vendredi 30 août 2013

L'emploi de merde...

L'emploi de merde...
La chute, Patrick Raymond, 28/08/2013 (en Français texte en français )
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L'emploi de merde a le vent en poupe, nous dit on. Pas tellement différend du retraité, payé à rien foutre, et qui n'a même plus à être nuisible pour gagner sa vie.

Il se contente d'être nuisible dans son mode de vie, ce qui n'est déjà pas mal.

Tous ici peuvent être témoin que j'avais déjà mis en exergue l'accent sur l'inutilité de bien des fonctions, qui s'appuient uniquement sur le fait que certaines activités gagnent de l'argent, sans aucun but, ni sens.

Ce qui leur permet de rémunérer des tas de gens, sans finalité. Après, quand le vent tourne, ces activités deviennent vite surnuméraires, et les cas espagnols, américains, grecs, les voient supprimer sans rémission, et jamais repousser...

Comme je l'ai dit souvent, à cela s'ajoutent les emplois de grandes villes, où c'est la gestion des nuisances de l'entassement qui produit l'activité...

Le travail non utile engendre et nécessite une domination sociale, et c'est sans doute pour ça que la classe ouvrière a payé le plus lourd tribut au chômage, en raison de sa contre-culture forte.

On aime pas tellement le rebelle, le masculin, on préfère le féminin, le soumis.

Mais la seule chose intéressante ici, c'est que c'est un média mainstream qui s'en aperçoit, 40 ans après...

Car l'évolution a été longue, et la rupture, c'est 1973, où l'emploi productif et industriel est remplacé par la bureaucratie privée, le retraité et le fonctionnaire.

Le problème essentiel est qu'on n'a pas su géré la décroissance de l'emploi productif.

Mais, ce que ne reléve pas le journal, c'est le problème actuel : le job "à la con", totalement inutile, voir nuisible le plus souvent, disparait lui aussi.

En 1945, le rectorat, c'était le recteur et sa secrétaire. le reste c'est du superflu. Et le traitement des nuisances internes de la bureaucratie. Un système autophage et autogyre.

On rigolait de l'URSS, mais l'URSS avait la convenance de ne compter dans son pib, que le réel et le physique, même si cela était sujet à caution, et que pour propulser les consommations de métaux, on n'allégeait pas les pare-chocs de voiture, ni les carrosseries...

Mieux, si les soviétiques souvent, faisaient semblant de travailler, les autorités aussi, faisaient semblant de les payer...

Contrairement au gérant des "infos du nain", qui considére les bureaucraties publiques et les retraités comme seuls coupables, la plupart des employés du privé ne foutent rien non plus, mais peignent une girafe au cou démesuré...

Là aussi, la gestion des dysfonctionnement internes tient lieu de travail et on s'aperçoit, avec les escroqueries dont sont "victimes", les entreprises, que le je m'en foutisme, le n'importe quoi et l'amateurisme règnent à tous les étages, et que la seule chose qu'on demande, finalement, c'est d'avoir l'air affairé, à défaut de l'être réellement, pendant que galère sans joie, une petite frange très réduite, réellement occupée et productive de la population...

D'ailleurs, le branleur est aisément repérable. C'est celui qui en a plein le bureau, et qui n'arrête pas.

Bien entendu, la distribution de dividende fait aussi partie de l'inutile incompressible. Car, la rentabilité désirée, à 15 %, est très loin des possibilités de long terme (1.5 % est plus près de la réalité).

Là aussi, la baisse du dividende est concommittante avec la baisse des emplois de merde, et des emplois réellement productif...

J'ai vécu une restructuration dans la sidérurgie. En quelques mois, les effectifs étaient passés de 3000 à 1300 personnes, sans baisse de production.

Certaines étaient traumatisés de découvrir qu'elles n'avaient rien fait, pendant des années, et les survivants n'étaient pas vraiment stressés par le travail survivant.

Là aussi, la plupart des rescapés peignaient eux aussi, la girafe. On peignait moins de girafes, c'est tout.

Finalement le problème, c'est la pénurie de girafes...



