mardi 10 décembre 2013

[Autarcie] Claude Bourguignon

Moi je maintiens. A quand la légion d'honneur pour ce Monsieur ?



A titre personnel, ce qu'il faut en retenir : ne jamais enfouir la matière organique, ne pas retourner les sols, haies de feuillus, BRF, composter et composter encore...

L'humus est votre ami.



18 commentaires:

  1. "A quand la légion d'honneur pour ce Monsieur ?"
    Jamais.
    Sarkozy=Hollande=UE=Monsanto=Anti-thèse des Bourguignons.

    Le système a réussi à faire croire que sans engrais et sans pesticides on ne peut pas faire pousser des légumes. Tu n'as pas le droit de planter des légumes non indiqués dans le catalogue Monsanto. Ils sont en train de faire pour le vivant ce qu'ils ont fait pour la finance. Si tu plantes de vieilles variétés de légumes ou d'arbres fruitiers ou de vignes, les femens débarquent chez toi pour tout arracher en hurlant FREEDOM.

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    1. C'est comme le Mérite Agricole.
      Pas près de l'avoir, celle-là...

      Mais sa tombe sera fleurie par des générations et des générations de gens reconnaissants.
      Pas l'ombre d'un doute là-dessus.

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  2. Je n'ai pas le temps de tout visionner !
    s'il vous plait, en deux mot, pourquoi ne pas enfouir les déchets organiques ?

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    1. Parce que trop profond, il n'y a pas d'air. Les déchets ne sont plus dégradés par les champignons et bactéries aérobies pour faire de l'humus et des complexes argilo humiques, mais par les microbes anaérobies. Ils pourrissent en dégageant une forte odeur d'ammoniaque.

      Tu peux enterrer un peu, mais il faut toujours penser qu'il faut que ton déchet organique aie accès à l'air.

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    2. Je t'invite à voir cette vidéo de Philip Forrer "Le Jardin du Graal" http://youtu.be/0jk0h1laL-0

      ça ne lui fait pas peur d'enfuir des déchets organiques ;-)

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  3. Un bémol, il ne faut peut-être pas retourner la matière organique....en cours d'évolution humique, par contre il est plus que recommandé de retourner la terre de temps en temps afin de mélanger les horizons superficiels où cohabitent des acides humiques en milieux plutôt anaérobiques et les acides fulviques qui évoluent plus en conditions aérobiques. Le sol est comme un énorme tube digestif. Les apports organiques doivent, et ne peuvent, être administrés qu'en surface. Si les façons culturales respectent trop le profil, au fil des décennies (par expérience sur plus de trente années de travail à la rotobèche) l'horizon superficiel accuse des taux records de carbone organiques .Cela peut conduire, selon les degrés d'inerties des sols, à des formes d'indigestion se traduisant par des dysfonctionnement entre les facteurs biotiques et des parts importantes de matières organiques sous formes fossilisées. Des labours d'automne superficiels en sols lourds permettent à ces derniers d'harmoniser les proportions entre acides humiques(actions lentes, formes moyennement solubles) et les acides fulviques (formes solubles immédiatement disponibles pour la rhizosphère) tout en exposant à la surface des horizons ayant plus faim de MO. C'est une approche de praticien qui a essayé la permaculture dans des conditions de sols où la proportion des limons dépasse les 60% avec 17% d'argile d'origine de flyschs.
    Il ne faut commettre l'erreur de vouloir transposer systématiquement ce qui marche dans certaines conditions à toutes les autres situations.

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    1. C'est quelle profondeur, les horizons superficiels ?

      Sinon, tu as des conseils pour le terrain en montagne ?
      Parce que le BRF simple n'y marche pas.

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    2. Merci pour ce commentaire qui donne envie de se plonger dans le sujet

