mercredi 6 novembre 2013

Bruno Bertez : Crise- Greenspan a raison, tout a commencé avec Kennedy, début des années 60

Il n'y a pas de repas gratuit... C'est surement la réponse la plus intéressante à faire à tous ceux qui promettent de raser gratis en monétisant tout et n'importe quoi (dette passée au lieu de faire défaut, dépenses de consommation)... C'est le début de la route de la servitude...

Toute prospérité, progrès social, non mérité et payé rubis sur l'ongle, mais acheté par la mauvaise dette, est l'équivalent d'un pacte entre Faust et Méphistophélès. Il devra être remboursé bien plus cher plus tard, en rendant la fausse prospérité achetée et au delà, et/ou sa liberté...

Mais bon, l'essentiel, c'était de jouir sans entraves...

Les Clefs pour comprendre du Mercredi 6 Novembre 2013: Crise- Greenspan a raison, tout a commencé avec Kennedy, début des années 60 par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 06/11/2013 (en Français texte en français )
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Les critiques de l’ouvrage de Greenspan raillent la mise en cause du Welfare State du début des années 60 comme cause origine de la grande crise financière. Trouver les origines d’une crise de 2008 dans ce qui s’est passé il y a près de 50 ans, au début des années 60 ? parait extravagant. Les critiques voient dans cette affirmation de Greenspan, la preuve ? non pas d’un bon travail d’historien, mais la preuve d’un biais idéologique conservateur, voire libertarian. Et il faut dire que Greenspan leur facilite la tâche car son analyse est un raccourci. Pour être convaincant, c’est un livre entier qu’il aurait dû écrire sur cette question des origines de la dérive qui a conduit à la crise.





Vous savez que nous-mêmes, nous nous contentons en général de faire remonter les origines de la crise à 1971, c’est à dire à la décision de Nixon de supprimer la convertibilité en or du dollar, afin de libérer la production de dollars et l’expansion du crédit. Pour simplifier souvent donc, nous datons les fondations de la crise de ce moment où le Président américain a donné à son pays la possibilité d’émettre sans limites des promesses, des dettes, qu’il savait n’avoir jamais l’intention de rembourser.

C’est un peu aussi l’analyse de Soros, si on en croit, non pas ses déclarations récentes, mais les plus anciennes.

Plus clairement encore, mais sans datation, nous affirmons que l’origine de la crise, c’est la volonté de relancer, de forcer la croissance américaine, considérée comme insuffisante après le boom de l’après guerre, et de financer en même temps ce que nous appelons le beurre, les canons et les drones. Cette fois, le diagnostic est logique et non plus historique. Le refus de choisir entre le beurre, les canons, les drones, conduit à gonfler les dépenses sans limite, tout en refusant de monter les recettes dans les mêmes proportions. Donc ce refus est constitutif du recours accéléré au crédit, à la dette, à l’émission de promesses, et donc, logiquement, obligatoirement, ce refus se trouve inscrit dans une politique monétaire nouvelle, ultra- accommodante, permissive.

C’est à ce niveau que l’analyse logique et l’histoire se rencontrent. Car c’est l’élection de Kennedy qui a porté au pouvoir un homme qui voulait changer la société, un homme qui voulait ouvrir une Nouvelle Frontière, un partisan d’un grand bond en avant social et sociétal. La Nouvelle Frontière de Kennedy, c’est cela: accroissement des dépenses d’éducation, des dépenses médicales, de rénovation urbaine. C’est la lutte contre l’injustice raciale. Une sorte de programme du style New Deal. Et c’est au même moment, dès 1961, que les dépenses concernant la guerre du Vietnam commencent à s’emballer avec le soutien à Diem, puis les advisors américains, puis l’escalade.

L’enfer est pavé de bonnes intentions.



On ne peut que louer l’action sociale de Kennedy.

On ne peut que saluer son amour de la liberté qui l’a conduit au bourbier du Vietnam.

« America should pay any price, bear any burden to assure the survival and success of liberty » a déclaré Kennedy. Il était anti-communiste viscéral et croyait à la théorie des dominos. Il n’a pas écouté De Gaulle, qui, tout influencé par Dien Bien Phu lui a décrit sans bavure toute la succession des futurs échecs et de la défaite qui allaient suivre cette intervention au Vietnam.

Johnson, qui a succédé à Kennedy, a poursuivi la même politique, tout en pire, ou si on est de l’autre bord, tout en mieux. À la faveur des élections de 1964 qui ont amené un ras de marée des libéraux, donc de la gauche, il a amplifié la politique de Kennedy: la Great Society et le Vietnam. Le beurre, les canons et les drones.

Bien entendu, les déficits ont galopé. Ils ont d’autant plus galopé que les États-Unis n’ont rien trouvé de mieux que de baisser fortement les impôts! Les tax-cuts décidés en février 1964 furent énormes. Le taux d’imposition marginal fut fortement abaissé.

Dès la montée au pouvoir de Kennedy, ses conseillers ont voulu modifier profondément la politique monétaire, en particulier son conseiller favori, Seymour Harris. Les conseillers ont jugé que la politique généreuse de Kennedy ne pouvait être mise en œuvre dans le cadre de la politique conservatrice de la Réserve Fédérale. Ils considéraient que cette politique devait être assouplie afin de cesser d’être une limite, une contrainte à la croissance et à la dépense et aux déficits.