L'emploi de merde II
La chute, Patrick Raymond, 30/08/2013 (en Français texte en français )
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L'emploi de merde illustre parfaitement la maxime que "si la merde valait de l'or, les pauvres naïtraient sans trou du cul". Et est une parfaite illustration aussi, de l'influence de l'énergie pas chère, notamment du pétrole, sur le mode de vie et le travail.

En effet, comme l'a indiqué un lecteur, le bénéfice de l'exode rural a été pour ses exécutants, totalement inexistant, voir négatif.
Mais, c'est le changement de cadre qui importait.

Le chemin de fer a permis la floraison ou plutôt le déplacement de tous les inutiles, d'abord dans les nouvelles structures de transport, gourmandes de responsables en tous genres, tout autant que de main d'oeuvre. L'ouvrier agricole devenait ouvrier, le propriétaire foncier contremaitre, technicien ou ingénieur.

Parce qu'à l'époque, c'était plus la bonne mine qui comptait, et les "monsieur l'ingénieur", claquait à tous va, destiné pour une bonne partie à des gens qui ne possédaient même pas le titre, passage obligé dans la hiérarchie, comme la particule qui apparaissait miraculeusement quelques siècles plus tôt, chez les enrichis.

Les sociétés de chemin de fer ont été sans doute les premières bureaucraties incompétentes privées, bien avant la création de la structure nationale appelée "SNCF", dont la culture n'est que le reflet d'une culture plus ancienne, mais déjà farfelue.

Mais, quand, commepour la compagnie responsable de la catastrophe de Lac Mégantic, on a sabré ces structures, on a aussi et surtout sabré les productifs qui faisaient réellement fonctionner l'entreprise.

Pas plus qu'une structure étatique, les structures privées ne sont capables de lutter contre la tendance lourde à la bureaucratisation, car s'il est facile de quantifier ce que fait quelqu'un qui travaille, il est par contre, totalement impossible de le faire pour celui qui ne fout rien.

D'ailleurs, bien des comportements jaillissent de la pléthore énergétique. Le divorce est un droit abscons et sans réel contenu, quand la société est incapable d'absorber économiquement les divorcés.

L'état social a permis aux femmes de divorcer, mais le recul et la crise économique prive de ce droit, qui revient finalement, à un privilège d'aristocrate.

Avec, là aussi, des conséquences énergétiques fortes. Il faut de l'énergie pour fabriquer les logements des divorcés, un travail tertiaire, c'est à dire pas physique à donner aux femmes...

Un travail que seul permet une société d'abondance énergétique, qui compense toutes les gabegies liées à des comportements aberrants...

Toujours, dans l'histoire, les femmes ont travaillé, mais ce qui les a essentiellement amené au travail, c'est le tertiaire du pétrole, l'emploi de merde qu'elles remplissent avec zéle.

Avant, elles travaillaient, jusqu'à ce que les mariages les rattrapent, et la pénibilité les chasse sans qu'il y ait besoin de les renvoyer...

Maintenant, on chante les louanges des études, en tous genres, et le filtre est vite fait. L'emploi utile et productif se contente d'un niveau d'instruction bas, l'emploi inutile est souvent à bac + 18.

Comme ces cohortes d'étudiants en maîtrise de droit, 5 ou 10 fois trop nombreux pour se retrouver avocat, mais dont la plupart se retrouveront caissier chez carrouf.

Des années d'études qui vaillent ce qu'elles valent, sans doute intéressante, mais pour se servir de la scannette, et qui ne nécessite qu'une formation primaire.

L'emploi inutile commence à l'école...

L'emploi inutile d'ailleurs, est aussi facile à voir : vous les chercher. L'emploi utile, c'est souvent lui qui vous cherche.

Bien entendu, on parle à périmètre constant, et sans appel à une main d'oeuvre meilleure marché et importée.

D'ailleurs, la main d'oeuvre meilleure marché concerne aussi des emplois qui deviennent de merde, après avoir été utiles...

A la fin des année s1960 et au début 1970, on a fait fonctionner une émigration pour des secteurs qui allaient rentrer en restructuration lourde.

