vendredi 21 mars 2014

Bruno Bertez : La Grande Manip des fausses causalités. L’arme des tyrans !

Les Clefs pour Comprendre du Jeudi 20 Mars 2014: La Grande Manip des fausses causalités. L’arme des tyrans! Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 20/03/2014 (en Français texte en français )
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Voici une remarque fondamentale à la fois pour comprendre notre travail et, en même temps, pour analyser les situations. Elle complète une autre remarque, elle aussi fondamentale: la première des choses à faire quand quelqu’un parle, consiste à se poser la question de l’identité du locuteur et à se demander, « qu’est-ce qu’il veut », en s’exprimant. Derrière toute parole, il y a un désir, une intention, rien n’est innocent.

L’un des ressorts les plus puissants du dirigisme, du constructivisme et de la manipulation des peuples par les gouvernements, est le recours aux fausses causalités.

Par les discours officiels, par la répétition dans les médias, par la complicité des économistes de banque, on implante dans la tête des gens de faux liens de causalités. On escamote les vraies causalités, souvent cachées et complexes, pour les remplacer par d’autres plus faciles à comprendre, plus évidentes, mais fausses.

La juxtaposition des évènements, les amalgames, ce que nous appelons la méthode des Renseignements généraux, des flics, tout cela sert à créer de fausses causalités.

Ce que la Fed a réussi à imposer sur les marchés, grâce à la connivence des Goldman et autres, ce sont ces fausses causalités, multiples, croisées, en maillage et réseaux. Cela se donne à voir par ce que l’on appelle les corrélations. Et la prolifération des Quants.

Correlation, causation, and that jazz…

Le plus bel escamotage de cause économique des 5 dernières années, c’est celui de la notion de surendettement. Et pour cause, si la notion de surendettement venait à être reconnue, mise au grand jour, alors les gouvernements kleptos et socio-démos perdraient tout levier pour manipuler le monde. Ils se verraient imposer des limites. Confère la nouvelle récente que le monde global contenait maintenant 100 trillions de dettes, nouvelle qui n’a été, ni commentée, ni analysée, alors que c’est la nouvelle la plus importante de l’année.

Autre exemple de fausse causalité, on vous fait croire que la montée des pouvoirs de l’Etat, de l’appareil répressif, est liée au terrorisme, alors qu’il est lié au besoin de faire se tenir tranquille les peuples que, maintenant, l’on craint. La militarisation de la police en est le signe le plus révélateur ainsi que les écoutes généralisées. Le terrorisme, « ils » n’en ont pas peur, ils le forment, ils lui fournissent des armes, ils combattent à ses côtés en Libye, en Syrie, et en Ukraine, par exemple. On vous fait passer de la géopolitique de conquête et de contrôle, pour de la lutte anti-terroriste à l’extérieur et de la menace terroriste à l’intérieur.

Sous des dehors scientifiques et mathématiques, l’une des techniques utilisées pour cet enfumage est celle des corrélations.

Qu’est-ce qu’une corrélation? C’est le constat que lorsqu’une chose se produit, alors avec une forte probabilité, une autre évolue d’une certaine façon, prévisible.

Une corrélation, c’est l’établissement d’un arc de Pavlov. Je te montre un mouvement sur le yen qui sert de sous-jacent au carry global et hop, tu salives sur les marchés. Le maillage des corrélations, discours artificiel sur le réel, permet de faire disparaitre ce même réel. Le réel est peu à peu évacué des marchés, ils tournent en rond sur eux-mêmes. Même plus peur!

Plus fondamentalement, je te montre une politique monétaire non conventionnelle type ZIRP et QE, et tu salives le marchés des actions à la hausse, sans voir que le vrai facteur causal qui a produit et permis la hausse, c’est la décision discrète prise à la mi-mars 2009 de modifier les règles comptables du FASB et, ainsi, d’écarter tout risque de faillite des banques.

Du coup, celles-ci sont miraculeusement devenues solvables, elles ont pu entrer dans le jeu de la politique non conventionnelle de la Fed et faire en sorte que personne ne « fight the Fed ». Elles ont joué le rôle de locomotive de la politique non conventionnelle, type JP Morgan dans les années de la crise de 29.

Cela dit, il y a eu, et il y a toujours, une trace de la vraie situation réelle, c’est la prudence des banques qui emploient moins que leurs ressources et accumulent les réserves de précaution oisives.

