dimanche 28 juillet 2013

Sérieux toussotements en Chine

La bulle de mauvaise dette encore et toujours...
China To Kick Hornets Nest Of Bad Debt With Audit Of Local Government Loans
ZeroHedge, 28/07/2013 (traduire en Français texte en anglais )
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The last (and first) time China's National Audit Office conducted an audit of local government debt two years ago, in June 2011, it found that local governments and their various financing vehicles had taken on 10.7 trillion yuan of debt as at the end of 2010, which brought the issue of "underreported" high leverage in China to the fore. In the then words of Liu Jiayi, the country’s auditor-general, "some local government financing platforms’ management is irregular, and their profitability and ability to pay their debt is quite weak."

Others quickly chimed in: UBS estimated that local government debt could be 30 percent of gross domestic product and may generate around 2 to 3 trillion yuan of non-performing loans.



Et surtout, une colère qui monte, sur fond de régime totalitaire :
Les coups de folie des éclopés du système chinois
Le Temps via Le blog à Lupus, 28/07/2013 (en Français texte en français )
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Meurtres et agressions se succèdent, perpétrés par des citoyens révoltés contre un pouvoir jugé injuste

Depuis quelques jours, la Chine est en proie à une vague d’actes de violence insensés, semble-t-il suscités par un profond sentiment d’injustice. Armé d’un coupe-coupe, un père de trois enfants est entré mardi dans le bureau du Planning familial de Dongxing, dans la province méridionale du Guangxi. Il a tué à coups de machette deux cadres chargés d’appliquer la politique de l’enfant unique et tailladé quatre autres officiels. Agé d’une trentaine d’années, l’homme venait de découvrir, en rentrant de voyage, que les autorités avaient profité de son absence pour kidnapper son épouse enceinte d’un quatrième enfant et la faire avorter de force – une pratique très courante en Chine. L’enragé reprochait également au bureau d’avoir refusé d’accorder une existence légale à ses deux derniers enfants, nés sans l’aval des autorités.

La haine des «chengguan»

La veille à Pékin, un retraité s’était rendu dans un magasin Carrefour de la capitale pour y acheter un couteau. Sans raison apparente, ce sexagénaire, dont on ignore les motivations, a brusquement poignardé à mort une cliente avant de passer à la caisse, et blessé grièvement trois autres personnes, dont deux enfants, l’un d’eux étant âgé de 2 ans. La municipalité a réagi en ordonnant à tous les grands magasins de la capitale de ne plus vendre de couteaux, et de remiser en lieu sûr tous leurs articles de coutellerie.

Car, dimanche, un autre homme avait assassiné à coups de couteau une touriste américaine et un badaud dans un centre commercial de la capitale. La police n’a pas évoqué de mobile. Samedi, cette fois au terminal 3 de l’aéroport de Pékin, devant une foule médusée de voyageurs, un handicapé en chaise roulante a fait exploser une bombe artisanale qu’il tenait à la main. Ji Zhongxing avait au préalable fait signe aux voyageurs de s’éloigner afin de ne blesser personne d’autre que lui-même. Travailleur migrant originaire de la province du Shandong, Ji Zhongxing avait été tabassé en 2005 par des policiers et avait perdu l’usage de ses jambes suite aux coups reçus, selon sa version des faits. «Il a voulu se rendre à Pékin pour supplier les autorités de lui accorder une compensation au moment des Jeux olympiques, en 2008, raconte son père, un paysan sans le sou. Pour l’en empêcher, la police est venue chez nous et lui a confisqué son fauteuil roulant. Ils n’ont consenti à le lui rendre qu’à la fin des JO.» Le jour de son attentat suicide, Ji a été amputé d’une main dans un hôpital et emmené par la police dans la demi-heure qui a suivi l’opération.

Contre toute attente, la vox populi des blogueurs a en grande partie pris le parti de ces révoltés furieux. «Ji Zhongxing a averti la foule de s’éloigner avant de faire exploser sa bombe, ce qui signifie qu’il n’était pas aussi fou que les flics brutaux à l’origine de son malheur», sympathise un internaute. «Aussi longtemps que le Planning familial servira à persécuter les gens, la population devra résister. Combien d’autres personnes se trouveront acculées au crime en raison de cette affreuse politique de l’enfant unique?» écrit un autre internaute à propos de l’affaire du père de famille saisi de folie meurtrière.

