mardi 19 novembre 2013

Bruno Bertez : Hollande- Recette pour un désastre / Les ravages de l’austérité… Pour sortir de la lâcheté… Changer de politique… Changer les hommes… / Dé-lire, le délire de Gattaz, patron des très grands patrons

Politique Friction du Dimanche 17 Novembre 2013: Hollande- Recette pour un désastre Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 17/11/2013 (en Français texte en français )
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Contrairement à ce que pourrait suggérer le titre, ce texte n’enfonce pas Hollande, nous assurons qu’une lecture attentive, à l’inverse, aboutit plutôt à l’exonérer partiellement. Les énumérations ci-dessous peuvent paraitre accablantes, mais en y regardant bien, sur l’essentiel qui est la question des choix face à la crise, il n’a pour ainsi dire aucune responsabilité. Les choix ont été faits avant lui, par S-M, Sarkozy-Merkel, autrement dit le couple Sado-Maso.





Le choix fondamental est celui-ci:
  • Accepter le modèle allemand comme modèle européen acceptable pour tous.
  • Faire le plein des banques et des usuriers sur le dos des citoyens.
  • Gradualisme dans l’action correctrice.

Sur aucun de ces points, Hollande n’a choisi, il n’a fait que poursuivre la voie imposée avant lui.

Ceci étant posé, la recette pour un désastre est un modèle du genre, jamais on n’a, à notre avis, fait pire.

Tout a débuté sur un fond détestable avec pays divisé, chômage élevé, croissance nulle, finances déséquilibrées, absence totale de marges de manœuvre.

1- Election par défaut, élection de rejet et non pas d’adhésion

2- Une situation personnelle non orthodoxe mal gérée

3- Une erreur par le choix de la « normalitude » au lieu de la recherche de la protection du statut

4- Diagnostic mensonger sur l’état du pays

5- Promesses mensongères, inadaptées à la situation réelle

6- Majorité de circonstance, addition de minorités et d’intérêts catégoriels

7- Alliance avec les couches sociales les plus marginales

8- Socle partisan, noyau dur partisan très étroit, une partie seulement du PS

9- Choix d’équipe gouvernementale politicien, idiot, pas de personnalité, pas de charisme,

10- Absence de lisibilité des choix, Moscovici est incompatible avec Montebourg

11- Gouvernement falot qui n’incarne rien de fort, gouvernement « en creux »

12- Débuts incohérents, manque d’expérience, de principes d’action et prédominance de l’idéologie

13- Faute de consistance, le gouvernement ne protège pas le Président, pas de fusible

14- Incapacité de tracer des priorités, action clivante, tous azimuts, pas de gestion du temps

15- Langage creux, déconnecté des réalités, discours non crédible, «ministère de la parole »

16- Attaques maladroites de l’étranger qui reviennent en boomerang

17- Scandales financiers, fiscaux

18- Entrée rapide dans l’opposition du Front de Gauche et de l’ultra-gauche

19- Absence totale d’habilité manœuvrière dans les dossiers mineurs comme Leonarda

20- Absence d’opposition institutionnelle, vide, qui laisse Hollande face au peuple.

Personne, sauf mauvaise foi, ne peut considérer que la situation dans laquelle s’est trouvé Hollande était facile. Mais il n’était absolument pas l’homme de la situation et de là, tout a découlé. C’est ce que l’on appelle une erreur de casting dont, d’abord le PS, puis ensuite les électeurs, doivent être considérés comme responsables.

Quand on trouve une situation difficile, avec des choix déjà engagés, délicats à contester, une absence évidente de légitimité, et des braillards pendus à ses basques qui crient « et moi et moi », c’est mission impossible.





Il aurait fallu ne donner la priorité qu’à la gestion de la crise et tenter d’obtenir un soutien, une unité populaire pour cette gestion. Il aurait fallu rechercher à tout prix cette unité derrière le Président, derrière la fonction présidentielle, abandonner tout de suite le costume de chef de parti et de candidat. Au lieu de cela, faute de jouer la carte de l’union nationale, il a été décidé de payer la dette de son élection, d’accumuler les actions clivantes par des réformes qui constituaient autant d’attaques de la société civile. Hollande a accumulé les motifs de division, les bonnes raisons de rejet, les réactions de défense du corps social. Il a lui-même attaqué le corps social au lieu de le souder derrière lui.

