vendredi 25 octobre 2013

Bruno Bertez : PEA, assurance-vie, Plan d’Epargne, les pillards sont à l’œuvre

Humeur de Loup du Jeudi 24 Octobre 2013: PEA, assurance-vie, Plan d’Epargne, les pillards sont à l’œuvre Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 24/10/2013 (en Français texte en français )
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Les Français s’indignent des dernières mesures prises par le gouvernement et sa majorité. Cette indignation est justifiée, à la fois pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons économiques.



Pour des raisons morales. La plupart des gens ont signé des contrats, pris des dispositions, organisé leur avenir en fonction des conditions qui leur ont été faites par l’Etat au moment de la conclusion des contrats. Cela est vrai pour les assurances-vie, pour les PEA, pour les plans d’Epargne, pour les retraites, etc. La liste est longue, très longue. Ces nouvelles mesures de confiscation de l’épargne font suite à celles qui avaient été prises déjà l’an dernier, lesquelles succédaient et s’ajoutaient à celles prises par le soi-disant conservateur libéral Sarkozy.

La morale implique qu’un contrat soit respecté. Ce n’est même pas une question de droit, c’est une question d’éthique. Quand, profitant du fait qu’il est le plus fort, une partie déterminante au contrat modifie unilatéralement les conditions, alors le peuple ressent un profond sentiment d’injustice. C’est un sentiment terrible car, en même temps qu’il vit l’injustice, le citoyen se sent impuissant. Il se sent écrasé par le rapport de forces. Lui, soi-disant peuple souverain, se sent faible et démuni face à ceux qui abusent de leur position de force quasi illégitimement conquise.

Nous ne cessons de déconseiller aux citoyens de faire confiance à l’Etat. Nous n’avons jamais aimé les niches fiscales car c’est un instrument de dirigisme. Cependant, les gouvernements successifs ont abusé et abusent encore des niches fiscales. Les uns les créent, les autres les rabotent, d’autres encore les font disparaître. D’autres encore et encore en créent de nouvelles. Témoin ce qui se passe dans le logement avec la loi Duflot. Nous vous le disons solennellement, ne profitez d’aucune niche fiscale, aucune, résistez à toutes les tentations de défiscalisation. Si vous ne le faites pas, vous serez considéré comme un tricheur, un profiteur. On vous tend la main quand on cesse d’avoir besoin de vous, on vous frappe sur les doigts. Restez à l’écart de toutes les niches fiscales, de toutes les défiscalisations, refusez d’entrer dans le jeu du dirigisme trompeur et voleur. Croyez-nous, vous ne le regretterez pas. Vous garderez la tête haute de celui qui ne bénéficie d’aucun avantage et vous dormirez tranquille puisque l’on ne pourra rien vous reprendre.

Arrêtez de croire aux arguments des enfumeurs. Il n’y a dans tout cela, ni intérêt général, ni équité. Il n’y a ni moralisation, ni réduction des inégalités. Il n’y a que rapport de force cynique. C’est un principe de la vie en société, c’est un principe de ce fameux contrat social dont on nous rabat les oreilles, que les lois ne doivent pas être rétroactives. On ne doit pas modifier rétroactivement la situation des citoyens. Ils ont planifié leur vie et leurs dépenses sur la base de certains choix qui leur étaient offerts, nul n’a le droit arbitrairement de modifier les conditions de ce choix. S’il le fait, c’est un abus de droit et un abus de pouvoir. C’est de la violence.

Venons-en au second point. L’imbécilité économique de la politique gouvernementale. S’il y a bien une chose qui est acquise, c’est que sur le long terme, il n’y a qu’une corrélation, une seule qui soit incontestable, c’est la corrélation entre les dépenses d’équipements, c’est-à-dire l’investissement, et la croissance économique. Ce sont les dépenses d’investissement qui produisent la croissance économique et c’est la croissance économique qui produit, qu’on le veuille ou non, l’emploi. La France souffre d’une insuffisance chronique d’investissement, d’un retard considérable. Tout en atteste. Aussi bien la production de richesse per capita, que les exportations, que la dégradation de nos performances à l’exportation, que l’affaissement de nos possibilités d’employer nos citoyens. Cela est de plus en plus évident et cela est de plus en plus grave.

