mardi 12 novembre 2013

yoananda : Revue : les idées de François Roddier

Revue : les idées de François Roddier
Blog de Yoananda, 10/11/2013 (en Français texte en français )
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Dans ce post je partage la découverte des travaux d’un scientifique et les liens avec les idées développées sur ce blog. Je ne suis pas sûr d’être compréhensible par tout le monde car c’est un peu plus "technique" que d’habitude.

Quand je vois le spectacle quotidien affligeant de la bêtise, il m’arrive de prendre peur. Surtout dans le contexte difficile actuel.

Notre président est une personne probablement plus intelligente que la moyenne. Pourtant, par la force des choses, il se retrouve à faire des choses totalement stupides, comme devoir réagir aux propos de fillettes, par deux fois. Un président est censé s’occuper d’une nation, et non pas d’un épiphénomène dans la vie d’une seule personne. Cette absurdité montre à quel point "tout" est inversé, y compris la logique élémentaire dans notre société, et donc a quel point nous sommes égarés et en crise.

D’un autre coté, il y a des hommes qui font l’inverse, qui essayent de prendre du recul, de comprendre le contexte, de donner du sens, et qui diffusent de l’intelligence autour d’eux.

François Roddier, un physicien et astronome est de ceux la. Découvert sur le blog de "Oil Man", j’ai immédiatement commandé son livre que j’ai commencé à lire.

Ses idées sont tout simplement géniales.


Il réussit l’exploit de réunir dans un même cadre conceptuel : la physique, la thermodynamique, l’économie, la biologie, la cosmologie, la sociologie, la politique, l’économie, la mémétique, la cybernétique, etc…

C’est extraordinaire. C’est clair et c’est simple. L’univers produit des structures dissipatives soumises à un processus évolutif qui permet d’en maximiser l’efficacité.

Un être organique dissipe plus d’énergie qu’une étoile par unité de masse. Voila, tout simplement, pourquoi nous existons.

Pire.

Jacques Blamont à été son directeur de thèse (auteur du livre "Introduction au siècle des menaces"). Il aborde aussi les questions d’effondrement de civilisation, sous l’angle de l’entropie (=dissipation d’énergie). Il connaît, et cite, les travaux de Jared Diamond.

Il semblerait que la question des limites de notre technologie, de la quantité de ressources restantes et même d’effondrement commencent à intéresser de plus en plus les scientifiques de haut niveau … Ce qui confirme ce que j’avais constaté dans les conférences TED.

Ouf.

Le club s’agrandit, et ne se limite plus à Jancovici et Azzeneau mais s’enrichit de pointures. Gageons que ça fera tâche d’huile.

Le meilleur dans l’histoire c’est que les idées de Roddier permettent d’expliquer le rôle des biais cognitifs dans un cadre plus large : ce sont des structures dissipatives soumise à un processus évolutif culturel. En allant plus loin on peut recouper ça avec les travaux de Howard Bloom ("le principe de Lucifer", "le cerveau global") ou Eric Beinhocker (l’économie est un processus triplement évolutif).

Et cela donne en plus du sens a la spiritualité au Yoga … et à la vie extra-terrestre !!!

Car si l’univers produit des structures dissipatives et que les meilleurs d’entre elles sont les formes des vies intelligentes … alors … l’univers en fabrique partout ou c’est possible. Même si ce n’est pas une démonstration formelle, les propos de Roddier expliquent clairement pourquoi l’univers produit des formes de vies évoluées … partout. Donc l’univers fabrique des ET un peu partout.

Quand je dis partout, je me comprends, il s’agit d’un processus de "niches" imbriquées de manières fractales. Un peu comme des poupées russes : une galaxie produit des étoiles qui produisent des planètes qui produit de la vie, qui produit de l’intelligence. Partout. Les étoiles existent uniquement au sein d’une galaxie. Les planètes sont fabriquées par les étoiles. La vie par les planètes. L’intelligence par la vie.

Est-ce qu’il y a d’autres étapes ? oui … mais c’est un autre sujet.

J’y reviendrais, car ces travaux sont fondamentaux. Je ferais une revue complète du livre quand je l’aurais terminé.

Dernière chose. Je souhaite bien faire comprendre que toutes ces idées que j’amasse sur ce blog, qui peuvent parfois être très théoriques, ont des répercussions économiques, politiques, spirituelles, et surtout pratiques très concrètes.

Un exemple ?

Prenez un chômeur. Howard Bloom explique que quand on est au chômage, on régresse sur l’échelle sociale, et donc dans "l’ordre de préséance", ce qui déclenche un mécanisme équivalent a l’apoptose cellulaire : la déprime, et dans sa forme extrême, le suicide. L’analogie entre le social et le cellulaire, c’est de la systémique, du raisonnement 3D, soit dit en passant. Bref. Le sachant, il est plus facile de comprendre ce qui nous arrive et ne pas en souffrir, voire même d’inverser le processus. En combinant avec les travaux de Roddier on peut aller plus loin et expliquer la situation en terme de structure dissipative : en tant que chômeur, on dissipe moins d’énergie qu’en tant que travailleur. Donc le processus évolutif nous pousse à disparaître ou évoluer.

