jeudi 21 novembre 2013

Représentation de la faillite de la religion du progrès et de la modernité

Je m'essaie dans ce post ci, à une représentation historique de l'évolution de la "modernité".

Par modernité, vous pouvez mettre aussi "progrès", "sociétal", tout ça compris versus, la "tradition", le "conservatisme".

Je suis intimement convaincu que le niveau de modernité supportable par une société est fortement corrélé au niveau de vie et au développement de l'économie fictive tertiaire.

Là dessus, j'ai essayé de représenter l'évolution de la modernité réelle et supportable de l'occident, depuis les années 20.

Notez que le fascisme des années 30 est extrêmement moderne. Une modernité totalement antagoniste de la modernité maçonnique, mais une modernité tout de même. Les fascistes n'avaient que l' "Homme Nouveau" à la bouche. A ne pas confondre donc avec la tradition.

A noter également le saut fantastique de la modernité acceptable après guerre avec l'instauration du welfare state et de la consommation de masse.

Et la chute depuis 2000 de la modernité supportable se résume en un concept : Malthus.

De 1920 à 1940, on a de manière successive la montée de la bulle de crédit et les années folles, suivies des congés payés ou du new deal d'un côté, et du fascisme de l'autre. La 2ème guerre mondiale fait s'effondrer le tout, tant réel que supportable.

Après guerre, on a une forte hausse de la modernité supportable, avec l'avénement de la société de consommation, mais la modernité réelle ne suit pas. Mai 68 explosera sur fond de cette divergence.

La modernité réelle ratrappe ensuite la modernité supportable, mais passé le premier choc pétrolier, la modernité supportable ne monte plus que par la dette, et à un point que j'ai placé en 2000, se retourne. Dans le même temps, les forces triomphantes de la modernité maçonnique, nihiliste, continuent sur leur lancée de déconstruction.

Aujourd'hui, la divergence explose. Tout est en place pour un mai 68 à l'envers.

10 commentaires:

  1. Je sens aussi un retour à la tradition en parallèle au grand appauvrissement.
    Il me semble aussi que pas mal de jeunes tournent le dos à la génération et à l'esprit de mai 68.

    Je vois aussi ressurgir l'esprit du mouvement punk sous des formes nouvelles :
    - pessimisme, vie au jour le jour, nihilisme ("No Future")
    - "Do it yourself", autonomie, débrouille, critique de la société de consommation et du pouvoir
    - alcool, drogues...

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  2. http://www.paperblog.fr/6177694/les-trois-surs-et-la-milpa-des-techniques-ancestrales-de-cultures-associees/

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  3. Vision trop franco-francaise. Une autre lecture:
    Depuis le début du XIXe, la population francaise s'enrichit grâce à un grand effort de travail, de conquêtes (techniques, géographiques) et à un levier sur les ressources des colonies (matières premières et humaines). L'amélioration de la qualité de vie étant continue, l'espoir d'un futur meilleur est un moteur jugé inébranlable.

    La France confond le succès issu de son effort et l'attractivité de son modèle, et se croit lumière du monde. Avec la richesse apparait la paresse, on se repose sur ses lauriers. D'autres pays riches sont certes plus compétitifs, mais la supériorité sur le tiers-monde garantit encore un bon niveau de vie.

    A partir des années 1980 avec la globalisation, inévitable dans un monde ou les transports et les communications deviennent très accessibles, les pays sous-développés entrent dans la danse, avec mordant, attirés par la richesse occidentale. Ils fournissent un grand effort pour devenir compétitifs, et commencent à rogner les avantages relatifs des pays riches. L'espoir d'un lendemain meilleur sans redevenir sérieusement compétitif s'effondre.

    Certains de ces pays riches tentent de maintenir un avantage compétitifs (Japon via la robolution, Allemagne via l'industrie et l'euro), d'autres d'utiliser leur force pour maintenir leur puissance (USA), d'autres enfin sont complètement déboussolés, se rendant compte que leur puissance ne venait pas d'un système de valeur mais d'une richesse accumulée dans le passé, et par peur rêvent d'un retour dans ce passé glorieux plutôt que de se retrousser les manches en se réformant et se remettant à innover et attaquer de nouveaux marchés. Ces nouveaux cache-paresse s'appellent traditionnalisme, déclinisme, morosité, décroissance, etc. Bienvenu en France.

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    1. Je plussoie totalement cette analyse, qui met en perspective les grands mouvements de fond des pays et des cultures.
      Nous vivons la fin de notre modèle, mais n'avons pas encore assez constaté sa ruine pour trouver l'énergie d'en inventer un nouveau.

      Ca se fera, mais à mon avis ce sera mes enfants qui s'y colleront.
      Le Grand Défaut de l'Occident n'est pas encore pour tout de suite : les émergents ne sont pas prêts à prendre le relai.

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  4. Pour le coup je ne suis pas trop sûr de comprendre l'intérêt de la démarche. C'est très / trop subjectif.

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    1. Dans les sciences "dures" on n'accepte que les raisonnements par contiguïté, on ne traite l'information que séquentiellement, localement, on ne fait fonctionner que son lobe cervical gauche. On refuse ainsi les raisonnements par similarité (comparaison n'est pas raison), on refuse d'utiliser son lobe cervical droit qui permet une vision globale des choses. Je suis convaincu que le rapport "modernité réelle"/"modernité supportable" est fortement corrélé au rapport "sciences dures, objectives"/"sciences humaines, intersubjectives". La modernité réelle est insupportable parce que hémiplégique (et l'informatique, par essence séquentielle, est le bras armé de cette "modernité réelle"). Ce qui renvoie à mon commentaire 7:16 ci-dessous.

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  5. Sympas les courbes! Le petit rattrapage de 1940 a été fait par la WW2. Qu'en sera-t-il de l'énorme rattrapage prévu pour 2020/2030?
    Pour moi l'avènement de l'informatique et de sa mémoire quasi-infinie est pour beaucoup dans cet écart.

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    1. Euh... là on se croirait dans Ghost In The Shell.
      Tu peux développer ?

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    2. @ Ztong
      De tout temps un changement du support de mémoire a entraîné un "progrès" pour l'humanité: de l'oral à l'écrit, de l'écrit à Gutenberg, de Gutenberg à la mémoire des ordinateurs. Et je pense qu'à chaque fois la modernité réelle a dépassé un temps la modernité supportable, le temps nécessaire à l'adaptation au nouveau support de mémoire. Nous en sommes là avec l'informatique.

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  6. J'aurais aimé des définitions plus précises de "modernité", de "modernité réelle" et de "modernité supportable". même en relisant l'article, ça ne m'est pas plus clair.
    si par modernité on entend le "progrès" comme on disait avant, on devrait parler de modernité (le progrès) compréhensible et palpable.
    pendant longtemps le progrès c'était (pour la France), l'industrie triomphante, les piles atomiques, le concorde, (la caravelle aussi) mais surtout la machine à laver, le frigidaire, les vaccins. ces derniers apportant un vrai plus dans la vie du peuple et répondaient à un vrai besoin.
    Aujourd'hui les besoins sont couverts et le progrès visible est sur une asymptote quasi horizontale où pour une unité de progrès réel utile on dépense des quantités énormes d'énergie, de temps, de ressources en tt genre.
    Quant au malaise par rapport à la modernité hors qu'elle n'est plus comprise c'est surtout que tout le monde a bien compris que le PIB est globalement fondé sur une montagne d'inutilités et que tout ça pourrait disparaitre du jour au lendemain.

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