jeudi 17 octobre 2013

La révolution qui patine

Je commencerai par une citation d'un certain Mgr Gaume (1802-1879) sur la révolution :

Je ne suis pas ce que l’on croit. Beaucoup parlent de moi, et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme qui conspire dans l’ombre, ni l’émeute qui gronde dans la rue, ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d’une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l’ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades ni le pillage, ni l’incendie ni la loi agraire, ni la guillotine ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Robespierre, ni Babeuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes oeuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers, et moi je suis un état permanent (…)

Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l’homme contre les droits de Dieu ; je suis la philosophie de la révolte, la politique de la révolte, la religion de la révolte ; je suis la négation armée ; je suis la fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu ! en un mot, je suis l’anarchie ; car JE SUIS DIEU DÉTRÔNÉ ET L’HOMME À SA PLACE. Voilà pourquoi je m’appelle Révolution ; c’est-à-dire renversement, parce que je mets en haut ce qui, selon les lois éternelles, doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut

C'est à mon avis une bonne manière de résumer le processus historique enclenché en 1789, vu par un croyant pré Vatican II.

Les croyants ne manqueront pas de qualifier ce mouvement de sataniste, dans le sens où il inverse tout.

Et même pour un non croyant, on peut se le demander aussi, quand on voit jusqu'où le système pousse dans l'inversion totale des valeurs, jusqu'à promouvoir de manière systèmique l'indécence et l'immoralité. Quand par exemple (pour n'en prendre qu'un), le système en arrive à racketter le travailleur décent qui n'arrive plus à boucler les fins de mois pour distribuer des rentes supérieures au reste à vivre du travailleur décent à des peigne cul fumeurs de joints pseudo artistes (cf l'émission de Là Bas Si J'y Suis "On n'est pas au bout de Le Pen"), ça questionne sur l'inversion totale des valeurs... Et Mermet de nous expliquer d'ailleurs que si on n'est pas d'accord, c'est le retour de la bête immonde... Faut voir à quel niveau d'indécence et d'immoralité l'extrême gôche rentière et qui terrorrise le petit peuple décent en est arrivé.



Maintenant, je n'oublie pas ce que je dois à cette révolution qui a placé l'Homme au dessus de Dieu. Sans elle, aujourd'hui, j'en serais à aller fleurir la tombe de ma gamine tous les jours.

Pour ma part je ne suis pas croyant. Mais même pour un non croyant, Dieu existe. Dieu, c'est l'ordre naturel, le réel qui nous est imposé, la physique.

Or de ce côté là, force est de constater que ça patine sévère.

Je vous remets la citation de Finkelkraut d'hier :
Quant à être réactionnaire, je trouve cette expression hallucinante. Car elle est revenue depuis 2002 à travers des listes noires que l'on découvre tous les 6 mois dans les journaux. Des listes noires de réactionnaires. Cela au moment même où la notion de progrès entre en crise. Personne ne peut plus croire au progrès, l'écologie nous en convainc tous les jours. Et en même temps, il n'y a plus de progrès possible, mais il y a encore des réactionnaires. On va vers l'abime mais on n'a pas le droit de regarder derrière soi.

Cette nouvelle religion va juste mourir sur le mur du Peak Everything...

Pour le meilleur et pour le pire...

Pour le meilleur, au vu de ses excès actuels de la révolution afin de poursuivre l'agenda de déracinement généralisé et d'instauration de l'Homme Nouveau hors sol, et pour le pire, parce que je ne regrette pas non plus l'ordre ancien...

30 commentaires:

  1. On peut être non croyant, et porter en soi 2000 ans d'histoire, ce n'est pas incompatible (ce n'est pas autre chose que ce que décrit Todd dans son bouquin - le mystère Français - bien qu'il soit critiqué pour son caractère babélien pour les uns, fachos pour les autres, critiques pas fondés amha) et c'est probablement une des raisons pour lesquelles quand 2000ans d'histoire rencontre 1300ans d'une autre histoire, ça ne le fait pas très bien.

