jeudi 3 octobre 2013

yoananda : Revue : travaux de Joseph Tainter sur les effondrements

Revue : travaux de Joseph Tainter sur les effondrements
blog de Yoananda, 01/10/2013 (en Français texte en français )
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Le style est un peu télégraphique, mais je pense que c’est suffisant. Je ferais un résumé global plus construit de tous les théoriciens de l’effondrement quand j’aurais fini ma revue de presse sur le sujet.


Selon Tainter (un archéologue/anthropologue) les sociétés s’effondrent du fait de leur complexité croissante, dont l’efficacité marginale décline avec le temps et fini même par devenir contre-productive.

ENANTIODROMIE : c est la course d un objet, d une chose, dromos, qui l’amène vers son contraire, enanti.



Il s’est particulièrement intéressé aux Romains, Mayas et Anasazis. Mais aussi :

Chou Dynasty in China, the Indus Valley. Harappa, Mesopotamia, Egypt, Mycenaean Greece, and different American cultures

Il prends l’exemple des Anasazi. Après avoir tout chassé, ils sont passé a l’agriculture, puis a l’irrigation. Ayant poussé la population a la limite du soutenable, une longue sécheresse de 14 ans a eu raison de leur civilisation. Ceux qui ont pu ont quitté les lieux avec ce qu’ils ont pu emporter, en brûlant les anciens lieux de culture (ils n’avaient pas l’intention de revenir) après une période d’instabilité politique et de famines.

Dans les périodes de déclin le pouvoir use d’artifice pour se maintenir : de plus en plus de faste, mais aussi de plus en plus des solutions qui ne fonctionnent plus.

L’invention de la machine à vapeur a été dictée pour la sur-exploitation du bois. Celle du pétrole par la surexploitation des baleines.

La question du facteur provoquant l’effondrement est essentielle. Pour Gibbons par exemple, Rome s’est effondré a cause du harcèlement perpétuel des hordes barbares. Et donc, nous serions aujourd’hui à l’abri d’un nouvel effondrement (par définition !).

Pour Tainter ce n’est pas la déplétion des ressources, mais l’efficacité marginale (il y en a toujours mais elles sont de plus en plus difficile à se procurer). Quand les ressources viennent à manquer, la complexité peut compenser pendant un temps, à un coût de plus en plus important (exemple : on compense la fin du pétrole par des panneaux solaires).

Tainter prends l’exemple de l’empire Romain qui face a des guerres civiles et des invasion a doublé la taille de son armée (augmentation soudaine de complexité : hiérarchie militaire, impôts, etc…). Ce qui à permis de rétablir un certain équilibre, mais une telle armée a un coût, ce qui n’a fait au final que retarder l’échéance de l’effondrement.

Tainter dit la même chose que moi : on peut éviter l’effondrement si on trouve une nouvelle source d’énergie. Je rajoute tout de même qu’il faut une nouvelle source efficace et généralisable.

Il cite le paradoxe de Jevons : si nous trouvons un moyen d’utiliser mieux l’énergie, nous n’allons pas diminuer notre consommation globale, nous allons en profiter pour l’employer dans plus de domaine, et au final, continuer à croître.

1 000 000 de personnes sont mortes lors de l’effondrement de l’empire maya.

Tainter précise de l’effondrement n’est pas forcément homogène. Il peut se faire par pallier, par pans … et même que certains peuvent en profiter (les paysans par exemple qui voient leurs taxe diminuer a un certain moment mais au prix d’une plus grande insécurité physique).

Concernant Rome voici l’explication. Le moteur de la puissance Romaine aurait été … le pillage !

Au temps des Romains, la seule énergie disponible était celle du soleil. Lorsque les Romains envahissaient et pillaient un nouveau territoire, ce qu’ils faisaient en fait, c’était piller les surplus d’énergie solaire de ce territoire, transformés et accumulés au fil des siècles « sous la forme de métaux précieux, d’œuvres d’art et de personnes ». Ces pillages étaient extraordinairement rentables. Dès 167 avant J.-C., en s’appropriant le trésor macédonien, les citoyens romains purent s’exempter de tout impôt ; lors de la conquête de la cité de Pergame, le budget de Rome doubla ; lorsque Pompée prit possession de la Syrie en 63 avant J.-C., le budget de l’empire s’accrut à nouveau de 70 %, et ainsi de suite. Un retour positif sur investissement était en place : « Plus de conquêtes donnaient plus de richesses, qui finançaient plus de conquêtes », résume Joseph Tainter.

Mais « l’ennui avec le pillage, c’est qu’il ne peut avoir lieu qu’une seule fois », dit l’anthropologue.

Un jour, l’empire se trouva à court de conquêtes rentables (déserts à l’est et au sud, mers à l’ouest et au nord). De ce jour, Rome dut compter non plus sur le pillage de vastes quantités d’énergie solaire accumulées par d’autres, mais seulement sur l’énergie, évidemment beaucoup plus modeste, offerte par le soleil année après année aux terres de ses provinces. Dès lors, pour pouvoir rester ce qu’ils étaient devenus, les Romains firent la seule chose rationnelle à entreprendre face à pareille impasse : ils se mirent à biaiser. Durant des siècles, l’administration romaine ne cessa de déprécier la valeur de ses monnaies, réduisant lentement mais sûrement les quantités de métaux précieux qu’elles contenaient. Ceci décida probablement de l’effondrement de l’empire.



