mardi 19 novembre 2013

Marc Faber : " Tout cela va mal finir !"

Marc Faber : " Tout cela va mal finir !"
Le blog à Lupus, 19/11/2013 (en Français texte en français )
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" La question n’est pas de savoir si la Fed réduira son assouplissement quantitatif, mais de savoir jusqu’à combien il augmentera : 150 milliards, 200 milliards ou un trillion par mois. Le QE n’est pas prêt de s’arrêter. Chaque programme gouvernemental introduit dans l’urgence en tant que mesure temporaire devient toujours permanent. »

Autrement dit : « La Fed s’est mise dans une situation telle qu’il n’y a pas de stratégie de sortie. » Si l’inflation ne se ressent pas dans certains indicateurs « choisis », tous les actifs sont dans une dynamique inflationniste. « Nous sommes une bulle. Il y a une bulle énorme dans tous les actifs à travers le monde, via les leviers ou la dette. »

Nous assisterons alors à une énorme destruction de richesse lorsque la bulle éclatera. « Un beau jour, cette inflation des actifs mènera à un effondrement déflationniste, tôt ou tard, même si on ignore encore ce qui provoquera cet événement. » "Gardez vos dollars, et je garde mon or. Nous verrons bien lequel d’entre nous tombe à zéro le premier’."

Pour Marc Faber, connu sous le sobriquet de M. Doom (Monsieur catastrophe) " tout cela finira mal. La question est de savoir si nous aurons une crise économique mineure et ensuite une énorme quantité d’émission de monnaie ou si cela débutera par une spirale inflationniste d’abord" a-t-il expliqué lors d’une interview à CNBC.(1)

D’après lui, la hausse du prix des actifs financiers risque d’engendrer une inflation du prix des biens de consommation. "Pourquoi tant de produits à Singapour et à Hong Kong sont-ils plus chers qu’aux États-Unis. Parce que lorsqu’il y a une inflation qui touche les actifs financiers combinée à des prix immobiliers élevés, les commerçants doivent payer des loyers plus chers et répercutent cette hausse sur leurs produits. "

D’autre part, la Fed veut stimuler la croissance du crédit avec ses taux d’intérêt artificiellement bas. Mais là encore, la croissance du crédit a beaucoup perdu de son impact sur l’économie réelle. L’effet sur le PIB d’une dette supplémentaire en dollars est aujourd’hui insignifiant.



Je suppose que la conclusion que nous pouvons tirer de tout cela est que plus la dette augmente en pourcentage de l’économie, moins fort sera l’impact de chaque nouveau dollar de dette.

En réalité, à mon avis, il existe un point de basculement où un endettement supplémentaire a un effet de “contraction” sur l’économie. Pourquoi ? Parce qu’à ce point d’inflexion, la dette devient si grande que les taux d’intérêt augmentent, peu importe à quel point la banque centrale monétise la dette.

(Par la suite, l’inflation s’accélère et la monnaie s’effondre, ce qui conduit, contrairement à ce que pense M. Bernanke, à un appauvrissement général de la population.)

5 commentaires:

  1. Cela me fait penser à Thomas Jefferson, philosophe des Lumières, père de la Déclaration d'Indépendance des USA, ambassadeur en France de 1785 à 1789. Il rêvait que les USA deviennent une société agrarienne : "La ville, l'industrie, l'argent ont corrompu l'Europe, protégeons l'Amérique de tous ces maux en développant l'agriculture sur nos immenses territoires". Le pauvre.
    Pour la petite anecdote, Kennedy recevant un parterre de prix nobel à la maison blanche leur dit "Vous êtes la réunion la plus extraordinaire de talents, de connaissances humaines, qui ne se soit jamais tenue à la Maison Blanche ; sauf peut-être quand Thomas Jefferson dînait seul."
    Jefferson a dit aussi : « Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise».

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    1. Sauf que quand la bulle éclatera c'est le système financier qui sautera en premier!!!
      Ce que nous (occident+japon) refusons de voir c'est qu'en 2008 le système capitaliste néolibéral financiarisé et mondialisé a fait faillite!!! Comme il est impossible que ce système meurt puisque c'est "le meilleur" et que depuis la chute du bloc soviétique l'histoire est finie. Nous sommes collectivement entrés dans une phase déni voir de marchandage avec le réel: transformation de la plus grave crise de solvabilité de l'histoire de l'économie capitaliste en simple crise de liquidité, d'où l'impression monétaire folle!!!
      Vers l'infinie et au-delà!!!

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    2. ce n'est pas devenue une "simple crise de liquidité". C'est toujours une "crise de solvabilité".

      Les banques ne se font plus confiance, il n'y a plus de marché interbancaire, l'argent des banques centrales sert, en partie, à pallier à cela.

      quand à dire "Sauf que quand la bulle éclatera c'est le système financier qui sautera en premier!! ", je serais moins affirmatif. Des fortunes se font à la hausse... et à la baisse dans la finance. C'est plutôt l'économie réelle, qui n'a pas accès aux outils pour shorter (ou par méconnaissance), qui trinque toujours à la baisse.

      yongtai

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    3. Je suis d'accord, c'est même ce que je voulais dire, d'où "déni voir de marchandage avec le réel".

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  2. La Fed possède une machine à faire des bulles. La Fed souffle, souffle, souffle, et elle crée des bulles, des bulles d'actions, certes, mais elle crée aussi des gigantesques bulles obligataires.

    Il y a une gigantesque bulle obligataire aux Etats-Unis. La dette publique des Etats-Unis est de 17 151 milliards de dollars.

    Il y a des gigantesques bulles obligataires en Europe. La dette publique des 28 Etats de l’Union européenne est de 11 280 milliards d’euros, soit 15 166 milliards de dollars.

    Il y a une gigantesque bulle obligataire au Japon. Fin septembre 2013, la dette publique du Japon a atteint 1 011 200 milliards de yens, soit 10 300 milliards de dollars. D’après le FMI, en 2014, la dette publique du Japon sera de 242,3 % du PIB.

    Quand ces gigantesques bulles obligataires éclateront, tous ces pays connaîtront un effondrement économique et financier.

    Ce sera le temps des saignées.

    Le livre de l’année 2013 : « La grande saignée » de François Morin.

    http://www.placedeslibraires.fr/detaillivre.php?gencod=9782895961734

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