vendredi 25 octobre 2013

h16 : Cet impôt invisible que les pauvres paient si cher

Cet impôt invisible que les pauvres paient si cher
hashtable, H16, 25/10/2013 (en Français texte en français )
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Les politiciens, tordant leurs petits doigts potelés par des années de bonne nourriture payée sur le dos de contribuables toujours plus maigres, ne comprennent pas pourquoi le ras-le bol fiscal est si grand. Après tout, les impôts ne sont pas si haut ! En réalité, ils ont oublié la cohorte d’impôts invisibles qu’ils ont déjà fait pleuvoir.

Le constat est, en effet, sans ambiguïté. Déjà, l’État impose tous azimuts: difficile d’échapper à la pluie diluvienne de ponctions tant le gouvernement aura fait preuve d’inventivité. Même les Américains sont surpris du rythme et des domaines d’application de cette fiscalité délirante.

Évidemment, cette taxation frénétique s’explique par des dépenses publiques gargantuesques. La France a récemment battu un record dans le domaine : la croissance est bien de retour, sauf qu’il s’agit de celle des dépenses publiques. Ceux qui les payent se seraient probablement passés d’une telle performance.

Et en plus, l’État dépense sans compter. Littéralement même, puisque lorsque la Cour des Comptes tente de faire les totaux, elle se retrouve confrontée au marigot putride des milliers de commissions, d’agences et d’institutions qui tètent aux mamelles publiques sans qu’il soit réellement possible de savoir exactement combien ; elle constate par exemple qu’il devient difficile pour ne pas dire impossible de connaître le nombre précis de salariés dépendant directement des finances publiques. Le nombre précis de fonctionnaires est ainsi le sujet d’âpres débats tant son imprécision est grande ; et je n’évoquerai pas le personnel de l’Éducation Nationale dont les estimations sont toujours données à 10.000 près, ce qui permet de fixer les ordres de grandeur du foutage de gueule que sont devenus les comptes publics.

Les Français ont donc bien intégré que cette rocambolesque obstination à augmenter toujours la sphère de l’État provoquait un besoin irréfragable de pognon par larges brouettées.

Petit-à-petit, lorsque le débat public n’est pas occulté par les indispensables prises de positions des uns et des autres sur le sort d’une présumée-lycéenne présumée-kosovare, le peuple s’interroge sur la douloureuse question du curseur fiscal : un peu mieux, ou un peu moins, ou un peu plus ? Certes, c’est une amélioration puisque si on est encore loin d’une remise en cause de la taille de l’État à proprement parler, au moins certains, sans voir son obésité, se rendent compte de son appétit dévastateur.



Malheureusement, peu voient que le bougre éléphantesque, par ses fringales continuelles, provoque par contagion des effets dévastateurs, formant une espèce de cercle vicieux que les uns ignorent ou que les autres mettent sur le dos du capitalisme libéral apatride mangeur d’enfant ou sur la malchance, ajoutant parfois la dissonance cognitive au déni de réalité pour faire un tableau clinique bien copieux.

Ainsi et par exemple, les salariés sont confusément au courant que la moitié de leur salaire part dans des cotisations sociales. Plus personne en France de normalement constitué ne prend le temps d’éplucher la vingtaine de lignes absconses qui décorent un bulletin de salaire pour comprendre à quel point le salarié n’est plus qu’un robinet, plus ou moins gros, d’argent gratuit pour des entités dont les performances et les services échappent à tout contrôle et tout reproche. Leur qualité diminue. Leurs prestations s’évaporent. Leurs temps de traitement augmentent. Leurs coûts montent en flèche. Leurs déficits s’accumulent. Les couinements des payeurs sont à peu près inaudibles.

Ainsi, et c’est encore moins visible, la multiplication des lois, décrets et autres règlements dans tous les domaines aura provoqué, en 40 ans, une situation intenable où tout joue contre des populations de plus en plus pauvres. Car oui, ce sont bien les plus pauvres qui paient le plus lourd tribut aux règlementations délirantes que les politiciens mettent en place au prétexte de venir en aide, justement, aux populations précaires.

Et c’est là, entre la gencive de la population et la dent de la production de richesse que les bactéries des impôts invisibles attaquent.

Le principe de précaution aura, par exemple, définitivement écarté toute création de richesse en France dans le domaine des OGM, du nucléaire alternatif, des gaz de schistes et de tant d’autres domaines liés aux nouvelles technologies. On peut ergoter pendant des heures sur les risques (parfaitement hypothétiques) de ces technologies pour justifier l’absence de tout développement correspondant, mais à l’évidence, des dizaines de milliers d’emplois ne seront pas créés pour coller à un principe que, rappelons-le, aucun autre pays ne s’est collé à la patte avant de trotter. À l’évidence, la France a décidé n’avoir pas besoin de ces emplois, des taxes et cotisations afférentes, et des richesses produites.