Ces conseillers et Kennedy ont fait pression sur Mc Chesney Martin, patron de la Fed d’alors, pour une politique monétaire expansionniste, du crédit facile et, surtout, obtenir un financement monétaire des déficits, une monétisation. En Avril 1962, ils sont allés jusqu’à faire pression sur le Congrès pour qu’il révise le statut de la Présidence de la Fed, ils ont essayé d’obtenir que les nouveaux Présidents élus aient la possibilité de nommer, lors de leur investiture, un nouveau Chairman de la Fed.

Mc Cheyney Martin a capitulé, il s’est couché et accepté de prendre ses ordres de la Maison Blanche.



On avait déjà abandonné quelques mois avant, la doctrine orthodoxe du « Bills-Only » et on a commencé à acheter des titres de long terme pour faire baisser les taux et, ainsi, faciliter le financement des déficits de Kennedy. Achats de titres à long terme sur l’open-market pour faire baisser les taux, ventes de titres à court terme pour faire monter les taux courts, cela ne vous rappelle rien? C’est la fameuse opération « Twist » de Bernanke, il s’agit de faciliter le financement du Trésor, de le monétiser indirectement, de stimuler l’investissement, les achats de logements, et, en même temps, d’attirer les capitaux de court terme pour ne pas avoir de problème sur le dollar.

La croissance monétaire a bien sûr fortement accéléré ; pendant trois ans, la masse monétaire M2 a galopé au rythme de 8% l’an contre un rythme normal antérieur de 3,3 à 3,6%. On a maintenu les taux d’intérêt réels bas, nous disons bien réels, car on a avancé l’argument idiot que les taux nominaux n’étaient pas bas à l’époque, et le navire a commencé à errer sur la mer des liquidités.

La politique d’argent facile, les dépenses de Welfare exponentielles, les dépenses militaires explosives, les tax-cuts, ont produit un cocktail détonnant, mais pas étonnant; la croissance a boomé. En 1964, croissance de 7% ; en 1965, croissance de 8% ; en 1966, croissance de 9% ; sur la période 61 à 68, on atteint le taux incroyable moyen de 4,5%, le chômage tombe sous les 5%.

C’est la plus grande période de prospérité d’après-guerre.





Kennedy avait dit : « America should pay any price and bear any burden », mais Kennedy était un homme politique et, en politique, on refuse toujours de payer le prix de ce que l’on promet et que l’on fait ; la politique, c’est le tiers-payant. Et dans le cas de Kennedy, le prix a bien été payé, mais ce n’est par ses électeurs, mais par les générations suivantes, et surtout par les citoyens étrangers.

L’inflation s’est accélérée, les déséquilibres se sont manifestés partout, le système américain a dérapé, on est venu buter sur l’impasse, il a fallu renier sa parole, répudier en quelque sorte ses dettes, fermer la vitrine de l’or dû aux créanciers étrangers, bloquer les prix et les revenus. On connaît la suite, premier choc pétrolier, chute du dollar, deuxième choc pétrolier, etc. Évolution vers une société fascisante, on écoute les gens, on bafoue la Constitution. Tout cela a été l’œuvre du diable Nixon, mais préparé, causé par l’ange Kennedy.







2 commentaires:

  1. A propos de la dette des ménages et de la dette des entreprises, le Luxembourg remporte le championnat d’Europe de la dette privée.
    L’Irlande a la médaille d’argent.
    Chypre a la médaille de bronze.
    La France finit 14ème.

    Ces dettes privées forment une gigantesque bulle, encore une, qui va bientôt éclater.

    Depuis plusieurs années, l’économie des pays européens ne repose que sur … de la dette.

    Quand ces bulles éclateront, les pays européens vont connaître un effondrement économique et financier.

    1- Médaille d'or : Luxembourg : dette privée de 317,4 % du PIB (en 2006, c’était seulement 134,7 % du PIB).
    2- Médaille d’argent : Irlande : dette privée de 306,5 % du PIB (en 2001, c’était seulement 154,7 % du PIB).
    3- Médaille de bronze : Chypre : dette privée de 296,4 % du PIB (en 1999, c’était seulement 158,6 % du PIB).
    4- Danemark : 238,9 % du PIB.
    5- Portugal : 225 % du PIB.
    6- Pays-Bas : 221 % du PIB.
    7- Suède : 214,2 % du PIB.
    8- Espagne : 195,6 % du PIB.
    9- Royaume-Uni : 181,4 % du PIB.
    10- Finlande : 160,5 % du PIB.
    11- Malte : 155,4 % du PIB.
    12- Autriche : 147,5 % du PIB.
    13- Belgique : 146,4 % du PIB.
    14- France : 140,6 % du PIB (en 1999, c’était seulement 95,8 % du PIB).

    Source : Eurostat.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&init=1&language=fr&pcode=tipspd20&plugin=0

    Article dans The Economist :

    http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21588382-euro-zone-blighted-private-debt-even-more-government-debt-debtors

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  2. Vision intéressante mais je pense qu’il ne souligne pas suffisamment les causes premières de cette politique sociale et militaire dispendieuse : La lutte contre les communistes…
    C’est la logique de confrontation du système capitaliste et du système communiste qui à créer cette situation…
    La course a toujours plus de dépense militaire, toujours plus de dollar. Je ne sais plus quel homme politique a dit que pour vaincre le communisme il avait suffis de dépenser plus qu’eux. C’est la libéralisation folle de la finance pour financer ces dépense qui à tuer le bloc de l’est, et c’est ce qui va nous (l’occident) tuer !!!

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