mercredi 24 juillet 2013

Vers le défaut généralisé de l'Europe

Réfléchir à l'effacement des dettes publiques
Les Echos, Jean Marc Vittori, 23/07/2013 (en Français texte en français )
→ lien
C'est intenable. En un an, la dette publique a augmenté de 450 milliards d'euros dans les pays de l'euro. En face, la production annuelle de richesses a progressé de 30 milliards. Or c'est sur la seconde qu'il faudra prélever de quoi rembourser la première.

Pour sortir de l'impasse, il faudra faire marche arrière. Il y a deux manières d'y arriver. La première est une méthode douce mais paradoxale. Elle consiste à desserrer le garrot budgétaire dans les pays en difficulté pour redonner un peu d'air à la croissance, laisser filer un peu plus le déficit aujourd'hui pour le réduire davantage demain.
Et hop, encore une nouvelle escroquerie : pour rembourser la dette, laissez filer la dette    On a super bien vu comment ça marche du feu de dieu aux USA...

La deuxième manière est sans nul doute plus violente, mais elle va sans doute finir par s'imposer : c'est l'effacement d'une partie de la dette. En jargon, on parle de restructuration pour ne pas effrayer l'épargnant qui détient cette dette d'une manière ou d'une autre. La Grèce y est passée l'an dernier. Le Portugal, qui aura beaucoup de mal à lever les 15 milliards d'euros prévus sur les marchés l'an prochain, risque d'y aller.
Haaa voila Jean-Marc. Tu vois quand tu veux. Là on devient sérieux...


Patrick Artus : "un défaut est inévitable pour les pays les plus vulnérables de la zone euro"
La Tribune, Patrick Artus, 23/07/2013 (en Français texte en français )
→ lien
Je suis persuadé qu'un défaut est inévitable pour les pays les plus vulnérables de la zone euro. Cela ne signifie pas un défaut violent où l'on décide du jour au lendemain de ne rien rembourser. Cela peut consister en une restructuration par un échange de titres à un taux plus bas ou avec une maturité plus longue. Ce qui correspond de plus en plus à l'analyse qui est faite par le FMI et les Allemands.



Mish de noter qu'il n'y a pas d'asutérité en Espagne, et que les dépenses en salaires de fonctionnaires et en retraites ne cessent de grimper. La seule austérité qu'il y a, ce sont des hausses d'impôts, comme en France. Et notez bien ce sondage, où 99% des espagnols jugent que la situation économique est mauvaise... 99%...


Et enfin, je termine par le lourd, avec les Pays-Bas qui ne cessent de sombrer, sous le poids d'une bulle de crédit gigantesque... On va bientôt se rendre compte que le miracle suédois, danois et hollandais ne reposent que sur un sur endettement colossal de tout ce qui bouge...
La Hollande, le pays qui fera éclater la zone euro ?
Le blog à Lupus, 24/07/2013 (en Français texte en français )
→ lien
Comme le rappelle Der Spiegel la dette des consommateurs aux Pays-Bas a atteint 250% du Produit intérieur brut et c’est l’une des plus élevées au monde. À titre de comparaison, la dette des consommateurs espagnols n’a jamais dépassé les 125% du Produit intérieur brut.



La Hollande est l’un des pays les plus endettés au monde. Elle s’enfonce dans la récession et montre peu de signes d’amélioration réelle. La crise de l’euro traîne désormais depuis trois ans et, jusqu’à présent, elle n’avait infecté que les pays périphériques de la monnaie unique. La Hollande, cependant, est un membre central tant de l’Union européenne que de la zone euro. Si elle ne peut survivre dans cette zone, tout sera terminé.

Multiplication par 4 des prix du parpaing en 20 ans. Les prix sont en chute libre :

L’économie s’est enfoncée dans la récession. Le chômage augmente et atteint des sommets jamais vus depuis deux décennies. Le nombre total de chômeurs a doublé en seulement deux ans et il est passé en mars de 7,7% à 8,1% (soit un taux qui augmente encore plus rapidement que celui de Chypre). Le Fonds monétaire international prévoit que l’économie reculera de 0,5% en 2013 mais les pronostics ont la fâcheuse habitude d’être toujours optimistes. Le gouvernement ne respecte pas ses engagements en matière de déficit budgétaire en dépit de l’introduction de sévères mesures d’austérité en octobre 2012.

11 commentaires:

  1. L'article que le lupus mentionne, qui n'est pas le sien mais vient d'un site espagnol, est truffé d'approximations et de raccourcis incorrects.