Aussi, que vaut une activité utile et créatrice, quand il n'y a plus de demande. La construction navale alimente une flotte pléthorique, qui n'a déjà plus d'utilité.
C'est donc devenu une activité de merde.

Partout, l'emploi oscille entre un emploi utile et nécessaire, et un emploi qu'on maintient, pour des motifs politiques.

A t'on besoin de MMe Parisotte et de sa société de sondage ? Absolument pas...

100 % d'emplois de merde à certains endroits. Mais des manards, qui coexistent avec des richards...

Une fois satisfaits certains besoins, on s'aperçoit que l'utile devient futile, quand ce qui a toujours été futile est porté aux nues...

13 commentaires:

  1. "Contrairement au gérant des "infos du nain", qui considére les bureaucraties publiques et les retraités comme seuls coupables, la plupart des employés du privé ne foutent rien non plus, mais peignent une girafe au cou démesuré..."

    Un petit commentaire pour donner l'opinion du nain à propos de ces textes aurait été enthousiasmant, au moins pour lancer un débat avec la chute...non ?

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    1. ben l'article est plaisant dans le style comme dans la dénonciation du ponzi éducatif.

      Pour ce qui est du privé (le privé authentiquement concurrentiel j'entends), les boites ne peuvent pas se permettre d'avoir des peigneurs de girafe. Sans quoi elles se font bouffer et meurent, car trop chères.

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    2. Et quelle serait la part du privé authentiquement concurrentiel dans le privé en général, à vue de nez ?
      Perso, j'imagine qu'en France, il est assez faible. Mais au niveau mondial ? Combien de secteurs de l'économie qui sont vraiment en concurrence, pas faussés par des règles, des arrangements, des magouilles, etc...? Plus j'y réfléchis, et plus j'ai l'impression que ça doit être très faible, si on le rapporte à l'activité économique totale.
      Et de là, on pourrait conclure que les peigneurs de girafe sont légions.......

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    3. "les boites ne peuvent pas se permettre d'avoir des peigneurs de girafe"

      ???

      Tu n'as jamais bossé en sous traitance pour des grosses boites privées ?

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  2. Bien sûr qu'une grande partie des gens dans le privé brassent du vent.

    Mais ensuite Patrick est en roue libre.

    Car enfin, il y a une différence fondamentale, ontologique entre le branleur du privé et le branleur du (pseudo) "service public".

    -le 1er peut se faire virer du jour au lendemain !

    Et ça change tout.

    Il est ahurissant de voir les commentateurs passés très rapidement sur ce scandale absolu ("Contrairement au gérant des "infos du nain", qui considére les bureaucraties publiques et les retraités comme seuls coupables").

    On peut même ajouter : les seconds sont payés par de l'argent virtuel (la dette) et le fruit de l'esclavage des premiers (impôts et taxes).

    Là encore, tout le monde s'en balance.

    Donc OK pour faire la révolution, mais d'abord on met tout le monde au même niveau.

    En attendant, il faut faire la guerre aux fonctionnaires (et aux retraités).

    Marre à la fin !

    Et d'ailleurs, au sujet des fonctionnaires : ça embauche à tout va en 2013 !
    28 800 en plus en 6 mois, alors que 36 575 agents supplémentaires pour tout 2012...

    http://tinyurl.com/olebfro

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    1. Les branleurs du privé, tu les payes d'une façon ou d'une autre et non, ils ne se font pas virer du jour au lendemain, ça ne marche pas comme ça en France.

      Une entreprise privée ne peut pas virer un employé pour le remplacer par un autre. Elle peut par contre le mettre au boulot mais c'est aussi le cas pour un fonctionnaire.

      C'est un peu comme la TV privé en clair que tu payes que tu le veuilles ou non.

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    2. Quelle réthorique à 3 francs ! C'est pathétique.

      -le fait qu'il faille respecter des règles, des préavis, des indemnités etc... pour virer un salarié du privé N'ENLEVE RIEN AU FAIT QUE LE FONCTIONNAIRE LUI NE PEUT PAS ETRE VIRE.
      CQFD
      Donc tu peux faire la danse du ventre, aligner les "oui mais"... il n'y a aucun "oui mais". Le fonctionnaire jouit d'un privilège absolument stupéfiant, et absolument scandaleux (sans parler des autres scandales : conditions de retraite par exemple).