Or, il existe une autre corrélation à laquelle on ne peut échapper. C’est la corrélation entre, d’un côté le taux d’investissement d’un pays et, de l’autre, son taux d’épargne. Un pays ne peut investir sans déséquilibre et sans crise majeure que s’il épargne. On voit les ravages que produit l’absence d’épargne dans la situation catastrophique déséquilibrée des États-Unis.

La base de l’investissement et de l’équipement, c’est avant tout l’épargne. Le crédit ne remplace l’épargne que temporairement et encore avec des risques considérables. Inutile d’y insister puisque c’est ce que l’on voit depuis 2008. Le fond d’épargne d’un pays, c’est sa seule et vraie richesse.

Or, que font les irresponsables qui gouvernent la France ? Ils pillent le fond d’épargne, ils le délitent, pour favoriser la consommation. Ils ponctionnent le fond d’épargne des Français pour financer et maintenir des dépenses de répartition qui sont à hauteur de 100%, c’est-à-dire euro pour euro, totalement consommées. Les irresponsables font donc l’opération suivante et cela a commencé évidemment avec Sarkozy : on s’attaque à ceux qui ont une certaine propension à épargner, on leur prend leur argent et on le donne à ceux qui n’ont qu’une idée en tête, consommer. On fait chuter la propension à épargner du pays, laquelle est déterminante pour la préparation de l’avenir, au profit de la consommation de court terme, c’est-à-dire par démagogie. C’est-à-dire que par démagogie, on tue les bases du long terme pour rester au pouvoir. On pille le pays, on sacrifie les fondements de l’économie, qui sont censées assurer les conditions de vie future, pour simplement collecter des voix et des soutiens électoraux marginaux. Cette politique est une honte. Elle consiste à s’attaquer à l’avenir de ceux qui n’existent pas encore, nos enfants, pour entretenir le laxisme, voire la paresse d’une partie de la population. Et le pire, c’est que cette politique ôte toute possibilité d’améliorer un jour la situation de cette partie de la population que l’on prétend aider.

3 commentaires:

  1. Un loup n'avait que la peau et les os tant les chiens faisaient bonne garde.

    Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau.../...

    - Suivez-moi, vous aurez un bien meilleur destin lui dit le chien. Le loup reprit : Que me faudra-t-il faire ? Presque rien dit le chien : donner la chasse aux gens portant bâtons et mendiants. Flatter ceux du logis, à son maître complaire, moyennant quoi votre salaire sera force reliefs de toutes les façons.

    Le loup déjà se forge une félicité qui le fait pleurer de tendresse.

    Chemin faisant il vit le col du chien pelé.
    - Qu'est-ce là ? lui dit-il - Rien - Quoi rien - Peu de chose.
    - Mais encore ? Le collier dont je suis attaché, de ce que vous voyez est peut-être la cause.
    - Attaché ? Vous ne courez donc pas où vous voulez ? Non mais qu'importe.
    - Il importe si bien, que de tous vos repas, je ne veux en aucune sorte et ne voudrais même pas même à ce prix un trésor.

    Cela dit, maître loup s'enfuit et court encore.

    Et gare aux niches...fiscales.

    (Avec l'aimable concours de Mr de La Fontaine)

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  2. Vendredi 25 octobre 2013 :

    Le fonds souverain norvégien s'allège sur la dette française.

    Le fonds souverain norvégien, l'un des plus importants investisseurs institutionnels dans le monde, a déclaré vendredi que son portefeuille d'actifs avait généré un rendement de 5% au cours du troisième trimestre 2013.

    Parmi les plus importants changements intervenus dans la composition du portefeuille sur la période, le fonds a fait état d'une hausse de 28% des obligations souveraines mexicaines ou encore d'un renforcement dans les emprunts émis par le Brésil, qui pointent désormais à la neuvième place de ses plus importants investissements obligataires souverains.

    Le fonds a paralèllement vendu des emprunts du Trésor français sur le troisième trimestre puisqu'ils ne figurent plus dans son "top 10 obligataire", alors qu'ils pointaient encore à la cinquième place au deuxième trimestre.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/reuters-00559380-le-fonds-souverain-norvegien-s-allege-sur-la-dette-francaise-622427.php

    Comment ça, elle n'est pas fraîche, la dette française ?

    Elle est fraîche, elle est bonne, la dette française !

    Achetez la bonne dette française !

    Vous pouvez y aller, il y en aura pour tout le monde, on en fabrique de plus en plus !

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  3. Tout cela commence à devenir intéressant ;o)

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