samedi 30 novembre 2013

Bruno Bertez : Politique- Playmobil, en avant les histoires!

C'est très bien explicité. Je l'avais déjà ressenti intuitivement, alors que le système essaie de nous vendre l'adulescence obligatoire, et comme quoi c'est génial de rester des grands enfants, j'ai ressenti de plus en plus, progressivement, toute l'aliénation, le piège, qui se cache réellement derrière cette doxa du système...

Et une chose est sûre, Babel adore les femmes. C'est pour ça qu'il faut absolument faire des hommes des femmes comme les autres, ou à défaut, des homos comme les autres.

Le Spectacle de la Société du Vendredi 29 Novembre 2013: Politique- Playmobil, en avant les histoires! Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 30/11/2013 (en Français texte en français )
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Le constructivisme socialiste, c’est la projection de l’illusion de toute-puissance de l’enfant-roi. Le constructivisme est aussi bien de droite que de gauche. Il a à voir avec le problème du Père, avec la reconnaissance des limites, avec la mort et, finalement, avec l’identité. Le socialisme, c’est le bricolage de Playmobil à l’échelle de toute la société : en avant, les histoires !





La question de l’infantilisation en général et ses rapports avec l’univers socialiste est quasi-centrale dans mes réflexions. Mais il faut creuser; il faut être radical, c’est à dire aller aux sources de l’infantilisme. A ce qui caractérise le monde infantile, au fond, pas en surface.

L’enfant est impuissant face au monde qui l’entoure. Impuissant, cela ne veut pas dire qu’il n’a aucun pouvoir, cela veut dire qu’il ne peut pas grand-chose par lui-même. Etant impuissant, il obtient ce qu’il veut par les trépignements, par les cris, les pleurs, et surtout par la séduction. Tout ceci est caricatural dans le syndrome de l’enfant-roi. Il ne peut rien par lui-même, mais cela ne l’empêche pas d’exiger, de vouloir tout. Il l’obtient en général par la manipulation de sa mère. On dit qu’elle lui cède tout, c’est bien connu, et cela caractérise en grande partie la situation d’absence d’éducation actuelle.

Pour caricaturer, l’enfant est un tyran, et nos sociétés encouragent ces comportements tyranniques. Témoin, la permissivité généralisée. On ne se préoccupe plus de faire en sorte que les enfants soient, qu’ils aient accès à l’être ; non, on les introduit au nom de la mère, celui de l’avoir. Le monde du manque est solidaire de celui de l’avoir. Le monde de l’être lui est ailleurs. Ce n’est pas un hasard si la publicité qui modèle nos sociétés, transforme les hommes, femmes, enfants en consommateurs indistincts. Ce n’est pas un hasard si la publicité a pris le contrôle de la politique, de son discours, de ses images et même de son action. On ne s’interroge plus sur l’efficacité des décisions, mais sur la réception, l’accueil des nouvelles qui vont les annoncer au peuple. Au passage nous vous conseillons la lecture d’un excellent livre de François Brune, « Le bonheur conforme », édité chez Gallimard. Brune démystifie avec clarté et aisance les rhétoriques idiotes mais liberticides des discours dominants. Dès les premières phrases, on sait de quoi on parle: « la masse des gens est aliénée, ce fait demeure, ce fait s’aggrave ». Nous vous rappelons, être aliéné, c’est être étranger à soi-même. Nous aliéner, c’est leur Projet!

La mère n’introduit pas l’enfant au monde en général, elle l’aime, elle lui est attachée, elle l’attache à elle-même, et ce n’est pas exagéré de décrire, souvent, leur relation comme fusionnelle.

La fonction du père est de séparer l’enfant de la mère pour introduire cet enfant au monde, à la dure réalité. A cette dure réalité où l’autre existe, où la rareté, la finitude, les limites, l’interdit, le deuil existent. Le père en ce sens est celui qui introduit l’enfant au monde, en le libérant de sa mère, le tout par le biais de la Loi. Nous parlons de Loi symbolique des hommes, celle qui fait que nous sommes des humains, conscients, capables de distinguer le bien du mal, d’accéder au langage, à la vérité et surtout d’avoir une identité. Identité que nous acquerrons, construisons par un jeu de miroir avec nos proches, nos entourages, et maîtres. Nous parlons des maîtres du type scolaire, de nos modèles, pas des Maîtres. S’agissant de Loi, nous ne parlons, bien sûr, pas de la loi des politiciens et des Taubira!