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    1. Etre non croyant c'est croire aussi! Croire ou non en Dieu c'est faire le pari ou non de son existence et orienter sa vie selon celui-ci, ainsi Blaise Pascal posait son "pari":

      - si je crois en Dieu et que mes actes prennent pour fondation ce postulat, alors ma vie est le pendant de celle que j'aurai dans "l'au dela".
      - si je crois en Dieu et que celui-ci n'existe pas je n'aurais pas le temps de gouter a l'amertume de m'etre trompé puisque mourir dans ce cas obere l'existence de l'au dela. (nihilisme)
      - si je ne crois pas en Dieu et qu'il n'existe pas je gouterais toute ma vie le fruit de ma croyance sans entrave; a ma mort point de suite, point de conséquence pour moi.
      - si je ne crois pas en Dieu et que ma vie s'est déroulé selon cet axe alors celle-ci s'en trouvera gachée et l'au dela engendrera chez moi comme une claque révélatrice de mon erreur.(apocalypse)
      Moralité, tout n'est que pari et le scénario d'une vie est porteuse de sens, on choisit selon son coeur et sa conscience une voie plutot qu'une autre et a charge pour nous, in fine, d'en assumer les conséquences.
      MASTER T

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    2. "c'est probablement une des raisons pour lesquelles quand 2000ans d'histoire rencontre 1300ans d'une autre histoire, ça ne le fait pas très bien."
      Oui et non. Ce n'est pas le seul facteur, je pense qu'il faut prendre en compte également le facteur déracinement, qui affaiblit la vie culturelle et spirituelle, rend chacun moins tranquillement installé dans sa tradition, et plus insécurisé par la proximité d'une autre. Là où cet enracinement est vivant la coexistence pose moins de souci.
      Exemple: Marseille. Plus de 25 siècles de multiculturalisme qui fonctionne (si on fait exception des persécutions romaines contre les chrétiens, non spécifiques à Marseille, et des guerres de religions, pas spécifiques à Marseille non plus), et la situation depuis 50 ans qui se dégrade continuellement. Entre les deux: urbanisme hors-sol inhumain; refus d'assumer le conflit comme socle commun dynamique d'une société, en version carotte ("paix universelle") et baton ("tolérance zéro"); application bête et disciplinée d'un faux "humanisme" sans racines populaires (avec le programme honteux de "capitale de la culture" qui expulse de chez eux le peu qui restent de Marseillais enracinés), et sur lequel on ne se pose surtout pas de question mais on embauche des consultants marketing et autres "bullshits jobs".

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  2. La revolution française c'est une révolution bourgeoise, il ne faut pas l'oublier!!!
    La seule révolution faite par le peuple et pour le peuple c'est la commune. Et les bourgeois ont préfèrait livré Paris aux prussiens que de laisser une vraie démocratie (directe sans mandat représentatif) s'instaler.
    CF les 5 premières minutes de cette conférence de H. Guillemin.
    http://www.youtube.com/watch?v=6Ot1GBQjwKU

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    1. c'est une version de l'histoire qui semble, ma fois, avoir beaucoup de sens!

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  3. "Mais même pour un non croyant, Dieu existe. Dieu, c'est l'ordre naturel, le réel qui nous est imposé, la physique."

    Mais non !
    Pour être allé jusqu'à la profession de foi, je peux t'affirmer que la morale catho est CONTRE NATURE.
    Je rappelle que la Bible et les autres bouquins religieux qui sentent la poussière n'ont AUCUNE valeur scientifique.

    On a pas besoin de ces superstitions du Moyen Orient pour vivre faut arrêter le délire.

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    1. Vous ne prouvez rien, là. Vous affirmez point barre.

      OU alors dois-je comprendre que CONTRE NATURE signifie CONTRE VOTRE ASSENTIMENT PERSONNEL? Là, d'accord.
      AUCUNE valeur scientifique: là encore, votre affirmation péremptoire ne prouve rien. La philosophie "science des sciences" comme l'explique Aristote ne trouve rien à dire d'autre qu'il s'agit d'un trésor de l'humanité en terme de sagesse.

      Arrêter le délire est une bonne idée. Que vous n'adhériez pas, certes, mais ne mettez pas d'argument scientifique bidon qui fasse passer les croyants pour des débiles. Restons décents.

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    2. Les croyants des débiles ? Non, sûrement pas tous, certains simulent, d'autres ont simplement besoin de repère, la liberté de penser, de changer d'avis ne convient pas à tous le monde.

      Et puis honnêtement, la vie n'ayant aucun sens, c'est sûr que la religion lui donne un sens, fictif, mais un sens tout de même.

      Quand on voit les uns et les autres vouer leurs vies à un dieux A ou à un dieux B et que forcément un des deux se trompe (mais sûrement les deux), il y a de quoi désespérer de la nature humaine.

