sur les grands sujets de société, des opinions plus proches des Français que de leurs propres compatriotes flamands et alémaniques, selon un sondage de l'institut Ifop. La culture et l'histoire, mais aussi les médias joueraient un rôle important dans la construction de cette proximité.

"Etonnante communauté de pensée"

Ifop met en avant la proximité culturelle et historique, ainsi que "l'influence des médias français et allemands très suivis en Suisse", pour expliquer la "construction d'un référentiel commun".

Cette "étonnante communauté de pensée", selon Ifop, se retrouve en Belgique, un pays profondément divisé entre Wallons et Flamands. L'institut rappelle que "la Wallonie partage de longue date avec la France les mêmes conceptions en matière économique et sociale".

Résultat: quand 54% des Français interrogés estiment que les chômeurs "pourraient trouver du travail s'ils le voulaient", 58% des Wallons sont du même avis, alors les Flamands sont 70% à le penser. Et les mêmes tendances se dessinent sur la question de l'intervention de l'État dans l'économie.

Une question n'est en revanche pas posée aux Wallons et aux Suisses alémaniques dans le sondage: "Vous sentez-vous plus proches des Français ou de vos compatriotes", flamands ou alémaniques?

Etrange ce sondage tout de même... On nous préparerait le terrain pour la grande recomposition ?

4 commentaires:

  1. Pour la venue du régionalisme probablement.

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  2. "Etrange ce sondage tout de même... On nous préparerait le terrain pour la grande recomposition ?"

    Beaucoup de fantasmes, hein ?

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  3. l'UE veut recomposer les populations en grandes régions. Ils construisent une grande région qui va des alpes française jusqu'au fond de l'autriche. Ce projet avance bien, et ils n'ont pas fait vote les populations. Dans le rhin ils ont tenté le coup .... raté. mais ils vont revenir autrement, peut-etre a travers ce que suggere le sondage.

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  4. Je ne peux pas parler pour la Belgique, n’étant pas Belge mais Suisse, mais en ce qui concerne mon pays, parler de « nation artificielle » me paraît un contre-sens absolu, aussi bien politique qu’historique. Certes, la Suisse n’est pas une nation au sens français du terme (l’Allemagne non plus d’ailleurs, sinon quid de l’Autriche ?), mais une « Willensnation », une Confédération d’Etats animés d’une même volonté (à défaut d’une culture ou d’une langue uniques), puis un Etat fédéral (à partir de 1848), qui s’est constamment fortifié depuis le lointain XIIe siècle, et surtout le Traité de Westphalie, puis la tentative maladroite de République helvétique imposée par Napoléon. Bref une union politique et pragmatique de plus en plus profonde, avec un socle libéral et démocratique commun, en résistance contre deux ensembles hégémoniques, hasbourgeois-prussien et français. La Suisse romande (si on parle d’elle) n’est pas un ensemble homogène. Vaud et surtout Fribourg (bilingue) ont des liens anciens avec Berne, issus des luttes contre le Duché de Bourgogne à la fin du moyen âge. La Réforme a définitivement arrimé Vaud à la Suisse, même si culturellement le « Kulturkampf » avec Berne, et donc la proximité avec l’espace culturel francophone, s’est maintenu. Il était même probablement plus fort au XVIIIe siècle qu’aujourd’hui. Neuchâtel et Genève sont entrés plus tard dans l’espace politique suisse, même si là aussi le protestantisme (que l’on songe à la lutte constante contre la Maison de Savoie) rapprochait la fière République de Genève (culturellement là aussi proche de l’espace philosophique français – Mme de Staël, Voltaire…) et la Principauté de Neuchâtel-Valangin (autrefois dans l’orbite prussienne) de l’ensemble politique helvétique, encore en construction à l’époque. La création du canton du Jura en 1979 a d’ailleurs montré que le fédéralisme suisse avait suffisamment de ressources pour permettre de remodelages sans trop de casses.
    Il est vrai aujourd’hui qu’un Suisse s’est toujours senti davantage citoyen d’un canton que suisse. Pour ma part, je suis d’abord et avant tout Bernois (culturellement), très éloigné par exemple d’un Zurichois et encore plus d’un Grison, mais politiquement suisse, avec ce que cela comporte d’idéal libéral, démocratique et religieux. Bref, la question est biaisée. Contrairement à la Belgique, la Suisse n’a jamais été travaillée de tensions séparatistes, les guerres internes étant toutes liées à des problématiques religieuses (affrontements entre catholiques et protestants). La dernière guerre civile suisse, le Sonderbud, en 1848, était d’ailleurs un affrontement entre cantons catholiques (francophones, comme le Valais, et germanophones, comme Lucerne) et cantons protestants (francophones – comme Vaud – et germanophones – comme Zurich et Berne).
    Pour le Tessin, conquis rapidement par les Uranais à la Renaissance, la situation est encore différente, et cette dichotomie (culture italienne, « nation » politique suisse) est encore plus forte. Les Tessinois sont farouchement confédérés, comme le prouvent toutes les votations. On ne le sait pas forcément mais le Tessin fut d’ailleurs un haut lieu de résistance contre le fascisme italien, et les Lombards l’ont toujours considéré comme leur asile politique en cas de défaillance de l’Etat italien.

    La Belgique est un Etat récent, créé pour faire tampon entre la France et la Hollande. Peut-être qu’il y a là davantage d’ « artifice », ce qui explique les tensions politiques actuelles. Mais je ne connais pas assez. On peut faire dire tout et n’importe quoi à un sondage.

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