jeudi 2 janvier 2014

Citation du jour : Marx parle de la France en 1850

C'était dans la conférence de Michéa postée l'autre jour. Ça mérite un post à part, parce que ça croustille...

C'est surement pas pour rien d'ailleurs que Bel Ami de Maupassant résonne étonnement juste dans notre époque...

L’endettement de l’État était, bien au contraire, d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des Chambres. C’était précisément le déficit de l’État, qui était l’objet même de ses spéculations et le poste principal de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque nouvel emprunt fournissait à l’aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l’État, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables.

Chaque nouvel emprunt était une nouvelle occasion de dévaliser le public qui place ses capitaux en rentes sur l’État, au moyen d’opérations de Bourse, au secret desquelles gouvernement et majorité de la Chambre étaient initiés. En général, l’instabilité du crédit public et la connaissance des secrets d’État permettaient aux banquiers, ainsi qu’à leurs affiliés dans les Chambres et sur le trône, de provoquer dans le cours des valeurs publiques des fluctuations insolites et brusques dont le résultat constant ne pouvait être que la ruine d’une masse de petits capitalistes et l’enrichissement fabuleusement rapide des grands spéculateurs.

Pendant que l’aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l’État, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l’opinion publique par la force des faits et par la presse, dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu’au café borgne se reproduisait la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s’enrichir, non point par la production, mais par l’escamotage de la richesse d’autrui déjà existante. C’est notamment aux sommets de la société bourgeoise que l’assouvissement des convoitises les plus malsaines et les plus déréglées se déchaînait, et entrait à chaque instant en conflit avec les lois bourgeoises elles-mêmes, car c’est là où la jouissance devient crapuleuse, là où l’or, la boue et le sang s’entremêlent que tout naturellement la richesse provenant du jeu cherche sa satisfaction. L’aristocratie financière, dans son mode de gain comme dans ses jouissances, n’est pas autre chose que la résurrection du lumpen-prolétariat dans les sommets de la société bourgeoise.

9 commentaires:

  1. Monsieur Jean-Claude MICHEA, siouplait !

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  2. ce genre de raisonnement n'est que parcellaire et donc faux. faire croire que tout est piloté par une minorité bourgeoise contre l'état impuissant ( forcément )est DéLIRANT. ce ne sont pas les bourgeois qui forcent les gouvernements à endetter le peuple privé au profit du peuple public pour payer les retraites honteuses de ceux-ci qu'ils ne savent pas financer tout seul alors que le privé n'y arrive déja pas pour sa prope retraite. c'est un exemple parmi tant d'autres qui prouve que vous avez tort. l'état est beaucoup plus responsable de son propre sort que ce que vous voulez bien en dire. ce ne sont pas les bourgeois qui forcent au mariage gay contre son peuple, ce ne sont pas les bourgeois qui font la loi duflot.etc etc etc etc. Pour tout ce que fait l'état vous trouverez au moins autant de bourgeois qui sont pour (les bobos) que de bourgeois qui sont contre (bourgeois normal). dire que les bourgeois sont une entité homogène en faux). et l'état bisounours contre les vilains bourgeois, ca n'existe pas non plus.
    je vous rappelle que tout le foin que font les imbéciles autour de la loi de 73 qui obligerait le gentil état a emprunter avec intérets aux méchantes banques ( bourgeoises ?)est une mystification totale de cerveaux malades car il a été clairement prouvé que c'est faux. (faites des recherches internet sur le sujet pour en finir avec cette légende). plutôt que de croire des conspirationnistes.

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    1. On voit que nous n'avez pas compris le parallèle historique.

      A l'époque de Marx on parlait des "bourgeois".

      Aujourd'hui, ce sont les planqués, les mafieux du gang pseudo public.

      Les appellations changent, le concept demeure identique : une oligarchie qui nous marche sur la gueule, et qui utilisent des clientèles et des kapos.

      Ce modèle de société.... est vieux comme le monde.

      Rien de neuf sous le soleil.

      Ca s'appliquait en 1789, au 19ème, et aujourd'hui.

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    2. Désolé, il n y a pas d'arguments dans votre long texte, seulement des affirmations. Personne n'a démontré qui est responsable de l'endettement.
      Quand à critique de la loi de 1973 personne n'a démontré qu'elle est délirante et conspirationniste. Je dis bien personne.
      Peut-être êtes-vous au moins d'accord sur la première partie du billet : la debtocratie. On commence par endetter, ensuite on réduit en esclavage.
      Il faut juste rappeler ici que lorsque la France eut remboursé sa dette après la guerre, le Général de Gaulle dit alors que la France venait de retrouver sa souveraineté.

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  3. Frédéric Bastiat répond, à l'époque, à ce constat indéniable.

    Les communistes proposent de subdtituer une spoliation à une autre.

    La seule solution est solution libérale sans quoi, dés lors que l'Etat intervient dans l'économie, il se trouvera une groupe constitué (bourgeois, fonctionnaire, syndicaliste, ...) pour capter le pouvoir et l'utiliser à son profit.

    Chaque groupe cherchant alors à luter pour le pouvoir.

    C'est incroyable qu'il faille expliquer à un nain que l'anneau doive être détruit car jamais il ne se trouvera un porteur assez vertueux.

    SJA

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    1. "C'est incroyable qu'il faille expliquer à un nain que l'anneau doive être détruit car jamais il ne se trouvera un porteur assez vertueux."

      C'est superbement dit :D

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    2. Laisser le pouvoir dans les mains des entreprises privées est le pire des systèmes.

      A part, peut-être, laisser le pouvoir dans les mains des hommes politiques.

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    3. Léducation dans les mains de Peillon ou la justice dans celles de Taubira...

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    4. @ 08:26
      Je pense qu'une façon de détruire l'anneau consiste à adopter une attitude lamarckienne: "je veux, je dois, je peux" dans cet ordre. Le désir (la demande) d'abord ("je veux"), les contraintes ensuite ("je dois"), le pouvoir (l'offre) enfin ("je peux"): dans une perspective lamarckienne le pouvoir n'a pas du tout la même signification que dans une perspective darwinienne...

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