vendredi 1 novembre 2013

L'arnaque de la croissance par l'investissement écologique

Arnaque non pas au sens où il ne faut pas le faire.

Arnaque au sens où on fait croire aux gens que c'est grâce à l'investissement écologique que l'on va réenclencher la spirale de la croissance.

Ce midi, exemple typique, j'ai vu au JT de je ne sais plus quelle chaine (la 2 je crois), un petit passage, sur un gars qui avait investi pour isoler sa maison. Sauf que voila, avec la hausse des tarifs du gaz de 25% en quelques années, sa facture au final est restée inchangée.

Et le gars de ronchonner.

Sauf que l'histoire ne dit pas que sans ses investissements en isolation, sa facture serait passée de 750€ annuel à 1000€.

C'est le drame du peak everything. Les gens doivent se priver, économiser, investir, non pas pour améliorer leur niveau de vie. Mais juste pour préserver ce qu'ils avaient déjà avant, sans leurs investissements.

Il n'est absolument pas question de croissance. Mais juste de maintien du niveau de vie qu'on avait déjà... Et encore, même pas...

On est désormais sur la mauvaise pente de la cloche Hubbertienne...

17 commentaires:

  1. il faut lire l'effondrement des sociétés complexes par joseph tainter. Ce commentaire rentre parfaitement dans sa théorie

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  2. Le vrai problème de l’amélioration de l’efficacité énergétique, c'est justement que ça présuppose le BAU.
    Tant que le prix de l'énergie grimpe, mais que ses revenus ne baissent pas, l'investissement permet d'amortir le choc.
    Si par contre, ce n'est pas le prix de l'énergie qui monte mais son revenu qui baisse, l'investissement amplifie le choc... surtout si fait par endettement.

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  3. "Et le gars de ronchonner."

    Et tu noteras, Tonio, que le journaliste n'a rien fait pour dire que, sans cet investissement, il aurait payé bien plus cher son chauffage. Il a présenté le calcul du gars sans le corriger.

    En dehors de ça et de la remarque justifiée de Raphaël sur le cas où le revenu du gars baisse, on peut également remarquer qu'investir pour l'isolation est peut-être rentable (peut-être, puisque le calcul correct ne nous a pas été présenté) à niveau de chauffage équivalent, mais que cet investissement devient désastreux comparé au choix de ne plus ou de moins chauffer certaines pièces et de mettre des pulls (je ne dis pas que je le fais, hein). Et ça, nos écolos, pourtant nourris aux mammelles des brebis lainières du Larzac, n'en parlent plus guère. Le confort douillet des locaux publics semble le leur avoir fait oublier.

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    1. Les écolos mettent des pulls et pratiquent la sobriété heureuse.
      Le problème est qu'ils font partie d'un gouvernement PS du type progresso-productiviste qui les méprise et ne leur donne aucune voix.
      Donc ils la ferment, et imposent en interne une doxa de type neutraliste, minimisant toute critique trop virulente de la politique actuelle.

      L'action concrète se continue donc, mais au niveau simplement militant.

      Car nous savons tous que la meilleure manière de contourner le peak everything, c'est la sobriété heureuse, c'est la sortie intelligente des schémas productivistes du monde d'avant.

      Ce que tu dis est rabaissant pour les écolos, mais de par la passivité de nos ministres je ne prends pas ombrage de ta critique, car nous la méritons.

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  4. le probleme c est que le prix du gaz n a jamais ete aussi bon marche dans le monde, sauf en france. aux etats unis il est 4 fois inferieur a la france.

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    1. Content pour eux, perso, je préfère l'isolation.

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  5. Le gars qui a investi dans son isolation pour n'avoir que 25% de gain dans sa consommation de gaz, il s'est vraiment fait avoir : qui est-ce qui lui a fait une isolation aussi pourrie ???

    @ Raphaël :
    A priori, si le prix de l'énergie grimpe, il y a une forte probabilité de se retrouver en inflation plutôt qu'en déflation. Donc le pari de l'amélioration de l'efficacité énergétique est rationnel, et je pense même qu'une question de temps.
    L'inflation cachée ne pourra pas éternellement être camouflée...

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  6. Reportage identique il y a quelques jours sur les arnaques aux éoliennes.
    Au menu : des éoliennes trop petites et qui finissent par augmenter la consommation au lieu de la baisser de 80% comme avait dit le représentant, celles qui pète au bout d'un an et enfin les personnes qui se sont pris un crédit sur 10 ans pour économiser quelques euros de courant.... à mourir de rire.
    Ca ne veut pas dire que tout est à jeter, bien sur, mais il faut pas faire n'importe quoi sous prétexte que c'est "ecologique".

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    1. L'arnaque, c'est de l'arnaque, quelque doit le domaine et ça ne donne aucune indication sur l'utilité ou non de ce domaine.

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  7. Quand il est fait usage du terme "Croissance" c'est en correspondance à une phase du développement des activités économiques dans un contexte bien précis. Celui-ci présente des matières premières facilement exploitables et en abondance, des terres fertiles et vierges, des cours d'eau non pollués, de vastes espaces et des ressources humaines gratuites ou captives.
    L'acte fiduciaire qui consiste à anticiper sur de futures richesses s'y traduit par des rendements élevés. Les effets collatéraux ayant un caractère nuisible n'y sont pas décomptés. Les migrants permettent d'y constituer de fortes économies en matière d'investissements démographiques et de formation-apprentissage.
    Le principe dit de la croissance y est interprété comme étant une variable incontournable au sens que la quête de supposées richesses futures reste le moteur-équilibreur de l'ensemble du système.
    Seulement voilà, c'était oublier que bien des paramètres concourant aux activités économiques n'étaient pas pris en considération au sens comptable du terme. Il se trouve que ces paramètres commencent à générer des frais dits de "maintenance" sans cesse croissants.
    Tant que ces paramètres n'auront pas su être intégrés, comptabilisés-évalués-mesurés, la recette de la sacro-sainte croissance ne pourra plus se vérifier.
    Dire que toute entreprise à caractère écologique ne puisse concourir à de la croissance revient à dire que toute autre forme d'activité économique prise isolément ne concourt pas--non plus-- à la croissance. Autant dire qu'il s'agit là d'une analyse aussi incomplète qu'absconse.