Le père, dans sa fonction paternelle, est ce qui nous fait sortir du monde infantile, de l’impuissance et, en même temps, du monde de la pseudo-toute puissance. Le père nous prend par la main pour nous introduire à la société. Le père, c’est ce qui nous fait accéder au désir d’objet et qui fait que l’amour n’est pas une masturbation à deux comme on voudrait le faire croire. Le père nous structure dans nos identifications de telle façon que nous puissions accéder au monde, lequel se caractérise par les limites, les obligations de choisir, la mort, le coût de toute chose, le sacrifice d’une chose pour en avoir une autre, l’effort. Bref, le père est celui qui fait passer du free-lunch du sein maternel au travail, à la production, à la valeur, la vraie, pas le prix qui lui, est produit par le désir. Le monde des enfants, c’est le monde des droits, des droits qu’il trépigne pour avoir, puisque lui-même est impuissant. Le monde des droits a rapport avec le système du tiers payant, de la solidarité imposée. Le monde des droits n’existerait pas si ces enfants étaient capables de s’octroyer, de produire par eux-mêmes ce qu’ils réclament comme étant leur droit.



Le candidat socialiste n’a pas pour obligation de réussir à modifier le réel, non, ce qu’il doit faire, c’est plaire. Comme on plaît à sa mère. Il doit récolter des suffrages, séduire, flatter comme savent le faire les enfants. Le nœud de l’infantilisation est là, dans la disjonction entre le «plaire» et le «faire». Dans la coupure entre la séduction et l’action. Par construction, vous avez compris que n’étant pas producteur, le socialiste vit dans un système généralisé de tiers payant, de tiers fabricant.



Contrairement aux apparences, le socialisme a absolument besoin du système de l’exploitation de l’homme par l’homme: pour que le monde socialiste vive, il faut que l’on puisse exploiter les uns, leur confisquer ce qu’ils produisent pour le donner aux autres. Et il est solidaire de toute la grande famille de ses frères qui, eux aussi, ne vivent que de tiers payants. De tous les «takers».

Quand nous avons écrit que Hollande devait abandonner les habits de candidat, c’est ce point fondamental que nous visions, sortir du « plaire », de la parole, du règne du regard de la mère pour entrer dans le monde des hommes, le monde de ceux qui font. Sortir du monde de la parole pour entrer dans le monde des actes, sortir du monde des enfants gâtés pour entrer dans celui des adultes qui triment.



Et ce monde évidemment est radicalement différent du monde du plaire. Tout cela est logique, parce ce que le gouvernement du réel implique des choix, donc des frustrations, des trépignements du peuple-enfant, des mécontentements qui font que le gouvernant plaît à de moins en moins de gens. L’épreuve du Pouvoir, c’est toujours l’épreuve de réalité. Epreuve du désamour.

Le chef, celui qui à l’autorité d’être chef, c’est celui qui, tout en étant élu sur la base incontournable de la séduction et de la parole, est capable de bien gérer, de prendre les bonnes décisions et de faire en sorte que le résultat de son action soit suffisamment positif pour que, ce qu’il perd en séduction, il le gagne en gratitude et en respect pour son efficacité concrète. C’est pour cela, pour que le processus puisse avoir lieu, que les élus ont une certaine stabilité constitutionnelle devant eux, on leur donne le temps, notez bien, le temps, le temps de faire leur preuve et de finir leur mutation d’enfant préféré de la mère électorale en homme adulte responsable.

Le temps, nous y reviendront est une dimension niée par les enfants et les socialistes et les kleptos, ils veulent tout et tout de suite: Ils ont horreur des détours. Il y a d’ailleurs une similitude à creuser avec la nouvelle déesse, nous voulons nommer « les marchés ». Cette déesse qui, pensez-y, nie le temps en ramenant, par l’actualisation et l’anticipation, tout au présent. Une société gagne 10, mais par le miracle de l’actualisation, capitalisation, elle vaut 20 fois (miracle du PER) son bénéfice c’est à dire 200 ! Personne ne se demande: mais où sont les richesses présentes qui garantissent cette valeur de 200?

