samedi 23 novembre 2013

Devenir cycliste ou comment devenir dur au mal

Je me suis mis au vélo il y a un an et demi pour tous mes trajets pour aller au boulot.

12 km aller, 12 km retour. 40 mn aller, 40 retour. En ville. A la tranquillou, sans vélo de compet ni combinaison festina.

Et beh, je ne peux que le conseiller à tous.

Tout d'abord pour les raisons évidentes, à savoir les économies réalisées et surtout l'entretien physique (vu que je suis allergique à toute idée de sport qui m'amène juste à en chier pour produire ... rien, et en plus faut payer).

Mais surtout, je me rends compte que le vélo, tous les jours, par tous les temps, qu'il fasse -5 ou qu'il flotte à seaux, m'endurcit.

La première fois qu'on se fait rincer pendant 40mn sous une pluie glacée et qu'on arrive dégoulinant, on a l'impression d'être le plus malheureux du monde et de sortir des camps.

Mais l'expérience se faisant, on s'endurcit. On prend sur soi. On apprend à endurer, à ignorer. A ignorer l'eau qui dérange, le froid qui mord.

On apprend aussi à regarder le ciel, les nuages, et à ressentir de nouveau les saisons. Et on apprécie d'autant plus un joli temps de mai qu'on sait dans ses tripes ce qu'est un 15 février pluvieux.

Pédaler, c'est aussi du temps pour soi, pour réfléchir, et souvent, perdu dans ses pensées, on "reconnecte" avec la route, sans s'être rendu compte qu'on a fait la moitié du chemin.

Et mes collègues de me regarder comme un martien... et de râler quand ils ont 50 mètres à faire sous la pluie pour aller de leur bureau à leur voiture sur le parking. Je suis d'ailleurs persuadé qu'avec leur vie dans leurs voitures et appartements, il ne font plus vraiment la différence entre l'hiver et l'été.

Je me dis que nos grands parents étaient moins tafiole que nous. C'est ce que je recherche. Et pour ça, le vélo par tous les temps, c'est idéal. Ça ... reconnecte avec le réel.

Aujourd'hui, j'ai retapé un mur abimé 4 heures durant à 5°C, la main gantée détrempée dans le mortier glacé, la manche humide, et le t-shirt mouillé de sueur sous le manteau dans le froid. Et beh, ça m'en a touché une sans faire bouger l'autre. Tout le long, j'ai surtout vu mon travail, et le capital que j'ai produit.

Avant le vélo, jamais j'aurais fait ça. Et ce soir, j'ai une sorte de plénitude du travail accompli.

32 commentaires:

  1. Exactement ! Sois le bienvenu dans notre monde Tonio !

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  2. hachis parmentier23 novembre 2013 à 21:51

    super initiative. je l avais moi aussi avant d’avoir changer de boulot et de ville.
    j ai aujourd' hui 25 km.
    avant j etais en angleterre et il y abcp de gens qui faisait cela, il y avais des douches et tout ce qu'il fallait

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  3. Trés bien le vélo, mais pour le mortier, attention aux températures trop basses tonio le disco, il ne tiendra pas la distance…

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  4. profite de ta jeunesse

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  5. Félicitations !
    Tu es mûr pour la vélorution : http://velorution.org/page/

    Il y a encore des gens sur cette terre qui vivent en totale phase avec leur planète. Je les ai rencontrés ici https://picasaweb.google.com/110505884322526701267/MongoliePaysDeLaLiberte?noredirect=1#slideshow/5776411010551193474

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  6. Bonjour,
    Pareil depuis près de 9 ans. 15 km dans chaque sens, 30 minutes par trajet. Et mes collègues me regardent toujours comme un martien. Je dois en être à plus de 2000 € d'économisés depuis le temps, sans compter le trajet "long " certains vendredis (30 bornes de nuit à 21h, dont un tiers à travers champs et foret sur chemins, après ça aucun défi ne vous effraie).
    On n'a pas idée de la mobilité qu'on peut avoir avec simplement la force du corps humain. en 2011 j'ai fait lyon-la haute loire-lyon dans l'après midi, j'étais frais pour aller cavaler le soir. Les 30-40 minutes de vélo quasi quotidiennes, c'est le meilleur moyen d'acquerir les capacités physiques d'un non sédentaire, ca fait plus qu'endurcir au mal, ca rend réellement performant.

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    1. Puté, tu traces toi !

      "après ça aucun défi ne vous effraie"
      Il y a vraiment de ça. On se rend compte de tout ce qu'on peut faire avec 3 bouts de ficelle. C'est fou tout ce qu'on peut accrocher à un guidon. Et de la liberté qu'on a quand on accepte de se faire un peu violence.

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    2. Je suis en mode "tenue de tafiole" et "velo de compète", mais dès qu'il y a des bornes, ça devient nécessaire. Et puis j'aime la belle mécanique, j'en prends soin (mon canasson doit avoisiner les 30 000 km).
      Même si j'ai de bonne dispositions au départ, 30 à 35 km/h de moyenne c'est tout a fait accessible au commun des mortels, et pour ça les 30 bornes par jour c'est parfait comme base.
      Les jours où je fais les 60 bornes j'ai la journée dans le sac, des fois même un sabre, donc oui on peut en mettre du bazar sur le cadre! avec le "vélo-trecteur" (un vieux VTT renforcé) je ramène même une dizaine de buches pour le poêle.