Mitterrand n’était pas meilleur gestionnaire, mais il avait certaines intuitions, il avait compris l’épaisseur du temps, l’importance du facteur « temps ». Il avait compris que l’on ne pouvait pas attaquer le peuple sur tous les fronts, qu’il fallait adopter la tactique des Horace et des Curiace, prendre les problèmes et les ennemis un par un, Hollande, lui, pourtant faible, a voulu attaquer sur tous les fronts. Quasi sans arme, rien que la parole et les rêves, comme tout bon socialiste qui croit encore au monde de Peter Pan.





On dit que le Président est tétanisé, peu importe que cela soit vrai ou faux ; ce qui est sûr, c’est qu’il aurait des raisons de l’être! Face à l’intérieur, il ne peut plus, à ce stade, entreprendre aucune réforme, d’ailleurs toutes les réformes de ces dernières semaines ont été vidées de leur contenu. En cas de choc extérieur, comme un regain de déstabilisation financière par exemple, il n’a plus aucune marge de manœuvre ou crédibilité pour faire face. En cas de conflit, voire d’affrontement un tant soit peu dur avec l’extérieur européen ou mondial, il est seul, sans troupes derrière lui, les partenaires européens savent qu’il est «« lame duck » et ne se privent pas d’en jouer dès maintenant.

La voix de la France ne porte plus, n’a plus de résonance.






L’Edito du Lundi 18 Novembre 2013: Les ravages de l’austérité… Pour sortir de la lâcheté… Changer de politique… Changer les hommes… Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 18/11/2013 (en Français texte en français )
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Le budget de la France vient tout juste de réussir son examen de passage devant les Maîtres européens. Ils ont décrété: passable, juste suffisant, en indiquant que la barre était tout juste franchie et, c’est la remarque perfide qui tuera plus tard, « la France n’a aucune marge de manœuvre ».



La première réaction, c’est un sentiment d’humiliation. Le phare, la conscience du monde, le gérant de l’Universel, celui qui montre la voie à la civilisation, celui-ci est traité comme un potache.

Pour un peu, les Maîtres auraient ajouté: « peut mieux faire ». Ils ne l’ont pas fait, car, au fond, ils sont persuadés que la France est au bout du rouleau et que, précisément, elle ne peut pas mieux faire.

Quelle indignité que cette perte de souveraineté!

Quelle indignité que cette soumission honteuse, obtenue au prix du massacre de la Nation et du tissu social, au prix surtout de la souffrance injustifiée de ceux qui n’en peuvent rien. Les chômeurs, les jeunes sans avenir.






Toutes les organisations internationales, FMI, OCDE, ont maintenant compris que l’austérité est une impasse. Elles ont toutes admis que les calculs des modèles étaient faux -les travaux du sinistre Blanchard-, que le fameux multiplicateur fiscal était supérieur à l’unité. Il n’y a que la Commission Européenne et le gouvernement français pour encore y croire et s’y soumettre. Il est évident que lorsque l’on a tout faux, comme Hollande et Moscovici, on se raccroche à ce que l’on peut, on se raccroche au dernier objectif/alibi: satisfaire la norme, arbitraire, de déficit de 3 et quelque pour cent.

L’austérité en période de croissance nulle est plus qu’une erreur, c’est un crime. Un crime contre son peuple, un crime contre le bon sens. Un comble d’absurdité qui fait douter de l’intelligence des gouvernants et de leurs conseils, soi-disant économistes distingués.

En créant des tendances récessionnistes, l’austérité accroît le fardeau de la dette publique, elle accroît le dirigisme, les contrôles, la manipulation des marchés. Elle décourage les producteurs, l’investissement, la préparation de l’avenir.

Depuis 2008, la corrélation mathématique entre les taux d’austérité et les taux de croissance du GDP est étroite. Plus le taux d’austérité, exprimé en pourcentage du GDP, est élevé et plus le taux de croissance du même GDP est faible, même en retirant le cas aberrant de la Grèce. La Grèce, chef- d’œuvre de massacre. Plus un pays est rigide et plus l’austérité mord dans la croissance. Pas besoin d’être économiste ou ministre pour comprendre cela, les rigidités privent le pays, plongé dans l’austérité, des mécanismes d’ajustement. On perd sans rien gagner, dans un pays rigide.

Nous nous posons la question de savoir pourquoi continuent-ils? Les concurrents stratégiques européens, on les comprend, ils aiment cela, ils sont contents de rabattre le caquet de la poule ex-coq français, mais le gouvernement français, pourquoi continue-t-il ?

Parce qu’il espère. Quoi? On ne sait pas très bien, mais il rêve, il espère, cela lui tient lieu de stratégie. Il espère une reprise miraculeuse de la croissance venue d’on ne sait où, il espère…que cela le fera remonter dans les sondages!