C’est peut-être un peu trop abstrait mais j’expliquerais plus en détail au fil de l’eau les idées de François Rodier et leurs implications.

Au fil de l’eau et des recherches je me rends compte qu’il y a vraiment un nouveau paradigme scientifique qui est en train d’émerger, et c’est par la que sera le salut de notre civilisation. Si salut il y a. Comme je l’avais expliqué, notre "rationalité" est en crise tout autant que l’économie. Les travaux de François Roddier sont une réponse à cette crise.

Très intéressant quand il parle de sélection K ou sélection R, quand il dit que le système pour s'adapter à un environnement changeant favorise des structures dissipatives petites et adaptatives, et dans un environnement stable, des structures plus grosses mais moins adaptatives.

Et vu qu'il fait ensuite le lien entre évolution génétique et culturelle, c'est très éclairant quant à ce que j'ai pu expliquer ici sur la faillite de la religion du progrès sur le mur du Peak Everything, et comme quoi les sociétés allaient spontanément rechercher de la résilience, de la tradition, du plus simple et du plus petit.

A noter aussi : Pour faire société, il faut partager la même information, soit via des mêmes gênes, soit via la même culture. Ce qui fait culture, ce n'est pas Hugo ou Balzac, c'est toute cette masse de non dits qui font quotidien, tout ce système d'exploitation social qui regroupe tout ce que je sais que tu sais que je sais. "Le degré d'altruisme entre les hommes est déterminé par la quantité de culture commune".

Enfin, à noter que comme j'ai pu le dire ici, si les civilisations humaines sont la dentelle de l'évolution, Babel lui, ne cherche à remplacer tout ça que par une seule culture globale en toile de jute, et donc naturellement moins dissipative d'énergie. Et donc dépassée avant de naître. C'est pour ça que Babel doit s'imposer partout ou mourir.

Assez pathétique en revanche qu'après une telle conférence, il finisse par un éloge à Babel et au gouvernement mondial... C'est complètement contradictoire avec tout ce qu'il a dit avant.

Et toujours dans le même ordre d'idée de la "maximisation de l'énergie dissipée", un article sur le couple, qui s'intègre parfaitement dans cette logique, ici pour s'adapter à un environnement permettant un consummérisme de plus en plus débridé. Mais on entrevoit déjà le chemin inverse qui va s'en suivre, peak everything oblige, les structures développées étant devenues totalement contreproductives en cas de changement de paradigme sur le consummérisme :
De l’intérêt du mariage Par Pierre-Antoine Delhommais
Le blog à Lupus, 11/11/2013 (en Français texte en français )
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Une thèse montre une individualisation croissante du patrimoine au sein du couple.

Les dieux sont décidément bienveillants avec Silvio Berlusconi, qui lui offrent l’amour pour le consoler de ses déboires politiques.

Dans le dernier numéro du Vanity Fair italien, la présentatrice de télévision Francesca Pascale, sa jeune compagne depuis un an, a confié sa "soif de mariage" avec le Cavaliere. Une telle volonté d’officialiser et de sacraliser cette idylle peut aisément se comprendre lorsqu’on sait qu’en décembre 2012 le tribunal de Milan a condamné Silvio Berlusconi à verser à son ex-femme et ex-actrice de série B, Veronica Lario, 3 millions d’euros de pension alimentaire mensuelle (vous avez bien lu : mensuelle).

Si des romanciers comme Balzac ou Maupassant ont très tôt fouillé les liens étroits qui unissent choix patrimoniaux et matrimoniaux, c’est seulement tout récemment, dans les années 60, que la science économique a commencé à s’intéresser de près au mariage. Notamment avec les travaux de l’économiste américain Gary Becker (prix Nobel 1992). Pour lui, tout individu dispose d’un capital humain qu’il gère, tout au long de sa vie, en fonction de l’estimation coût/bénéfice des décisions qu’il prend. Avec cette grille de lecture et à grand renfort d’équations mathématiques, Becker a étudié la délinquance, l’éducation, l’immigration. Et donc aussi le mariage, considéré par lui comme un moyen pour deux individus d’améliorer leurs conditions d’existence par rapport à un statut de célibataire."Dès lors qu’hommes et femmes sont en concurrence pour trouver le meilleur conjoint, ajoute Becker,on peut supposer l’existence d’un "marché" des mariages." Tout cela n’est certes pas très romantique, mais c’est très intéressant.

Les recherches de Gary Becker sur le mariage continuent aujourd’hui encore d’inspirer les économistes, qui les renouvellent au gré de l’évolution sociétale considérable qu’a connue la structure des couples au cours des dernières décennies. 415 000 mariages avaient été recensés en France en 1972, 235 000 seulement en 2012. On décomptait 55 600 divorces en 1975, 132 977 en 2011. Quant au nombre de familles monoparentales, il est passé de 720 000 en 1968 à 1 760 000 en 2005.