Bien entendu, vous avez compris que lorsque nous parlons de socialistes, nous ne pensons pas seulement à ceux qui portent cette étiquette, nous englobons tous ceux qui fonctionnent de cette façon, c’est à dire tous ceux qui, impuissants à modifier le cours de choses, tous ceux qui sont incapables de se coltiner le sang, les larmes et l’effort, ne cherchent qu’à plaire à leur maman ou à leur femme ou à leur compagne ou à leur maîtresse. Le pouvoir des femmes dans l’histoire n’est plus à démontrer, mais il faut dépasser la femme réelle et oser considérer que ce dont nous parlons, c’est le symbole « femme », plus proche de la mère que de l’amante. Tous ces gens sont de grands enfants qui cherchent l’admiration, et plus si affinité, dans les succédanés de leur mère. Bref, de grands enfants qui n’ont ni compris, ni admis l’incontournabilité du complexe œdipien. Et la nécessité de son dépassement. D’où d’ailleurs, leurs théories du genre, la négation des différences, leur relativisme face à l’instinct… dans ce monde-là, on ne sait pas très bien qui on est !

Hollande c’est: « Dis maman, regarde comme je suis beau, comme j’ai bien réussi, tu es fière de moi non? ». D’où, d’ailleurs, certains traits phobiques évidents de Hollande. Nous vous laissons le soin de compléter les succédanés des imagos maternelles.

Sarkozy, c’était plus complexe car, tout en étant dans la séduction, il jouait à l’homme, au père, il prenait la grosse voix. De celui qui a le phallus scintillant. Il avait pressenti quelque chose. Hélas, le contraste entre le rôle, le costume et ce qui était authentiquement derrière, était perçu par les Français et cela, c’est terrible, cela provoque le rejet.



Il y a eu peu d’hommes au sens que nous pointons ci-dessus dans la vie politique.

Surtout pas Mitterrand, surtout pas Giscard qui voulait être un fils exceptionnel et être aimé de maman-peuple, mais un peu Chirac, un peu Villepin, beaucoup Raymond Barre, beaucoup Balladur, énormément de Gaulle.

A partir du moment où on ne quitte pas le monde des enfants, on joue, on manipule des signes, on construit son Playmobil: en avant les histoires. L’enfant peut vivre dans le monde des signes, coupé du réel, car il n’a pas obligation de réussite. On réussit pour lui. Comme pour le socialiste. Il est hors du monde de la sanction. Donc il peut tranquillement développer sa névrose qui n’est rien d’autre que l’inadaptation des signes à la réalité.

Sa névrose, surtout s’ils sont nombreux à la partager, ne porte pas à conséquence car ce sont les autres qui les font vivre. Il a des droits. Droits d’exiger que le produit de l’effort et de l’efficacité des autres lui revienne. Et plus ils sont nombreux dans ce monde infantile et plus ils sont en droit d’exiger, de réclamer et même de fixer les normes de l’exigence.

Ce socialisme a bien sûr partie liée à la consommation, et à son moteur, la publicité. Car la publicité, c’est le monde de l’infantilisation généralisée. Ce n’est pas un hasard si on utilise de plus en plus les enfants dans la pub. Regardez comme ils dansent, ils sautent, ils trépignent tous dans la publicité, comme des débiles qu’ils sont. L’image que la pub vous renvoie de vous est une image d’enfant irresponsable, candide, ingénu. Ah, ce qu’ils sont adorables ces petits avec leurs taches de rousseur ! La publicité, c’est le règne de la disjonction, le règne de la coupure. Elle vous fait croire que si vous mangez des Smarties vous êtes un héros, que si vous buvez du Vittel, vous avez une âme saine dans un corps sain, que si vous buvez du Fruité, vous êtes musclé, et même que si achetez un produit dont le flacon est vert, vous sauvez la planète ! Bien sûr, si vous écoutez le Crédit Mutuel et le Crédit Agricole, vous êtes propriétaires des banques et vous ne pouvez que leur vouloir du bien, même si ce sont elles qui vous ruinent.

La racine profonde de l’alliance socialistes/consommation/marginaux/déviants/ kleptocratie est là, dans ce complexe, ce nœud, que personne, à ce jour, n’a vraiment tenté d’explorer.