      -deuxièmement : l'argument -là encore sophiste, mais si cheap : le privé tu finis par le payer.
      Ah ben oui... quand j'achète ma baguette, je paye un peu du salaire de la femme de ménage employée par le boulanger.

      Mais là encore, différence ontologique avec le fonctionnaire qui lui est "payé" avec ce qu'on appelle :
      -du pognon virtuel (dette, futurs impôts)
      -des taxes et des impôts prélevés de manière COERCITIVE sur les veaux du privés.

      Les fonctionnaires n'ont qu'une seule chose à faire, honnêtement : fermer sa gueule.

      Quand on parasite un système sur une telle échelle, la décence commande de fermer sa gueule.

      Et d'éviter de ramener sa fraise sur les forums pour tenter -bien maladroitement- de défendre sa sinécure.

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    3. Visiblement tu ne connais rien au droit du travail. Licencier un employer n'est pas un problème de procédure, il faut aussi une bonne raison et pas n'importe laquelle.

      Il se trouve que ces raisons valables, l'état, vu sa taille et sont mode de financement, ne peut en remplir qu'une, c'est la faute.

      Hors un fonctionnaire peut être licencié pour faute et ça arrive (vol, faute professionnelle).

      Ensuite, je suis chef d'entreprise, j'ai 8 salariés.

      Concernant ton obsession, bien sûr que la fonction publique fonctionne très mal et ce n'est surement pas la faute des fonctionnaires mais du système dans lequel ils évoluent.

      Ok, ils battent pour que ce système ne changent pas et c'est une erreur, ils seraient globalement bien mieux dans un système qui fonctionne mais vu comme les salariés du privé se font baiser, on peut comprendre qu'ils ne soit pas pressé de se faire enfumer de la même manière.

      D'ailleurs, si la place t'interresse, l'état embauche chaque année des milliers de personne.

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  3. Ce qui est sur, c'est que celui qui fait un travail inutile, ne le fait pas longtemps.

    Dans un système de marché pur, il n'y a pas de travail inutile puisqu'il ne se trouve personne pour le rémunérer.

    Dans les sociétés sans marché, il y a beaucoup de travail inutile, ainsi ces sociétés ne durent pas longtemps (ex : Les millions de tonnes de bois produite dans les forêts de Sibérie en URSS et qui pourrissaient le long de route faute d'utilité).

    Dans les sociétés où l'Etat par ses garanties financières exempte les grandes entreprises de risques, il y a beaucoup de travail inutile également. Et les entreprisse et les Etats finissent par couler également.

    SJA

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    1. J'ai bossé dans 5 boites dans le privé, et j'ai constaté le peignage de girafe partout et systématiquement. Et depuis longtemps.
      Aussi, il ne faut pas oublier de prendre en compte le problème des coups de bourre, où il faut beaucoup de monde, qui se tourne les pouces le reste du temps.

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    2. "Dans un système de marché pur"

      Dans tout les système pur ont obtient des résultats délirants ... mais flûte ça n'existe pas et surtout pas dans les activités de marché humaine.

      D'ailleurs dans un marché pur, il n'existe à la fin qu'une seule entreprise qui produit tout et emploie tout le monde.

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  4. ça a le mérite d'être vrai. On est tous des aristocrates dans cette société de merde.

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  5. Je suis salarié dans un CE et ne peut qu approuver a 200% car j ai la chance de côtoyer au quotidien des gens débordés...sauf que lorsqu on leur propose de délocaliser une partie de leur taf, et donc de les soulager, ils s insurgent de peur qu on s aperçoive qu un mi temps suffirait amplement a réaliser leurs tâches... En même temps je suis dans une structure qui se rapproche énormément de l administration, budget conséquent, pas d objectifs de rentabilité (sauf pour ceux ayant un minimum de conscience pro) et dépenses fastueuses et inconsidérées, zéro contrôle etc... Je devrai écrire un bouquin... Avec un nègre au moins pour corriger mon orthographe déplorable...lol

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