vendredi 2 août 2013

Peak Everything : pourquoi un certain réenracinement et une augmentation de la part de la population travaillant dans l'agriculture est inéluctable

Alors que jusqu'en 2006, le cours du blé tournait autour de 300$ la tonne, aujourd'hui, il tourne autour de 600$.





Grosso modo x2 en 7 ans.

C'est encore plus flagrant pour le pétrole, passé de 30$ le baril en 2003 à 100$ aujourd'hui.





Et on estime qu'il faut un ordre de grandeur comme 2 litres de pétrole pour faire 5 kilos de blé. A la louche.

De l'autre côté, le coût du travail n'a pas vu une telle inflation...

Ce changement des prix fait que l'agriculture en occident a un intérêt économique évident à réduire sa consommation de pétrole quitte à augmenter son utilisation de main d’œuvre. Et qu'avec l'augmentation des prix, à surface plus réduite, on pourra générer le même revenu qu'il y a 10 ans.

Idem pour le maraîchage.

On voit bien d'ailleurs l'intérêt nouveau pour les techniques de permaculture. Ce n'est pas sans lien avec ces signaux prix évidents.

A partir de là, c'est pas compliqué de comprendre que la part de la population agricole va augmenter. Or ruralité implique enracinement. Et c'est donc encore une raison évidente de plus pointant vers le fait que le peak everything et le grand appauvrissement, vont pousser le pays réel vers plus d'enracinement, pendant que nos élites "éclairées" continuent de pousser leur agenda babelien comme jamais, augmentant toujours plus la divergence entre un peuple essayant à toute force de revenir au bon sens ancestral, et sa zélite oeuvrant à l'instauration de l'Homme Nouveau.

Reste la robolution. J'ai vu passer quelques articles sur le web (chez Mish notamment) sur des robots récoltant des laitues. A suivre...

20 commentaires:

  1. Pour info, je connais le directeur qualité de Massey Ferguson (aujourd'hui AGCO), il m'a dit récemment qu'un tracteur moderne sortant de leurs usines, c'est 70 litres à l'heure!
    Avec ça un tracteur travaille 3 à 4 hectares (que ce soit pour le labourage, le moissonnage, le ramassage de bottes de paille).
    Je laisse imaginer combien de bonhommes ça remplace. Et combien de bonhommes il faudrait donc renvoyer à la campagne si on avait (quand on aura) une pénurie de gasoil...
    Autre info: avec les moteurs modernes, le gasoil stocké contient plein d'additifs indispensables, si bien qu'il est plus instable et ne peut pas être stocké dans les fermes plus de 3 à 4 mois, surtout l'hiver. 3 à 4 mois, ça passe vite ;-)

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  2. A propos d'agriculture et de jardin potager, voici un article intéressant sur l'inflation du prix de la nourriture, et d'un commentaire encore plus intéressant sous l'article...

    http://www.lalibre.be/economie/actualite/hausse-des-prix-des-produits-alimentaires-baisse-de-ceux-de-l-energie-51fb8a8a35705d93419bd687

    L'article dit "Les prix à la consommation des produits alimentaires transformés ont grimpé de 3,4% en moyenne entre le deuxième trimestre 2012 et celui de 2013", ce qui engendre le commentaire d'un lecteur averti: "Chez moi, les prix de l'alimentaire ne croissent plus, je fais les courses de préférene dans mon jardin, et pour le reste, en France où c'est environ 30% moins cher"

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  3. Je partage ton analyse sauf sur: "ruralité implique enracinement".
    Attention à ne pas s'illusionner sur cette question. Ce n'est pas juste en vivant à la campagne qu'on s'enracine. On peut s'installer à la campagne en traînant avec soi un vide culturel, en gardant une incapacité à nouer contact réel avec les ruraux "anciens" (incapacité existant d'ailleurs aussi de leur part, eux-mêmes étant souvent déracinés également car leur ancienneté ne remonte qu'à l'après-WW2 et son industrialisation massive), une absence de rapport aux paysages, une insensibilité aux "signaux faibles" du cycle des saisons, et une conception déracinée de l'agriculture (pouvant être réduite à un design utilitariste du sol et de l'espace, même en travaillant en permaculture).
    Enormément de zones rurales sont des zones humainement sinistrées ayant perdu toute trace de culture paysanne orale. Ce n'est pas juste en les repeuplant que ces cultures vont réapparaître, cela prendra un certain nombre de décennies pour qu'en réapparaissent de nouvelles, et à condition que rien n'y fasse obstacle. Donc ruralité implique enracinement, peut-être, mais pas à l'échelle d'une vie humaine.
    Cela dit je pense qu'un certain exode urbain sera effectivement inéluctable, et je ne crois pas au potentiel de la robolution dans ce domaine. On aura besoin à l'avenir de formes d'agriculture plus résilientes avec des polycultures complexes, difficilement gérables d'après moi par des robots (mais wait and see).

