vendredi 3 janvier 2014

L'obsession des libéraux pour le travail du dimanche

J'écoutais l'émission des experts de ce matin, avec une contradiction croustillante d'Olivier Berruyer aux hourras des autres gusses du plateau sur l'ouverture des magasins le dimanche...

Les experts
BEM Business, Les Experts Nicolas Doze, 03/01/2014 (en Français texte en français )
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Ce qu'il dit est du bon sens absolu. Il est évident que dans un monde équilibré, la distribution est un coût de gestion du système, et non un revenu. Distribuer la production aux citoyens ne crée pas les richesses distribuées.

Si vous ouvriez une usine un jour de plus par semaine, là effectivement, je veux bien en discuter. Mais un magasin... C'est ridicule...

La réalité, c'est que les gens qui raisonnent création de richesses sur des horaires d'ouverture de magasins sont des groucho financiers. Ce genre d'escrocs de la finance totalitaire moderne, au pouvoir depuis 30 ans, qui sous entendent en réalité (sans jamais l'expliciter ouvertement) que la production de richesse, c'est de la production de dette (et donc de toujours plus d'esclavage). Ainsi, un magasin ouvert plus longtemps, c'est plus d'achat de produits chinois qu'on paye pas, c'est plus de crédit à la conso, etc etc...

Ce genre de raisonnements, c'est pour les escrocs de la kleptocratie qui savent très bien ce qu'ils font.

Quant aux autres, aux libéraux quasi religieux un peu niais, qui ne comprennent pas quels sont les vrais enjeux derrière, ils me font quand même pas mal penser à la fine équipe des encyclopédistes voltairiens qui cachaient fort mal leur mépris du petit peuple, et à leur champion Turgot, qui par sa loi de libéralisation des prix du pain, a fortement contribué à déclencher la révolution... Notez au passage, que déjà à l'époque, la kleptocratie "éclairée" voulait supprimer le congé du dimanche pour les gueux (je vous renvoie à Marion Sigaut pour les citations), et qu'ils l'ont un peu obtenue avec leur calendrier révolutionnaire qui ne mettait plus qu'un dimanche tous les 10 jours...

Et une fois encore, ce sont les petites gens du privé qui vont morfler. Car le chiffre d'affaire n'augmentant pas à proportion de la durée d'ouverture, comment arriver à me faire croire que les salaires horaires des vendeurs de ces magasins ne vont pas baisser ? En plus de bosser le dimanche ?

Ce sont là des problèmes évidents de clarté. Et pourtant, c'est sacrilège de les soulever. Et une fois encore, les "libéraux" sont en guerre contre le petit peuple décent ouvrieux, alors qu'il y a pourtant tant à dénoncer du côté des rentes étatiques. Mais bon... Ils jouissent, ils jubilent. Ils ont eu leur livre de chair...

'Foirés !


En complément :
Les Clefs pour Comprendre du Jeudi 2 Janvier 2014 :  Interrogez vous sur la raison qui pousse les Anglo-Saxons à désigner l’activité financière comme une industrie! Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 02/01/2014 (en Français texte en français )
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En quoi la manipulation de signes serait elle autre chose qu’une activité magique dont le sens et le but final sont la transposition de l’exploitation et de la domination par une classe de grands prêtres. L’industrie dite financière, ce que l’on a usage d’appelez industrie, sert à produire un ordre social et des classes dominantes dont le Projet est de supplanter les anciennes classes dominantes fondées sur:

   1 ) la production.
   2) l’idée de nation.
   3) la mobilité sociale.

L’industrie financière, j’y reviendrai, ne produit qu’une chose: un nouvel ordre du monde. Ce n’est pas un hasard si cela est perçu sous une forme vulgaire -qui ne comporte qu’une part de vérité- comme une industrie productrice d’inégalités: On fait semblant de croire que ce n’est qu’une conséquence annexe, alors qu’en réalité la soi disant industrie financière est fonctionnellement, systémiquement orientée vers cette production organique d’inégalités. La finance, produit de l’ordre social, de l’inégalité sociale, elle accélère ce que j’appelle le développement inégal. Aux uns l’excellence et ils raflent toutes les mises, et aux autres, la relégation et ils sont les laissés pour compte. Le concept d’inégalités doit être élargi et doit englober tout ce qui constitue le développement inégal. Cela inclut l’accès au savoir, au pouvoir, au sens de la vie, aux richesses, au progrès etc. En ce sens cette production d’inégalités est une production de forces destructrices de la démocratie.