Ils ont peur de se déjuger une fois de plus, peur de déplaire à Merkel, dont ils n’ont pas compris qu’elle aussi était dans la seringue, elle n’a aucun choix, elle est dans la même position que Hollande, mais la dignité et l’arrogance en plus. Les Allemands n’ont pas le choix, ils ont besoin que l’Europe tienne et, pour que l’Europe tienne, il est nécessaire que la France tienne. Donc Hollande tient Merkel par la barbichette de ses quelques poils au menton.

On nous dit que le problème, ce n’est pas tant les Allemands et les instances européennes, que les marchés! Balivernes, ceux qui pensent cela n’ont pas regardé les marchés, plus les résultats de maîtrise de la dette sont médiocres et plus les taux de pestiférés baissent. Eh oui, plus ils s’éloignent de l’objectif et plus les spreads se tassent. Pourquoi? Parce que, grâce à cela, la finance est assurée que les largesses ultra-accommodantes vont durer plus longtemps. Voilà la réalité, il n’y a jamais eu de crise spontanée sur les marchés, il n’y a eu qu’une gigantesque manœuvre d’intimidation des banques pour obtenir l’accès illimité aux liquidités gratuites. Feu la discipline du marché, feu les bonds vigilantes, c’est un mythe inventé par les kleptos. Tout ce que la finance veut, c’est faire son plein et elle compte sur l’intimidation pour réussir. Ceux qui défendent l’austérité comme moyen de faire tenir calmes les marchés se trompent et nous trompent. Derrière les soi-disant marchés, il y a des hommes, des puissances, des intérêts. Un cartel.

Contrairement à ce que les naïfs des gouvernements pensent, les marchés sont très rationnels, plus que les politiciens, et ils savent défendre leurs intérêts. Mais pour comprendre cela, il faudrait y connaître quelque chose, or « ils » n’y connaissent rien. N’y connaissant rien, ils ont peur des marchés comme du diable. Nos constructivistes ne savent pas que les marchés ont disparu, qu’il n’y a en face d’eux qu’une poignée d’institutions qui se gobergent sur le dos des économies et quand il n’y a plus rien à prendre sur le dos des économies, elles se mangent elles. Regardez ce qui s’est passé quand, il y a quelque semaines, la Fed a laissé entendre que bientôt, peut-être, il n’y aurait plus assez à manger pour tout le monde: les requins ont senti l’odeur du sang.

Les gouvernants, les politiciens et leurs conseils sont structurellement idiots. Il faut oser le dire et le répéter. Si on en est arrivé là où on en est, c’est parce que, avant, tout a été mal géré. On a accumulé erreurs sur erreurs, lâchetés sur lâchetés, négligences sur négligences. On a dépensé sans compter, empilé la dette, creusé les déficits, on a laissé plonger l’investissement, laissé se dégrader la compétitivité, on a reculé devant les réformes malgré la montée de la concurrence internationale. On a assisté au ralentissement structurel de la croissance, sans réagir. On a laissé couler le potentiel de croissance du pays. Donc, la cause des problèmes c’est la gestion passée, c’est la dégradation fondamentale du potentiel économique. Est-ce que l’austérité remédie à cela? Bien sûr que non, au contraire. L’austérité casse la machine économique, met au rencart les forces productives. Elle ne génère aucun bienfait structurel. Elle détruit, surtout dans les pays rigides.

Face à des croissances faibles, de plus en plus faibles, face à l’érosion des taux de profitabilité, face à une productivité insuffisante, face à des dépenses sociales inconsidérées, face à des gaspillages d’une fonction publique pléthorique, l’austérité ne peut être la solution. C’est la voie que choisissent les lâches, ceux-là qui n’ont pas le courage de s’attaquer aux vrais problèmes, ceux qui n’ont pas le courage de faire les réformes. Ce sont les règles du jeu qu’il faut changer. L’austérité, c’est le succédané, le tenant lieu des réformes.

Le redressement fiscal est une nécessité, personne n’en doute, mais il ne sera possible que si, d’abord, des réformes destinées à remonter le potentiel de croissance du pays sont entreprises.

Réformes pour inciter les gens à travailler, créer, innover, investir, apprendre, tout simplement aller de l’avant.