Un autre incident violent survenu trois jours plus tôt, amplement documenté par des photos sur les réseaux sociaux, avait déjà déchaîné la colère de millions d’internautes. Il met en scène les chengguan (vigiles municipaux), universellement détestés pour leur brutalité à l’égard des petits commerçants de rue dont ils sont censés contrôler les licences. On trouve sur le moteur Baidu pas moins de 2360 vidéos de ce type d’incidents, qui se terminent parfois par la mort du commerçant.

Frapper sans laisser de traces

C’est ce qui est arrivé le 17 juillet à Deng Zhengjia, 56 ans, un marchand de pastèques de Linwu (Hunan). Huit membres de cette police parallèle, généralement composée d’ex-soldats démobilisés, se sont jetés sur lui et son épouse lors d’une altercation, lui assenant un coup fatal à la tête avec un poids de balance. Refusant d’appeler une ambulance, ils ont laissé l’homme mourir devant une foule de passants pétrifiés. L’incident a dégénéré en émeute lorsque la police a tenté de récupérer le corps, que la foule s’est aussitôt mise à «protéger», craignant qu’il ne soit incinéré sans autopsie ni procès. Quelque 200 policiers antiémeute ont frappé les passants, blessant nombre d’entre eux comme en attestent les photos de visages en sang postés sur les microblogs. Craignant davantage de désordre, la municipalité a finalement assuré qu’une autopsie aurait lieu en présence de la famille, et arrêté six des chengguan. Le blog de la sœur de la victime, Deng Yanlin, qui condamnait la violence des autorités, a été édulcoré par la police de l’Internet.

La férocité des chengguan est tolérée par les autorités. Ils ont toute latitude pour user de la violence si tant est que les coups «ne laissent pas de traces de sang sur le visage» et soient assenés «dans des lieux où il n’y a pas de témoins», stipule le manuel des vigiles municipaux de Pékin, cité par l’organisation Human Rights Watch.

«La plupart des gens considèrent que les accès de violence à l’encontre des autorités sont justifiés car, au quotidien, les autorités elles-mêmes font preuve d’une grande violence», estime Shu Yi, un journaliste de Shanghai, en évoquant le célèbre cas de Yang Jia. Ce jeune homme de 28 ans a tué au couteau six policiers dans un commissariat de Shanghai en 2008 pour se venger des tortures qu’il avait subies aux mains de ces mêmes policiers pour une simple affaire de mobylette sans immatriculation. «Yang Jia est instantanément devenu un héros sur Internet», rappelle ce journaliste, qui déplore un recours de plus en plus fréquent à la violence. Dernière affaire en date, à Shanghai: le 22 juin, un contremaître de 62 ans d’une usine en faillite a tué quatre collègues et deux autres personnes dans les rues avec un vieux fusil de chasse.

1 commentaire:

  1. D'une part l'information de Chine étant très rare, on se base sur un rien pour essayer de comprendre. Qu'un vieux fou sur une population de 1.3MM achète un couteau et on en déduit une tendance sociale. Tragicomique.

    D'autre part, comme la Chine travaille sur le long terme, avec des plans quinquenaux qui s'enchainent, les commentateurs occidentaux drogués à la performance à court terme ne peuvent comprendre et paniquent.

    La Chine est maintenant dans une phase de développement de son marché intérieur, une lutte contre la corruption (vous avez vu l'ex-ministre condamné à mort, on attend toujours l'échafaut pour Dumas, Balladur, Cahuzac, Noir, Longuet, Sarkozy, Worth, Dray, Pasqua, etc.), avec qui plus est une innovation vers le développement durable. Et le premier objectif est l'erradication de la pauvreté, pas l'installation de la démocratie. C'est des mouvements de plaques tecnoniques: c'est relativement lent, violent, mais ca suit un cap.

    Ca fait plus 30 ans qu'ils ont commencé, ils déroulent très bien leur projet de développement (ou conquête du monde, appelez-ca comme vous voulez), les borborygmes des observateurs occidentaux excités qui changent de vérité à chaque statistique les font bien marrer.

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