Dans une thèse, "Essai sur l’économie de la famille", qu’il vient tout juste de présenter à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Nicolas Frémeaux a abordé un sujet original : le rôle de la source de richesse dans le choix du conjoint. Pour cela, il a établi, à partir des enquêtes "Patrimoine" de l’Insee, l’importance relative de l’héritage et des revenus du travail dans les préférences matrimoniales. Sa conclusion : "Les héritiers sont en couple avec des héritières, tandis que les travailleurs s’attirent mutuellement." Au-delà des conventions sociales, cette forme extrême de l’homogamie (le fait de se marier entre personnes du même milieu social) pourrait avoir une origine psychologique : le fait qu’un individu a tendance à choisir un conjoint ayant la même attitude que lui face au risque et face au temps, deux facteurs clés dans la gestion d’un patrimoine.

Autre phénomène mis en évidence par Nicolas Frémeaux : le déclin de la mise en commun du patrimoine au sein du couple depuis les années 70, avec une accélération du phénomène depuis les années 90. En 2010, seuls 45 % des couples récemment formés étaient mariés, contre 70 % en 1992. A cela s’ajoute le recours accru au contrat de mariage avec séparation de biens : moins de 10 % dans les années 70, plus de 20 % aujourd’hui.

Cette individualisation croissante du patrimoine au sein du couple doit beaucoup à l’émancipation financière de la femme, liée à la fois à l’évolution de la législation – il a fallu attendre 1965 pour que les deux époux disposent des mêmes droits en matière de gestion du ménage – et à l’élévation de leur niveau d’éducation. En 2011, 18 % de femmes de la génération 55-64 ans étaient diplômées du supérieur, contre 47 % pour la génération des 24-34 ans. En clair, les femmes acceptent de moins en moins l’idée de se voir déposséder par un mari du patrimoine qu’elles se constituent grâce à leur travail. Et, si on s’aime bien sûr toujours d’amour fou, chacun préfère garder pour soi ses propres biens. Une sage précaution en cas de séparation, de divorce ou de rupture du Pacs.

Ce n’est pas Silvio Berlusconi qui dirait le contraire. Pierre Bourdieu avait abondamment décrit, pour mieux le dénoncer, le rôle joué par l’homogamie des mariages dans la reproduction des inégalités sociales. A travers sa vie "sentimentale" agitée et son hétérogamie décomplexée, le Cavaliere poursuit donc, d’une certaine façon, le combat du sociologue français en contribuant activement à la redistribution des richesses, fût-elle surtout horizontale.

22 commentaires:

  1. "Notre président est une personne probablement plus intelligente que la moyenne."

    WTF ??
    Çà ne va pas, non ?! Comme s'il n'avait pas archi-démontré le contraire, et ça ne date pas de son election à la présidence !

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    1. Son problème, ce n'est pas l'intelligence, mais les couilles.

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    2. M. Hollande est très intelligent. Il a jusqu'ici parfaitement mené le programme qui lui était confié : mariage, promotions des femens et du lobby LGBT, marché transatlantique, fausse séparation bancaire, fragilisation du CDI, transfert du pouvoir budgétaire vers Bruxelles.
      Il a de peu échoué à déclencher une guerre en Syrie et provisoirement reculé sur l'ecotaxe, mais personne n'est parfait !

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  2. "Notre président est une personne probablement plus intelligente que la moyenne."

    Sûrement une porte d'entrée enfin de lire ou surtout pas le reste de connerie Dianétique.

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  3. Galilée l'avait dit !!! Et peu l'avait compris !!! ET pourtant elle tourne !!!
    L'univers est un principe dissipatif qui permet de produire de l'energie avec le maximum d'éfficacité mais malheureusement produit le veillissement par dissipation de celle ci.

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  4. d'accord avec l'anonyme de 16h19 il est très intelligent ce qui ne veut pas dire qu'il soit sage ni qu'il utilise son intelligence à bon escient.

    Comme disait Coluche, les politiques qui nous gouvernent sont des gens très intelligent ils savent pertinemment ce qu'ils font, si c'était des cons ce serait facile de les remettre en question, il suffirait de dire ce sont des cons pour que nous n'apportons pas de crédit à leurs propos...

    Hollande est une marionnette qui joue parfaitement son rôle, seuls compte pour lui les privilèges, protections, confort et biens matériels qu'il va acquérir à l'issu de son mandat même si la plèbe, la cariatide le vomit, il nous méprise tellement qu'il n'en a que faire de nos considérations.

    Exemple de promotion après avoir fait le sale boulot : vous vous rappelez papandreou le president ou 1er ministre grec (de gauche) qui avait été soi disant limogé après avoir saigné et resaigné son pays = il a obtenu un poste de professeur dans la plus prestigieuse université des états unis pour un salaire modique de 25000e/mois...

    Nous n'avons aucun droit formel, seuls les privilèges existent et sont recherchés actuellement. C'est en partie la raison pour laquelle les gens lambda se marchent dessus, notamment en cherchant à avoir un ptit poste de cadre pour avoir des privilèges matériels que leurs soufifres n'auront pas.

    Il nous faut avoir les couilles individuellement de refuser cette illusion d'avenir-bonheur réservé exclusivement à ceux qui jouiront du plus de privilèges que son voisin.

