samedi 12 octobre 2013

yoananda : la cliodynamique pour anticiper les cycles historiques long, et les effondrements

Revue : la cliodynamique pour anticiper les cycles historiques long, et les effondrements
Blog de Yoananda, 12/10/2013 (en Français texte en français )
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Le pic pétrolier explique (en partie) la crise actuelle et annonce des temps difficiles. Nous avons vu que cette situation, quoi que plus sophistiquée, n’est pas nouvelle dans l’histoire. Les civilisations développent un savoir faire technique qui permet leur expansion. L’explosion démographique qui en résulte conduit à une augmentation insoutenable de la complexité et de l’exploitation des ressources au point d’en modifier l’homéostasie (la capacité que peut avoir un système quelconque (ouvert ou fermé) à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures). Cette fragilité interne finit par céder aux forces extérieures agressive (climat / concurrents). Et c’est l’effondrement.

La cliodynamique est une approche complémentaire : on va essayer de repérer (mathématiquement à l’aide d’outils informatique – bref selon la méthodologie systémique) des cycles dans l’histoire. Il se trouve que cette approche vient corroborer les résultats des autres approches en prédisant une vague de violence (aux USA) pour 2020.



L’explication n’est pas foncièrement différente de ce qu’on a vu jusqu’à présent. La pression démographique y joue encore un rôle centrale, mais avec une nuance. Les problèmes arrivent, non pas quand le peuple souffre, mais quand les élites, surnuméraires, se déchirent. Ce qui n’est pas sans rappeler le déclin de Rome. En résumé :

Pour Turchin, l’explication la plus plausible pour le cycle long nous vient d’une idée développée dans les années 80 par Jack Goldstone de l’Université George Masson, Virginie : la théorie démographico-structurelle. Celle-ci propose que, dans toute civilisation relativement prospère, la croissance de la population et/ou le développement technologique mène à une sous-utilisation de la main d’oeuvre disponible (chômage, en termes actuels) dont l’effet premier est l’accélération de l’enrichissement des élites, qui peuvent jouer de cette concurrence de main d’oeuvre pour “optimiser” leur rentabilité. Mais dans un deuxième temps, l’accroissement de l’élite elle-même (via l’accès généralisé aux études supérieures par exemple) crée un état de compétition au sein même de l’élite, où il n’y a plus assez de places au soleil pour tout le monde. Les factions se montent les unes contre les autres, la cohésion sociale de la civilisation ou de l’Etat en question diminue, l’Etat perd le contrôle de la population, la violence et l’anarchie s’installent jusqu’au moment où la faction victorieuse des élites redevient un petit groupe homogène et le cycle recommence.

Selon ce modèle, la violence sociale ne survient pas au moment où les classes industrieuses voient leurs conditions de vie stagner ou diminuer, mais une ou deux générations plus tard, une fois que l’élite a suffisamment gonflé pour se factionnaliser.

Revenons aux USA et prenons un peu de recul avec une approche "par cycles". Le rôle central des USA est lié au statut particulier du dollar. On pourrait croire ce bastion inviolable, pourtant, historiquement, toutes les monnaies de réserve finissent par être remplacée, quelque soit la puissance de l’empire. Il en sera de même pour le dollar. Il en est déjà de même, car les BRICS, notamment la Chine multiplient les accords d’échange hors dollars. Sans compter que maintenir le statut du dollar coûte de plus en plus cher aux USA (cf la guerre d’Irak, entre autres).



Donc, une fois de plus, nous arrivons à la conjonction de plusieurs cycles séculaires (cycles d’environ 200 ans pour la France) : Les USA comme l’Europe vont être soumis à une vague de violence dans les années à venir selon les prévisions de la cliodynamique.

Prévisions qui sont corroborées par plusieurs autres approches.

Par exemple, on peut regarder du coté du prix de la nourriture, qui est un indicateur (relativement) fiable des troubles politiques à venir. Pas pour les pays riches, mais pour les pays en voie de développement, là ou le budget "nourriture" occupe plus de 75% des dépenses courantes.



Mais nous pouvons aussi faire un lien avec la montée des partis dit "populistes". Il s’agit surtout de la montée d’élites alternatives qui vont venir contester la place de ceux qui tiennent les rennes actuellement. Nous pouvons aussi mettre en lien les drames de Lampedusa et de Malte qui sont probablement le début de vagues de réfugiés. Ce genre de drames ont été anticipés (notamment par Jacques Blamont).

Bien sûr, si on observe tout ces phénomènes indépendamment les uns des autres, on peut toujours trouver des objections. Mais quand on prends du recul, c’est comme un tableau impressionniste, la situation devient de plus en plus claire.

Ce qui se produit n’est pas foncièrement nouveau, mais la forme qu’il revêt peut l’être. Cette fois plutôt qu’un fascisme "nationaliste", nous avons un fascisme "mondialiste". Mais au fond, c’est la même chose, c’est la pensée unique qu’on cherche à nous imposer pour "notre bien", pour maintenir une cohérence de façade dans une société qui se disloque.

