dimanche 6 octobre 2013

Rythmes scolaires: «une catastrophe» selon les enseignants parisiens

Rythmes scolaires: «une catastrophe» selon les enseignants parisiens
Libération, 30/09/2013 (en Français texte en français )
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Les nouveaux rythmes scolaires passent mal dans la capitale. Hier, le responsable parisien du principal syndicat du primaire, le SNUipp, a estimé que la mise en place des quatre jours et demi était une «catastrophe». Il n’a pas écarté de nouvelles actions, voire une demande de suspension du dispositif au risque de déstabiliser encore plus les enfants en cours d’année. «De toute façon, ça ne pourrait pas être pire», a-t-il expliqué.

Jérôme Lambert, le responsable du SNUipp parisien qui donnait hier une conférence de presse, a décrit une situation quasi apocalyptique dans les écoles de la capitale – des enfants chamboulés qui ne savent plus quel jour on est, des enseignants chassés de leurs classes pour les activités périscolaires et qui les retrouvent le lendemain tout en désordre, des locaux sales car le personnel n’a plus le temps de nettoyer correctement, des directeurs et directrices proches du burn out...

Premier constat, selon le syndicat, le climat général s’est dégradé dans les établissements. Tout le monde est stressé – les parents qui ne comprennent pas bien comment tout ça fonctionne, les enseignants qui ne savent pas quoi leur répondre et se font houspiller, les animateurs qui passent leur temps à compter les élèves participant aux activités et ceux partant, les directeurs qui n’ont pas les mêmes listes d’enfants autorisés à partir à 15 heures, les élèves enfin, qui perdent leurs repères, avec des journées de classe qui changent selon le jour…

Toujours selon l’enquête du SNUipp, les petits de maternelle sont de loin les plus perturbés. «Plus que les autres, ils ont besoin de repères, spatiaux et temporels, et de savoir qui est leur référent», a souligné Jérôme Lambert. Or, ils ont affaire dans la même classe à leur enseignant (ou enseignante) puis à un animateur. «Résultat, il y en a qui pleurent encore au bout d’un mois, ce qui n’est pas normal.»

9 commentaires:

  1. Sans oublier que l'enseignent du catéchisme était très souvent le mercredi matin. Encore merci à notre cher frère Peillon.

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  2. Si la catastrophe de l'enseignement n'était qu'une question de rythme, alors on pourrait déjà sabrer le champagne. Moi je trouve l'enseignement scolaire totalement contre-productif. A moins que l'enfant sorte d'une famille d'illettrés totale, il y a clairement un nivellement par le bas, une uniformisation de la culture nationale au détriment des cultures locales, et bien sûr la violence. D'ailleurs beaucoup de collèges et de lycées modernes ressemblent à s'y méprendre à des prisons sans barbelés.
    Nous on a une fille de 3 ans et on a fait le choix de tenter l'IEF (instruction en famille).C'est un sacerdoce, ça veut dire un seul parent au travail. Et bien sûr les 19% d'impôts qu'on paye quand même pour l'éducation des autres (mais on ne s'en plaint pas, malgré notre situation précaire), surtout que la plupart des gens sont heureux que l'école existe car c'est avant tout une garderie pour eux...

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  3. Content que mes mômes soient déjà rands. Ils échapperont à la poursuite, et l'accroissement du sida mental.

    On dirait que ces gens n'ont qu'une obsession : casser.
    -casser les cadres
    -casser l'histoire
    -casser le peuple, ses origines, ses racines
    -casser les repères
    -casser la sexualité
    -casser les classes sociales
    -casser les frontières

    C'est une véritable obsession, continue, mortifère.

    C'est effrayant.

    J'ai 45 ans, et pendant 30 ans j'ai d'abord subi les "réformes" de l'école... et ensuite mes enfants ont subi les "réformes" de l'école (avec un rythme accéléré pour eux, genre une "réforme" chaque année et demi).