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  5. hachis parmentier12 novembre 2013 à 20:27

    disco,
    j'ai du mal à voir comment tu voudrais voir résoudre les problèmes globaux sans gouvernement mondial?

    J'avais déjà vu cette vidéo et l'avait trouvé très intéressante.

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  6. J'adore quand un spécialiste d'une discipline, ici un thermodynamicien (alias mécanicien statisticien) ose exporter ses connaissances à d'autres disciplines par des analogies hardies (gènes/mèmes par exemple). J'ai trouvé son exposé très pédagogique (plutôt très démagogique car je n'ai vu que des adultes dans la salle!) et, pour moi, l'utilisation quasi-systématique d'analogies y est pour beaucoup.
    L'explication génétique qu'il donne de l'altruisme donne à réfléchir. Si elle est correcte alors la mondialisation heureuse n'est pas pour demain!

    Je suis matheux et suis passionné par l'oeuvre de René Thom, mathématicien et aussi philosophe. Lui aussi ose exporter ses connaissances mathématiques à d'autres domaines par des analogies hardies: il propose ainsi une kyrielle de modèles biologiques à partir de l'analogie entre la différenciation cellulaire et la différentiation des fonctions, entre le développement embryonnaire et le développement de Taylor.

    Yoananda: "Au fil de l’eau et des recherches je me rends compte qu’il y a vraiment un nouveau paradigme scientifique qui est en train d’émerger, et c’est par là que sera le salut de notre civilisation. Si salut il y a. Comme je l’avais expliqué, notre "rationalité" est en crise tout autant que l’économie. Les travaux de François Roddier sont une réponse à cette crise."
    Tout à fait d'accord en ce qui concerne le nouveau paradigme. Quant à la crise de notre "rationalité", elle me saute aux yeux: le raisonnement par analogie doit être réintégré dans le discours scientifique alors qu'il en a été écarté depuis la coupure galiléenne (comparaison n'est pas raison!). La théorie des catastrophes de Thom est une théorie de l'analogie...



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  7. Employer la thermodynamique en sciences humaines c'est comme les faux amis en Anglais : ça amène souvent à des contresens.
    Je me suis frotté à l'exercice dans ma thèse de doctorat, en utilisant le modèle d'Ising (issu de la physique quantique) pour rendre compte des phénomènes de type révolutionnaires (changement brutal d'état d'un système) et étudier les régulations juridiques adéquates.

    C'est amusant, c'est stimulant, ça donne plein d'idées.
    MAIS c'est terriblement compliqué à manipuler tant les modèles physiques paraissent simple au regard des modèles sociaux. Un modèle social est de type qualitatif (il met l'accent sur les liens) quand le modèle physique est le plus souvent statistique.

    Alors, l'interdisciplinarité c'est très bien pour expliquer certaines choses, ça donne un aperçu de la manière dont elle se sont PEUT-ETRE déroulées, mais pour la prévisibilité il faut bien reconnaître que c'est à peu près zéro.
    Sinon, on aurait fait faillite depuis bien longtemps, comme annoncé par les ordinateurs.
    Or aucun modèle ne pouvait anticiper l'ingéniosité des banquiers centraux et la docilité des pays périphériques.

    La physique a un inconvénient : son inaptitude à penser les conditions de l'échec de sa propre théorie. Ce qui la rend inapte aux prédictions en sciences humaines.
    Et je vais vous dire : je préfère ça !

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    1. @ Ztong
      Je ne voulais pas doucher l'enthousiasme de Yoananda dans mon commentaire 21:48 mais je pense comme vous. Il y a un saut qualitatif important (c'est un euphémisme) entre l'étude de la matière vivante (biologie, sociologie) et celle de la matière morte (physique). Le physicien postule l'imbécillité des objets qu'il étudie. Aussi la transposition de ses méthodes au vivant me semble a priori sujette à caution.
      La synthèse entre les pensées mécaniste et vitaliste en biologie ou sociologie est, pourquoi pas, envisageable mais n'ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé, la physique de la nature morte apparaissant alors comme un cas particulier limite, stationnaire, de la physique de la nature vivante. Cela renvoie à votre "La physique a un inconvénient : son inaptitude à penser les conditions de l'échec de sa propre théorie. Ce qui la rend inapte aux prédictions* en sciences humaines". Ce que je reformule: la mort ne peut expliquer la mort (et je rajouterai que, pour moi, la sélection par la mort ne peut expliquer la vie...).
      Pour Roddier la thermodynamique des systèmes ouverts est à la vie ce que la thermodynamique des systèmes fermés est à la mort. Il a l'approche réductionniste classique des physiciens (et de la plupart des biologistes!). D'autres, tel Thom, ont l'approche structuraliste des linguistes, des sociologues et des anthropologues. Vers une synthèse**? Vers une explication rationnelle des origines de la vie*? C'est pas gagné!

      Quant aux analogies biologie/sociologie je crois qu'elles peuvent être fécondes car leurs problèmes centraux sont analogues:
      Biologie: expliquer la stabilité de la forme spatiale des êtres vivants en dépit du "turn over" des molécules qui les constituent.
      Sociologie: Expliquer la permanence des sociétés en dépit du "turn over" des individus qui les constituent.