Et l’absence de ces créations constitue bel et bien un impôt puisque la richesse qui n’aura pas pu être créée entraînera non pas un manque à gagner (qui serait, en tout état de cause, parfaitement hypothétique), mais un coût, bien réel celui-là : puisqu’on ne veut pas de ces technologies, on devra se rabattre sur des solutions plus coûteuses. On devra payer les produits directs ou dérivés plus chers. Tout comme l’absence de tracteur rendrait l’agriculture prohibitive de nos jours en France, l’absence de ces technologies, que ces interdictions ont empêchées, ont un coût, direct, pour tout le monde. Et je n’évoque même pas les disparitions d’emplois provoquées par la mise en place des normes lorsque les entreprises concernées les prennent de plein fouet : les chômeurs résultant représentent là encore un coût direct et bien réel qu’on ne mettra jamais au débit de ces réglementations pléthoriques.

Il y a pire encore : la dégringolade permanente de lois, règlements, de normes et de contraintes imposées par l’État provoque une atmosphère de défiance et entame le moral des citoyens. Combien d’entre eux, qui se seraient lancés dans l’aventure entrepreneuriale, abandonnent avant d’avoir créé ? Combien d’opportunités manquées ? Combien partiront et créeront de l’emploi ailleurs, faisant bénéficier d’autres pays de la manne de taxes et de cotisations qu’ils créeront avec leurs idées qui furent découragées ici ? Quel est le coût, réel, bien palpable, de cet impôt sur le moral, puisque ces citoyens, formés ici, profiteront à d’autres ?

Mais le pire de tous ces impôts, et celui qui touche de plein fouet et sans la moindre pitié les classes les plus pauvres, c’est l’impôt sur le temps.

Cet impôt temporel est visible dans les paperasseries administratives, les démarches à la con, les obtentions de permis divers et variés dont tant n’ont qu’une pure fonction de collecte de taxe. Cet impôt temporel est visible dans la multiplicité des interlocuteurs, dans l’incurie consommée et méticuleuse de tel service administratif public à propos de tel autre.

Cet impôt temporel, vous le payez lorsque vous devez vous lever très tôt pour aller faire une queue épuisante à la préfecture… En pure perte parce qu’il vous manque ce p*$£n de formulaire ou de papier qui n’était pas demandé lorsque vous avez téléphoné. Cet impôt temporel, vous le payez lorsque vous devez arriver des heures avant un vol pour passer des contrôles de sécurité parfaitement inutiles. Vous le payez aussi lorsque vous devez contester des amendes, des majorations ou des prunes diverses et variées alors qu’elles ne sont pas dues, pas adressées à la bonne personne ou simplement pas règlementaires.

Mais l’impôt temporel le moins visible, mais le plus coûteux, est celui qu’on paye tous les jours lorsqu’on doit s’imposer des tâches ou des déplacements qui ne sont motivés exclusivement que parce qu’au départ, l’État est massivement intervenu et a provoqué une situation à laquelle on ne peut pas échapper. Cet impôt, bien qu’invisible, est immense, ses dégâts monstrueux, et son assiette d’autant plus inique qu’elle est presqu’exclusivement basée sur les populations les plus pauvres.

Car ce sont ces populations précaires qui, par exemple, passent le plus de temps dans leurs voitures, dans les transports en commun.

Ce temps passé à ne rien faire d’autre que voyager est un temps qui ne sera pas passé à instruire et éduquer ses enfants. Ce temps ne sera pas utilisé pour améliorer ses conditions de vie, ne pourra pas servir à accroître sa formation, son savoir, sa propre éducation, et, par voie de conséquence, son futur. Le temps passé dans les voitures se traduit mécaniquement par des dépenses supplémentaires en essence, dépenses qui s’additionnent à la maintenance d’un véhicule de plus en plus complexe à mesure que les lois punissent les automobiles éco-crassouses.

Ce temps passé parce qu’on habite loin de son lieu de travail est la conséquence directe de l’intervention de l’État dans la gestion des infrastructures, dans le marché de l’immobilier, dans le marché de l’emploi.

Ce temps passé à rapiécer, à bricoler, à récupérer, à trouver des méthodes pour dépenser moins, autrement, mieux, ce temps là est une conséquence directe de la présence de l’État dans chaque interstice de votre vie.

Ce temps passé dans les transports, à attendre qu’un train ou un bus daigne arriver, qu’une motrice soit remplacée, qu’un caténaire soit réparé, qu’une certaine catégorie de personnel renonce à continuer sa grève, ce temps là, jamais rattrapé, est très majoritairement une conséquence directe de l’intervention de l’État dans votre vie.

Ce temps passé à lutter contre les administrations, à se déplacer d’un lieu inutilement éloigné d’un autre, à accumuler des frustrations, à batailler pour simplement joindre les deux bouts est un temps qui, en plus, finit par attaquer votre santé. C’est un temps qui signifie vite fatigue, stress, éloignement des proches et perte du fameux lien social dont on nous rebat les oreilles cyniquement. L’impôt sur le temps, bien qu’invisible, est le plus cher, le plus douloureux et le plus directement lié aux exactions de l’État.