En quoi la manipulation de ce qui ne constitue qu’un ensemble de représentations serait elle une industrie? Ce n’est une industrie que dans le cadre d’une religion dont les financiers sont les grands prêtres, dont ils gèrent les mystères et la complexité et à ce titre ils sont comme les magiciens et faux prophètes qui exploitent la crédulité des peuples. La gestion des mystères , de tous temps, a permis à ceux qui s’en prétendaient les oracles, de s’octroyer le surproduit de la société, ce que Bataille appelle la part maudite. Laquelle part maudite sert à financer le luxe, le gaspillage!

33 commentaires:

  1. Un grand moment cette émission de ce matin...Sublime.
    Notre technocrate européenne qui fait passer Olivier pour un réac'... les masques tombent!
    Et notre pauvre petit entrepreneur au milieu qui comptait les points.
    La france va mal, et personne n'en voit l'issue sur ce média mainstream.

    PS: Les insiders, accrochez vous à votre taf, cela va secouer sévère ces dix prochaines années ;-(

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    1. Parfaitement d'accord, une émission à conserver. Une parfaite démonstration de la bêtise des dirigents qui nous gouvernent.
      Bravo M. Berruyer !

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    2. Pauvre Sylvie Goulard, vivement que tous ces technocrates retournent dans les oubliettes d'où ils n'auraient jamais du sortir. j'ai bien aimé le passage sur la viabilité économique de l'€ : l'avis des économistes on s'en fout, c'est un projet politique !

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  2. Je suis dubitatif. Penser que l'ouverture le dimanche ne permet pas d'augmenter le chiffre d'affaire mais l'étale sur 7 jours au lieu de 6 est pour moi un non sens. Le même qui a conduit à décréter que les 35 heures allaient créer de l'emploi.

    Raisonnons pas l'absurde : pourquoi ne pas ouvrir que 2 jours par semaine dans ce cas ?

    Écoutons plutôt les commerçants et les entrepreneurs : le CA augmente proportionnellement aux jours d'ouverture. C'est logique. Berruyer pense (et dit) que la consommation ne se fait que par nécessité, que celui qui ne peut acheter ses boulons, sa peinture ou ses outils le dimanche l’achètera nécessairement le samedi suivant. C'est faux, évidemment. Et c'est une bien pauvre contre-vérité de la part de quelqu'un qui apporte son expertise dans des débats économiques.

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    1. La capacité de consommer est limitée par le pouvoir d'achat (ie solvabilité) des clients. Ouvrir un jour de plus ou de moins ne change pas la demande globale. Si Auchan ouvre le dimanche et que maintenant vous faites vos courses le dimanche au lieu du samedi, le CA d'Auchan augmente-t-il pour autant ?

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    2. Tes évidences n'en sont absolument pas.
      Moi si j'ai besoin de boulons ou d'outils, effectivement je vais attendre l'ouverture du magasin pour aller en acheter.
      Le CA peut en effet augmenter si il y a un jour de plus d'ouverture, mais pour ça le consommateur doit puiser un peu plus dans son épargne ou en crédit à la consommation.

      C'est le mal d'aujourd'hui : croire qu'on va pouvoir faire toujours plus de croissance avec plus d'endettement.

      Quand on veut dénoncer des contre-vérités, il faut apporter des arguments et pas seulement affirmer les choses de façon péremptoire.

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    3. Mais si, dans la distribution tu fais de la croissance quand tu réduis le coût du service. Cf quand Leclerc est arrivé avec ses supermarchés face aux épiceries.

      Là, avec l'ouverture du dimanche, tu vas juste rendre le même service plus cher, car plus dilué, à chiffre d'affaire égal.

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    4. Tout à fait Will.
      Même si je suis personnellement contre ces modes de consommation, dans ce cas c'est l'offre qui crée la demande.
      C'est comme ces fichus tablettes: Apple a crée le besoin en produisant son I-pad.
      Tout le monde vivait très bien sans ça, mais aujourd'hui ce qui était totalement inutile (inexistant) est devenu rigoureusement indispensable (Bonaldi trademark).