      *Je pense qu'expliquer serait plus correct que prédire.

      ** Le "struggle for life" (alias "struggle against death") est central dans l'étude du vivant. Y a-t-il une synthèse possible entre le modèle "prédateur-proie" réductionniste de Lotka (auquel Roddier fait allusion) et le modèle "prédateur-proie" structural de Thom (catastrophe "fronce")?

      *** Thom en a proposé un modèle. C'est pp. 282 à 286 de Stabilité structurelle et morphogénèse (2ème ed). Je n'ai rien compris!

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    2. Bigre, je ne m'attendais pas à des discussions de ce niveau sur ce blog !
      Je vais reprendre le bouquin de Thom, et voir aux pages que vous indiquez.

      Pour le reste, ce que vous dites m'évoque les discussions que j'ai eues à l'Ecole Normale il y a 15 ans. Pour les molécules, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, alors que pour les individus il peut en aller différemment selon le contexte... mais parfois ça marche comme en physique !

      Il n'empêche que la France s'est désengagée de toute recherche de pointe en sciences humaines et en optimisation de régulation des groupes sociaux, et on voit maintenant que c'est à grand dommage pour elle.

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  8. "Dans l’art de convaincre d’Aristote il y a 3 niveaux : ethos, logos, pathos [[éthique, logique, émotionnel]]. Aujourd’hui nous sommes beaucoup plus dans le pathos, à cause de l’appauvrissement du logos" (YOANANDA)
    Notre société hyper consumériste a construit sa "néo-éthique" sur les désirs (frustration/réalisation) et l' affect ( image de sois), elle a construit son langage ( sa logique ) sur des principes d'efficience du rapport a soi et aux autres par le recours au mimétisme de comportement et au grégarisme cognitif indexée aux instincts primaires de l'etre.
    L'homogénéisation de la société sur le modele occidental, qui s'étend a toutes les contrées du globe, engendre de grands deséquilibres: elle dépense/consomme/consume énormément d'energie, crée et accentue les frustrations par l'apparition médiatisée du manque et conditionne les etres dans une forme de boulimie mentale mortifere pour la nature et in fine pour sois.
    Comment concilier les antinomies et les impasses conceptuelles dans lequel nous nous sommes collectivement fourrés si ce n'est en y integrant un tiers état de la pensée et de l'affect conduisant a une révolution complete de notre ethique de vie?
    La transendance du scénario de notre vie implique de dépasser nos propres frontieres, de sentir et réfléchir sur l'état du monde et de nous meme. Ce tiers état, surdéterminant nos existences, ne peut se réaliser qu'en intégrant une comprehension des contraintes mondaines et temporelles a l'aune d'une perception/conception fine du principe de Fraternité, a la fois, comme une necessité absolue d' évolution -rationnelle, tout le monde y gagnerait- mais aussi dans des perspectives atemporelles car "divines".
    "Rien ne se perd, rien ne se cré tout se transforme", a commencer par le principe vivifiant de l'Etre. La conscience est comme une energie qui ne demande qu'a transiter par de nombreux états mais le néant n'existe pas pour elle, tout comme le vide n'est jamais fondamentalement vide. La conscience est aussi insaisissable que le vide mais comme le disent les taoistes: " la raison d'etre de l'amphore c'est le vide qui l'occupe"
    MASTER T

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    1. @ Master T
      Vous écrivez:
      "Notre société hyper consumériste a construit sa "néo-éthique" sur les désirs (frustration/réalisation) et l' affect ( image de soi), elle a construit son langage ( sa logique ) sur des principes d'efficience du rapport a soi et aux autres par le recours au mimétisme de comportement et au grégarisme cognitif indexée aux instincts primaires de l'être."

      Chassez le naturel il revient au galop! Chassez le désir, l'affect, ils reviennent au galop!
      Pour moi c'est ça le changement de paradigme que Yoananda voit se dessiner.
      Il ne s'agit pas pour moi d'une "néo-éthique" mais de l'éthique naturelle qui gouverne le vivant: "je veux", "je dois", "je peux" ,dans cet ordre. C'est le désir qui mène le monde vivant! Il faut adapter notre rationalité à cette évidence. Les "primitifs" avaient une pensée magique (similarité et contiguïté), reprise par les enfants dans leur apprentissage (pareil, pas pareil, près, loin). La coupure galiléenne a imposé la pensée par contiguïté* comme seule rationnelle, la pensée par similarité en étant exclue (comparaison n'est pas raison): on a lobotomisé notre cerveau en niant toute rationalité au lobe droit! La révolution qui nous attend (que, pour moi, nous vivons déjà) est une contre-révolution galiléenne, l'écueil à éviter est le retour au statu quo ante, c'est à dire aux visions théologiques, créationnistes du monde. Le lamarckisme tel que je le conçois répond à cette exigence: on remplace le darwinisme et sa sélection par la mort par une sélection par l'affect (on recherche le bien-être). Cela n'ira pas sans une profonde modification de l'idée qu'on se fait de l'intelligence. Paul Jorion a ainsi décrit des nouveaux principes des systèmes intelligents (cf. son blog à la rubrique "Intelligence artificielle") où le cerveau opère par dynamique d'affect. Ses idées vont, je crois**, dans le même sens que celles de Thom.


