mardi 27 août 2013

Bruno Bertez : Les marchés sont heureux, pourquoi ?

Les Clefs pour Comprendre du Samedi 24 Aout 2013: Les marchés sont heureux, pourquoi ? Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 27/08/2013 (en Français texte en français )
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A la suite de nos interventions dans différents médias, on nous pose souvent la question : « Mais pourquoi les marchés ne traduisent-ils pas vos analyses et votre pessimisme ? ».

Notre réponse tient en trois points :

- C’est une erreur de croire que nous sommes pessimistes. Toute personne qui nous lit régulièrement sait que tout cela finira mal, mais qu’entretemps, il peut y avoir de multiples embellies. Et les marchés sont court-termistes, ils sont incapables d’anticiper. Quand on dit qu’ils anticipent, c’est une erreur, voire une escroquerie. En réalité, ils sont initiés à l’image des gens comme Goldman Sachs

- Les remèdes à la situation présente, situation de crise, situation de dysfonctionnement, situation de déséquilibre, ont précisément pour objectif de construire un monde de carton-pâte, un monde d’apparence, un faux monde, qui dissimule le précipice que constitue la situation fondamentale. Les marchés sont non seulement court-termistes, mais ils sont prisonniers des apparences et des perceptions

- Et nous en arrivons au plus grave. C’est à juste titre que les marchés sont contents, heureux, voire quelquefois béats. Pourquoi ? Parce que de marché réel, il n’y a pas. Il y a belle lurette qu’il n’y a plus de clientèle finale, plus de clientèle qui, par la confrontation de son optimisme ou de son pessimisme, fixe les cours de bourse. Les intervenants boursiers sont à hauteur de plus de 70% d’origine bancaire ou shadow-bancaire. Or, précisément, toute la politique, tous les remèdes qui sont mis en place visent à satisfaire les demandes des banques et du shadow-bancaire. Tout est fait pour les ré-enrichir. Tout est fait pour assurer leur survie sur le dos, précisément, de ce que l’on peut appeler la clientèle. Donc, les marchés sont contents puisque les marchés, ce sont les banques.

Le grand Hic, c’est que ces gens-là s’enrichissent, mais sur le papier seulement. Car en matière boursière, on ne s’enrichit réellement que, d’abord quand on a trouvé un pigeon à qui on peut vendre ce que l’on a accumulé, et qu’ensuite on a réussi à convertir le produit de sa vente en quelque chose d’autre que du papier, c’est-à-dire en quelque chose d’autre qui a une vraie valeur.

En résumé, les marchés traduisent la satisfaction de la sphère financière, mais en même temps, l’impasse dans laquelle elle se trouve. La sphère financière ne trouve aucun relais. C’est exactement ce qui s’est passé dans les années 20 quand, sous l’égide de JP Morgan, on a fabriqué un cartel pour tenter de regonfler les cours de bourse dans le but de masquer l’appauvrissement général.






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