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    5. "c'est l'offre qui crée la demande."
      C'est, je crois, la loi de Say, l'un des canons du libéralisme. L'offre qui crée la demande c'est l'organe qui crée la fonction. Pour un lamarckien c'est le monde à l'envers (c'est même un pur non sens).

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  3. Un magasin ouvert le dimanche, ce peut être pratique.
    Moins de criculation, moins de file à la caisse, etc

    Par contre, ne risque t'on pas de devoir aussi livrer les fournitures le dimanche
    puis ensuite de devoir aussi les produire un dimanche etc ...

    Le risque est que nous travaillions tous le dimanche.

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    1. "Le risque est que nous travaillions tous le dimanche."

      Dommage que notre cher philosophe Jésus ait perdu de son influence, noyé par le reste de son oeuvre, car il a dit : "ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne le fais pas à autrui".

      C'est devenu une règle d'or de l’athéisme ...

      Quelque part, ne devrait être autorisé à faire ses courses le dimanche que ceux qui travaillent eux même le dimanche => on se mort la queue !

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  4. putain , consommez , consommez ,le dictat même le dimanche ...
    Personnellement ,le dimanche c'est pour se balader ,pour rêver, pour glander,pour aimer , certainement pas pour consommer!!

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  5. Celui qui refuse de travailler le dimanche, ou la nuit, ou les jours fériés ou pour rien est un nazi ;o)

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  6. « Ce qu'il dit est du bon sens absolu. Il est évident que dans un monde équilibré, la distribution est un coût de gestion du système, et non un revenu. Distribuer la production aux citoyens ne crée pas les richesses distribuées.

    Si vous ouvriez une usine un jour de plus par semaine, là effectivement, je veux bien en discuter. Mais un magasin... C'est ridicule... »

    Désolé mais ce raisonnement est un raisonnement Marxiste et donc faux.

    Il n’y a pas d’un côté des producteurs, d’un côté des distributeurs. Il n’y a que des êtres humains qui se rendent des services. Pour avoirc un tournevis chez moi il me faut payer, entre autres, les services suivants :
    Extraction du minerai de fer,
    Transport du minerai,
    Transformation du minerai en alliage,
    Transport de l’alliage,
    Assemblage du tournevis,
    Nouveau transport,
    Conditionnement,
    Nouveau transport,
    Mise à disposition du consommateur.

    Le progrès, la création de richesse s’opère dès qu’un échelon est supprimé ou amélioré.

    Et ce n’est pas parce que c’est le seul échelon final qui est amélioré (mise à disposition du consommateur) qu’il ‘y a pas création de richesse et progrès.

    Berruyer est un kénésien. Il ne comprend pas que l’objectif de l’économie est de supprimer les obstacles qui se dressent entre l’homme et les biens qui permettent d’assouvir ses besoins.

    Il croit qu’ajouter un obstacle entre l’homme et un bien (ex : interdiction de la distribution le dimanche) est sans incidence sur l’économie. Il se trompe.

    SJA

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    1. Entierement d accord, les bouquins de Berruyer (comme ses analyses) sont consternants sur certains points (notamment il n a pas compris que "le travail ne se partage pas"). Il cite regulierement sur son blog M. Allais: c est de l enfumage, Berruyer est un socialo keneysien pur sucre et le fait de passer de temps en temps aux experts, lui donne la grosse tete (lire pour cela ses commentaires sur les autres participants de l emission a laquelle il a participé).

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    2. @ 17:09
      "Désolé mais ce raisonnement est un raisonnement Marxiste"
      Pour moi ce raisonnement est un raisonnement lamarckien (cf. mon commentaire plus haut).

      "et donc faux".
      Il est vrai que le lamarckisme était dogme d'état sous Staline (et que le néo-darwinisme était dogme d'état sous Hitler). Mais le lamarckisme ne se confond pas avec le marxisme; ses racines remontent, en Occident, au moins à Aristote (http://fr.wikipedia.org/wiki/Finalisme).