      * et par contiguïté infinitésimale (Newton, Leibniz), c'est à dire par continuité.

      ** Il faut, pour en être certain, une culture linguistique que je n'ai pas.



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    2. "Chassez le naturel il revient au galop! Chassez le désir, l'affect, ils reviennent au galop!
      Pour moi c'est ça le changement de paradigme que Yoananda voit se dessiner.
      Il ne s'agit pas pour moi d'une "néo-éthique" mais de l'éthique naturelle qui gouverne le vivant:."
      Vous avez parfaitement raison! mais ce que je voulais signifier par "néo-ethique" c'est ce qui a disparus mais qu'il nous faut retrouver, l'essentiel n'est pas le superflus. Quant a la nature du désir elle s'exprime dans le cadre des besoins fondamentaux , c'est une exigence naturelle certes mais des constructions mentales impulsées par les medias et leurs corteges de pubs (leur fluide vital) est une incitation constante a aller au dela du simple besoins. Le neuro marketing exelle a faire se reculer les frontieres du desir, elle s'appuie sur le pathos des etres et conditionne le logos.
      la contiguité n'est pas la similarité, sauf s'agissant d'un espace sémentique similaire:" ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est semblabe a ce qui est en bas; pour faire les miracles d'une seule chose". Le haut et le bas sont semblabes par leurs états de correspondance selon Hermes Trismegiste, c.à.d entre autre sujet que le monde n'est pas differend du divin... en fait, il y aurait plusieurs niveaux de lecture pour un meme objet de réalite, et, de réalités en apparence differentes procederait une meme réalité.
      "l'écueil à éviter est le retour au statu quo ante, c'est à dire aux visions théologiques, créationnistes du monde. " ces visions sont le fruit d'interprétations litterales, elles sont réductibles du reel. L'unique création a proprement parlé c'est le BIG BANG, c'est la frontiere qui impose la temporalite et donc la succession de changements. Le "théologique" entre en considération dans la mesure ou la complexité apparente et l'emergence de la conscience, qui s'observe elle meme et le monde qui l'entoure, couplée au sentiment d'etre son propre instrument , ne peut etre du au hasard: "Dieu ne joue pas aux dés!".
      Quant a l'intelligence artificielle elle est elle meme une construction chimérique reposant sur l'idée phare de l'analogie au comportement cognitif humain, qu'elle mime. Aussi identique soit elle, elle lui manquera ce supplement d'ame ?. Du point vue nihiliste il n'y aurait point de difference car naitre des hommes-dieux serait le suppletif de l'Homme nait de Dieu... Dieu qui pour eux n'existe pas... la pensée magique dans ce cas prendrait des expressions adaptées a leurs désirs.


      "Les "primitifs" avaient une pensée magique (similarité et contiguïté), reprise par les enfants dans leur apprentissage (pareil, pas pareil, près, loin)".
      Selon le psychiatre Derek Bolton, la pensée magique c'est « l'explication de phénomènes réels par des causes irrationnelles ».... l'experience chamanique n'a rien d'irrationnelle puisque nous jugeons les moyens plutot que le resultat, hors la medecine ,entre autre, procede de la communication d'avec les plantes elle meme qui vehiculent l'information sous forme imaginale. L'empirisme cartesien est exclus du procede, mais le résultat est significatif. Jeremy LARBY a étudié in situ ces experiences et confirme que certaines visions representent des structures ADN sous forme symbolisée, la plante jouant le role de vehicule de l'experience d'introspection.
      MASTER T

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  9. Je suis très septique sur sa démonstration!!
    Tout le vivant est soumis aux lois de la physique-chimie dont celle de la thermodynamique, mais aussi de la gravité et même de la physique quantique.
    Il vient de prouver que la matière qu'elle soit inerte ou vivante est soumise aux mêmes lois physiques... Et oui nous ne sommes que de la matière et c'est un biologiste qui vous le dit!!

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    1. MAIS LA MATIERE EST AUSSI ENERGIE.