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  4. EXACTEMENT ! J'ai cette analyse depuis quelques années, allez expliquer à cet intégriste de melenchon qu'il vaut mieux baisser le smic mais préserver le rsa, soit une sorte de rsa "activité" ou la personne à par exemple un plancher à 300 euros puis gagne 5euros de l'heure sans que son rsa soit touché et cet integriste vous traitera de "libéral"

    Le travail manuel de la terre évite de rogner sur le "capital santé des sols"
    À cela vous ajoutez le prix du logement rural dérisoire ( mieux vaut construire des grandes fermes à lotissement individuel avec un système de toilettes sèches sans tout à l'égout (pour réamander le sol) un tout à l'égout (robinets-douches) ou les gens n'utilisent que des détergents biodegradables (facilité pour l'épuration) ils n'ont donc pas intérêt à salir "leur" flotte

    Bref, cela implique des charges d'habitation microscopiques, un budget bouffe+energie minuscule même si la paye en euros est faible, l'essentiel est de se loger, de bouffer et d'avoir une source d'énergie (eoliennes panneaux biogaz maison)

    Des engins termiques qui tournent donc au gaz (voiture pompes etc..)

    Un hotspot puissant pour toute la communauté. ..

    Admettons; vous êtes membre de cette communauté (donc permaculteur 2h par jour) et vous êtes à la base électricien, il suffit de bosser quelques heures par jour et quand ça vous chante pour très bie vivre, contrairement à un électricien lambda qui paye plein pot sa bouffe, charges, bouchons etc.. l'hygiène de vie en moins et le stress en plus et le racket fiscal en plus !

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  5. Allez voir ça par exemple, vous verrez qu'une agriculture bio et non mécanisée peut être hyper-productif:
    http://www.jesuites.com/compagnons/delaulanie.htm#video
    Les rendement sont déments!!
    Et faites des recherche sur Marc Bonfils permaculteur français qui à travaillé sur la culture de blé d'hiver jardiné sur du trèfle!!!
    Il affirmé faire des rendements de plus de 120qt/ha/an !!!
    Ou même ce film: http://www.youtube.com/watch?v=_yu7Z9ARtkU

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  6. d'un autre coté faire bouffer de la merde à sa propre population c'est pas ça qui va boucher le trous du cul de nos zélite. Les farines animal on était ré-autorisé.

    http://fr.euronews.com/2013/02/16/xyz-le-grand-retour-des-farines-animales-en-europe/

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  7. Je mets un petit bémol. Je développe mon projet de permaculture sur quelques hectares depuis cette année. Il ne faut pas oublier que c'est très dur physiquement et qu'on pourra difficilement forcer les gens à retourner "aux champs". Je le fais par passion et aussi parce que je travaille un terrain qui m'appartient. Si j'étais au RSA et qu'on me forçait à bosser pour une misère, il y a de grandes chances que je refuserais même avec un flingue sur la tempe en sachant qu'en vérité, c'est moi qui ai le flingue étant chasseur... lol

    Au delà de ça, le problème du pétrole est véritable. Quand je vois le peu que je fais avec mes petits muscles et ce que font les autres avec leurs tracteurs, ce n'est pas comparable. Il faut compter pour quelqu'un qui sait y faire une semaine de travail pour faucher un hectare de foin... je vous laisse y réfléchir...

    Les femmes ont fui la vie des fermes, même celles mécanisées, car cela confine à l'esclavage. Ce n'est pas avec ça qu'on peut draguer. ;)

    Pour ce qui est des communautés : mouahahah. Même moi je ne veux pas en entendre parler si cela implique que je ne sois plus libre chez moi car c'est le but ultime de ma démarche.

    Enfin, qui connait quelqu'un qui arrive à gagner sa vie avec la permaculture ? Je veux dire sans faire payer des stages, travailler gratos des stagiaires, des conférences, des bouquins, du design, que sais-je encore ?

    Pour revenir au travail des "gens au RSA" aux champs, la seule solution que je vois c'est la redistribution des terres des grandes exploitations en parcelles d'un hectare suffisantes pour une famille et l'abandon de l'élevage des bovins qui est une folie de riches. Chez moi il y a de quoi faire bosser deux ou trois familles. J'ai dit bosser, pas gagner sa vie, hein.