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  4. Je souffre à la lecture de tous ces révoltés ingrats à notre histoire. Le rôle de la France pendant des siècles a permis un rapprochement entre des peuples, des continents et a fait reculer la barbarie. Ce beau pays que nous habitons est le fruit de générations de gens à qui la chrétienté n'a rien ôtée, elle a su ajouter le meilleur au meilleur des siècles successifs, tout notre environnement en témoigne. La foi de ce peuple pendant deux millénaires a permis de tenir tête aux colonisateurs anglo saxons et à leurs alliés. La religion berçait chacun et donnait sens au bien commun, ses interdits ne sont que des préconisations, chacun ayant son libre arbitre, n'oublions pas que Dieu est seul juge en dernier. Alors pourquoi s'en prendre au Christ ? Il est permis à ceux qui doutent d' être dans le doute, mais penser que la morale et le bien commun sont présents en dehors de la foi est une gageure. Il n'y a qu'à voir l'état des humains dans les sociétés des droits de l'homme qui ont tourné le dos à la spiritualité pour mesurer le péril, la tristesse qu' elles produisent. C'est un non pratiquant qui tient à en porter le témoignage.

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    1. "Il est permis à ceux qui doutent d' être dans le doute, mais penser que la morale et le bien commun sont présents en dehors de la foi est une gageure"

      Voila bien le genre de paroles qui me font bondir. Donc moi, athée, qui ne doute absolument pas de la non-existence d'une quelconque divinités (ou de plusieurs...), je n'ai pas de sens moral et je suis un individualiste forcené ?
      Ma morale pourrait se limiter a une seule phrase : ne fait pas aux autres ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasses. Que cette idée soit présente dans la religion chrétienne n'en fait pas une idée chrétienne pour autant. Elle ne lui appartient pas.

      "Ce beau pays que nous habitons est le fruit de générations de gens à qui la chrétienté n'a rien ôtée" : Sans blague ? jusqu’à la révolution, avec l'abolition de la dîme, et la loi de 1905 avec l'abolition du concordat, l'église était une sangsue qui se nourrissait directement sur le petit peuple...
      Je passe aussi sur "Le rôle de la France pendant des siècles a permis un rapprochement entre des peuples". La France s'est forgée dans le sang et la guerre, pour des visées pas très bisous-compliants, et souvent avec l'assentiment et les encouragements de l'église catholique. Et c'est tant mieux. Un pays n'a pas a œuvrer pour "rapprocher des peuples et des continents", un pays doit assurer le bien être et la prospérité de ses habitants. Il est vrai que ce n'est plus trop a la mode ces derniers temps par chez nous...


      Tonio, attention. Ne mélange pas tout. Certaines valeurs, que tu défends a juste titre, sont universelles. L'église catholique actuelle, qui n'est qu'une secte qui a réussi, met en avant dans son discours ces mêmes valeurs. Ce qu'elle ne faisait pas il y a quelques siècles, voir même quelques décennies....


      Je termine avec ces paroles du grand philosophe Didier Super :
      "moi aussi j'aimerai , devenir catholique
      moi aussi je veux détenir la vérité
      car quand on ait convaincu qu'on a raison ,
      on n'a plus besoin de se casser l'cul à reflechir..."

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    2. Entièrement d'accord.

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    3. Je suis aussi entièrement d'accord et pourtant souvent en désaccord avec Roger. Comme quoi c'est pas simple.

      Les religions ont une philosophie tout à fait intéressante et sûrement très moderne et progressiste à leurs époques. Cependant, depuis la connaissance a évolué et certains préceptes sont devenu totalement con.

      Ne parlons pas des rituelles, là on frise souvent la folie.