Lutter contre l’obésité de l’État, c’est d’abord diminuer cet impôt, c’est rendre le bien le plus précieux qu’il soit à l’homme libre : du temps.

7 commentaires:

  1. Cet article est caricatural, et c'est bien le penchant des dernières chroniques d'H16, que je ne lis plus qu'en diagonale tant ça confine aux discussions de pilier de bistrot.
    Les OGM, les gaz de schiste, et aille donc ! et pourquoi pas un complot contre les réacteurs de 4e génération, pendant qu'il y est ?
    C'est n'importe quoi. Ce n'est pas l'Etat qui dérape, ce sont les collectivités locales.

    Et puis une facture, ça se paie. Ne pas oublier que le bilan de Sarko, c'est 1.000 milliards de dette. Alors quand Hollande sera fini et que Fillon sera élu dans un contexte encore pire, on dira c'est la faute à Fillon ?

    H16 devrait devenir H32 pour élever un peu le débat...

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    1. Je suis d'accord avec les réactions négatives sur ce qui touche les gaz de schiste et les OGM... on n'hypotheque pas notre avenir pour une poignée de cerises qui s'averera in fine pour les generations suivantes une catastrophe sans retour possible.
      En Inde les petits exploitants OGM sont pris a la gorge et se suicident en cascade, et jouer avec le feu prometheen des genes en brevetant la vie que l'on cuisine a sa sauce en vue d'en faire un rendement perenne pour l'entreprise nourit des vautours comme Mosanto qui a deja un karma bien chargé de morts viet namiens sur la conscience (agents orange...)
      MASTER T

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    2. "Ce n'est pas l'Etat qui dérape, ce sont les collectivités locales."

      Travaillant pour l'état depuis onze ans maintenant, je t'assure que ça dérape sévèrement et que ça accélère dans la connerie.
      Les collectivités locales portent une grosse partie du poids de la dette mais pas que...Si l'Etat retrouvait sa paire de couilles, les choses seraient plus simples...
      Quant au fond de l'article, il ne me semble pas faux, les normes, codes et décrets qui forment la base de mon métier enflent chaque année produisant toujours plus de barrières, il n'y a rien de caricatural là dedans....

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    3. Je ne sais pas dans quel secteur de l'Etat tu travailles, mais moi qui prends le train tous les jours (à l'heure ; mais il est vrai que le RER aux heures de pointe, c'est une autre affaire...) je peux te dire qu'on a des services publics qui marchent pas trop mal, et j'ai pas mal bourlinguer pour dire que je parle un peu en connaissance de cause.

      Vous voulez voir des pays avec un Etat obèse et des services pourraves ? Allez donc à l'étranger ! Au hasard : n'importe où sauf en Europe du Nord, Suisse et Canada (et encore...).

      On n'est vraiment pas ce qu'il y a de pire mais ça risque d'y arriver, j'en conviens.

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  2. je viens d'économiser 50% sur mes cigarette électronique annuel voir meme mon renouvellement de MOD qui a presque 3 ans et pas un seul achat en france

    batterie angleterre -30%
    MOD chine -60%
    chargeur USA -75%

    je fait des economies sur mes taxes pel cel pea future tva etc etc etc .......

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  3. Le début ok, mais la suite, pas d'accord.
    D'abord, les OGM et gaz de schistes, qu'il se les garde. Il faudrait qu'il se renseigne un peu sur les autres méthodes : la permaculture, le Milpa, etc... et sur ce que sont les gaz de shit avant de huler aux emplois perdus ... la fuite en avant dans la techno, ca va un moment... surtout a l'heure de la 6ème extinction massive. On terraforme la planète pour les machine ou quoi ? parce que bientôt elle ne sera plus vivable pour nous, mais très bien pour elles.

    Ensuite son histoire d'impôt "temps", ce n'est pas que l'état ... c'est la complexité en général, et c'est un caractéristique des civilisations qui s’effondrent. Et je ne vois pas bien ce qu'il proposerait à la place ?
    Même si je suis d'accord qu'il faut simplifier tout ce bousin, c'est plus facile à dire qu'a faire.

    quand au temps perdu a ne pas s'éduquer dans les voiture :
    * d'ici peu on pourra le faire avec la conduite automatique
    * les pauvres, s'ils sont pauvres, c'est peut-être justement parce qu'ils ne passent pas beaucoup de temps à s'éduquer. Ils joueront a la console dans leur google car, et ça ne changera rien a leur problèmes. C'est pas à l'état qu'il faut en vouloir.

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  4. Et oui, remettre l'individu au centre de son destin par sa pensée et ses actes... Mais c'est pas vendeur ça, on fait pas dans le misérabilisme, et puis on a personne à accuser.
    pensez donc dire à un mec aide toi -le ciel-l'état-autre- t'aidera faut bien emballer le concept (quoique y en a un depuis 2000 ans qui a pas mal réussi)
    Tandis que ccritiquer l'état, les fonctionnaires, le non OGM, le non gaz de schiste, c'est tellement mieux.

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