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  8. Investissement = 1 fois
    -25%, c'est pendant la durée de vie de la maison ou de l'investisseur :-)

    Ne pas négliger le fait que toutes économies d'énergie fait baisser la pression sur le prix.

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  9. le probleme de l'isolation d'un logement c'est que ça coute cher et que le retour sur investissement est très long sauf explosion des prix.
    A noter qu'en cas d'indisponibilité de carburant de chauffe (gaz, fuel, bois, etc) un logement même isolé finit par être aussi froid que dehors. le seul moyen de chauffer c'est d'avoir des capteurs (thermique, elec, eolien, ...) et des recepteurs adaptés. et bien sur une maison très bien isolée. Sauf que c'est encore un cout en plus.
    le stade ultime c'est le logement conçu pour capter et economiser l'energie. Ca ne touche quasiement personne.
    Pour les autres c'est réduction du nombre de metres carres chauffés au programme.
    je ne serai pas surpris deretrouver une seule pièce chauffée par logement dans qques années. Cela dit c'était comme ça qu'on vivait il n'y a pas si longtemps.
    pour l'instant on en est à investir pour maintenir l'existant, mais ça ne durera pas parce que ça ne peux pas durer.

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  10. Je suis devenu actionnaire GDF de sorte que les dividendes couvrent mes dépenses de gaz.

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  11. @ Raphaël :
    A priori, si le prix de l'énergie grimpe, il y a une forte probabilité de se retrouver en inflation plutôt qu'en déflation. Donc le pari de l'amélioration de l'efficacité énergétique est rationnel [...]
    >>>>>>
    Oui, avec cette hypothèse là, c'est rationnel :
    L’énergie se raréfiant, elle se renchérie, on continu à l'utiliser comme avant en arrivant a payer le prix, donc l'ensemble des prix montent... (BAU)

    On peut aussi faire l'hypothèse qu'arrivé à un certain prix, on n'ai plus les moyens de suivre, donc finalement l'énergie cesse de monter, comme globalement on achète moins d'énergie, on produit moins et donc on gagne moins ...
    Et c'est un peu ce qui semble à l’œuvre dans l'OCDE actuellement.
    Voir cet article d'une collègue d'O.Berruyer pour approfondir cette thèse :
    http://ourfiniteworld.com/2013/04/11/peak-oil-demand-is-already-a-huge-problem/

    Bien sûr, ce qui va réellement se passer reste hautement incertain...

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    1. Logiquement, si à court terme on ne peut pas se prononcer, à long terme il est évident que le prix de l'énergie va augmenter.
      Il suffit de regarder l'évolution du prix du gaz et de l'électricité en France ces dix dernières années pour connaitre l'évolution dans dix ans : augmentation monstrueuse.
      Et la baisse du prix du gaz aux EUA est purement anecdotique : les puits de gaz de schistes s'épuisent encore plus vite que prévu.

      Maintenant, pour la rentabilité de l'investissement (dépenser ou emprunter de l'argent pour isoler), la seule inconnue est de savoir si on sera dans dix ans dans un scénario de déflation ou d'inflation.
      La stagflation actuelle est une arnaque pour le pari de l'isolation (même si le pari n'est pas perdant, vu l'augmentation chaque année du gaz et de l'électricité), car elle cache l'inflation réelle. Mais il suffit de voir comment les planches à billet tournent à fond partout dans le monde pour se douter qu'une hyper-inflation devrait se déclencher un jour ou l'autre. Et là, ce sera pari gagné à fond. Il faut juste arriver à tenir jusque là...

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  12. Je suis pour, si l'ASN l'autorise, passer la durée de vie de nos centrales nucléaires à 50 puis 60 ans et ensuite augmenter notre parc électronucléaire à une centaine de réacteurs EPR et gen IV. Les déchets, ça en fait très peu et on sait les stocker. Quant à l'accident grave, il a très très très très peu de chance d'arriver (voir plus avec gen IV) et s'il arrive il faudra assumer la prise de risque. Mais je crois que le jeu en vaut la chandelle. On passe le parc automobile à l’électrique ainsi que le chauffage (sauf quand une autre source est plus rentable : bois par exemple). On ne dépendra plus du moyen-orient pour notre pétrole ou de Algérie et de la Russie pour notre gaz. On ne rejettera presque plus de CO2. On exportera notre nucléaire à la pointe. On aura une énergie très très bon marché qui sera un atout pour la compétitivité de nos entreprises. On aura plus de problème de peak énergétique (ce qui ne devra pas nous empêcher de faire des économies) car gén IV c'est 1000 de production rien qu'avec le peu de stocks de combustibles que s'est constitué EDF...

    Mais pour tout ça, il faut arrêter l'auto intoxication et mettre rationnellement sur la table tous les bénéfices/coûts des différents moyens de production d'énergie. Et surtout, il faut croire en soi afin d'avoir le courage d’engager tout un peuple dans une techno structurante.

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    1. Il a raison, pendez le !
      Malheureusement on en est là.
      le premier problème du nuk c'est sa dispersion en cas d'accident. Résolu avec les réacteurs à sels fondus
      le deuxième problème c'est les déchets longue vie, résolu avec le thorium.
      OK pour le nuk mais pas avec du PWR ou équivalent.

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