    Rattacher la crise des Pays-Bas à l'euro est un abus de raisonnement. Il est très clair que la courbe de l'immobilier a commencé sa folle progression bien avant l'introduction de l'euro, dès la fin des années 80. L'article met en cause les taux d'intérêts bas, alignés sur l'Allemagne. Ceci est faux. Les taux d'intérêts sont plus faibles en Belgique, mais ce pays n'a pas connu une bulle de la même ampleur.

    La raison essentielle est une politique de crédit qui a été continuellement relâchée, associée avec des incitants fiscaux démesurés. Alors que dans les années 80 la capacité d'emprunt d'un ménage était calculée sur base d'un seul salaire, avec remboursement de l'emprunt sur 20 ans et apport de capital (LTV < 100%), on est passé à des hypothèques basées sur 2 salaires, où le ménage ne paie que des intérêts et ne rembourse jamais le capital (aflossingvrijhypotheek) sur une durée de 30 ans, et où on emprunte la totalité du coût de l'achat avec frais de rénovation inclus (LTV = 120%). A cela s'ajoute que la paiement des intérêts était largement déductible fiscalement, il devenait possible d'emprunter des centaines de millier d'euros en ne déboursant que quelques centaines euros par mois.

    Ce système s'est maintenant planté et le gouvernement assainit lentement la situation. On assiste à des LTV de plus en plus bas (les banques ne prêtent plus aussi facilement), et à un retour à des hypothèques classiques (le gouvernement a changé les conditions de déductibilité pour les nouvelles hypothèques, il faut maintenant rembourser le capital), ce qui affecte la capacité d'emprunt, donc le volume de transactions s'écroule ainsi que les prix.

    Le marché est donc entré dans un hiver long. Beaucoup de ménages sont sous eau et donc bloqués dans leur bien. Ce qui affecte la mobilité et la possibilité de changer d'emploi facilement.

    L'autre chose à savoir, c'est que les pertes des ménages causées par une vente sous le prix d'achat peuvent être payées sous certaines conditions (cas de divorce par exemple) par un fond de garantie national, la NHG. Le fond garantit un total d'hypothèques pour 159 milliard d'euros mais a une capacité de 787 millions d'euros seulement. Celle-ci fond comme neige au soleil et il y a un risque qu'elle soit à sec endéans quelques années. La solution brillante est de puiser dans les fonds de pension.

    Car cet article ne mentionne pas les réserves de fonds de pension qui contrebalancent la dette privée énorme, autre grossière erreur.

    Ce qui va donc se passer prochainement, c'est que le fond NHG va émettre des obligations qui seront achetés par les fonds de pension hollandais, et sans doute aussi étrangers. Ceux-ci vont donc contribuer à encaisser les pertes immobilières. C'est expliqué ici: http://www.huizenmarkt-zeepbel.nl/03-07-2013/pensioenfondsen-gaan-in-nederlandse-rommelhypotheken/

    Bref, un article bien incomplet et tendancieux sur l'interprétation des causes.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. la bce rachète aux banques leurs crédits foireux depuis un certain temps:c'est valable pour les prets aux entreprises et les prets immobiliers.cela explique que malgré le chomage en france il n'y ait pas plus de ventes aux enchères de maisons saisies,en france pas de subprimes comme aux usa

      Supprimer
  2. Et pour ce qui est du niveau de la dette, on peut sortir plein de chiffres différents, tout dépend de ce qu'on calcule (dette actuelle, dette avec "future liabilities" etc.).

    Voir par exemple cet article intéressant:

    "La vraie dette de la Belgique : 426 % du PIB !"
    http://trends.levif.be/economie/actualite/politique-economique/la-vraie-dette-de-la-belgique-426--du-pib/article-4000017984413.htm

    voir aussi le commentaire sur l'Italie dans cet article...

    RépondreSupprimer
  3. Et le PIB n'ayant plus grand chose de significatif, tellement il est bricolé et manipulé, tous ces chiffres ne veulent plus rien dire non plus...

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=56528
    Même si vous n'aimez pas ce blog, vous admettrez que son analyse est valable : il devrait y avoir un effet domino dans la zone euro, au fur et à mesure des défaut de chaque pays.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne critique pas le blog, mais l'article espagnol à la base de l'article de lupus, lui-même repris par Tonio. Nuance...