11 commentaires:

  1. Je trouve tout à fait intéressant d'avoir côte à côte la couv du Point, le billet de Zemmour et la longue tirade de Bertez. Il y apparaît clairement pour moi que Zemmour et Bertez sont essentialistes (cf. leur position sur la théorie du genre) alors que Le Point apparaît en regard comme existentialiste sartrien. Etre essentialiste c'est reconnaître que l'Etre a ses raisons d'être, qu'il y a des contraintes qui le déterminent en limitant sa liberté.
    Pour moi tous les libéraux devraient être existentialistes puisque cette doctrine philosophique postule la liberté individuelle maximale. Que les socialistes soient existentialistes ne me surprend pas: de ce point de vue les socialistes libéraux sont pour moi droits dans leurs bottes. En mettant côte à côte Zemmour, Bertez et Le Point je sens comme une gêne de la droite vis-à-vis de cette question. Est-ce pour cette raison que les partis libéraux, tous considérés comme de droite, s'effondrent en Europe? Est-ce pour cette raison que l'UMP ne sait plus où elle en est?
    Le FN a une philosophie clairement essentialiste. C'est clair et net. Et le FN a le culte du chef. Comme Bertez si j'en crois son papier.

    Pour moi il y a un véritable problème à être libéral de droite. C'est peut-être Hayek qui est allé le plus loin dans cette direction. Ceux que ça intéresse peuvent consulter "Vers des lumières hayekiennes" de Jean Petitot, dispo sur le net. Je n'ai pas été convaincu par son argumentation savante...


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  2. Je trouve ce texte génial et il faut écho à la "crise de virilité" : http://yoananda.wordpress.com/2013/06/10/la-crise-de-la-virilite/
    en gros, la virilité ne sert plus à rien depuis les 2 guerre industrielle : la force physique n'est plus un atout dans le monde actuel pour plusieurs raisons, et la virilité à perdu son sens.

    Sans virilité, l'homme ne remplit plus son office d'initiateur à la maturité et la société s'infantilise.
    C'est le facteur "décadence" des peuples alors que les élites elles sont en faillites devant la complexité qu'elles ont crées et ne savent plus gérer le monde...

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    1. Vous êtes contre la théorie du genre (j'ai parcouru votre billet du 10 juin). Moi aussi (j'ai oublié de le dire dans mon commentaire 15:24 ci-dessus).
      "Sans virilité, l'homme ne remplit plus son office d'initiateur à la maturité et la société s'infantilise." Ok avec l'importance du père pour la construction psychique de l'enfant puis de l'ado.
      Par contre je ne suis pas d'accord avec la transposition que vous faites en passant du niveau éducation au niveau social "adulte". Voici pourquoi.
      Nous avons deux hémisphères cérébraux, le gauche -"mâle"-, plus pour l'ordre, le raisonnement déductif, le calcul, la syntaxe, l'hémisphère droit -"femelle"- plus pour l'équivalence, l'analogie, la métaphore, l'intuition, l'affectif, l'émotionnel, la sémantique. Le diktat "mâle" "comparaison n'est pas raison" nous rend individuellement hémiplégique et également collectivement si l'on admet, comme moi, que les femmes ont l'hémisphère droit plus développé que les hommes.
      Les travaux neuro-scientifiques récents semblent montrer qu'il faut inverser les rôles des deux hémisphères cérébraux: cf. "L'erreur de Descartes, la raison des émotions", "Spinoza avait raison, joie et tristesse, le cerveau des émotions" d'Antonio Damasio. Si les travaux de Damasio ont une valeur, ce que je crois, alors il faut modifier notre façon de raisonner (et nous interroger en particulier sur le discours scientifique traditionnel!)... et accepter que les femmes ont également un discours rationnel, peut-être plus "vrai", moins superficiel, que celui des hommes. et en tirer les conséquences pour la vie sociale.

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    2. Je continue.
      Pour illustrer mon précédent propos, j'ai constaté que François Roddier passait son temps, dans la conférence publiée récemment sur votre blog, à faire fonctionner son hémisphère gauche, à raisonner par analogie...

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    3. Erratum 09:34 "droit" et non "gauche".

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    4. 2 choses :
      * la "théorie" du genre, n'est pas une théorie, c'est tout au plus un dogme, voire un sous produit d'une idéologie de 'déconstruction". Mais elle n'a rien de scientifique.
      * le cerveau droit / gauche c'est un peu viellot comme conception. Les scientifiques n'en sont plus la.
      Cependant, cette manière féminine de réfléchir dont vous parlez, j'ai écrit plusieurs articles dessus sur mon blog.