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  7. Ah bah ça c'est bien vrai.
    Je me faisais la même réflexion ce soir en rentrant à pieds d'une longue journée de boulot.
    Et on finit par apprécier d'autant plus le froid qu'on sait qu'on se retrouvera bien au chaud chez soi, 20 minutes plus tard. Rien de tel pour assainir la tête et les jambes au quotidien.

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  8. vous vous touchez un peut quand même l'un 18km/h l'autre 30 km/h et un autre 35km/h et en prenant le temps moyen sur l'année ça donne quoi ? perso 15 km/h avec un vélibe 3 vitesses de 1995 équipé pour ne jamais crever et sans entretien, compteur talonné avec 2 GPS puce made in russie.

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    1. Pareil ! 10 à 15 km/h en vélo de ville et ça avance ! et ça tire (un peu) ! surtout quand il y a du poids dans le porte-bagages.

      En cas de mauvais temps, équipement adapté mais pas spécifique (veste et/ou pantalon de quart du bateau), avec toujours des remarques, devenues amicales et, au fond, admiratives.

      --neuneu.

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    2. Ben le truc, c'est qu'un vélib, ca pèse quoi ?! 15, 20 kilos ?? Un vélo de compèt de-la-mort-qui-tue, on peut descendre sous les 6 kilos. Je roule avec 7.8 kg.

      Avec autant de poids en moins à trainer, il vous pousse des ailes...

      Je pèse 85 kilos et je dois rouler le 28 kilomètres heures moyen sur l'année, peut être un chouia plus...

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  9. Comme diraient nos amis hollandais, il n'y a pas de bon ou de mauvais temps pour faire du vélo. Il y a de bons ou de mauvais habits.

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  10. Perso 4km de marche soutenue par jour en moyenne.

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    1. je pratique la marche également : je ne voudrais pas prendre mon vélo comme d'autres prennent leur voiture pour aller chercher le pain ! :-))

      cela me rappelle ma première visite chez ma nouvelle toubib :
      -quel sport pratiquez-vous ?
      -aucun, je hais le sport en pratique comme à la TV !
      -oui mais quand même c'est bon pour la santé, c'est même nécessaire vu le style de vie citadine et votre activité professionnelle de bureau.
      -je n'ai pas de bagnole, je me déplace en transport collectifs, en vélo et en marchant d'un bon pas ; j'évite les ascenceurs et préfère l'escalier ...
      -Ah super ! ... si tout le monde ...

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  11. Bravo tonio, bon choix.
    si tu suis mon parcours, ta prochaine étape devrait être le congé formation ou le congé sabbatique et ensuite tu sera prêt pour te détacher de la mainmise de la société sur ta vie : tu seras libre.

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  12. de mon coté, habitant dans la banlieue de Lyon en hauteur et travaillant à la Part Dieu (en bas donc à 8km aller), j'ai opté pour le vélo électrique ! Certes, on force moins mais je pense que sans cela ce n'était pas jouable (arriver en sueur au bureau et forcer comme un dératé au retour). Cela fait un an et c'est le bonheur. Mon niveau de stress a beaucoup baissé, je fais des économies (même vs les transports en commun), j'emmene ma fille à l'école le matin (gain de temps), je le prends 365j/an, il est vrai que l'essentiel est de bien se couvrir (j'ai dû acheter une vraie parka Goretex Lafuma à 250€... mais ça vaut le coût).
    Je pense que nous sommes des précurseurs et petit à petit la majorité y viendra, par plaisir ou par necessité. Il reste le problème des transport familiaux hors ville qui à mon avis se règleront avec les minis auto hybride ultra sobres (1l/100) ou full hybride inusable...
    Bref pour moi l'avenir est plus positif qu'on ne le croit mais il sera plus sobre. Cela veut dire moins de croissance (décroissance) mais pas parce que des écolos auront pris le pouvoir mais simplement par défaut de pétrole lié à une surpopulation. Cette société c'est le cauchemar de babel ou le règne du grand commerce qui va devoir revoir son train de vie (tout comme nous), la bête ne se laissera pas faire mais la nature gagne toujours.

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    1. Un kway sans marque à 10€ ça marche très bien + un sur pentalon de golf à 12€ + pantcho à 7€ jour de pluie c'est royal. Le seul souci est au niveau des yeux j'ose pas les lunettes.

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  13. Te voilà estampillé bobo couillon de gauche... Les gens,de droite prennent la voiture voyons !

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  14. Très sympa ces témoignages.

    Voilà ce que peux dire à partir de mon expérience :

    - VTT => Mon mode de déplacement privilégié quand j'étais ado. Assez fun, pratique pour se déplacer, surtout hors des routes, par temps sec ou quand on a trop bu... Entretien pénible et risque de vol important.

    - Moto => Rapide, apporte énormément de plaisir, l'anti-routine par excellence. Par contre c'est dangereux et ce n'est pas pratique. Avec l'équipement on a souvent trop froid ou trop chaud...