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  5. Pour des idées révolutionnaires qui ne ramènent pas à l'ordre ancien il y a la lecture des oeuvres du philosophe/mathématicien René Thom. Darwinien car héraclitéen ("Il faut savoir que le conflit est universel, que la justice [l'harmonie] est une lutte et que toutes choses s'engendrent selon la lutte et la nécessité"). Néanmoins pas néo-darwinien (le hasard a remplacé Dieu) mais lamarckien (pas créationniste car pour lui le génome est un "dépôt culturel" et non le verbe qui impose sa loi à la chair). Admirateur d'un Aristote méconnu comme penseur du continu mais néanmoins aussi platonicien (l'accord des mathématiques avec la réalité tient pour lui au fait "qu'en toute circonstance, la nature réalise la morphologie locale la moins complexe compatible avec les données initiales locales"). En tant que géomètre (donc penseur du continu), s'oppose à la logique artificielle, mathématisée, booléenne, discrétisée, informatisée ainsi qu'au dogme (issu des Lumières?) selon lequel "comparaison n'est pas raison". Car pour lui le "bon sens", celui qui permet une bonne intelligibilité du monde, est le sens qui va du continu au discret, Et c'est pour cela qu'il propose une logique "naturelle", de "bon sens", fondée sur une théorie -sa théorie des catastrophes- de l'analogie: "Toute connaissance est métaphorique...").

    Pour les curieux il y a sur lui un film "René(e)s" de JL Godard disponible sur le net.
    Il y a aussi 80 pages de citations recueillies par Michèle Porte également disponibles sur le net.
    Et, bien entendu, ses bouquins de "vulgarisation".

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    1. Intéressant ce gus.
      En fait, la science des analogies, c'est la "systémique". C'est devenu autre chose aujourd'hui qu'un simple raisonnement abstrait puisque c'est la base même de nombreuses découverte et du renouveau de la science.
      De toute manière la "raison" ancienne, analytique est faillie.
      J'ai écrit plusieurs articles a ce sujet sur mon blog.

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    2. 1."La raison ancienne, analytique, est faillie". Tout à fait d'accord: en maths l'analytique (et le déterminisme quantitatif laplacien qui va avec) a eu son heure de gloire au XIXème mais a montré ses limites avec Poincaré. Place maintenant (à mon avis) à la théorie somme toute plus modeste (quoique mathématiquement plus difficile car essentiellement qualitative) de la stabilité structurelle.

      2. "En fait la science des analogies, c'est la systémique"
      Thom: "La théorie générale des systèmes est l'ultime forme d'une philosophie naturelle dont le besoin se fait et se fera de plus en plus sentir".

      Pour échafauder cette théorie il y a l'approche structuraliste.
      Il y a aussi l'approche fonctionaliste, lamarckienne (celle de Thom) qui renvoie en biologie au problème philosophique des causes finales.

      Pour moi il ne fait aucun doute que dans la vie courante (ici pas de problèmes philosophiques) c'est la fonction qui crée l'organe: on se donne un cahier des charges puis on s'organise le plus simplement possible pour le réaliser. Ce ne sont pas les logisticiens qui me contrediront (c'est ensuite qu'on s'aperçoit que l'organe créé a parfois d'autres fonctions...).

      3. Je vais consulter votre blog.





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  6. La religion dans notre beau pays c'est aussi les buchers pour les cathares ou autres héretiques, une guerre civile entre protestants et catholiques, bref, pas que du sucré...

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  7. La croissance en Allemagne :

    2011 : + 3,3 %.

    2012 : + 0,7 %.

    2013 : + 0,4 % (estimation des instituts économiques).

    http://www.romandie.com/news/n/Allemagne_les_economistes_sabrent_leur_prevision_de_croissance_201380171020131201.asp

    A propos de la dette publique de l’Allemagne :

    Le journal économique Handelsblatt a fait ses comptes : 7000 milliards d’euros en tout.

    Lisez cet article :

    L’énorme dette cachée de l’Allemagne : 7000 milliards d’euros en tout.

    « La vérité », titre le Handelsblatt, qui coupe court à la présumée parcimonie de l’Etat allemand, des chiffres faramineux à l’appui. Officiellement, la dette allemande en 2011 est de 2 000 milliards d’euros. Mais ce n’est qu’une demi-vérité, car la majeure partie des dépenses prévues pour les retraités, les malades et les personnes dépendantes ne sont pas inclues dans le calcul.

    D’après des nouveaux chiffres, la véritable dette se chiffre en 5 000 milliards d’euros supplémentaires. L’Allemagne serait donc endettée à hauteur de 185 % de son produit intérieur brut, et non pas 83 % comme officiellement annoncé.

    Par comparaison, la dette grecque devrait être de 186% du PIB en 2012, et la dette italienne est actuellement de 120%. Le seuil critique au-delà duquel la dette écrase la croissance est de 90%. Depuis son arrivée au pouvoir en 2005, Angela Merkel, « a créé autant de nouvelles dettes que tous les chanceliers des quatre dernières décennies réunis », remarque l’économiste en chef du quotidien économique.