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  10. "la mort ne peut expliquer la mort (et je rajouterai que, pour moi, la sélection par la mort ne peut expliquer la vie...)":
    La mort est une transition de phase entre 2 états, cela pour l'explication mécaniste. La mécanique des etats est trop limitée en sois pour etre signifiante de la vie/mort, il y faut rajouter un sens plus aigu, plus subtile qui oblige a integrer le vivant comme le non vivant:
    le joint venture entre vivant et non vivant c'est l'energie en tant qu'onde-corpuscule. La aussi on se réfere a une conception purement mécaniste de l'existant, conception issue de ce qui s'observe, s'experimente sans pour autant suffire a comprendre le sens d'un tel scénario. Il nous faut transcender notre approche et considerer le tableau aussi bien par portion que de maniere holistique...la métaphysique, en cela, avec tous les risques de surinterpretation et de cristallisation du savoir nous invite a faire preuve de prudence en retenant le principe d'incertitude (ne fermer aucun des possibles fondamentalement tout en retenant le plus probable), le principe d'Heisenberg qui postule la non séparation entre le sujet et l'objet observé (valabe en physique quantique mais aussi dans le quotidien de nos rapports sujet/objet). Dans quelle mesure l'état conscient/inconscient , vivant/non vivant, acquis/inné participe t-il de l'existant? Tout n'est il pas réductible a une affaire de nuance comprise dans une dynamique temporelle ou cohabite dans un meme milieu les antinomies naturelles... celle-ci sont l'homeostasie, source dynamique, necessaire a l'évolution des formes et non-formes dont la raison d'etre se doit d'etre découverte.
    Quelle est la logique induite de l'existant, et, a notre échelle qu'est ce qui sépare et participe du libre arbitre et du conditionnement ?. Les philosophes le traduisaient ainsi: "le libre arbitre humain est il compatible avec l'idée que Dieu se fait de l'avenir ?"
    L'eternalisme est la condition en amont des dynamiques exprimées par le temps. Le nombre pi, le nombre d'or sont ils pré existants aux formes c.à.d noumene (non forme initiale) prenant forme et devenant phenomenes. Des lois sont a l'oeuvre dans la constructalite des formes fractalisées, leur entropie et les periodes de chaos qui les caracterise... hors nous nommons ce que nous croyons connaitre et y imprimant nos émois , ainsi le chaos n'est il pas une expression border- line de l'ordre ou dans un domaine tout aussi clivant: les tenebres sont ils veritablement l'absence absolue de lumiere, le vide est il absoluement vide? 2 etats antagonistes ont partie lié, l'un étant malgre tout surdéterminant sémentiquement par rapport a l'autre qui semble alors "dégénéré" par la temporalité. Etant nous meme les sujets percevant et concevant le reel sensible nous sommes prisonnier de nos dimensions cognitives limitantes car elles meme fruit d'une production a la fois temporalisée tout en etant non forme en sois car non temporelle.... ceci reste bien entendue ma conception, ma croyance et donc le pari sur le reel que je formule mais je n'oublie pas qu'il y ait un chef d'orchestre... Dieu ne joue pas aux dés, et le jeu a un sens qui nous échappe jusqu'a un certains point; a mon echelle je pense qu'il nous faut retrouver DIEU en étant sois meme totalement métamorphosé, l'etincelle est de nature identique au feu mais il n'est pas le feu... le feu ici c'est l'AMOUR INCONDITIONNEL, l'ultime sagesse des mystiques.
    MASTER T

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  11. @ Master T

    " Tout n'est il pas réductible a une affaire de nuance comprise dans une dynamique temporelle ou cohabite dans un même milieu les antinomies naturelles... celles-ci sont l'homéostasie, source dynamique, nécessaire à l'évolution des formes et non-formes dont la raison d'être se doit d'être découverte."

    Pour moi le modèle structural prédateur-proie de Thom (catastrophe de fronce) où le prédateur est sa propre proie est holiste: l'être prédateur-proie est plus que la somme de ses deux composantes, c'est le prédateur, la proie ET ce qui les relie. La catastrophe fronce modélise (illustre) très bien la situation du capitalisme actuel: seul face à lui-même depuis l'effondrement du communisme, il est sa propre proie. Situation angoissante que nous subissons en "live". Comment cela va-t-il évoluer? Thom est optimiste: pour lui la catastrophe de fronce est à la base de l'embryologie animale. Le capitalisme va donc muter. Le problème est qu'on ne voit pas encore bien comment. D'autant que nos élites et leur TINA ne nous y ont pas préparé, c'est le moins qu'on puisse dire.

    "Quelle est la logique induite de l'existant?"
    Il est clair que si on veut aborder ainsi le problème il faut abandonner le principe booléen du tiers exclu. Ceci invite à investiguer les logiques modales (Brouwer, Heyting, Kripke), logiques déjà étudiées par Aristote ou à repenser complètement la rationalité, ce que fait Thom en spatialisant la pensée.

    "Libre arbitre"
    J'espère que notre libre-arbitre existe. Mais je suis convaincu que les contraintes qui pèsent sur nous, notre "devoir", est beaucoup plus important qu'on ne croit (caillou dans la chaussure du libéralisme). Et ces contraintes sont dues à la nécessaire stabilité structurelle des dynamiques évolutives (biologiques ou sociales): pour moi la dynamique actuelle est structurellement instable et va exploser (ça va être bien pire que l'effondrement par implosion de l'URSS, cf. Dmitri Orlov).

    " Je pense qu'il nous faut retrouver DIEU en étant sois meme totalement métamorphosé, l'étincelle est de nature identique au feu mais il n'est pas le feu... le feu ici c'est l'AMOUR INCONDITIONNEL, l'ultime sagesse des mystiques."

    Si Dieu il y a je le vois à la façon d'Aristote: "Premier selon la nature, dernier selon la génération".
    Ok pour la phylia aristotélicienne qui pourrait bien être la clé de tout: un véritable couple est plus que la somme de ses composantes, hypothèse holiste rejetée avec la dernière énergie par la "pensée unique" et son homo oeconomicus.

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  12. "Donc l’univers fabrique des ET un peu partout."