Le patronat, comme d’habitude, veut des aides, il veut baisser les salaires, le coût du travail comme il dit sans pudeur, on connaît le refrain; il veut que l’on favorise L’ENTREPRISE, et il se sent presque en position de force face à une équipe au tapis. Mais c’est le peuple qui a mis Hollande et Moscovici au tapis, et ces gens-là, ces grands patrons socialo-cooptés, ils voudraient tirer les marrons du feu à leur profit.

La politique doit changer, les hommes doivent changer, mais ce sont les citoyens qui doivent en bénéficier car ce sont eux qui ont souffert. Et ce sont les citoyens qui peuvent et doivent, si on les laisse faire, retrousser leurs manches.

Favoriser les entreprises, les grandes entreprises, ce n’est pas la solution, cette solution a cent fois été essayée en France, elle n’a jamais donné de résultats. Ce sont les petits qui créent des emplois qui forment, ce sont les hommes. Ce ne sont pas les abstractions qu’il faut libérer, stimuler, inciter, ce sont les hommes.

Il n’est de richesses que d’hommes, disait l’extraordinaire Jean Bodin. Il faut cesser de tuer cette richesse!


Reste à s'entendre sur ce que Bertez appelle "austérité". Visiblement, ici, je le comprends comme une hausse généralisée des ponctions pour éviter d'avoir à dire aux emplois fictifs surpayés et aux rentiers, soit de retoucher le sol, soit d'aller se chercher un vrai travail...

Humeur de Loup du Mardi 19 Novembre 2013: Dé-lire, le délire de Gattaz, patron des très grands patrons Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 19/11/2013 (en Français texte en français )
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Ce qui est amusant, c’est la coïncidence. Nous avions écrit notre édito avant l’intervention de Gattaz. Un peu comme une prémonition; nous sentions venir le coup… le coup de poignard dans le dos du peuple.

Donc, dimanche, le patron des très grands patrons est intervenu sur les médias.

Voici l’essentiel. Nous proposerons notre analyse et interprétation dans un second temps.

1- Gattaz est contre la chienlit

Traduction, il soutient le gouvernement. Il n’aime pas les manifestations du peuple. Les mécontents, qui ne bénéficient pas de lobbies qui paient les députés et ministres socialistes, n’ont pas le droit d’exprimer leur souffrance et désespoir, le leur, et surtout celui de leurs enfants.

Gattaz ne veut pas ajouter à la chienlit, il se permet des références à la De Gaulle, ce qui est scandaleux pour un homme qui soutient le pacte franco-allemand et le renoncement à la souveraineté. En fait, on le verra plus loin, les connotations de Gattaz et de ses mandants sont celles d’une période où on aimait « l’Ordre ».

2- Gattaz est pour la hausse de la TVA à venir et il veut aller plus loin, il veut 3% de hausse afin de baisser les charges des entreprises.

Traduction en clair, il veut une baisse du pouvoir d’achat des salariés très forte. Il veut baisser les charges des entreprises, or les charges des uns sont les revenus directs et indirects des autres. En fait, faute de pouvoir faire une dévaluation puisque Gattaz est pro-euro, il veut que l’on dévalue le travail des Français. C’est le sens de la hausse de la TVA, puisque celle-ci ne frappe pas les exports. Il veut baisser le niveau de vie des Français, les salaires indirects également, et ce au profit des très grandes entreprises, dont nous vous rappelons au passage qu’il y a très longtemps qu’elles n’embauchent plus. C’est le seul tissu des PME et TPE qui crée des emplois. Sur la question de faire basculer la branche famille de la sécurité sociale sur l’impôt, rien à dire, mais pourquoi ne pas aller plus loin et faire ce qui serait logique, basculer tout ce qui est solidarité et choix politique proprement dit sur l’impôt.

3- Gattaz tend la main à Hollande.

Bien, mais qui a mis Hollande en position de faiblesse? Est-ce le patronat qui lui a fait mettre un genou à terre? Que non, c’est le peuple, le peuple petit et moyen! Et notre Gattaz de tendre la main à Hollande pour l’aider à se relever et se proposer de faire alliance avec lui… pour presser le citron des Français. Nous demandions au début du mandat socialiste, que se passera-t-il avec le patronat, collision ou collusion? Nous avons la réponse: collusion.

4- Gattaz demande une baisse de la fiscalité sur les entreprises, tiens, tiens pourquoi pas!

Mais vous remarquerez qu’il ne demande pas une baisse de la fiscalité sur l’épargne et qu’il a renoncé à conseiller une suppression de l’ISF.