      Je répète une fois de plus que pour moi c'est le lamarckisme qui est "de bon sens". Pour une simple question de logistique: la fonction (la demande, le désir) d'abord (un but, un cahier des charges), l'organe (l'offre), l'organisation, ensuite, pour faire fonctionner le truc, pour atteindre le but. Les buts de la nature (si elle en a!) sont à ma connaissance inconnus. Mais dans la vie de tous les jours on passe son temps à se fixer des buts (par exemple aller sur la lune) et à s'organiser pour les atteindre: c'est donc bien, dans la vie de tous les jours, la demande qui crée l'offre, la fonction qui crée l'organe. Il est très étonnant pour moi que ce ne soit pas le cas en politique et en économie. En politique il suffit de relire notre constitution (et pas que la nôtre) pour voir que la structure (l'organisation) de l'état précède la fonction (constitution de type militaire -titre II: du président de la république...). Et en économie libérale c'est l'offre/organe qui crée la demande/fonction (loi de Say).
      Je pense que le rôle des politiciens est de proposer à la société des buts à atteindre, la société s'organisant alors politiquement et économiquement pour les atteindre. On en est actuellement très loin...


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    3. Je continue. Je défends le point de vue que refuser le finalisme conduit à accepter (pour notre plus grand malheur) l'ordre établi/imposé a priori. Il est en effet facile à faire gober au pays de Descartes (grâce à Peillon et prédécesseurs, merci) que l'effet ne peut précéder la cause. Mais pour que la construction intellectuelle tienne quand il s'agit de l'organisation sociale il faut nécessairement remonter à la cause première. La cause première divine a été chassée de l'organisation sociale à la révolution. Mais l'idée de chef, de représentant de cette cause première, est, faute de mieux sans doute dans l'urgence, restée: les dirigeants du monde actuel sont pour moi des ersatzs de Dieu, des canards sans tête, des capitaines de pédalos qui errent sans but dans la tempête qui se lève.

      On reproche au lamarckisme de flirter avec le finalisme et donc avec le dessein intelligent associé quasi-pavloviquement (je n'ai jamais compris pourquoi) au créationnisme. Je pense que le finalisme/lamarckisme est tout à fait viable intellectuellement si on admet (mon cas) que nous pensons comme nous sommes. L'espèce humaine a réussi à transférer au cérébral un pouvoir de réflexion que des espèces "inférieures" ne possèdent qu'au niveau génétique. Mais ce pouvoir de réflexion, qu'il soit cérébral ou seulement génétique permet de réfléchir(!) c'est-à-dire justement d'inverser (comme un miroir) la relation de cause à effet. Adam a réfléchi avec son cerveau pour inventer et bricoler l'échelle qui a permis à Eve de cueillir la pomme comme la pré-girafe (j'ai oublié le nom savant) a réfléchi avec ses gènes pour devenir girafe et brouter les feuilles hautes: Adam comme la girafe sont capables d'avoir des desseins intelligents! Ce travail de réflexion "dans le but de", c'est ce que nous faisons tous les jours en amateurs et ce que font les logisticiens en professionnels; ça ne se fait pas tout seul, il faut être inventif, il faut trouver des solutions pour atteindre le but fixé. Pour l'ex-matheux que je suis, la différence entre aller de la cause à l'effet vs remonter de l'effet à la cause est analogue à calculer y=f(x) connaissant f et x vs résoudre l'équation y=f(x), y donné, x inconnu. Autrement et plus généralement dit: la recherche des moyens permettant d'arriver à une fin est exactement la recherche des causes pouvant produire un effet donné.

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    4. Super, vive l'Etat grand ordonnateur et vive la planification très efficiente à la Soviétique. Cela fait rêver...La loi de Say se vérifie tous les jours. La création d'une offre, de services, ou de produits créer sa propre demande. Ce n'est pas la demande qui génère l'offre sinon à quoi sert l'innovation. Lorsque l'offre est très innovante voire révolutionnaire, alors nous avons la "création destructrice" de Schumpeter. Il ne faut pas confondre le capitalisme de connivence dénoncé par de nombreux libéraux et le le libéralisme économique. Si Berruyer cite Maurice Allais, c'est que ce dernier, libéral et prix Nobel d'économie avait compris le rôle de la monnaie mais surtout du crédit. Dans les néo-keynésiens, Steve Keen a fait une excellente synthèse des deux courants et ses modèles inclus la monnaie, les banques et la création de crédit. A lire ou relire: Capitalisme, socialisme et démocratie de Schumpeter.

