jeudi 29 août 2013

[autarcie] Le maraîchage en Permaculture est viable économiquement

Le maraîchage en Permaculture est viable économiquement
Jardinons la planète, 18/08/2013 (en Français texte en français )
→ lien
La ferme du Bec Hellouin, en association avec une unité de recherche SADAPT de l’INRA, ont publié ce mois-ci une étude qui conclue à la viabilité du maraîchage en permaculture sur 1000 mètres carrés. "Même une année médiocre, avec des personnes sans grande expérience en maraîchage, il y a moyen de dégager un revenu de l’ordre du SMIC". C’est assez remarquable car l’idée généralement diffusée est qu’un agriculteur a au moins besoin d’un hectare pour vivre du maraîchage bio, soit au moins 10 fois plus que dans l’expérience proposée au Bec Hellouin! Un résultat majeur pour l’avenir de l’agriculture urbaine et péri-urbaine.

Cette étude n’est qu’un rapport intermédiaire d’un projet commencé en 2011 et qui durera jusqu’en 2014 mais ses premières conclusions sont tout de même très importantes. En effet, la permaculture doit encore démontrer sa pertinence et des questions restent à éclairer : Peut-on en vivre? Quelle est son efficacité économique et technique? Ce travail de recherche veut déterminer quelle surface de culture est nécessaire pour dégager un revenu décent pour un travailleur souhaitant s’installer et avoir des conditions de travail acceptables.

Il semble que l’objectif soit atteint. La conclusion semble alors sans appel, avec un dixième d’hectare un individu qui cultive selon les principes de la permaculture peut vivre de son travail. L’étude mentionne 2100 heures de travail annuel, ce qui est tout à fait dans les clous d’autres exploitations en maraîchage bio, voir même en peu en dessous de la moyenne.

De fait, à temps de travail égal, cette micro ferme expérimental passe 10 fois plus de temps sur chaque mètre carré qu’un maraîcher classique. Selon François Léger, directeur de l’unité de recherche, "ces modèles sont intensifs en réflexion et en travail plutôt qu’en capital". Cette exploitation peut donc éventuellement être effectuée par une personne "sans grande expérience du maraîchage" mais elle doit être menée par une personne futée. Dans le petit monde de la micro-agriculture intensive, l’agriculteur est plus que jamais un stratège qui doit investir beaucoup de connaissances et de savoir-faire à l’unité de surface.

[...]


Vous lisez bien... Un smic avec 1000m²...


Quai d’Auteuil – 1918

On pourrait croire que cette micro-agriculture intensive est une innovation, c’est en fait un retour. C’est un chemin très long qui part de la corporation des jardiniers-maraichers de Paris qui produisaient dans les faubourgs les légumes des Halles, et qui passe par une redécouverte au XX siècle par les anglo-saxons (Permaculture avec Bill Mollison en Australie, Eliot Coleman et John Jeavons aux USA) pour retourner en France par le Québec et les plus anglophones des français. Comme dans beaucoup de domaines, les inventions et les découvertes pures sont rares, ce qui est courant est la réinvention à partir d’un héritage. C’est le cas ici.

11 commentaires:

  1. Salut Disco,

    Ne pourrais tu pas nous faire une petite section Bibliographie qui récapitulerait (au hasard) les meilleurs ouvrages sur lesquels tu es tombé en matière de permaculture...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il me semble que je l'avais fait. J'avais mis un ou deux bouquins.

      Mais j'ai pas tellement lu. J'ai surtout regardé des vidéos et conférences pour l'instant.

      Supprimer
  2. Je m'interroge....
    1 : le but de la permaculture est-il d'obtenir plus à même surface et même temps de travail ?
    2 : o des rendements égaux à moindre temps de travail ?.

    Plus de rendement pour plus de travail, ce n'est pas une bonne chose, mis à part dans un endroit où les terres sont limitées. Sinon, il suffit d'étendre l'exploitation.