      Pourquoi changer de rationalité :
      http://yoananda.wordpress.com/2012/11/12/la-crise-est-aussi-et-surtout-une-crise-de-la-rationnalite/
      Par quoi la remplacer :
      http://yoananda.wordpress.com/2012/12/30/logique-systemique-et-crise/
      Nouveau paradigme, nouvelle méthode :
      http://yoananda.wordpress.com/2013/04/23/methodologie-systemique-quelques-exemples/
      Pour aller encore plus loin dans la "pensée humaine" :
      http://yoananda.wordpress.com/2013/04/08/les-niveaux-de-pensee/

      Quand à François Roddier, en effet, il fait des analogies, mais pas seulement, car la thermodynamique est une science "analytique". Ce ne sont pas que des analogie, il proposes des calculs (d'entropie en l’occurrence). Donc ce n'est pas tout à fait un bon exemple.
      Eric Beinhocker qui poses les fondements d'une nouvelle science économique basée sur la cybernétique est plus proche de l'exemple recherche.

      Mais, encore une fois, rien à voir avec hémisphère droit/gauche. En fait, il y a un émisphère qui s'occupe des détails, et l'autre du global. Mais les 2 peuvent faire des analogies / analyses.
      Et ça n'a, a ma connaissance, rien à voir avec masculin/féminin.

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    5. Merci pour cette longue réponse. J'ai parcouru et apprécié vos billets sur le sujet, en particulier celui du 30/12/12 et du 23/04/13 et je suis tout à fait d'accord avec vous qu'il faut essayer de transcender la rationalité analytique classique et qu'une façon d'y arriver est de spatialiser la pensée (Ok pour le vieillot des rôles des hémisphères gauche et droit: je ne vois aucun inconvénient à mettre yang/local/masculin/analytique et yin/global/féminin/analogique à la place!).

      Je suis d'accord avec vous que la thermodynamique est une science classique, analytique. Le problème de la scientificité de l'approche de Roddier concerne les analogies. Selon quels critères une analogie est-elle scientifiquement acceptable? Autrement dit quelle est la scientificité de la systémique? J'avoue n'avoir pas été convaincu par la méthodologie décrite dans votre billet de 23/04/13.

      Albert Einstein: "Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau." La thermodynamique faisant partie de ce monde, je ne crois pas qu'elle ait grande utilité dans les sciences du vivant.

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    6. Très bonne question que la "scientificité" de la systémique.
      D'abord, il faut bien comprendre (à ma connaissance du moins) que c'est une science en construction.
      Le paradigme scientifique classique (observation, théorie, prédiction, réfutabilité) s'applique de la même manière à la systémique. On la juge a ses résultats.
      On est en train d'apprendre comment appliquer (on non) des analogies. A ce titre le livre de Beinhocker (the origin of wealth) est un modèle du genre.
      Mais les résultats sont assez nombreux car c'est, il ne faut pas l'oublier, le seul moyen qu'on ai pour étudier les phénomènes non linéaires, c'est à dire ... a peu près tout ;-)

      Pour un exemple de système non linéaire, chaotique regardez ceci (le double pendule) :
      http://jsdo.it/aont/9svb
      Il n'existe AUCUNE équation permettant de prédire la position du pendule a un temps t. La seule manière de savoir, c'est de le simuler jusqu'au temps t.
      Mais si on ne peut pas savoir, on peut quand même déterminer tout un tas de choses. Par exemple en moyenne combien de fois le petit pendule tournera a droite ou a gauche, etc...
      Et l'air de rien, ça permet tout un tas de choses nouvelles ...
      C'est une approche totalement différente. Qui sert de plus en plus en industrie, et aussi en "science" sociale, économie, etc...

      C'est le paradigme émergeant.
      Mais si vous avez autre choses à proposer ;-)

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    7. "Mais si vous avez autre choses à proposer".

