jeudi 13 février 2014

Bruno Bertez : Le pouvoir est toujours celui de tracer des équivalences,… plus ou moins fausses

Je remplacerais fasciste par totalitaire, mais sinon, l'analyse est juste...

Politique Friction du Mercredi 12 Février 2014: Le pouvoir est toujours celui de tracer des équivalences,… plus ou moins fausses Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 13/02/2014 (en Français texte en français )
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Nous avons, il y a quelques mois, produit un texte qui traitait de façon plutôt économique et monétaire de la question des « équivalences ». Nous soutenions que c’est une caractéristique de la domination des pouvoirs que d’imposer comme équivalentes des choses qui ne le sont pas.

   http://leblogalupus.com/2012/12/03/ledito-du-lundi-3-decembre-2012-lor-horizon-des-monnaies-par-bruno-bertez/
   http://leblogalupus.com/2012/12/08/les-clefs-pour-comprendre-du-samedi-8-decembre-2012-la-convergence-a-a-voir-avec-lequivalence-par-bruno-bertez/

En politique, l’équivalence reine, celle qui est organisatrice de nos sociétés, c’est l’égalité, un homme en vaut un autre. Une voix en vaut une autre, c’est en ce sens que les démocraties sont structurellement, par construction, égalitaristes. La dérive a consisté à faire glisser l’équivalence politique à tous les domaines. On a favorisé, par démagogie, l’envahissement de l’égalitarisme à toutes les sphères de la société.



L’égalitarisme dont il est question en ce moment, celui qui nie les différences entre les êtres humains et veut les réduire à un être abstrait universel, sans détermination aucune, est un pur projet politique d’inspiration fasciste. Il s’agit de réduire l’être humain, l’individu, à une partie de lui-même, la partie citoyenne. On fait éclater l’individu et on n’en retient qu’une partie. Notez bien, dans « leurs » raisonnements, on aboutit toujours au citoyen, c’est leur opérateur, leur unité de raisonnement, leur molécule constitutive du système qu’ils veulent imposer.



Pourquoi ne vouloir avoir en face de soi que des citoyens réduits à des abstractions? Citoyens pures pages vierges, programmes vides n’attendant que le chargement? Pour des raisons de transmission. Le problème majeur des Maîtres, c’est la transmission, ce concept est au centre de la crise, au centre des actions qu’ « ils » entendent mener. Ils décident et, pour que cela marche, ils ont besoin de courroie de transmission, ils ont besoin de transmettre leurs ordres, leurs impulsions et que « cela » réagisse comme « ils » le souhaitent, comme le modèle qu’ils utilisent le prévoit. Il faut dans ce contexte que vous abandonniez votre épaisseur, qui déforme leurs stimuli, qui les affaiblit, qui s’y oppose par le principe de l’action et de la réaction, il faut que le modèle gagne et que vous soyez vaincus, matés.

La volonté d’extension est fasciste car elle s’exerce par le biais de l’esprit de sacrifice: vous devez abandonner vos déterminations au profit, au nom d’un objectif, d’un idéal, dont eux, je dis bien eux, sont détenteurs. Du temps de Hitler, c’était le réarmement pour conquérir l’espace de l’Est et parler d’égal à égal avec l’hégémon, les États-Unis, maintenant c’est le sacrifice pour construire l’espace vital des pays du Nord de l’Europe dissimulés derrière le faux nez de l’Union Européenne. Car il est maintenant évident que ce que l’on construit, c’est une Europe hiérarchisée, colonisée, domptée, vidée de ses déterminations historiques méditerranéennes entre autres.

La réduction des individus à de purs esprits citoyens est un moyen, bien sûr, pas une fin pour aller dans cette direction. Ce n’est pas un choix, c’est le système aveugle, mais omniscient, de ce qui lui est bon, c’est le système qui y conduit inexorablement.



Le fameux « plus jamais cela », qui est le principe de base de la propagande Hitlero-Pays du nord et des Collaborateurs locaux, a été mis en place pour cela. On a joué sur un ressort, la peur, l’horreur de la guerre, pour dire aux gens implicitement bien sûr: vous devez cesser d’être ce que vous croyez que vous êtes, vous devez abandonner tout désir de spécificité et d’identité, c’est le maintien des identités qui est à l’origine de la guerre. Ce qui est faux, archi-faux. Les guerres mondiales n’ont absolument pas été des chocs de nationalismes, mais des chocs de recherche d’hégémonies dans le cadre d’une globalisation économique et financière voulue par les Maîtres. En particulier la guerre de 1914 s’explique mieux par la rivalité entre l’Allemagne de l’imbécile Guillaume II et la Grande-Bretagne pour l’hégémonie maritime et le contrôle des mers. Les Anglais, acteurs clefs, ont été motivés par le refus de ce défi. Nous vous conseillons de lire de bons ouvrages d’histoire, pas ceux de la République Française, sur la période 1850-1914.

[Disco : cf Baghdad Bahn

"Le chemin de fer de Bagdad joue un rôle prédominant dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale."

"À ce titre, le chemin de fer de Bagdad joue un rôle majeur dans la stratégie allemande, car il lui permet de s’affranchir des importations de pétrole américain et de s’approvisionner malgré le blocus maritime."]



Les Maîtres essaient de nous vendre une « ragougnasse » philosophique sur l’universel avec la complicité de grands théoriciens marxistes comme Alain Badiou. Selon ces gens, le Projet de l’Humain, ce serait l’Universel. Et cela explique, bien sûr, les fins de déterminations nationales, raciales, culturelles, individuelles, sexuelles, etc. Allez voir le débat organisé par le Nouvel Obs, si mes souvenirs sont bons, débat entre Finkielkraut et Badiou.

Les marxistes en chambre comme Badiou ne se rendent pas compte qu’ils collaborent en fait au projet inverse, celui du maintien en place des Maîtres, kleptos et ploutos, mystifiés qu’ils sont par l’utilisation de l’abstrait et de l’universel comme bouclier, comme faux nez du maintien du désordre établi. Car l’égalité, l’universel, ce sont eux, les Maîtres, qui le gèrent, messieurs les soi-disant révolutionnaires. Ils le gèrent à leur profit et s’en servent pour faire suer le burnous, extraire la fameuse plus-value grâce à l’arbitrage entre le singulier et le mondial, le local et le global, le concret et l’universel.

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