Cette méthode de manipulation/dirigisme par la création et l’implantation de fausses causalités, n’a, à notre connaissance, jamais fait l’objet de recherches sérieuses, alors que l’autre outil, la propagande, a lui été bien cerné et analysé.

La constitution d’une nouvelle extrême droite populiste en Europe procède de la même méthode vicieuse, la constitution de fausses corrélations et, maintenant, il suffit aux partis traditionnels de gouvernements d’appuyer sur un bouton et, hop, ils font ainsi monter le racisme, les rejets, les populismes, qui constituent des impasses pour les électeurs, mais des boulevards pour les socio-démos.

Ainsi, par la maîtrise des corrélations sociales et politiques, le Français Hollande a mis en place une stratégie de réélection, stratégie de long terme qui consiste à faire monter le Front National jusqu’au point où celui-ci passera devant l’UMP au premier tour des prochaines Présidentielles, ce qui assurera à Hollande la réélection dans un fauteuil. Le coup de Jospin, mais à l’envers. Hollande, le recours!

Autre exemple, l’idée monétariste qu’il y a un rapport entre la politique monétaire non conventionnelle, l’effet de richesse et la reprise de la croissance. C’est l’exemple de l’établissement de fausses causalités qui a permis de faire des cadeaux aux banques tout en faisant croire que l’on aidait Main-Street.

Les chercheurs ont montré qu’il n’y avait ni lien logique sérieux, ni lien pratique, entre les deux. La Fed elle-même reconnait ne pas avoir réussi « à comprendre par quels canaux, la politique monétaire non conventionnelle pouvait fonctionner » (Fed de San Francisco). Le rendement de la politique de la Fed est tellement faible, pour un risque colossal et non quantifié, que les économistes ont calculé qu’il aurait été cent fois plus rentable de se passer de la transmission par l’effet fictif de richesse et, à la place, de distribuer l’argent aux consommateurs. De même, plutôt que d’utiliser le carry et le levier et de faire remonter les prix de l’immobilier par les Blackrock et Blackstone, la Fed aurait pu, dès 2008, mettre en place une politique de rachat direct par le Trésor du parc immobilier excédentaire et faire gagner beaucoup d’argent à la collectivité.

Cela dit, là aussi, il y a des traces de la non-efficacité des politiques de Wealth Effect, ce sont les évolutions réelles des « revenus gagnés » des ménages américains et bien sûr les chiffres réels de l’emploi. Tous deux sont catastrophiques en réel.

La démocratie repose sur le savoir et la primauté de la Vérité, la tyrannie se développe sur l’entretien de l’ignorance. La manipulation des causalités entretient l’illusion du savoir et, à ce titre, constitue l’arme suprême des tyrannies.

2 commentaires:

  1. Tout à fait d'accord avec ce que vous dites. Il faut garder un esprit critique sur l'information que l'on reçoit de toutes parts. Du coup, il nous manque souvent une grande partie de la vérité !
    Les puissances (USA OTAN et compagnie) et les "dirigeants" ne comprennent pas qu'il ne suffit pas "de vouloir pour pouvoir" (comme le disent les américains). On a vu récemment qu'ils se tendent eux-mêmes des pièges. Non, personne ne peut calculer, manipuler, provoquer, en étant sûr du résultat. Je garde espoir qu'une force plus grande que l'humain décide en dernier lieu.

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  2. L'ignorance est le lot des masses, la vérité est confinée à la seule élite capable de "driver" la cohorte de troupeaux, manipulables, exploitables à l'envie.
    L'arme absolue c'est la propagande, son outil la novlangue, le mensonge qui se construit subtilement en demi vérité ou encore maquillé derriere les actes aux apparences légitimes. La raison premiere de toute action, le mobile n'est jamais établis, il ne se montre pas, les forces obscures agissent derriere la scene mondiale au travers de structures opaques... y regne t-il une mystique qui révele l'engagement faustien des acteurs? Le cynisme est un état d'etre, il est le reflet de l'hybris des hommes/maitres de pouvoir occulte, missionné par eux meme pour eux meme.
    Herman RAUSCHNING dénoncait, en son temps (1939), la "corruption dirigée" ou se coopte les pires d'entre eux pour grimper à l'échelle luciférienne des valeurs, celle qui est l'exact opposée de "l'echelle de Jacob".
    master t

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