      Supprimer
    2. Heu, non, en fait je parlais du fait que le Nain ne porte pas vraiment le blog de Jorion dans son coeur... ;)

      Supprimer
  4. Pour les dettes, il n'y a pas 36 solutions : il faut stopper net les déficits budgétaires !
    Une fois que l'on a inversé la tendance, et que l'on commence à créer des excédents, alors on a des solutions.
    Le pb est que pour se faire il faut baisser la dépense publique, et donc passer par de l'austérité,
    Voilà 40 ans que nous gaspillons, que nous vivons au dessus de nos moyens, et donc forcément le moment est venu de payer l'addition.
    Aujourd'hui les pays qui s'en sortent le mieux sont ceux qui ont eu le courage de faire de l'austérité (Allemagne, Suède, Canada, Corée, Asie du Sud Est, etc

    etc) dans les années 90/2000, qd il était encore temps.
    Aujourd'hui c'est trop tard car en France, à cette époque nos pipoconomistes geignaient "ce n'est pas le moment", tel un alcoholique ou un drogué, ce n'est

    de toute façon jms le moment !
    Alors on est foutu, car pas de politicard pour en passer par cette étape que le peuple rejettera en bloc, ce qui signifie la mort politique

    de ceux qui essaieront.
    Conséquences : on va continuer à pisser du déficit, et qd on ne pourra plus, on monétisera la dette.
    On pourrait effacer tout ou partie de la dette, mais le FMI, et les organisations internationales nous le feront payer encore plus cher avec impossibilité d'emprunter sur les marchés donc retour à la case départ.

    Au bout de la route, il y a la ruine, totale et cataclysmique puisque pour couronner le tout, et contrairement à l'Espagne ou la Grèce,

    la France fait face à une autre crise : sociétale et décivilsationnelle.
    Si on regarde les faits objectivements, on se rend compte que notre pays est dans la pire situation possible.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une fois que la dette a pris un certain poids elle est inarrêtable. L'austérité ne fait que gonfler la dette par l'effondrement des rentrées d'argent. C'est après le défaut de paiement qu'il conviendra de savoir ce qu'il faut faire. Par exemple interdire la dette publique financé par des investisseurs privés, ce qui entraine une concentration de la richesse des plus pauvres vers les plus riches.

      Il est maintenant temps de se demander comment on sort de ce m.....er. Le défaut de paiement peut entrainer de fortes tensions géopolitiques, voir la guerre. L'hyper-inflation, si elle s'emballe, peut entrainer des emeutes. La poursuite de l'austérité ne permet que de gagner du temps.

      Supprimer
    2. Je suis tout à fait d'accord avec cette opinion : il faut arrêter de raconter des salades aux gens et de promettre des jours heureux : " une fois que la dette publique a pris un certain poids elle est inarrêtable ". Oui je suis d'accord à 100 % avec ce propos lucide et cruel. Rendez-vous compte de ce chiffre terrifiant : depuis un an la dette publique dans la zone euro a augmenté de 450 milliards d'euro !!! Rendez-vous compte aussi que depuis quelques mois le premier poste budgétaire de la France est le poste du remboursement des intérêts de la dette ! ( on ne parle là que du remboursement des intérêts, pas de la dette même ). Alors si on veut aborder les causes de ce désastre et les solutions pour s'en sortir c'est un sujet beaucoup trop vaste pour être abordé ici en quelques lignes ( continuer les politiques d'austérité au risque d'amoindrir les rentrées fiscales ? Faire marcher la planche à billets comme aux USA et au Japon avec de faibles résultats sur la croissance économique ? En finir avec l'état providence et l'état social que les français adorent ? Revenir à un bloc politique de 5 ou 6 états européens avec une harmonisation fiscale, sociale et budgétaire ?, etc, etc... ).
      La vérité à mon avis est dans la célèbre et éternelle formule de Raymond Barre " l'économie se venge toujours ".
      Merci de m'avoir lu.

      Supprimer
  5. aujourd'hui sur orange .fr
    L'économie de la zone euro laisse entrevoir une sortie de récession Selon les indices PMI de Markit, l'activité privée dans la zone euro a atteint en juillet son plus haut niveau depuis 18 mois. La production manufacturière enregistre sa plus forte croissance depuis deux ans.Bonne nouvelle pour l'économie de la zone euro. L'activité privée dans la zone euro s'est redressée en juillet et a atteint son plus haut niveau en 18 mois, laissant entrevoir une sortie de récession, selon le cabinet Markit qui publie une première estimation de l'indice PMI ce mercredi.alors alors qui croire!!!!!

    RépondreSupprimer
  6. http://en.wikipedia.org/wiki/Markit

    Ce chiffre fait passer au second plan l'indice PMI compilé par HSBC auprès des directeurs d'achats chinois, qui est ressorti en baisse à 47,7 pour le mois de juillet, contre 48,2 le mois précédent, touchant un nouveau plus bas de 11 mois.

    RépondreSupprimer

Si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite, c'est normal. Il doit être validé avant publication.