jeudi 13 février 2014

Progrès et modernité : dernières cartouches avant la faillite

Hier au JT, il y avait un reportage sur l'Irlande, ou l'Ecosse, où ils expliquaient que l'extraction du gaz affaiblissait le sol, le faisait baisser, et provoquait des mini tremblements de terre. Ces trenblements de terre détruisant petit à petit le capital immobilier.

Folie d'un système qui pour gratter 3 ans de gaz ou de pétrole de plus à mettre dans les bagnoles, en arrive à brûler ses meubles...

Idem pour la fracturation hydraulique, qu'on nous présente comme une révolution énergétique. Pourtant, cette technique est connue depuis 1980, voire 1947.

Cette exploitation des gaz de schistes consiste à dégrader définitivement des territoires entiers (nappes phréatiques, stabilité du sol), pour gagner quelques mois, au mieux années, de gaz supplémentaire.

La religion du progrès et de la modernité s'effondre. Elle s'effondre comme toutes les autres religions avant elle, sur le mur de la seule vraie Loi qui s'impose à tous : celle du Réel, de la Nature, de la Physique.

Le coût du maintien du status quo est exponentiel. Chaque mois, chaque année de survie du Grand Rien babelien coûtant de plus en plus cher socialement, politiquement, environnementalement, économiquement.

Dit autrement, il faut brûler de plus en plus de meubles juste pour maintenir la température du feu. Et ils arrivent à court de meubles.

Fin de règne...

7 commentaires:

  1. On a une date : mars 2015. Jusqu'à cette date, les us vont pouvoir emprunter sans limite. Ca laisse un an pour se mettre à la culture des tomates, c'est déja ca :)

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  2. Ce genre d'histoire me fait toujours penser à ce reportage d'Arte sur Nauru, montrant les habitants allumant du feu en déchirant les pages de l'encyclopedia brittanica, après avoir totalement détruit leur environnement, accroupis auprès de leur 4x4 sans essence... Et bien sûr c'est la faute au réchauffement climatique.

    Sur la fracturation, elle est connue depuis très longtemps. Ils ont même envisagé d'utiliser des bombes atomiques pour le faire :
    http://www.forbes.com/sites/jeffmcmahon/2014/01/29/u-s-experimented-with-nuclear-fracking/
    C'est le projet Gasbuggy, entre 1967 et 1969...

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  3. Mais non Tonio, on va te dire qu'on trouver la méga-super-intarissable-nouvelle-écologique-et-gratuite-pour-tous-source-d'énergie-qui-tue !
    Enfin bref t'as raison, le Progrès est une religion, il nous impose ses sacrifices maintenant pour nous promettre le bonheur une fois qu'on sera mort.

    Voici l'histoire de Nauru pour ceux qui ne la connaisse pas (extrait du Complexe d'Orphée de Michéa) :
    Pour qui veut imaginer ce que signifierait concrètement un monde centré sur les seules valeurs de l'économie et de la consommation, la République de Nauru offre un exemple privilégié. Cette petite île du Pacifique (21 kilomètres carrés et 4 000 habitants) contenait effectivement dans son sous-sol des gisements de phosphate d'une pureté extraordinaire que les puissances impérialistes (comme l'Angleterre ou l'Allemagne) s'empressèrent d'exploiter à leur profit dès le début du XXe siècle. Il faudra donc attendre 1968, date de son accession à l'indépendance, pour que l'île de Nauru puisse enfin obtenir le contrôle de ses ressources naturelles et bénéficier ainsi, pour la première fois de son histoire, des gigantesques retombées financières liées à l'exploitation de son minerai - devenu, entre-temps, indispensable à l'agriculture chimique et industrielle des pays occidentaux. Bien entendu, en décidant ainsi de poursuivre la politique d'extraction intensive du phosphate inaugurée par les puissances coloniales (et donc de soumettre le destin du pays aux aléas du marché capitaliste mondial), la jeune République se condamnait inévitablement à aggraver dans des proportions encore plus dramatiques la destruction écologique de l'île (disparition accélérée de la flore et des arbres, puis des terres cultivables et, au final, de toutes les activités d'autosubsistance traditionnelles). Mais, d'un autre côté, c'était une occasion unique, pour les habitants de Nauru, de découvrir l'univers enchanté de la consommation capitaliste et de commencer à imaginer - pour eux et pour leurs enfants - des formes de vie merveilleuses qui ressembleraient enfin aux images dont la télévision occidentale abreuve en continu les populations du « tiers-monde ». L'exploitation et la vente du phosphate allaient, en somme, leur conférer le privilège rarissime de pouvoir émigrer sur place. De fait, la République de Nauru ne mit qu'un temps très court pour rejoindre le camp des pays les plus riches de la planète. Au bout de quelques années, le revenu par habitant y était devenu comparable à celui des États pétroliers de la péninsule arabique (et l'un des signes les plus spectaculaires de cette entrée dans le mode de vie capitaliste avait d'ailleurs été la progression foudroyante du taux d'obésité, à présent l'un des plus élevés au monde). Comme l'écrit Luc Folliet « dans les années 1970, Nauru est un paradis pour une population qui n'a pas besoin de se lever pour aller travailler [...]. Ils sont des rentiers et se comportent comme tels. Oisifs et consommateurs ».