    Tout faux. Il fabrique des Aliens partout.
    En effet, l'espèce dominante sur une planète sera toujours le plus grand des prédateurs qui y sont présents, façonné par une évolution de centaines de millions d'années. Et il ne sera certainement pas un distributeur de bisous. Cf. l'homme.

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  13. Ces thèses me font penser irrémédiablement à l'alchimie. En tout cas celle dont parle Patrick Burensteinas.
    Je m'explique, si l'Univers maximise sa dissipation d'énergie alors l'Univers à une conscience => Dieu?
    D'autre part, je rappelle que cette fichue théorie du big bang ne tient que par l'apparition magique de l'énergie noire (dont on ne sait rien, ni même s'il elle existe d'ailleurs) et que par conséquent cette théorie est pour moi un dogme.

    Pour revenir à l'alchimie, de manière grossière, elle vise à trouver l'Unité, c'est à dire annulé tout mouvement donc toute énergie pour revenir à un état indifférencié.
    C'est la où je rejoins M. Roddier.
    Il nous dit bien que l'Univers tend à maximiser la dissipation d'énergie mais il ne nous dit pas quel est le but!
    L'achimiste dit: Le but est de retrouver l'Unité de toute chose.

    Voila je voulais simplement faire le parallèle.


    Voir les videos sur www.rim953.fr/

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  14. "Pour moi le modèle structural prédateur-proie de Thom (catastrophe de fronce) où le prédateur est sa propre proie est holiste: l'être prédateur-proie est plus que la somme de ses deux composantes, c'est le prédateur, la proie ET ce qui les relie."
    Quand le predateur a eliminé toutes les proies de 1er choix, ce qui fut le cas un temps avec la disparition de l'URSS, je conviens que le risque est de facto reporté sur le predateur lui meme qui perd alors l'objet de sa propre culture de predateur, il doit donc se réorienter vers une nouvelle proie qu'il va pour l'occasion construire par le langage comme par des actions voilées. Le prédateur n'existe que parcequ'il y a en face une proie de choix, ici le terrorisme apatride. Toute action engendre une ou des réactions rarement proportionnées: c'est un cercle vicieux institué comme comburant d'une pseudo real politik qui permet de modifier en profondeur le pays souscripteur... au nom de la securite et au détriment des libertés (principe des vases communiquants). Ce qui relie la proie et le prédateur c'est la conflictualité, le désir mortifere d'exister par la destruction de l'autre tout en imposant a sa propre population la thérapie de choc, vendue en l'etat, comme necessite adaptative.

    " ces contraintes sont dues à la nécessaire stabilité structurelle des dynamiques évolutives (biologiques ou sociales): pour moi la dynamique actuelle est structurellement instable et va exploser (ça va être bien pire que l'effondrement par implosion de l'URSS, cf. Dmitri Orlov)."
    Tu as raison, le plus étonnant et le plus complexe est de mesurer le degrés de résilience des faits historiques qui nous concernent. En 2008, j'avais compris, intuitivement d'abord, que cette crise était systémique, qu'elle portait en elle les germes d'une série de seismes bien plus violents que ce que nous avions connus dans l'histoire passée (depression des années 1920). En fait cette crise annoncait au regard des multiples crises passées et compte tenus des lois constructales (spaciales) , de la vélocité de l'information et de son flux exponentiel, que la prochaine allait etre gigantesque. L'entropie n'est pas un long fleuve tranquille, la déliquescence structurelle est sournoise et inéluctable. Tenter de retarder ou d'endiguer ce qui fait source a l'effondrement ne sert qu'a freiner tout en l'amplifiant la future crise; car le paradoxe est que plus on intervient avec les memes raisonnements, plus l'echec va etre retentissant.
    MASTER T partie 1

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  15. "Quelle est la logique induite de l'existant?"
    "Il est clair que si on veut aborder ainsi le problème il faut abandonner le principe booléen du tiers exclu. Ceci invite à investiguer les logiques modales (Brouwer, Heyting, Kripke), logiques déjà étudiées par Aristote ou à repenser complètement la rationalité, ce que fait Thom en spatialisant la pensée."
    Effectivement, personnellement je n'exclue pas "le tiers état ", c'est a dire Dieu dans mes équations (cf entre autre PASCAL.B). La rationalité est discursive et s'appuie sur les projections mentales, l'ensemble reposant sur la memoire. L'inconscient/pathos est l'enveloppe du conscient/logos mais les 2 ensembles sont le VERBE, ils sont langage et leur couple accouche du MOI. Ainsi, je te rejoins quand tu dis que 1 et 1 font 3 (" l'être prédateur-proie est plus que la somme de ses deux composantes, c'est le prédateur, la proie ET ce qui les relie"), en effet, il y a un tiers état particulaire qui est l'EGO, ce prisme du sensible qui intériorise ce qui lui semble trompeusement extérieur a lui meme (cf "le mythe de la caverne" de PLATON).
    RMQ: l'ethos quant a lui constitue le cadre naturel et relativement dynamique ou s'insere le couple logos/pathos, les 3 sont interactifs et non séparables. L'ethos est constitué de memoires: familiale, individuelle et collective.
    MASTER T partie 2

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