    « Ces 7 000 milliards d’euros sont un chèque sans provision que nous avons signé et que nos enfants et petits-enfants devront payer. »

    http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief-cover/981331-l-enorme-dette-cachee-de-l-allemagne

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  8. Que vous le vouliez ou non, il se trouve qu'IL EST et qu'Il est omnipotent. Maitre du temps qu'Il attribut comme Il veut, Il frappera l'infame révolution franchouillarde à Son heure, comme Il a déjà frappé et détruit sa fille immonde, la révolution bolchévique. Quis ut Deus ?

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  9. Heureusement que Dieu est mort il y a bien longtemps maintenant...

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    1. seulement pour toi et les quelques croyants athées disciple du nihilisme.

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  10. J'admire de plus en plus votre jugement et votre ouverture d'esprit. SI, si, sérieusement. Votre cheminement est des plus intéressant à suivre.

    En revanche, je ne comprends pas toujours tout. Par exemple, qu'est ce que vous devez à la révolution - qui si je comprends bien n'est rien d'autre que Babel à l'état de système. OK. Donc, je ne vois pas en quoi vous vous en félicitez.

    Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. (Bossuet)
    A mon humble avis, les quelques heureuses suites dont vous vous félicitez ne peuvent avoir comme origine le gloubiboulguisme ambiant.

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  11. "La Révolution avait un passé dans la partie plus ou moins souterraine de l'histoire de France ; tout ce qui avait rapport à l'émancipation des serfs, aux libertés des villes, aux luttes sociales ; les révoltes du XIVe siècle, le début du mouvement des Bourguignons, la Fronde, des écrivains comme d'Aubigné, Théophile de Viau, Retz. Sous François Ier un projet de milice populaire fut écarté, parce que les seigneurs objectèrent que si on le réalisait les petits-fils des miliciens seraient seigneurs et leurs propres petits-fils seraient serfs. Si grande était la force ascendante qui soulevait souterrainement ce peuple.
    Mais l'influence des Encyclopédistes, tous intellectuels déracinés, tous obsédés par l'idée de progrès, empêcha qu'on fit aucun effort pour évoquer une tradition révolutionnaire. D'ailleurs la longue terreur du règne de Louis XIV faisait un espace vide, difficile à franchir. C'est à cause d'elle que, malgré les efforts de Montesquieu en sens contraire, le courant de libération du XVIIIe siècle se trouva sans racines historiques." (Simone Weil, "L'Enracinement", 1943)
    L'opposition entre révolution et tradition dépend vraiment du type de tradition et du type de révolution dont on parle. Il y a la tradition du peuple, il y a celle imposée par l'autorité ecclésiastique (bien souvent moins croyante que le peuple et les petits curés). Il y a la révolution qui prend naissance en bas, il y a celle impulsée par une certaine bourgeoisie libérale.
    cf le très juste commentaire plus haut concernant la Commune.

    et pour ce qui est de l'ordre "naturel", attention aux raccourcis également
    Common decency: «vertus humaines élémentaires de loyauté, d’honnêteté, de bienveillance et de générosité s’enracinant depuis des millénaires dans la logique du don. Ces vertus ne sauraient être confondues avec les constructions métaphysiques des fanatiques du « Bien » — que ces dernières trouvent leur principe officiel dans la volonté divine, l’ordre naturel ou le sens de l’Histoire.» (JC Michéa, "la double pensée", 2008).
    "Il n’y a pas de voie toute tracée pour la morale. La nature n’offre rien, dans son essence, qui puisse répondre à nos attentes en termes humains – ne serait-ce que parce-que notre espèce est venue si tard et de manière si insignifiante, dans un monde qui n’a pas été construit pour nous. Et c’est tant mieux. Les réponses aux problèmes moraux ne sont pas là dans la nature, attendant d’être découvertes. Elles résident, comme le royaume de Dieu, en nous – le lieu le plus difficilement accessible à la découverte scientifique ou au consensus." (SJ Gould, "La foire aux dinosaures, réflexions sur l’histoire naturelle", 1993)

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    1. "La longue terreur du règne de Louis XIV faisait un espace vide, difficile à franchir. C'est à cause d'elle que, malgré les efforts de Montesquieu en sens contraire, le courant de libération du XVIIIe siècle se trouva sans racines historiques." (Simone Weil, "L'Enracinement", 1943)

      A mon avis il n'y a pas que le vide laissé par "la longue terreur du règne de Louis XIV". Il y a aussi et surtout le rôle joué par la coupure galiléenne qui a marqué le divorce entre la science et la philosophie et a permis l'apparition de l'homme "nouveau", rationnel et scientifique. Le parti pris pour la science a nécessité une justification a posteriori dont se sont chargés les encyclopédistes (redéfinitions de la rationalité et de la réalité).