      Je me passionne (mais je rame pour essayer de comprendre) pour l'oeuvre de René Thom dont la théorie des catastrophes est une théorie de l'analogie. Les sept catastrophes élémentaires (pli, fronce, queue d'aronde, papillon et les trois ombilics) sont associées aux systèmes dynamiques de gradient les plus simples que l'on rencontre sur l'espace-temps. Si l'on fait l'hypothèse (métaphysique mais raisonnable si l'on compare avec ce qui se passe en nature inanimée -principe de moindre action de Maupertuis) que la nature animée cherche à minimiser la complexité, il est alors naturel de les retrouver un peu partout. Pour Thom "les processus dynamiques qui régissent l'évolution des systèmes naturels sont fondamentalement les mêmes que ceux qui régissent l'évolution de l'homme et des sociétés, l'usage de vocables anthropomorphes en Science s'en trouve ainsi justifié".
      Ainsi l'analogie bio-linguistique entre endoderme/mésoderme/ectoderme et sujet/verbe/objet est sémantiquement acceptable car, pour Thom, les dynamiques sous-jacentes sont toutes deux analogues à la dynamique archétype "fronce".

      Thom ne s'intéresse pas aux théories prédictives et dit pourquoi dans "Prédire n'est pas expliquer".

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    8. L'avantage de la systémique c'est d’apporter une méthodologie rigoureuse pour valider, ou non les analogies.
      Je n'ai fait que donner quelques analogies "classiques" (issues de la cybernétique), elles ne sont en rien exclusives d'autres.

      La pensée par analogie est la base même du système médical chinois, par exemple. Donc, on sait quand même que ça fonctionne, même si on ne sait pas bien pourquoi.
      Mais c'est empirique et symbolique.

      La systémique est une tentative pour aller plus loin, ou ... ailleurs ... en tout cas, ce n'est en rien exclusif d'autres formalisme. Le tout est d'expliquer la puissance des analogies qu'on choisit ...de les justifier. Sinon, c'est du vent.

      Pour ma part, je me suis intéressé non pas aux catastrophes, mais aux effondrement de civilisation. Il y a de nombreux travaux intéressants dessus. Je ne sais pas si c'est en rapport avec vos "catastrophes".

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  3. "La pensée par analogie est la base même du système médical chinois, par exemple."
    J'ai lu que c'était même à la base de la pensée chinoise. Paul Jorion s'est basé là-dessus pour élaborer des "Principes des systèmes intelligents" (cf. son blog, rubrique intelligence artificielle). Je trouve ces principes très pertinents.

    "Le tout est d'expliquer la puissance des analogies qu'on choisit ...de les justifier. Sinon, c'est du vent."
    J'ose l'analogie biologique suivante: libre-échange économique <-> échange biologiquement stérile,
    échange réciproque <-> échange biologiquement fécond.

    En bon(?) thomien cela donne la chose suivante: on a deux couples sujet/objet S1/O1 et S2/O2 chacun représenté par des catastrophes de fronce de potentiels V1(x)=x⁴+u1x²+v1x et V2(y)=y⁴+u2y²+v2y.
    L'échange des deux objets O1 et O2 entre les sujets S1 et S2 est alors naturellement associé au système dynamique de potentiel V1(x)+V2(y). Mais ce déploiement du potentiel singulier x⁴+y⁴ n'est pas couplé et est structurellement instable ce qui donne un modèle mathématique d'un "mauvais" échange, du libre-échange des économistes libéraux actuels. Le modèle mathématique du "bon" échange, de l'échange réciproque, est naturellement (pour un thomien) le potentiel qui déploie universellement en le stabilisant le potentiel singulier x⁴+y⁴ en lui ajoutant les 7 termes de degré inférieurs dont certains sont couplés.

    Je n'ai pas trouvé ça tout seul, ça vient d'ici (paragraphe VI-4):
    http://books.google.fr/books?id=lKY5mV-ue4UC&pg=PA33&lpg=PA33&dq=catastrophe+d%27%C3%A9change+papillon+thom&source=bl&ots=w8bpUCREG3&sig=VTODI482vRL25OhExKAj60iJ8D0&hl=fr&sa=X&ei=OIB_UtD2JsPS0QXM4oCADA&ved=0CDEQ6AEwAA#v=onepage&q=catastrophe%20d%27%C3%A9change%20papillon%20thom&f=false



    "Pour ma part, je me suis intéressé non pas aux catastrophes, mais aux effondrements de civilisation. Il y a de nombreux travaux intéressants dessus. Je ne sais pas si c'est en rapport avec vos "catastrophes"."
    Voir mon commentaire dans le post "La contestation est partout" du 02/12, en rapport étroit avec le paragraphe ci-dessus.

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