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  4. [SUITE]
    Une telle success-story ne pouvait cependant pas durer éternellement dans la mesure où l'idée d'une croissance infinie dans un monde fini est taillée dans l'étoffe dont sont faits les rêves des économistes libéraux. Et ce qui est déjà devenu évident pour la planète l'était a fortiori pour une petite nation insulaire. C'est ainsi que les années 1990 vont sonner « comme le réveil brutal pour tout un pays ». À cette époque, « 80 % de la surface de l'île a été creusée » et l'exploitation du phosphate commence à donner ses premiers signes de déclin. En quelques années seulement (sous le capitalisme global - où tout, par définition, est connecté avec tout — les moindres changements de situation peuvent naturellement induire des réactions en chaînes aussi soudaines que catastrophiques), ceux qui avaient cru pouvoir intégrer définitivement le cercle étroit des riches vont ainsi découvrir la réalité du mur écologique et devoir, peu à peu, faire l'apprentissage traumatisant de la véritable pauvreté. Car entre-temps, bien sûr, l'île a été presque entièrement détruite par les travaux de forage industriel: l'agriculture et les activités d'autosubsistance y ont devenues impossibles, les traditions morales et culturelles qui auraient pu donner un sens à une autre manière de vivre ont sombré dans l'oubli progressiste, et les citoyens-consommateurs, en perdant l'habitude de travailler (conformément aux mœurs des pays riches, ils avaient évidemment passé commande de centaines de travailleurs étrangers afin d'être déchargés de toutes les corvées quotidiennes), ont fini par désapprendre les gestes les plus élémentaires d'une vie adulte et autonome. À tel point que le gouvernement se voyait désormais réduit à envoyer les jeunes Nauruanes en « stages de reconditionnement » aux îles Fidji (situées à des centaines de kilomètres) afin qu'elles puissent « réapprendre à passer le balai, nettoyer la cuisine, changer des couches ».

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  5. [FIN]

    Aujourd'hui, la brève parenthèse consumériste s'étant refermée, l'île apparaît donc comme une « immense casse à ciel ouvert. Il n'y a pas un endroit sans une voiture abandonnée. Des cimetières de ferraille et d'acier sont disposés çà et là dans tous les districts de Nauru : voitures, camions, pneus, matériel électroménager défectueux. Des centaines de magnétoscopes, téléviseurs, chaînes hi-fi s'y entassent aussi. Les vestiges d'un passé prospère forment désormais des monticules de rouille ». En un mot, Nauru est désormais un pays ruiné et sans âme, que seule l'aide internationale contribue encore à maintenir à flot.
    L'histoire de cette petite île du Pacifique - autrefois paradisiaque — a évidemment valeur de fable pour l'humanité tout entière. Elle offre un concentré spectaculaire de tous les méfaits engendrés par les politiques de « croissance » (ou, plus exactement, d'accumulation du capital) - telles qu'elles ont été définies par les idéologues arrogants et bornés de la Banque mondiale, de l'OMC ou du FMI, et appliquées sans réfléchir par presque tous les politiciens de la planète (si l'on met à part quelques dirigeants de certains pays du tiers-monde, comme l'Equateur, la Bolivie ou le Venezuela). Elle nous confirme en même temps — à travers l'étrange folie passagère qui s'est emparée de son peuple - que l'imaginaire hypnotisant de la consommation moderne n'est rien d'autre que « le soleil illusoire qui se meut autour de l'homme, tant que l'homme ne se meut pas autour de lui-même » (Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel), et que sans une critique radicale de cet imaginaire aucune émancipation humaine ne saurait être envisagée.
    Si la morale de cette histoire devait nous rester étrangère, il se pourrait donc que nous découvrions un jour que le destin de cette petite île des mers du Sud n'était, au fond, que la bande-annonce de celui qui attend l'humanité tout entière. Un simple modèle réduit, en somme, de ce futur Nauru planétaire qui est l'horizon inévitable de toutes les politiques de croissance.