    RépondreSupprimer
  3. investissement 23727
    marge brut sur les 32000 >26350
    materiaux fix emballage >500 remplacement voile >400 plant 902 15% par ans de vieillissement du reste 3560 = 5362
    26350 - 5362 = 21000 € frais essence, distribution rayon 60KM 7 jours par mois 10 litres/100 5000€ + 8500€ charge

    21000 = 7500 net par ans soit 625€ par mois pour moi c'est viable au maximum de ça capacité de travail par personne au mètre donc pourquoi se limité à 1000 m² ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. 1000 m² (32m fois 32m) c'est déja pas mal de boulot, surtout pour débuter. Ensuite, qui dit permaculture dit paillage partout (brf et paillages plus riches en azote) donc il faut pouvoir s'approvisionner.
      Ensuite il y'a la place des serres. La ferme du bec Helloin a une grosse surface couverte pour arriver à ces chiffres remarquables.
      La permaculture, c'est passionant. Je pense qu'il faut commencer par 500m², apprendre et comprendre puis passer cette limite de 500m² pour devenir pro.

      Supprimer
  4. @premier anonyme: le but de la permaculture est d'obtenir un rendement optimal selon la surface cultivée et le temps disponible pour la cultiver, temps qui dépend de la proximité entre la parcelle et le lieu d'habitation de celui qui s'en occupe. c'est à la base du concept de zonage permacole. si tu autoproduis, près de chez toi tu réserveras une zone de petite taille et à laquelle tu peux accéder régulièrement, donc susceptible d'accueillir des cultures intensives en travail, de type maraîchage ou potager. Plus loin tu auras des zones plus vastes et auxquelles tu accèderas moins souvent, qui peuvent donc accueillir des cultures nécessitant moins de soin comme les vergers ou les céréales.

    au niveau territorial idem, près des villes tu as des espaces réduits mais favorables aux produits vite périssables (légumes primeurs) et traditionnellement cultivés intensivement (c'est de la que vient la micro-agriculture intensive comme le dit l'article), puis plus loin dans la campagne les cultures céréalières.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. c clair que pour faire du potager, la clé, c'est de pouvoir y accéder le plus simplement possible. Idéalement dans son jardin, sous sa fenêtre...

      Cf le schéma de jardin de Grosléziat du potager anti crise...

      La connerie élémentaire à ne pas faire consistant à mettre son potager caché tout au fond du jardin.

      Mieux vaut faire un potager joli, avec des fleurs, diversifié, mais surtout, proche de la porte de derrière...

      Supprimer
  5. Rapport intermédiaire Juillet 2013
    http://www.fermedubec.com/ecocentre/Etude%20mara%C3%AEchage%20permaculturel%20-%20Rapport%20interm%C3%A9diaire%202013.pdf

    "Sur une année, le chiffre d’affaire dégagé a été de 32000 euros, pour une charge de travail dans les jardins de 1400 heures"

    "Cependant, ces estimations permettent de penser que même une année médiocre, avec des personnes sans grande expérience en maraîchage, il y a moyen de dégager un revenu de l’ordre du SMIC."

    "Ceci va dans le sens de l’hypothèse de départ : 1000 m2 cultivés en maraîchage bio permaculturel permettent de créer une activité à temps plein"

    RépondreSupprimer
  6. http://fortune.fdesouche.com/319521-la-permaculture-et-ses-principes

    RépondreSupprimer
  7. Friedmanienmaispastrop4 septembre 2013 à 11:10

    dans le même esprit que l'article même si ce n'est pas de la permaculture

    http://potager.comprendrechoisir.com/astuce/voir1Page/143286/1m-de-potager-75e-an-d-economie-en-fruits-et-legumes

    RépondreSupprimer
  8. Friedmanienmaispastrop22 janvier 2014 à 14:42

    toujours dans le même ordre d'idée

    http://vimeo.com/78696961

    RépondreSupprimer

Si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite, c'est normal. Il doit être validé avant publication.