samedi 16 novembre 2013

Pourquoi je ne suis pas syndiqué

Hier au boulot, on me demandait pour rire pourquoi je ne me syndiquais pas. Ce à quoi j'ai répondu que je n'étais ni vieux, ni fonctionnaire... Ça les a bien fait marrer, comme quoi j'avais parfaitement cerné en deux mots ce que tout le monde pense.

Plus sérieusement, on l'a encore vu hier avec la CFDT et FO qui se désolidarisent des bonnets rouges en expliquant que l'impôt et la gabegie dépense publique, c'est du bonheur en barre.

Les syndicats essaient désespérément de faire croire au petit peuple du privé livré aux quatre vents de la mondialisation qu'ils ont des intérêts communs avec la vraie clientèle des syndicats, à savoir les vieux travailleurs protégés. Le tout contre un patronat exploiteur.

Tout ça serait défendable si dans le même temps, les syndicats prônaient le protectionnisme et la maîtrise de notre monnaie, ce qui reviendrait alors à faire payer essentiellement les sur salaires que les ponctionnaires se versent par l'inflation, c'est à dire les gros épargnants, c'est à dire les riches. En tous cas au début, car très vite, les vrais perdants de l'inflation, seraient comme toujours, les petits du privé.

Sauf que voila, les syndicats sont tous membres de la confédération européenne des syndicats, et sont de fait pour l'euro, pour l'Europe, pour le libre échange.



Les syndicats représentent concrètement et objectivement l'alliance de la kleptocratie et des vieux fonctionnaires contre le petit peuple décent du privé.

Pour être plus concret, les syndicats représentent mon oncle retraité de l'UNEDIC qui touche plus de 2000€ de retraite par mois pour avoir branlé la nouille toute sa vie et n'avoir quasiment rien produit comme valeur ajoutée, pendant que le père d'une bonne amie, ancien maçon, qui a construit des maisons toute sa vie, touche 1000€ par mois.

Alors pourquoi j'irais me syndiquer ?

Et on comprend bien la crainte qu'inspire le mouvement des bonnets rouges, alors que les alliances bougent, et que le petit peuple décent du privé tourne définitivement le dos aux ponctionnaires et rejoint le petit patronat.

4 commentaires:

  1. Extrait de l'interview de Laurent Berger sur BFM : "«Sur l’impôt aujourd’hui, il y a beaucoup de populisme parce qu’il y a un consentement à l’impôt qui n’est plus accepté. Je rappelle que l’impôt c’est le vivre ensemble»
    Le Vivrensemble a encore frappé !
    Depassage

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  2. Tonio, une question.

    Je lisais cet article http://www.slate.fr/story/79711/mondialisation-france-gagnants-perdants qui, comme on le sait, explique que la mondialisation et ses conséquences (ouverture des frontières, technologies de plus en plus indispensables, criticité de la gestion de la complexité, robolution), écrase la classe moyenne. Les emplois qui resteront seront ceux que les machines font mal: soit en amont (innovation, conception), soit en aval (assemblage, soins à la personne).
    Donc, ce qu'il y a entre les deux disparait: transporteurs, vendeurs, etc.

    Plutôt que de te préparer à atteindre le haut du panier (tu bosses en TI et tu as une compréhension systémique comme peu l'ont = tu es proche des clés), tu choisis de te résigner sur la classe moyenne, et donc préparer ton déclassement en devenant autarcique.
    Le peak oil? il accentuera ce phénomène car il sera progressif: les classes du dessus n'en verront pas grande chose.
    Tu prends du plaisir dans le DIY? Ca peut être un sain hobby, pas besoin pour autant d'hypothéquer le futur de ta fille en t'interdisant le tremplin vers le haut.
    Une colère légitime contre une élite pourrie? Là encore, tu peux développer ta voie vers le haut sans devenir "babélien". D'ailleurs je pense par exemple un Berruyer ou un Chauprade arrivent à la fois à être anti-système et à se créer un futur de haut niveau.

    Bien sûr je schématise, mais je pense qu'on touche ici un point central de ton parcours, avec lequel bien sûr beaucoup de tes lecteurs ont des atomes crochus.

    Yonanda aura peut être aussi un avis avisé sur la question.

    J'en profite pour te remercier de ton énorme boulot.

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  3. Ce n'est pas parce que les ponctionnaires ont fait cause commune avec les rapaces du grand capital (le keynésianisme montre son côté obscur en phase de décroissance) que le petit patronat fait cause commune avec les travailleurs (qu'il exploite lui aussi, ne jamais perdre ça de vue).

    Les gros dominent simplement les petits, ce qui frustre les petits, de quelque bord qu'ils soient.

    C'est pas compliqué, au final. Le clivage droite-gauche est remplacé par le clivage petit-gros... les gros étant plus près du robinet de liquidités, mais étant au final pareillement menacés par l'hyper-inflation.

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    1. Il faut analyser le rapport de classe!!!
      Les classes dominantes sont d'une part les hauts fonctionnaires et les élus qui soutiennent la superstructure (UE, OMC, FMI et l'état) et d'autre part les possédants (grands actionnaires, industrie de la finance et les ultras riches) qui possèdent les infrastructures de production...
      La classe moyenne supérieure (CSP +++: patron d'entreprise familiale, profession libérale, journaliste, cadres supérieurs) qui touche suffisamment pour avoir intérêt à maintenir le système mais est aussi dépendante et insignifiante pour la classe dominante que nous le sommes...
      Et nous, les 90%, qui devons être reconnaissant au système de nous laisser exploiter pour continuer à avoir un toit sur la tête et de quoi remplir le frigo.
      Voila ce que 40 ans d'immigration économique et de gauche bobo du PS (progressiste sociétaux) à réussis à occulter en remplaçant toute conscience de classe (prolo VS possédants) par des clivages utiles: migrant/autochtone, homo/hétéro, Privé/Publique.
      Tant que que l'on pensera que notre malheur vient de notre voisin on ne regardera pas dans la bonne direction.

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