C’est pour cela que vous pouvez observer, à la télé, et même dans les médias alternatif une montée de la gauche qui vient chanter les louanges du métissage, du bordel sexuel, de l’égalitarisme, de la ponzimmigration, du partage de la richesse des autres, de l’universalisme pour tous (sauf chez soi), etc… en réaction à la contestation croissante du système. C’est avant tout et surtout une réaction face à un sentiment de menace, bien plus que l’expression de convictions profondes :



Si on pousse cette logique jusqu’au bout, elle nous ramène tout droit vers la guerre civile. Même si rien ne dit que nous irons jusque la. Du moins pas tout de suite, mais je rappelle que 2020, ça tombe étrangement proche du 2017 +/- 2 ans ou se situera probablement le pic pétrolier absolu (~2025 si on rajoute les autres carburant fossile : gaz + charbon). Nous ne sommes qu’au début des problèmes. L’instabilité politique est donc à surveiller de très près.

En tout cas, la politique de l’incompétent de service qui se résume à : "une nouvelle taxe par jour" ne va pas améliorer les choses. Les impôts des uns étant les salaires des autres, la nouvelle noblesse et le nouveau clergé qui se constitue grâce à l’argent public va être contestée par le nouveau "tiers état" qui se fait tondre … juste avant l’hiver !

Winter is comming, oui oui.




En complément :
Marine Le Pen invitée du Talk Orange Le Figaro
Le Figaro, 11/10/2013 (en Français texte en français )

11 commentaires:

  1. Le piège se referme.

    "Selon Thierry Repentin, Paris proposera de mobiliser "des moyens d'ordre financier mais aussi techniques", afin d'assurer "une coordination" européenne et de réunir des moyens supplémentaires en mer.

    "On ne peut pas continuer à laisser des hommes et des femmes périr en mer sans réponse collective" et "laisser l'Italie seule sur cette question, en première ligne", a insisté le ministre des Affaires européennes."

    http://tinyurl.com/ktbmzwk

    Qui est Repentin ? Ministre des affaires européennes. Ca n'a aucune importance, cela démontre juste que le piège se referme.

    -au nom du "bien", on va donc rendre (avec force moyens) la traversée... sans risques
    -le nombre des migrants va donc forcément augmenter

    Dans le même temps, l'Ined nous rappelle l'énorme explosion démographique en Afrique : 1 terrien sur 3 sera africain en 2100...

    De 800 millions en 2000 à 4,5 milliards...

    On va faire comment ?

    Faut il fixer une limite ? A priori non. Le "bien" n'a pas de limite n'est ce pas ?

    En Afrique, la situation va t elle s'améliorer en une décennie ? Deux ? Ou jamais ? Les dictateurs, les guerres, les économies en ruines vont ils disparaître ? La Somalie va t elle muer en un pays de Cocagne ? Dix ? Vingt ans ? Ou jamais ?

    Donc l'Europe est elle prête à accueillir des millions, dizaines de millions d'Africains ?

    Voilà les chiffres, et la logique (démente) à l'oeuvre.

    Alors, la cause est entendue : Jean Raspail, dans une fulgurance géniale, a tout décrit, tout prévu en 1973 avec son bouquin "Le camp des saints"

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Camp_des_saints

    C'est foutu. Préparez-vous, préparez vos enfants. Ca va forcément... se faire dans la douleur.

    >Yoananda : inutile de faire des graphiques, ou d'étudier les cycles... La démographie est le juge de paix.

    Enfin, plutôt de guerre.

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  2. tréard fait une interview nous changeant des pugilats de pupujadas. C'est nettement plus audible et convaincant.
    On arrive même à différencier certaines parties de mechanchon.

    Je reste dubitatif sur l'article; non que je conteste chacun des points, mais c'est le concept général qui m'échappe.

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    1. En gros, ils cherchent du sens là où il n'y en a pas...
      Pas de règle du jeu, juste le hasard de la vie avec son lot d'incertitudes.
      Il y a longtemps, on a inventé la religion dans le même but.

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  3. à propos du dollar,

    le Dollar en tant que monnaie de réserve, voir le graphique ci-après dans ce billet de Sapir :
    http://russeurope.hypotheses.org/1585
    le dollar est toujours à plus de 60% (et la part de l'Euro a baissé depuis la crise)

    le Dollar en tant que monnaie de transaction, il me semble que c'est ce graphique de la FED :
    http://research.stlouisfed.org/fred2/series/DTWEXM

    yongtai

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  4. La théorie des systèmes dynamiques nous invite à prendre des distances avec, justement, celle des cycles, qui est basée sur le postulat implicite de règles occultes, mais stables, du système étudié.
    C'est une approche très différente, la dynamique des systèmes complexes.
    Le cycle décrit une situation de divergence de l'équilibre, une crise, une correction, et un retour à l'équilibre.
    C'est cool, un cycle ; c'est un raccourci descriptif commode. Mais ça ne vaut pas plus que ça.
    Pour les systèmes complexes, un cycle peut parfaitement diverger et ne JAMAIS revenir à son état initial, ni à rien de comparable.
    Donc caramba, la prévision se trouve couillonnée.
    Et justement, les systèmes sociaux sont complexes.
    Ils ont cette fichue manie, quand un problème est annoncé de manière mécanique, de se "vacciner" et, du coup, de diverger de la trajectoire prévue.