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    3. bonjour.
      Eric, un bécarre à votre bémol ...
      d'abord, il est inexact de localiser les acides humiques en milieu anaérobie. Comme les
      trois autres composants de l'humus, donc comme l'humine héritée, l'humine transformée, et les acides fulviques, ils ne se développent qu"en présence d'air.
      Autre erreur, les acides humiques sont solvables dans l'eau comme les fulviques, et donc mobilisables de la même manière. Simplement, les humiques floculent, alors que les fulviques dissolvent ...
      ce qui importe surtout pour la structuration d'un sol, c'est de favoriser des composés humiques de petite taille en sol lourd, donc nourrir les bactéries, ou des composés humiques de grosse taille en sol intermédiaire/léger donc nourrir les vers de terre.
      on favorise les bactérie en désinfectant un sol (plantes médicinales, charbon, etc ..) et en nourrissant les champignons et actinomycètes à base de BRF, on favorise les vers de terre en compostant beaucoup en surface.
      ce qui m'amène donc à ma remarque ... je ne remet nullement en cause vos 30 années de travail et par là d'observations ... il se trouve que je cultive depuis 30 ans également ... ce qui manque dans votre commentaire, c'est la donnée "pluviométrie/lourdeur du sol" ... si votre terrain manque d'eau pluviale une année donnée sur une sous couche dure, alors effectivement votre travail de labour va augmenter la capillarité du sol et partant, faciliter le travail faune/bactérie. dans les autres cas, donc terrain léger ou pluviométrie normale ou excessive, je crains qu'un labour, même superficiel ne soit contre productif ...
      pour moi,deux choses me dictent mon choix entre l'aération superficielle de fin de saison ou le laisser faire ... l'observation des mauvaises herbes : quelle espèce, quel développement, quel type d'enracinement.
      deuxièmement, le comportement de mes légumes feuilles : évasement, tiges cassantes ou pas, type de prédateurs ...
      donc, et depuis que j'habite un coin à pluviométrie normale, pas plus de trois aérations automnales ... sachant que je travaille sur buttes ...

      Sinon, j'ai la chance d'avoir compris tôt dans ma vie de jardinier l'importance des échanges électro-ioniques pour la bonne santé des plantes (et des êtres humains et des animaux d'ailleurs).j'invite chacun des lecteurs à en faire de même ..

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    4. @valuebreak;

      En fait c'est effectivement en zones superficielles qu'évoluent ces différentes fractions des HS, mais les AH et les AF ont des partenaires biotiques qui eux ont des besoins en O2 et en températures légèrement différentes. Le paramètre qu'il y a lieu d'apprécier/mesurer est celui de leur consommation en CH2O. Tout comme pour les AF, l’étude de l’évolution du CH2O des AH confirme l’influence prépondérante de l’aération : CH2O augmente en anaérobiose et diminue en aérobiose. La température est le paramètre suivant en importance. Dans les fractions AH, le pH a une faible
      influence, mais le milieu basique produit plus de CH2O que le milieu acide.
      Enfin pour la fraction non extractible (HU), l’aération est encore le paramètre principal
      de discrimination de la teneur en CH2O qui est plus forte en anaérobiose qu’en aérobiose.L’effet de la température est moins net. En milieu anaérobie, l’alcalinité favorise la formation de CH2O.
      En clair, il est d'un grand intérêt, notamment en conditions climatiques régulées-- comme c'est le cas sous serres-- de permettre aux horizons de participer de temps en temps , et particulièrement en périodes hivernales, à de légères inversions aux titres des températures et de l'oxygénation, voire de l'exposition aux photons. Les règles de polarités électroniques relevant de la bioélectronie de Vincent doivent être indicatives mais à chaque fois dans un contexte où des paramètres intangibles sont à prendre en considération. Entre le souhaitable et le possible, il y a bien des compromis à sélectionner avec prudence. Le BRF est plus indiqué pour des cultures longues comme l'arboriculture fruitière que pour les légumes, surtout en conditions de sols lourds et édaphiquement peu régulables.
      Les partisans inconditionnels du Hors-Sol en maraîchage ne cessent de dénoncer le caractère trop aléatoire à leur goût de la minéralisation des Matières organiques en sol. Et c'est ainsi que dans nos assiettes règnent des légumes sans saveurs. Merci le CTIFL et ses stations expérimentales régionales ânonnant dans cette voie quasi-exclusive !!

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  4. C'est réellement passionnant et le plus impressionnant c'est la densité d'informations utiles et intéressantes qu'il délivre à la minute. Merci à Eric Etchamendy pour sa mise en perspective.

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  5. Ne pas enfouir les déchets car il n'existe aucun champignon anaérobie (qui vive sans air). Donc si tu enfouis tu auras de la putréfaction, mais pas de la saine décomposition.

    A quand la légion d'honneur ? Quand il aura vendu 150000 albums...

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  6. J'aime beaucoup ce qu'il raconte.
    Toutefois, s'il affirme qu'on a 1 myard d'affamés à cause de la révolution verte ... heu ... comment dire ... il peut pas le dire comme ça, puisque "officiellement" du moins, l'humanité n'a été jamais aussi bien nourrie : y a quand même 6 myard qui mangent à leur faim, faut pas l'oublier. Et les épisodes de famine ne sont pas liés directement à la révolution verte, mais aux agrocarburants, spéculation et surpopulation.
    La révolution verte à permis une explosion démographique sans précédent, du moins selon les chiffres officiels.