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    5. @ Martin T.

      On a du mal à savoir qui a commencé, de l'oeuf et de la poule (ce qui donne envie de supprimer le problème en disant que c'est comme ça de toute éternité, thèse défendue avec panache par le philosophe italien Emanuele Severino). De même il est clair que si on s'est organisé dans un but donné, on peut (et on le fait par paresse, par application du principe de moindre action) réutiliser la même organisation à d'autres fins. En biologie le débat date au moins du XIXème siècle avec Cuvier (fonctionnaliste) et Geoffroy Saint Hilaire (structuraliste). Le choix structure/fonction ne peut sans doute être fait qu'au niveau métaphysique. Il en va sans doute de même pour le choix libéralisme/collectivisme.

      En ce qui me concerne je refuse les dogmes de la main invisible d'Adam Smith, de la création destructrice de Schumpeter, etc., qui, à mes yeux, cachent une profonde indigence intellectuelle (mais qu'utilisent consciencieusement nos capitaines de pédalos).
      Pour terminer, et en réponse à votre commentaire que je considère comme peu amène, je pense que Charles Gave récite son bréviaire libéral avec beaucoup plus de talent que vous.
      po

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    6. @ Martin T.

      Merci pour la référence à "Capitalisme, socialisme et démocratie" de Schumpeter, dispo sur le net. L'extrait suivant de l'avertissement iminaire ldu traducteur Gaël Fain me met l'eau à la bouche:
      "La deuxième et la troisième parties : « Le capitalisme peut-il survivre? » et « Le
      socialisme peut-il fonctionner? » dans lesquelles Schumpeter expose sa thèse fonda-
      mentale, étayée par une imposante argumentation sociologique, économique et histo-
      rique, constituent, de toute évidence, le cœur même de l'ouvrage. Ces quinze chapitres forment, en réalité, un tout complet dans lequel le grand libéral que fut Schumpeter a été conduit à prédire à contre-cœur la disparition du régime de l'initiative privée et à prévoir l'avènement d'un régime de centralisation socialiste qui, à n'en pas douter et comme le confirment d'ailleurs discrètement plusieurs passages de son livre, lui répugnait profondément et, pour ainsi dire, congénitalement. (Néanmoins Schumpeter n'avait pas renoncé à tout espoir d'une survivance du capitalisme, disons pendant un demi-siècle ou davantage, tout au moins aux États-Unis)."

      Je ne connais Allais que par quelques courts extraits lus sur le blog de Berruyer: ce qu'il dit me semble d'un grand bon sens. Par contre je ne le suis pas du tout lorsqu'il essaye de plaquer (comme Debreu) une "certaine mathématique" sur la "réalité économique": pour moi (c'est l'ex-matheux qui parle) l'économie est une science d'abord humaine et je suis convaincu que la "certaine mathématique" développée depuis Newton est de très peu d'intérêt, voire nuisible, à la compréhension des phénomènes économiques et à l'éventuelle formulation de "lois" économiques.

      PS: je vous présente mes excuses pour le dernier paragraphe de 14:50.

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  7. Exactement, Tonio, c'est comme le changement d'heure, cela fait des économies pour certains puisque l'heure la plus économique, c'est le midi du soleil, mais c'est trop difficile à expliquer et donc à comprendre.

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  8. Et si on adoptait le modèle allemand ? Le dimanche tout est fermé là bas et pourtant elle (l'économie) tourne.
    Personnellement je ne vais pas dans les magasins le dimanche, 1°) par principe, 2°) parce que j'ai mieux à faire.
    le problème c'est que les veaux, 80% de la population ne demande pas mieux que d'aller perdre sa vie dans les magasins, même sans rien acheter. c'est la sortie dominicale entre variétés, macdo, et allocations. et quelque part tant mieux, tant qu'ils seront à pousser un caddie ils n'emmerderont pas leurs voisins.
    débrouillez vous pour être dans les 20 %, de toutes façon ce pays est foutu.