D’après Joseph Tainter, la raison fondamentale pour laquelle les sociétés tendent à devenir toujours plus complexes est que, tout simplement, la complexité « est utile pour résoudre des problèmes ».

Chose intéressante : les effondrements ne sont pas un retour au chaos a la Mad Max, mais un processus économique qui profite à certains agents rationnels qui y trouvent un gain objectif. Un somme, un nouvel ordre apparaît, les élites sont remplacées. Pour "nous", il s’agirait de ne plus soutenir par nos impôts l’armée de fonctionnaire bureaucrates qui ne remplissent plus leur rôle.

Pour terminer, si vous êtes motivés, il y a un très bon résumé des travaux de Tainter ici, avec plein de détails "croustillans", On devine que le processus a l’œuvre actuellement est très similaire en tout points a celui de l’effondrement de Rome.

5 commentaires:

  1. Je trouve l'analyse de Tainter un peu simpliste, même si vu de loin son modèle semble fonctionner.
    L'Empire romain ne s'est pas effondré, il s'est lentement décomposé en unités plus petites et plus efficaces, qui ont fini par reprendre leur autonomie. Mais les pays qui en ont résulté 5 siècles plus tard n'avaient rien à voir avec la répartition des tribus qui prévalait avant la Pax Romana.

    Donc le modèle de Tainter n'en est pas un ; c'est plus un descriptif commode, mais il est trop simpliste pour se prétendre général.

    Le bouquin qui reste la référence dans ce domaine est celui de Jared DIAMOND, Effondrement (chez Gallimard). Ca c'est du scientifique, du méthodique, du concret.

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  2. http://www.learner.org/interactives/collapse/chacocanyon.html

    "the kivas were burned. Kivas were sacred ceremonial places"

    people left almost all their possessions rather than taking them"

    Yonanda, traduction de Tainter, je suppose :

    "Il prends l’exemple des Anasazi. Après avoir tout chassé, ils sont passé a l’agriculture, puis a l’irrigation. Ayant poussé la population a la limite du soutenable, une longue sécheresse de 14 ans a eu raison de leur civilisation. Ceux qui ont pu ont quitté les lieux avec ce qu’ils ont pu emporter, en brûlant les anciens lieux de culture (ils n’avaient pas l’intention de revenir) après une période d’instabilité politique et de famines."

    Lequel a raison ?
    Et de quand datent ces informations ?

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Anasazis

    Sur wikipédia, le ton n'est pas aussi affirmatif, et il semblerait qu'il y ait encore beaucoup d'inconnues.

    Conclure comme le fait Tainter relève plus de la justification à posteriori d'une théorie qu'il chérit, que d'un raisonnement logique aboutissant à sa conclusion.

    Enfin, un contre-exemple parfait à sa théorie est la civilisation chinoise. Au niveau complexité, ils en connaissent un bout...

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  3. L'effondrement a ses apôtres et ses soldats : dernière preuve avec la crapule Tony Blair.

    L'ex "travailliste" qui a déclenché -volontairement, et à des fins électorales- une véritable invasion migratoire au UK, l'homme qui a menti au sujet de l'Irak.. a trouvé une nouvelle croisade : faire rentrer... l'Albanie dans l'UE !

    Le délire mortifère continue. Et s'accélère. Il n'y a plus de limite.
    ******************
    L'ancien premier ministre britannique entend aider «gratuitement» ce pays - l'un des plus pauvres d'Europe - à valider les étapes de son adhésion à l'Union.

    L'Albanie se dote d'un VRP de choix. Le premier ministre albanais Edi Rama a déclaré ce jeudi que l'ancien chef du gouvernement britannique Tony Blair allait aider son pays dans ses efforts visant à intégrer l'Union européenne. «Tony Blair va personnellement et volontairement» conseiller et aider le gouvernement, a affirmé Edi Rama au cours d'un point de presse commun en présence de ce dernier. «Je suis convaincu qu'avec son expérience extraordinaire et son génie politique nous serons capable de surmonter tous les défis», a-t-il poursuivi.

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  4. cela semble plus logique que les regions ai repris leur indépendance, faut juste pas se tromper de region.

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  5. Oui sans réserve sur le modèle d'effondrement qui est intéressant, même si sa complexité laisse sans doute à désirer.
    Sur les stratégies d'évitement, je serais plus dubitatif sur la recette magique que pourrait constituer la découverte de nouvelles sources d'énergie.
    Ce n'est pas seulement d'énergie dont notre civilisation a besoin mais de nouveaux modes de vie, qui restaurent à la fois notre relation à l'environnement et notre santé physique et mentale.
    Pour faire court, nous ne pouvons pas continuer à manger des steaks tous les jours et à boire du lait comme nous le faisons:
    - C'est rès mauvais pour la santé
    -Les vaches produisent en pétant 20% du méthane relâché dans l'atmosphère (sans parler des autres nuisances).
    En dehors cet aspect humoristique ce qui est en cause, ce sont aussi nos rythmes de vie anxiogènes, notre habitat, nos déplacements fatigants et excessifs, notre vie à l'horizontale qui nous fait écarter la méditation, le respect de nos rythmes vitaux, etc...
    Sans bouleversement radical de toutes nos coutumes, nous serons voués à toutes les névroses, et à la perte de créativité et de gout pour la vie qui les accompagnera...donc à la destruction de notre civilisation....

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