    - Transports en commun => Sans doute le meilleur rapport prix/efficacité en centre ville. Mais pour les trajets de banlieue à banlieue, de nuit, c'est nul...

    - Voiture => Quoi qu'on en dise c'est Le moyen de transport le plus polyvalent et le plus efficace. On va où l'on veut quand on veut, en embarquant des passagers ou des affaires quelques soient les conditions météo et l'on arrive propre. Par contre les déplacements en centre ville sont pénibles, tout est cher (carburant, entretien, parkings, amendes...) et on ne doit par prendre le volant en étant éméché... J'adore le côté abri de la voiture. On peut manger et même dormir dedans.

    - Roller => Efficace et agréable en ville, même si l'on est loin de la polyvalence du vélo.

    - Marche => Génial mais lent...

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  15. Une autre grande résolution, une vraie: devenir végétarien.

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  16. bienvenue dans la vraie vie ! et bientôt t'auras plus besoin de gants pour maçonner par 5°, question d'habitude... quand tu te bouges et te sors les doigts du cul (au sens propre), t'en arrives vite par avoir le sang chaud et ce qui parait rude devient quotidien, normal, ordinaire

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  17. tiens comme on parle de vélo une anecdote :

    Un jour un routier international m'a raconté qu'il faisait souvent la russie et qu'il y voyait régulièrement des ruskofs à vélo même par -40°, il me disait : y sont fous ces ruskofs, y m'ont déjà tiré dessus pour me braquer ou je sais pas quoi (impact de balle à l'appui sur sa cabine !)...

    En france avec nos hivers à -10° on a vraiment l'air de lopettes

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  18. Dans le même ordre d'idée, il y a la rando. Nous avons fait le parcours de Compostelle cet été mon mari et moi. Pas longtemps hélas, 7 jours en tout, avec 16kg sur le dos pour mon homme et 11 pour moi. Des étapes journalières entre 23 et 34km et couchage tous les soirs sous la tente, avec des températures assez fraiches.. ( 6°C la nuit, ça caille dans la Haute Loire). Ça a été rude au début, courbatures, ampoules, mais au bout de 4 jours, nous ne ressentions plus aucune fatigue et à la fin de la semaine la frustration fut immense de s'arrêter pour rentrer chez nous. De cette expérience, je garde un souvenir d'une grande intensité. A avancer ainsi, sans rien d'autre que ses jambes, avec un sac pour tout bagage au milieu d'une nature multi-millénaire, on ressent une paix intérieur unique et véritablement régénérante. On se sent protégé, indestructible. On réalise que notre potentiel est immense et que l'on peut faire beaucoup, beaucoup de choses, pour peu que l'on arrive à se dépouiller de tout ce qui encombre nos vies. La plénitude est là, à portée de main, mais notre mode de fonctionnement moderne, avec son confort et ses facilités, nous coupe du monde qui nous entoure et nous enferme peu à peu dans une prison intérieure qui peut rendre totalement névrosé, voire à moitié fou.

    Actuellement je m'intéresse à l'alimentation et je retrouve cette même démarche, notamment en écoutant les vidéos de Thierry Casanovas. Nous vivons comme des zombis, englués dans un mode de vie qui nous détruit et nous avançons péniblement, à moitié morts, alors qu'il ne tient qu'à nous d'être de nouveau vivants, pleinement.

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    1. + 1

      Rando, bivouac et camping sont des valeurs sures.

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  19. je ne veux pas noircir le tableau, mais pour avoir vu une cycliste tuée par un camion, je refuse de faire du vélo à Bordeaux, (les mecs sont fous ou inconscients, ça change un peu mais bon) sauf sur les voies de tramway où le plus dangereux est .. le rail de tramway. Sinon à part ça Tonio, faut faire un travail manuel ! c'est ce que je me dis des fois.. moins de stress mortifère, et plus de bonne fatigue, mais bon quand je vois certains des ouvriers avec qui je bosse, ils sont si usés par l'effort physique.. l'idéal c'est de retrouver un équilibre naturel. J'aurais dû faire sculpteur.

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    1. Et oui... Le vélo est encore plus dangereux que le scoot ou la moto en ville. Faut aimer se faire frôler...

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  20. c'est simple
    bagnole pour le taf : 10 min au mieux 25' en moyenne et jusque 55' pour 3,3km
    bus 30'
    a pied 27 ' très constamment mais depuis 6 mois al moitié des trottoirs sont défoncés par des travaux : marche avec les bagnoles !
    vélo 8' aller et 12' retour ( ça monte sec les derniers 200m)

    le vrai bonheur

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  21. Après 45 ans de vélo, je ne me lasse pas des commentaires des autres...Bienvenu Tonio et bravo à tous...

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  22. Je me faisais la même réflexion ce soir en rentrant à pieds d'une longue journée de boulot.
    Et on finit par apprécier d'autant plus le froid qu'on sait qu'on se retrouvera bien au chaud chez soi, 20 minutes plus tard. Rien de tel pour assainir la tête et les jambes au quotidien

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