      "Mais l'influence des Encyclopédistes, tous intellectuels déracinés, tous obsédés par l'idée de progrès, empêcha qu'on fit aucun effort pour évoquer une tradition révolutionnaire" (Simone Weil).
      La coupure galiléenne n'est pas une révolution ("Et pourtant elle tourne!") mais bel et bien une coupure, un divorce. La gauche (du PS au FdG) et ses intellos passent leur temps à se référer aux Lumières. Gauche hors sol?

      Thom: "L'ambition ultime de la théorie des catastrophes, en fait, est d'abolir la
      distinction langage mathématique-langage naturel qui sévit en science
      depuis la coupure galiléenne".

      Abolir la distinction entre qualitatif et quantitatif (et par suite abolir la distinction entre l'homme "ancien" et l'homme "nouveau"?), réenraciner. C'est pour ça que je fais du prosélytisme pour l'oeuvre de Thom.

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    2. "Il y a aussi et surtout le rôle joué par la coupure galiléenne qui a marqué le divorce entre la science et la philosophie et a permis l'apparition de l'homme "nouveau", rationnel et scientifique. Le parti pris pour la science a nécessité une justification a posteriori dont se sont chargés les encyclopédistes (redéfinitions de la rationalité et de la réalité)."
      très juste. Weil en parle d'ailleurs dans le même bouquin (que je cite très souvent mais qui est vraiment d'une grande amplitude):
      "À vrai dire, depuis une antiquité indéterminée, bien antérieure au christianisme, jusqu'à la deuxième moitié de la Renaissance, il a toujours été universellement reconnu qu'il y a une méthode dans les choses spirituelles et dans tout ce qui a rapport au bien de l'âme. L'emprise de plus en plus méthodique que les hommes exercent sur la matière depuis le XVI e siècle leur a fait croire, par contraste, que les choses de l'âme sont ou bien arbitraires, ou bien livrées à une magie, à l'efficacité immédiate des intentions et des mots."

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  12. "dans un monde qui n’a pas été construit pour nous" (Gould)
    Suffisamment quand même pour que notre espèce puisse se développer et soit encore là aujourd'hui. Le problème que je vois est que le transfert du génétique au cérébral (boosté depuis peu par l'informatique) a donné à notre espèce un avantage (?) considérable par rapport aux autres espèces, genre formule 1 par rapport à vélo. A nous d'apprendre à manier notre F1 (c'est pas gagné...) pour assurer la nécessaire (à mon avis) harmonie avec notre environnement vivant (a fortiori inerte) qui, lui, n'a pas eu cette chance (?).

    "Il y a la révolution qui prend naissance en bas, il y a celle impulsée par une certaine bourgeoisie libérale".
    Populisme vs élitisme. "Nos" "élites" n'ont de cesse de dévaloriser le populisme. On comprend pourquoi si on se réfère à la définition qu'en donne Wiki. De même elles n'ont de cesse de dévaloriser la démagogie (cf. la définition de Wiki). Alors que pour "elles" la pédagogie garde toutes ses lettres de noblesse. On comprend pourquoi si, une fois encore, on se réfère à la définition de Wiki: enseigner aux enfants est beaucoup plus facile que d'enseigner aux adultes (enseigner un "programme" concocté par "l'élite", bien entendu). La citation de Peillon est significative! Celle de Voltaire ("Quand la populace se mêle de raisonner tout est perdu") aussi!

    "Les réponses aux problèmes moraux ne sont pas là dans la nature, attendant d’être découvertes. Elles résident, comme le royaume de Dieu, en nous – le lieu le plus difficilement accessible à la découverte scientifique ou au consensus." (SJ Gould, "La foire aux dinosaures, réflexions sur l’histoire naturelle", 1993)"

    Nous sommes dans la nature et la nature est en nous. La nature nous envoie des signes, à nous de les interpréter: "Le Maître, dont l'oracle est à Delphes, ne montre ni ne cache, il signifie" (Héraclite). Pour moi de la (bonne) démagogie...