    On anticipait de manière trop voyante la faillite après 2008 ? Paf : planche à billets illimitée. Et ça tient !
    On anticipait des émeutes après le laboratoire grec ? Je vous annonce : c'est pas pour demain.
    Pour à mon avis 2 raisons, qui tiennent au fait qu'on n'est pas assez dans la merde pour que ça arrive :
    1- Les gens sont apathiques. Même s'ils ne sont pas cons et s'ils savent bien qu'on leur raconte des salades, ils n'ont pas de monde alternatif préférable pour le moment. La sobriété heureuse ? Pas prêts. Trop shootés au triptyque bagnole/supermarché/boulot lointain du pavillon.
    2- Côté superstructure, on a un train d'avance sur l'effondrement. Une ruse est éventée ? on en trouve une autre. Et tant que les peuples des pays émergents ou non, détenteurs de matières premières, restent tranquilles et qu'on peut acheter leurs élites compradores, ça tient !

    De mon analyse ces courbes sont trop rationnelles pour être prédictives. Le système peut diverger encore un certain temps de son point d'équilibre, trop de gens bien placés y ont intérêt. La mafia italienne tient bien depuis plus de 60 ans...

    Côté analyse des élites, je diverge aussi un peu de Yoananda. A mon avis leur problème n'est pas vraiment celui de la surpopulation ;-). C'est plutôt la consanguinité. Le népotisme, le réseautage, transforment fatalement l'élite en médiocratie, voire en idiocratie. Autrefois les guerres régénéraient le cheptel par la force. Désormais, dans un monde globalement apaisé, les rentiers font dériver le système vers son degré d'efficacité minimale (par rémunération maximal de l'effort moindre). C'est cela qui provoque le blocage, la décadence.
    C'est vrai pour Rome, c'est vrai pour l'Espagne après le pillage de l'or des Incas.

    J'en reviens à mon principe fondamental : une méritocratie peut survivre indéfiniment, pour peu qu'elle intègre la notion de décroissance (ajustement aux variables environnementales) et de sacrifice. Renoncer au mieux immédiat pour le bien lointain.

    Il y a là un mécanisme psychologique profond que les modèles mathématiques (qui sont toujours simplificateurs) peinent à retranscrire : la notion d'optimum inversé.

    Tout ça pour dire que plus grande est la résistance à l'évolution naturelle d'un système, pire est, in fine, la correction. Donc, pour paraphraser Delamarche : ça finira mal.
    Achetez l'or, il est pas cher en ce moment. Les USA doivent être à la manoeuvre pour sauver le soldat Dollar.

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    1. Stp, tu peux en dire plus sur la notion d'optimum inversé ?
      Le sujet m'intéresse.

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    2. Oui, je suis d'accord que les cycles sont une approche trop simpliste. Dans la systémique on prends en compte les cycles, mais ce n'est qu'un élément parmi d'autres.

      Pour les élites, il y a plusieurs théories, la consanguinité et la décadence en est une. La multiplication et la compétition exacerbée en est une (corroborée par certains faits historiques). Je suppose que la vérité est quelque part entre les 2, et même qu'il y a peut-être d'autres facteurs. Je pense que la décadence des élites est une réponse/réaction à celles des peuples et vice versa.

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    3. Et s'il suffisait "simplement" d'aller chercher la décadence des élites du côté de la génétique ?
      Je pense que l'espèce humaine, au niveau de son fonctionnement social, a pas mal à voir avec les rats ou les loups. Plusieurs échelons se mettent en place "naturellement" dans un groupe. Les dominants qui sont en haut doivent assurer un minimum, sinon ils doivent être rapidement remis en question. Les humains ont juste oublié de faire un ménage régulier au sommet....

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  5. Lien très intéressant :
    http://piketty.pse.ens.fr/fr/capital21c

    Plein de graphiques et tableaux sur l'évolution économique.
    Exemple : Capital en France 1700-2010

    Et enfin un économiste qui dit que la science politique n'en est pas une, mais de l'économie politique. Merci Piketty !

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  6. Pourquoi utiliser ce slogan sur les roms pour justifier tes propos ?

    Ils ont bon dos les roms, ceux que personnes connait vraiment, tantot on les accuse des pires maux, tantot on les denigre, tantot on s'en sert pour justifier des idées, des argumentaires...

    Ce detail qui pourrait paraitre anodin est grave dans le fond... sous pretexte de defendre des idées nobles d'informer et d'eclairer on utilise, manipule et enfonce au passage des miséreux qui n'ont rien demandés !

    A part ça intéressant ton article...

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    1. Le sujet n'est pas les ROMs mais l’hypocrisie de gauche.

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