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  9. 1-On autorise le travail le dimanche, avec une majoration pecuniere, a quelques magasins ;
    2- On autorise le travail le dimanche, avec majoration, a tous les magasins.
    3- On legalise le travail le dimanche, sans compensation, puisque tout le monde accepte sur le principe de travailler le dimanche
    4- On arrive au but recherché : plus de jour specifique, plus de jour religieux, plus de vie familiale,
    Prochaine etape : le travail de nuit

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    1. Les aficionados du travail du dimanche nous rabachent sans cesse l'histoire du volontariat.

      Il faudrait rappeler à ces gens qu'en Droit ce qui qualifie un contrat de travail c'est le lien de subordination (pouvoir de direction / contrôle / sanction - Cass, soc, 13 novembre 1996, 94-13.187) : l'employeur ordonne le salarié éxécute.

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  10. L'ouverture des magasins le dimanche pour moi c'est la liberté.
    La liberté d'y aller à un autre moment que le samedi, quand tout le monde y va.
    Je pourrai peut etre y aller en semaine mais entre mes petites que je laisse à 7h30 le matin, les reunions et le sport le midi et les trajets avec embouteillages le soir pour recuperer mes filles... Les journees sont deja longues a mon gout.

    Ah oui j'allais oublier que depuis 4 mois je retape mon appartement le samedi car pour rappel on ne peut ni acheter ni faire de travaux le dimanche alors heureusement que mon pere m'achete les materiaux (platre,carrelage,outils...) la semaine.L'ouverture des magasins le dimanche pour moi c'est la liberté.
    La liberté d'y aller à un autre moment que le samedi, quand tout le monde y va.
    Je pourrai peut etre y aller en semaine mais entre mes petites que je laisse à 7h30 le matin, les reunions et le sport le midi et les trajets avec embouteillages le soir pour recuperer mes filles... Les journees sont deja longues a mon gout.

    Ah oui j'allais oublier que depuis 4 mois je retape mon appartement le samedi car pour rappel on ne peut ni acheter ni faire de travaux le dimanche alors heureusement que mon pere m'achete les materiaux (platre,carrelage,outils...) la semaine

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    1. La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Les salariés seront-ils libres de ne pas travailler le dimanche s'ils n'ont pas envie ?

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  11. La fin du débat est surréaliste et dégoulinant de pensée unique. En résumé (à peine exagéré) :

    "On ira ensemble vers le fédéralisme européen. Et personne, je dis bien personne ne pourra s'y opposer !"

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    1. @ 7:51
      "fédéralisme européen". Pour moi le fédéralisme que tente de nous vendre Bruxelles est en fait un impérialisme.
      Perso je suis pour un "vrai" fédéralisme, un fédéralisme qui démarre de la base, des voisins. Et donc pour une organisation politique qui encourage (sans imposer!) ce fédéralisme de base (genre ce que font les agriculteurs avec les GAEC). L'objectif lointain est pour moi une organisation sociale anarchique (sans chef, je n'ai pas le culte du chef...), genre abbaye de Thélème et le fédéralisme me semble une étape obligée. Mais bien entendu le "système" est vent de bout contre cette idée de "vrai" fédéralisme: l'homo-économicus est un atome du "système" qui doit le rester, en application de l'inusable principe du "diviser pour régner".

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    2. @ 07:51
      Côté dégoulinant c'est pas mal aussi: http://www.les-crises.fr/les-propositions-des-eveques/

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    3. Ces évêques ne sont pas représentatifs de la France catholique.
      La "bête" sortira de l'empire romain reconstitué (=l'UE).

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    4. "Ces évêques ne sont pas représentatifs de la France catholique"
      Comme les députés et sénateurs ne sont pas représentatifs de la France tout court!

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  12. A propos du papier de Bertez: "En quoi la manipulation de signes serait elle autre chose qu’une activité magique dont le sens et le but final sont la transposition de l’exploitation et de la domination par une classe de grands prêtres."

    Et ça marche (pourvou qué ça doure dirait la mère de Napoléon) pour la classe de grands prêtres parce qu'ils ont un but et qu'ils s'organisent pour le réaliser: Ils sont lamarckiens alors qu'ils nous expliquent à longueur de journée que la loi de la nature est le "struggle for life" darwinien!

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  13. Intéressant que tu cites le temps de travail ouvré, car c'est un des champ de bataille que veut ouvrir les financiers...

    http://www.stratfor.com/analysis/geopolitics-gregorian-calendar

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