    Je veux bien qu'on dise que c'est un échec, mais il faut l'expliquer clairement et pas seulement l'affirmer, sinon, c'est pas crédible tel que.

    Peut-être qu'il le dit dans d'autres conférences ? ca m'intéresserais beaucoup de savoir.

    D'autre part, il me semble qu'il explique dans d'autres conférences que l'agriculture moderne fonctionne quand même, y compris en tuant les sols, et même surtout en tuant les sols, parce qu'elle nourrit artificiellement les plantes a l'aide de produits dérivés du pétrole. Et que le rendement par agriculteur mécanisé est décuplé par rapport au rendement par agriculteur manuel, même si le rendement par m2 est bien moindre.

    Ca me semble des aspects essentiels pour expliquer ce qui se passe, et ce qui va se passer (crise des terres arables par surexploitattion et destruction des sols).

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  7. La légion d'honneur est réservée aux escrocs, margoulins, fainéants et parasites.... et bien sur copain des politiques en place.

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  8. Je suis toujours stupéfait par l'érudition d'Eric. D'habitude ses commentaires nous éclairent sur l'Histoire et l'économie. Mais je là constate, avec effarement, qu'il maitrise aussi la pédologie. :)

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    1. Je ne suis pas du tout un érudit, je n'ai qu'un BTS d'horticulture et je suis maraîcher-serriste depuis 1982. Je me pose pas mal de questions, c'est tout.
      Comme en mathématiques, c'est très souvent la façon de poser la question qui constitue un intérêt réel que certains affirment supérieur à la solution qui lui correspond.

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  9. quelqu'un a t il des précisions sur la toxicité des conifères,notamment sur les vers de terre?

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  10. Juste un détail d'importance pour les initiés....
    L'approche bioélectrique du sol ne doit pas oublier de prendre en considération un facteur important, celui de la permittivité des sols. A l'instar du choix des composants des lignes électriques souterraines, pour lesquelles on tient compte de la permittivité du milieu souterrain, les comportements des facteurs biotiques du sol peuvent différer d'un type de sol à un autre. C'est la raison pour laquelle il faut veiller à ne pas trop vite généraliser certaines règles générales.Il est avéré que dans les premiers cms du sol la proportion en Acides Humiques/ Ac Fulviques est plus que sensiblement différente d'avec celle constatée un peu plus profondément. L'aspect architectural ou structural des chaînes moléculaires les plus lourdes est indéniable dans la mesure où le nombre d'accroches électriques y est plus élevé que dans le cas des chaînes plus courtes comme c'est le cas des AF. C'est là qu'interviennent des paradoxes desquels il est difficile de dégager des règles bien établies, du style aérobie ou pas aérobie, c'est plus subtil. Il semblerait que la succession de phases plus ou moins oxygénée soit à la fois nécessaire dans certains cas de sols et de cultures et moindrement dans d'autres cas. L'agressivité phytophage de certains myriapodes semble être corrélée avec des cycles du carbone pas assez accélérés...d'où le hiatus d'avec une structure carbonée trop figée, même sous sa déclinaison d'Humus Stable...
    Ces myriapodes ont également des modes alimentaires nécrophagiques, et par conséquent sont tributaires du dynamisme des facteurs biotiques mycéliens et algues. Ce dynamisme dépend aussi de celle de facteurs moins exigeants en O2, les bactéries. Des conditions trop oxydées sont par conséquent à éviter en sols où ces myriapodes interviennent en nombre comme s'ils étaient des régulateurs électriques dans des conditions de permittivité telles que les remontées d'électrons pourraient être accidentellement contrariées (en années très humides même sous serres des remontées d'eau peuvent participer à l'amplification d'une permittivité liée à l'aspect argileux du sous-sol).
    N'ayant pas le temps de poursuivre, je vous laisse le soin de bien prendre en considération que la règle originelle des sols était celle des forêts avec des cycles du carbone très lents, or l'apparition de l'agriculture ne s'est faite qu'à partir du moment où des informations de la digestion des polygastriques par le biais des litières ont été administrées aux sols cultivés. Il y aurait donc bien une réalité dans la nécessité d'accélérer le cycle du C pour des cultures annuelles ou bisannuelles.

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