Gattaz, c’est triste à dire, mais c’est le retour à l’idéologie de l’industrialisme, au Saint Simonisme et n’ayons pas peur des mots, c’est la Cagoule des années 30, fascinée par le modèle allemand. Et ce n’est pas un hasard car les mentalités, les circonstances, sont semblables. Le peuple jouit trop, il se vautre dans le laisser-aller, il faut reprendre tout cela en mains au nom de l’idéologie de la production. Le peuple n’est pas là pour jouir, il est là pour produire sous la conduite des élites de Centrale, Polytechnique, de ceux qui savent ce qui est bon… mais bon pour qui ? Ce n’est pas un hasard si ces tendances resurgissent puisque le but, c’est l’alignement sur l’Allemagne, sur son modèle comme dans les années 30. La fascination d’une certaine droite pour l’Allemagne est enracinée dans ses gênes. Le patronat, nous parlons du très grand patronat, en particulier celui des Grandes Ecoles, a toujours eu une fascination pour le Saint-Simonisme et le père Enfantin, les X-Crise, les Coutrot et les Schueller. Il a eu une admiration sans borne, sans limite, pour la politique de l’Allemagne des années 30, quand, sans devises, sans ressources alimentaires, sans matières premières, elle a réussi à mettre sa population au travail pour des salaires de misère, grâce à la terreur nazie, grâce à la complicité du grand patronat et tout cela pour réarmer le Reich. Avec ce patronat, le peuple doit toujours se dévouer pour quelque chose, se sacrifier. Le bonheur, c’est toujours pour les autres, n’est-ce pas !

Oui, il faut refaire un pays compétitif. Oui, il faut faire des réformes. Mais pas n’importe lesquelles.



Voici ce que Gattaz aurait dû demander si…
  • aisse des frais généraux du pays, c’est à dire nettoyer les écuries d’Augias de la fonction publique, des pantouflards de la République et des planqués de tout sorte.
  • Baisse de la part de l’Etat dans la dépense nationale à 50% au lieu de 59% pour retourner aux normes de nos compétiteurs.
  • Baisse des impôts, recettes fiscales, parafiscales de 5 points de GDP, en attendant de pouvoir faire mieux plus tard.
  • Suppression du salaire minimum qui est un avantage aux anciens au détriment des nouveaux venus sur le marché du travail. Si on veut travailler, on doit pouvoir offrir sa force de travail au prix que l’on veut et que l’on juge compatible avec sa dignité
  • Restauration de la liberté de gérer pour les chefs d’entreprises, fin des blocages du marché du travail. Retour à l’incitation et à la sanction. Le chef d’entreprise doit pouvoir mettre librement à la porte celui qui ne fait rien ou fait le b…..l dans l’entreprise. On doit pouvoir mettre à la porte celui qui coûte plus à l’entreprise qu’il ne lui rapporte, c’est la vraie logique de l’entreprise, Monsieur Gattaz.
  • Entreprendre des actions pour réduire la rente foncière et immobilière, restaurer la fluidité et la liberté sur ces marchés, les réglementations et la collusion sont responsables des prix trop élevés du logement pour les Français. Cela pèse sur la compétitivité.
  • Arrêter de taxer l’énergie, et comprendre une fois pour toutes que taxer l’énergie est un surcoût considérable qui pèse sur la compétitivité. Dans la plupart des pays émergents, l’énergie, on la subventionne. Au passage, mettre les écologistes à la porte du gouvernement.
  • Faire cesser le scandale agricole qui produit des prix de reproduction de la main d’œuvre, des prix de nourriture trop élevés. Remplacer le système des prix élevés qui bénéficient aux très grandes propriétés par un système d’aide directe aux petits producteurs
  • Arrêter de faire payer les médicaments deux à trois fois leur prix par la Sécurité Sociale sous prétexte de préserver l’emploi dans les entreprises pharmaceutiques, réformer le système de distribution de la pharmacie, créer un système test comme celui des Pays-Bas.
  • Revoir de fond en comble le welfare qui est devenu un véritable monstre ingérable et trop coûteux pour un pays qui a si peu d’actifs pour entretenir les inactifs.


Voilà quelques pistes pour un patronat qui abandonnerait ses vieilles lunes, ses viles tentations.

2 commentaires:

  1. Charles Sannat a fait hier une proposition de contre-budget dans Le Contrarien Matin. Ça vaut son pesant de cacahuètes et mérite d'être diffusé aussi largement que possible, ne serait-ce que pour donner matière à débat.

    http://www.lecontrarien.com/2013/11/18

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  2. le medef n'est pas le "patronnat".le medef est le représentant de quelques grosses entreprises,c'est tout et c'est peu

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