vendredi 1 novembre 2013

Sommes-nous Rome à la veille de sa chute ?

Sommes-nous Rome à la veille de sa chute ?
Contrepoints, Damien Theillier, 31/10/2013 (en Français texte en français )
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En accroissant démesurément le pouvoir de l’État au détriment de la responsabilité individuelle, nous faisons la même erreur que Rome il y a des siècles.

Are we Rome? Tel est le titre d’une étude fort intéressante de Lawrence Reed, président de la Foundation For Economic Education (USA). C’est aussi le titre qu’ont choisi les organisateurs de la FreedomFest à Las Vegas, cette année.

Pourquoi Rome a-t-elle décliné puis finalement chuté ? Reed explique que l’Empire romain fut un régime militaire parasite, qui ne pouvait survivre que par un afflux permanent de richesses pillées à l’extérieur, des prisonniers réduits en esclavage et des terres volées.

En effet, l’enrichissement de l’aristocratie romaine ne provenait que du butin des invasions et non d’une quelconque création de valeur. Avec la fin des conquêtes et les rendements décroissants des pillages, l’administration dut cependant recourir de plus en plus au pillage interne pour satisfaire son besoin de richesses, ce qui entraîna un appauvrissement général de la population de l’Empire

Au premier siècle avant Jésus-Christ, Rome est passée d’une république dotée d’un régime relativement libéral à la dictature de Jules César, avec un tiers des habitants au chômage. C’est l’époque où le parallèle avec notre époque est vraiment frappant.

Car aux premiers temps de sa grandeur, chaque Romain se considérait lui-même comme la principale source de ses revenus. Ce qu’il pouvait acquérir volontairement sur ​​le marché était la source de son gagne-pain. Le déclin de Rome a commencé quand un grand nombre de citoyens ont découvert une autre source de revenus : le processus politique ou l’État. Les Romains ont alors abandonné la liberté et la responsabilité personnelle contre des promesses de privilèges et de richesses distribuées directement par le gouvernement. Le pouvoir fournissait du pain et des jeux à ses citoyens, mais aussi du porc et de l’huile d’olive.

Les citoyens adoptèrent l’idée qu’il était plus avantageux d’obtenir un revenu par des moyens politiques que par le travail. Cela a conduit l’économiste Howard E. Kershner à énoncer la loi qui porte son nom : « Quand un peuple autonome confère à son gouvernement le pouvoir de prendre aux uns pour donner aux autres, le processus de redistribution ne cesse qu’à partir du moment où le dernier contribuable est dépouillé de tous ses biens ».

Vers 140, l’historien romain Fronto écrivait : « La société romaine est préoccupée principalement par deux choses, ses ressources alimentaires et ses spectacles ». Comme les revenus du commerce ne suffisaient pas à financer l’administration et les garnisons, les impôts augmentaient constamment. Les empereurs dévaluaient leur monnaie en mettant moins d’argent ou d’or dans leurs pièces. Cela provoquait l’inflation. La pression fiscale devenait alors insupportable !

Sous le règne de l’empereur Antonin le Pieux (de 138 à 161), la bureaucratie romaine atteignit des proportions gigantesques, écrit Reed. Selon l’historien Albert Trever, « l’implacable système fiscal, chargé d’organiser la spoliation et le travail forcé, finit par être administré par une armée de soldats bureaucrates ». Partout, les bureaucrates à la solde des empereurs s’employaient à écraser les fraudeurs fiscaux.

Finalement, sommes-nous une Rome contemporaine à la veille de sa chute ? Peut-on dire que l’histoire se répète ?

Considérons les sommes monumentales dépensées pour le sauvetage des banques, les augmentations vertigineuses de la dette publique, la concentration du pouvoir entre les mains du gouvernement central et les incessantes revendications de la part des groupes d’intérêt. Si ces éléments nous sont familiers au XXIe siècle, ils l’étaient tout autant des Romains de l’Antiquité.

En accroissant démesurément le pouvoir du gouvernement au détriment de la responsabilité individuelle, nous avons fait la même erreur que Rome il y a des siècles. Ceux qui ignorent l’histoire sont condamnés à la répéter. La plupart des gens qui chérissent la liberté s’opposent à l’État-providence pour des raisons morales, philosophiques et économiques. Nous ferions bien d’ajouter une autre raison, conclut Reed : les leçons de l’histoire !

À la fin, plus que la liberté, ils voulaient la sécurité. Lorsque les Athéniens ne voulurent plus contribuer à la société, mais qu’au contraire la société contribue à leur bien-être, lorsque la liberté qu’ils souhaitaient consistait à être libérés de toute responsabilité, alors Athènes cessa d’être libre.
Edward Gibbon (1737-1794)



C'est très intéressant ce qu'ils expliquent sur la grande agglomération (Rome) qui vivait en parasite des régions productives. Ça fait le lien avec le documentaire de France 3 posté tout à l'heure, dans lequel ils expliquent que c'est dans les agglomérations que se crée le PIB. Sauf que tout ceci est parfaitement artificiel. Endetter l'État pour distribuer du pouvoir d'achat à des assistés et des tamponne papier en ville pour qu'ils puissent aller dans des usines à déficit commercial acheter des trucs chinois, ça fait du "PIB"... Sans l'euro qui permet de consommer sans payer, sans les campagnes pour produire les devises tentant d'équilibrer le solde extérieur, sans tout le tissu industriel provincial dont les marges sont systématiquement extorquées et remontées aux capitales, tout ce petit monde des villes n'aurait rien...

Et je rappelle qu'après la chute de l'Empire, Rome est passée en moins d'un siècle de plus d'un million à 40 000 habitants. Elle a été ramenée à sa vraie réalité productive, une fois le flux d'argent gratuit tari... Il convient de replacer le discours de Guilly et consorts dans le documentaire de France 3, dans cette perspective...

4 commentaires:

  1. Avec ce genre de raisonnement, on en serait encore à dormir dans des grottes !
    Les concentrations de population permettent d'abord et avant tout le développement de la civilisation, de la culture.
    Nier cela, c'est nier toute l'histoire de l'humanité.
    Et on peut porter les jugements qu'on veut sur les valeurs de tout cela, il n'empêche que se retrouver sur ce blog montre que l'on profite des avantages...

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    1. la Déculturation la Décivilisation

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    2. Faux et sans argumentation.

      ...Et moi qui croyais que "le développement de la civilisation et de la culture" fut le fruit de l'invention de l'écriture. Qui permis l'accumulation du savoir et sa transmission inter temporelle entre homme, fussent-ils dispersés!
      ....entre autre.

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  2. Rome a toujours inspiré les Américains car ils ont beaucoup de points communs avec elle :
    - forte armée et prospérité basée sur le pillage externe
    - pas d'identité culturelle propre, mais la capacité d'absorber le meilleur des civilisations environnantes
    - forte intégration armée/commerce
    -> avec pour résultante une prédominance progressive de la rente sur le travail.

    Mais il y a de brillants contre-exemples en Italie : regardez Florence ou Venise.

    Toujours est-il que le destin de Rome ressemble étrangement, en effet, à celui qu'empruntent les USA. Et c'est sans doute pour les mêmes causes. L'Espagne, démesurément enrichie par le pillage de l'or des Incas, a connu le même syndrome : enrichissement puis bureaucratisation, puis ruine.

    La facilité triomphe de l'effort, mais porte en elle-même les germes de son propre effondrement.

    Les USA ne sont plus un pays d'entrepreneurs, mais un réseau de profiteurs. L'Europe prend le même chemin.
    Ca finira mal...

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