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    1. Je suis d'accord. Aux niveaux de prix actuels, pour l'instant, c'est intéressant en activité de complément en plus d'un boulot, voire une journée par semaine en passant aux 4/5èmes, pour quelqu'un au SMIC. Ne serait-ce que pour produire sa propre bouffe. Dans une logique "potager anti crise".

      Mais les prix vont continuer de grimper, y a pas de raisons que ça s'arrête, au contraire. Ça va même surement s'emballer alors que la réalité du village Potemkine occidental apparaît un peu plus chaque jour pour ce qu'elle est.

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    2. Je pense aussi. Je ne regrette pas de développer ce projet pour l'avenir.

      Ce que j'essaye de dire c'est qu'une fois qu'on est au pied du mur, il faut y aller et qu'on rencontre plein de difficultés souvent imprévues, bien loin de ce qu'on peut voir sur internet qui s'apparente parfois à retrouver une sorte de paradis perdu. Là, je parle bien de la permaculture qui est aussi et surtout une philosophie et pas d'agriculture bio qui est une technique. L'une pouvant aller avec l'autre.

      Il n'y a pas de secret, il faut bosser dur mais c'est passionnant et plaisant.

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    3. Merci pour ce retour terrain (sans jeu de mot). N'est-ce pas une question d'économie d'échelle? Avec un investissement "industriel" suffisant, on peut mal gêrer une très grande surface... et s'en sortir mieux qu'en optimisant avec beaucoup d'efforts une très petite surface (ce qui demande bien sûr un investissement en capital beaucoup plus faible).

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  8. Si le pétrole venait à manquer, d'autres sources d'énergie alternatives s’avéreront assez rentables pour continuer à travailler avec des machines de plus en plus performantes. D'autre part, le coût de la main d’œuvre peut s'avérer non négligeable si on ne la contraint pas une nouvelle forme d'esclavage.

    Socialement, ça ne suffira pas à retrouver l'enracinement de l'ancien temps. Les nouveaux enracinements apparaitront sous des formes adaptées aux mutations de notre monde. Les anciennes générations regrettent toujours l'époque de leur jeunesse, on appelle ça la nostalgie.

    Pour anticiper l'avenir agricole de la planète, il faut comme souvent observer les actes et discours des élites. Elles feront tout pour terminer les exodes ruraux en cours sur la planète et continuer à mécaniser l'exploitation des terres arables. D'un point de vue global et mondialiste, çà se tient. Le luxe individuel est d'habiter dans la cité et d'avoir un bout de terrain à soi pour s'évader.

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    1. "d'autres sources d'énergie alternatives s’avéreront assez rentables"
      c'est ce qu'on pourrait croire en première analyse, et c'est ce qui est propagé dans les média (les journalistes ne sont pas des scientifiques et ne comprennent pas toujours bien ce qu'ils disent).

      En réalité, il peut très bien exister d'autres formes d'énergies alternatives "rentables", mais on n'en connaît pas, à ce jour, qui puisse faire fonctionner notre monde complexe et vorace (7 miyiard de bouches).

      Rentable ne veut pas dire "scalable" (a grande échelle) et pour tout le monde.
      C'est une notion relative. Par exemple 1L de pétrole supplémentaire est aujourd'hui rentable au tiers monde (parce que avec ce litre ils développent tout un village) mais pas chez nous.

      De même, beaucoup d'énergies actuellement sont "rentables" grâce au pétrole, elles ne le sont pas intrinsèquement (exemple : le photo voltaïque) pour des utilisations marginales (éclairage/ordinateur).

      Actuellement, sans pétrole, nous n'avons RIEN, je dis bien RIEN pour faire tourner nos voitures, nos camions, nos avions, notre agriculture.
      Nous n'avons que des alternatives beaucoup moins rentables.

      Elles ne deviennent qu'un peu plus rentable que parce que le "bon" pétrole s'épuise. Ca ne veut pas dire qu'une nouvelle forme d'énergie rentable surgit, ca veut juste dire que nous n'avons plus de source facile d'énergie.

      En gros, la théorie du marché qui veut que les prix augmentant on puisse se reporter sur autre chose est faux. Les gaz de schistes entretiennent cette illusion.

      L'énergie va coûter de plus en plus cher, et l'économie va s'enfoncer dans les crises, la dette, la dépression.