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  6. Jeudi 13 février 2014 :

    Selon l’Iddri, le gaz de schiste a peu impacté l’économie américaine.

    Les gaz de schiste n’ont pas révolutionné l’économie américaine et ne sauveront pas l’Europe : à contre-pied de certaines idées reçues, les chercheurs de l’Iddri ont calculé que l’impact des hydrocarbures non conventionnels sur la reprise économique aux Etats-Unis est marginal – et qu’il le restera sur le long terme.

    Dans une étude de 60 pages, qui doit être présentée aujourd'hui au Parlement européen, l’Institut du développement durable et des relations internationales, fondé par Laurence Tubiana (et partenaire de Sciences po), montre que le boom du gaz de schiste n’a, jusqu’à présent, que peu pesé sur les prix de l’énergie, la compétitivité ou l’emploi américain.

    Les productions de gaz et de pétrole aux Etats-Unis ont certes augmenté respectivement de 33% et de 52% entre 2005 et 2013, provoquant un changement spectaculaire sur les marchés de l’énergie. Mais la forte baisse des prix du gaz dans le pays (de 8 à 4 dollars le million de BTU) a eu peu d’influence sur le coût de l’énergie : les prix de l’électricité résidentielle ont même augmenté en continu entre 2005 et 2012 (+ 25%).

    « Le gaz ne représente que 27% du mix électrique, et le prix de l’électricité dépend de bien d’autres facteurs : taxes, coût du réseau, etc. », explique Thomas Spencer, coordinateur de l’étude. Le gaz ne représente en outre que 13% de la consommation des particuliers.

    La baisse du prix du gaz a, il est vrai, fortement amélioré la compétitivité de certaines industries très consommatrices de gaz : la pétrochimie, en premier lieu, certaines industries chimiques, l’aluminium, l’acier... « Mais ces secteurs ne représentent que 1,2% du PIB américain », souligne l’Iddri, notant aussi que, si leurs exportations nettes sont passées de 10,5 à 27,2 milliards de dollars entre 2006 et 2012, la progression est loin de jouer sur le déficit commercial industriel du pays (780 milliards en 2012).

    A partir des projections de production de l’agence américaine de l’énergie (EIA), et en extrapolant ces tendances, l’Iddri a calculé qu’au final, l’impact global sur le PIB américain serait limité à 0,84 point de croissance entre 2012 et 2035. Soit, pour simplifier, moins de 0,04% de croissance supplémentaire par an, sur vingt-trois ans.

    « Le gaz et le pétrole de schiste constituent donc un facteur très faible de croissance », relève Thomas Spencer.

    De même, le nombre d’emplois directs du secteur a augmenté de 200.000 entre 2005 et 2013, note l’Iddri : un chiffre en soi non négligeable, mais finalement très faible au regard d’une population active de 155 millions de travailleurs.

    « L’Europe ne peut donc pas espérer que le gaz de schiste résolve son problème d’approvisionnement énergétique ou de compétitivité », conclut Thomas Spencer. Et ce d’autant que, compte tenu des particularités européennes (urbanisation, matériel disponible, réglementation...), la montée en puissance de la production ne pourrait y être que très lente : le Vieux Continent ne produirait, au mieux, que 3 à 10 % de sa consommation à l’horizon 2035.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/0203307895502-une-etude-relativise-les-benefices-du-gaz-de-schiste-650159.php

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  7. L'Italie est en faillite.
    L'Italie n'est plus gouvernée.
    L'Italie est ingouvernable.
    28 avril 2013 : Enrico Letta devient premier ministre.
    13 février 2014 : Enrico Letta démissionne.

    http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/2014/02/13/ultimes-man-uvres-de-matteo-renzi-pour-diriger-l-italie_4366151_4350146.html

    A propos de l'Italie :

    2007 : dette publique de 1605,1 milliards d’euros, soit 103,3 % du PIB.
    2008 : dette publique de 1671 milliards d’euros, soit 106,1 % du PIB.
    2009 : 116,4 % du PIB.
    2010 : 119,3 % du PIB.
    2011 : 120,8 % du PIB.
    2012 : 127 % du PIB.
    Fin septembre 2013 : dette publique de 2068,722 milliards d’euros, soit 132,9 % du PIB.

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