mercredi 23 octobre 2013

Bruno Bertez : La kludgeocratie française a bricolé un bien triste pays

Perso, je suis informaticien et j'ai jamais entendu ce mot. Nous on dit rustine...

En tous cas, l'analogie est très pertinente. Et effectivement, toute application maintenue à la rustine voit sa qualité se dégrader de plus en plus, les bugs pulluler, rend toute évolution périlleuse et de l'ordre de l'acte de foi, et sa maintenance devient impossible...

Politique Friction du Mardi 22 Octobre 2013: La kludgeocratie française a bricolé un bien triste pays Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 22/10/2013 (en Français texte en français )
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Si vous êtes informaticien, vous avez déjà entendu prononcer le mot Kludge ou Kluge. C’est un mot intraduisible. Ses utilisateurs sont d’accord sur son sens, sur sa richesse, mais pas sur son origine. Même pas sur son orthographe. Si vous voulez prendre un peu de plaisir, allez sur WIKIPEDIA et tapez le mot, son histoire est tout un roman. On ne perd jamais rien à apprendre quelque chose n’est-ce pas.

Un kludge c’est une sorte d’assemblage, de bricolage compliqué d’éléments hétéroclites censés accomplir une fonction, une tache: C’est une solution temporaire, inélégante, maladroite, nous allions dire « gauche ». Nous ne le disons pas car on nous accuserait de parti pris. On fait des kludges à droite comme à gauche, c’est une spécialité française.





La kludgeocratie , comme son nom l’indique, c’est le gouvernement par les spécialistes des kludges, des bricolages , des patchs grossiers que l’on plaque pour traiter un problème non prévu. Il est conçu pour être compatible, sur le moment avec le système existant, comme en informatique, mais au bout d’un certain temps , vous constatez des bugs, des dysfonctionnements. Peu à peu à force de recourir aux kludges, vous aboutissez à un ensemble monstrueux, le kludge résout un problème de court terme au prix de monstres de long terme.

C’est normal, la confection du kludge , tout comme son utilisation ne correspondent à aucune ligne directrice, aucune logique d’ensemble. Avec le temps et l’usage les incohérences se multiplient … qui nécessitent l’invention et l’emploi … de nouveaux kludges.

En tant que mode de gouvernement le recours aux kludge est :

-Irresponsable, le kludging tue le leadership.

-Lourd, complexe.

-Couteux, les couts sont non seulement démesurés mais difficiles à localiser, ils sont disséminés.

Il existe une sorte de kludge-industrie dans les pays avancés- sur ce point- qui s’efforce de multiplier le recours aux kludges. Elle est très dispersée, on la rencontre dans des comités, des commissions, des groupes de consultants, des sous-groupes politiques, des sociétés de pensée, des sociétés philosophiques, des sectes.

On dit qu’en France, le code des impôts, le code du travail, l’éducation, la santé, sont autant de manifestations des travaux de la kludgeocratie.

1 commentaire:

  1. Idem dans l'industrie, on parle également de rustine ou d'usine à gaz pour désigner l'ensemble de l'oeuvre après le travail accompli par les différents "cerveaux".

    L'origine commune provient de l'immédiateté de nos sociétés qui fixe des contraintes de plus en plus fortes dans un laps de temps de plus en plus court. En gros, la financiarisation de l'existence humaine et tous ces dérivés.

    Pour en revenir à l'industrie et plus spécifiquement à l'informatique, combien de fois le choix cornélien se pose dans la vie d'un projet : "Bon chef, soit on refait tout, soit on ajoute une fonction et 3 paramètres et ca devrait le faire...". Avec à chaque fois la même réponse : "Prenez la solution qui prend le moins de temps...".

    Pendant longtemps, j'appliquais le même genre de process à la maison. C'est désormais terminé, je prends le temps pour tout, quel qu'en soit le cout. Pour la santé morale et physique, c'est tellement bénéfique.

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