    L'ordre naturel.
    Triangle éthique (cf Wiki): "je veux, je dois, je peux".
    Pour moi c'est l'ordre "naturel": au début est le désir (je veux), puis viennent les contraintes qui s'opposent au désir (je dois), et enfin le pouvoir (je peux).

    Notre société post soixante-huitarde a pour triangle éthique "je veux, je peux, je dois" (le devoir vient en dernier, il est interdit d'interdire). Tout me semble, hélas, se mettre en place (par nos "élites") pour une éthique "je dois, je peux, je veux" dans laquelle le vouloir est bayonné par le pouvoir et le devoir, bref, pour une dictature.

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  13. concernant la religion, un détail parlant: à une époque ce qu'on entendait à la messe c'était ça
    http://grooveshark.com/s/Missa+Pange+Lingua+Kyrie/3nwcRq?src=5
    http://grooveshark.com/s/Missa+Pange+Lingua+Gloria/3nwufg?src=5 cette musique est aujourd'hui confinée à des cercles de spécialistes
    et on est très loin de sentir ce genre de vibrations dans une messe actuelle, où la spiritualité a été très largement remplacée par la bigoterie. perte de vitalité de la chrétienté, liée d'une part à la corruption de l'église, trop liée au pouvoir depuis trop longtemps, d'autre part à la désacralisation du monde, qu'ont produit à la fois l'avènement historique du libéralisme (Jean Pierre Dupuy, "La Marque du Sacré") et le développement de la technique (Jacques Ellul, "Le Système Technicien")

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    1. "À vrai dire, depuis une antiquité indéterminée, bien antérieure au christianisme, jusqu'à la deuxième moitié de la Renaissance, il a toujours été universellement reconnu qu'il y a une méthode dans les choses spirituelles et dans tout ce qui a rapport au bien de l'âme." (Simone Weil)

      Puis il y a eu la coupure galiléenne qui a consacré(!) la désacralisation du monde: scientisme, technicisme, etc. (libéralisme? laisser-fairisme?). Je me demande si la décadence, pour moi manifeste, de notre civilisation occidentale n'est pas directement liée à cette désacralisation. Car sans le sacré (alias le pouvoir symbolique) la cohésion sociale ne peut être que barbare car assurée par la force. "Est-ce que vous connaissez une seule des grandes manifestations récentes d'exercice du pouvoir dans notre monde qui ne soit pas une manifestation de la barbarie?" (Charles Melman, L'homme sans gravité). Qui écrit juste avant: "La barbarie consiste en une relation sociale organisée par un pouvoir non plus symbolique mais réel".
      Dans "Révolutions, catastrophes sociales?" (Apologie du logos) Thom argumente pour établir "qu'aucune société stable ne peut exister sans une certaine forme de pouvoir sémiologique".

      Comment réintroduire un pouvoir symbolique dans notre société sans retomber dans les ornières du passé?
      Sans surprise le mathématicien (mais aussi -et pour moi surtout- philosophe) René Thom suggère que ce pouvoir symbolique pourrait être joué en partie par la mathématique (en tout matheux sommeille un platonicien!).
      Il conclut ainsi son article "De l'icône au symbole" par:
      "Je verrais volontiers dans le mathématicien un perpétuel nouveau-né qui babille devant la nature: seuls ceux qui savent écouter la réponse de Mère Nature arriveront plus tard à ouvrir le dialogue avec elle. Les autres [pour moi l'immense majorité!] ne feront que babiller, bourdonner dans le vide -bombinans in vacuo. Et où, me direz-vous, le mathématicien pourrait-il entendre la réponse de la nature? La voix de la réalité est dans le sens du symbole."




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    2. http://www.youtube.com/watch?v=bH1s8PcDBEM

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  14. "je n'oublie pas ce que je dois à cette révolution qui a placé l'Homme au dessus de Dieu. Sans elle, aujourd'hui, j'en serais à aller fleurir la tombe de ma gamine tous les jours" (D.T.)

    ???
    Comment cela ? Les Belges, Espagnols, Néerlandais, Britanniques, Danois, Suédois, etc. doivent "fleurir des tombes" parce qu'ils sont toujours en monarchie ? Le raccourci est un peu rude.

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    1. Monarchie ?

      Faut pas confondre le tourisme avec la politique ...

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