      Il faut regarder du coté de l'EROEI pour comprendre ça pleinement, ou écouter un peu de Jancovici qui l'explique de manière très pédagogique (il est le seul malheureusement alors que ça devrait être un sujet majeur dont tout le monde parle - le problème c'est que ça fait trop peur).

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  9. Hollande veut augmenter les petites retraites agricoles

    http://www.liberation.fr/politiques/2013/08/02/hollande-envoie-les-retraites-des-agriculteurs-au-rattrapage_922457

    Avec quels sous?

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  10. je vais me faire l'avocat du diable.
    en fait le paysan a tout interet à cultiver qques hectares de tournesol et continuer à faire tourner ses tracteurs.
    calcul, 70 l/heure et 4 ha labourés.
    Combien faut il d'humains pour le meme travail ?
    et quel en serait le contenu energetique sachant que la ration et de 2200 Cal par personne (soit environ 2,5 Kwh) qu'un litre d'huile contient environ 9-10 kwh et le tracteur a un rendement de 30-40% ?

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  11. Enorme! Qui sont les profiteurs des régimes de retraite? Les fonctionnaires? Les régimes spéciaux? Non, ce sont les agriculteurs, les commerçants et les artisans.

    www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-1583.pdf

    Aux pages 23 et 24, on voit qu'en 2009, les autre caisses de retraites ont versé 6,6 milliards d'euros aux caisses déficitaires des agriculteurs, 900 millions à celle des commerçants et 450 millions à celle des artisans.

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    1. Je t'invite à regarder les comptes RSI des indépendants, ces professions prennent un micro pourcentage de ce qu'ils mettent sur le tas

      Quel manque de discernement. ..

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    2. "comptes RSI des indépendants, ces professions prennent un micro pourcentage de ce qu'ils mettent sur le tas"

      Vraiment? J'aurai besoin de plus d'éclaircissements. L'un des premiers résultats de recherche Google est:

      "La cour des comptes dans un rapport de septembre 2012 a vivement critiqué le fonctionnement du RSI, alors que les contentieux judiciaires se multiplient. Il est en particulier noté un défaut des encaissements évalué à 1,4 milliards d'euros entre 2008 et 2010, du fait d'une gestion défectueuse"

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  12. Si l'on compare l'énergie pétrole à celle humaine effectivement il y a un sacré écart (toutes l'évolution depuis 1900 viens de là et le prouve).
    Les jardiniers-maraichers (ferme de 1 hectare environ) apportent et contournent d'autre problème sur lesquels ils gagnent beaucoup.

    1°) Il ne faut surtout pas oublier de calculer le coût d'achat du chti tracteur guidé GPS ... Effectivement il produit NETTEMENT plus. Mais sans lui, il faut produire NETTEMENT moins pour avoir des comptes positifs.

    2°) Les maraîchers contournent la grande distribution. Le produit est vendu avec peu voir pas d'intermédiaire. Cela permet d'approcher le prix d'aliments mauvais avec un maximum du prix de vente pour le maraîcher.

    3°) La technique et l'intelligence sont nettement misent en avant pour profiter d'incapacité des machines actuelles (Beaucoup de techniques permaculture/bio) augmentent le rendement et réduisent le travail à effectuer.

    4°) Un exemple d'un livre "jardinier maraîcher" au quebec (Merci discoTonio ou Yoananda je ne sais plus ;-)) montre une ferme de ce type qui se développe à échelle humaine (1 hectare) et qui semble avoir de bon rendement (100% supérieur à la moyenne des entreprises agricole du pays).

    5°) Ils parlent d'un partage du risque (climat etc) en faisant payer les clients en début de saison. Bonne récolte : ils ont plus, mauvaise : ils ont moins).

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    6°) 1 ferme pour 150/200 familles je crois.
    10/12% de chômage chez nous.
    Des rendements semblant vivable voir correcte (Les salaires ne s'emballent pas mais semble bien supérieur à un SMIC). Je crois qu'ils parlent de 40k-50k pour le couple (Ce que j'avais compris en extrapolant quelques chiffres). Bon après ils connaissent leur boulot.
    => Cela me parait plausible vu le peu d'endettement pour monter la boîte ...

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  13. Bien vu le nain.

    Cette situation est la suite logique de ce que nous avons vécu jusqu'à présent.
    Comme c'est logique, c'est anticipé. Donc, à rapprocher de cette info :
    http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/3693101-les-grandes-entreprises-l-assaut-des-terres-deurope

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  14. Friedmanienmaispastrop7 août 2013 à 17:51

    dans le même ordre d'idée : http://www.rtbf.be/video/detail_la-clef-des-champs?id=1732388

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