    C'est ça qui me sidère : il y a forcément un plan, une conspiration. Tant de constance, sur une longue durée, c'est stupéfiant.

    Pris séparement, on dirait des points éparpillés au hasard sur une toile. Mais avec du recul, une pattern apparaît !

    Il est urgent de :
    -se barrer
    -et d'abattre le Système (pour le plaisir, pour se venger, mais également pour les générations futures)

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    1. Je suis dans le même cas, mes deux derniers enfants sont au lycée (privé, ça me coute un bras mais j'essaye de limiter la casse), j'attends avec impatience qu'elles sortent de ce bourbier infernal. Niveau programme et "réforme", chaque année est pire que la précédente, on se dit toujours qu'on a atteint la limite, mais non, on peut toujours aller plus loin, ils ne manquent jamais d'idée.
      Je pense aux jeunes parents, ceux qui ont des enfants en maternelle, en primaire, je me dis "que ferais-je à leur place ?" et je mesure toute l'ampleur du piège qui se referme sur les familles. Il y a les écoles hors contrat, mais le prix est inabordable pour un ménage moyen, quand au choix de faire l'école à la maison, il ne me parait non pas impossible mais extrême et radical. Pour ce faire, je crois qu'il y a moyen de s'en sortir à plusieurs familles, mais seul c'est très difficile, nous ne sommes pas formés pour enseigner toutes les matières et comme il est dit plus haut, il faut une disponibilité complète, qui peut se le permettre ?
      Bref, comme la santé, la sécurité, l'approvisionnement, il faudra bientôt assurer l'instruction de ses enfants seuls, s'assumer entièrement, ou sombrer.

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    2. ce qui est effrayant c'est l'égalitarisme qui tire le niveau général vers le bas.un peu comme le pays,c'est mal vu de vouloir bosser,s'améliorer et réussir.seule solution,faire des classes par niveaux et sortir les profs de la fonction publique.les profs sérieux et travailleurs y trouveront leur compte,les élèves sérieux ne seront plus ralentis et seront libres de travailler,les autres seront libres de régresser ou pas,mais ils n'entraineront plus les autres

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  4. l'édulcoration nationale est maintenant une usine à analphabètes mais se qui importe aux enseignants c'est d'avoir une semaine de 4 jours (voir 3 ou 2 même temps qu'on y est)
    peut importe si le programme rentre pas

    les enseignants avant y était par vocation, depuis quelques années ils y sont uniquement pour la garanti de l'emploi et les avantages...

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    1. Détrompez-vous, nombre d'enseignants (pas tous il est vrai) sont contre la semaine de 4 jours. Personnellement et bien que je n'aime plus vraiment le métier que j'exerce, je suis même pour la semaine de 5 jours (avec le samedi plein) comme il y a quelque décennies. Cela permettrait de prendre le temps d'aborder les notions fondamentales sans avoir l'oeil sur le chronomètre.
      Mais cela sera impossible pour les raisons suivantes:
      - certains enseignants n'en voudront pas;
      - certains parents n'en voudront pas (pénible de se lever le samedi);
      - le tourisme et le ministère de l'économie n'en voudront pas car il faut faire tourner le business;
      - les parents des familles recomposées n'en voudront pas (il est vrai qu'elles deviennent la norme dans ce monde en effondrement).
      L'intérêt des enfants est vraiment le dernier des facteurs pris en compte. C'en est à vomir.

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  5. Bonjour,
    @Youpla:
    Désolé, mon expérience est toute autre.
    En tant que vacataire, dans pratiquement tous les établissements, il n'y a aucun prof titulaire le vendredi après-midi, la moitié est absente le vendredi matin.
    Quand au Lundi, aucun enseignant le lundi matin…
    Par contre, tous les vacataires ont de nombreux trous dans les journées…
    Hé oui.

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    1. Bonjour,
      Désolé, j'ai oublié de préciser que je parlais du primaire, ce qui est un monde bien différent du secondaire bien que dépendant du même ministère.
      Cordialement

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