vendredi 21 mars 2014

Les deux ennemis fondamentaux de leur "République" : la classe ouvrière consciente de son aliénation et la paysannerie indépendante

La clique de frères la truelle au pouvoir se réfère en permanence à la "République". Mais il faut bien comprendre ce que ces gens mettent derrière ce mot.

Derrière ce mot, il y a une nouvelle religion de synthèse. Une religion dont l'objectif principal consiste à unifier le monde, culturellement, ethniquement, politiquement, et économiquement.

Cette religion ne s'assume jamais clairement, car elle sait que pour s'accomplir, elle doit imposer une violence extraordinaire aux peuples en place, et elle doit en conséquence louvoyer et mentir en permanence pour avancer sans jamais assumer son réel projet.

Surtout qu'en plus de ça, elle se prétend démocratique.

Mais on voit bien jour après jour ce que c'est que sa "démocratie".

Fondamentalement, cette caste au pouvoir méprise profondément le peuple, qui n'est pour elle qu'une simple matière que l'on modèle à loisir. Les gens au pouvoir se voient comme des bergers éclairés devant guider le troupeau de bétail abruti pour son plus grand bien, et malgré lui. La démocratie consiste alors à faire voter le troupeau de bétail pour deux membres de ce même clergé éclairé. Et on voit à quel point ce nouveau clergé a en sainte horreur toute idée de referendum, d'expression directe du peuple, qui décidément s'acharne à mal voter et à refuser le grand Progrès.

Cette nouvelle religion est une infâmie pour deux raisons principales :
   Tout d'abord, elle consiste à remplacer la dentelle de civilisation millénaires construites sur la durée par une grosse toile de jute globale, sans saveur. Elle constitue une formidable regression. Le film du 5ème élément en donne un superbe aperçu.
   Ensuite, parce qu'avec son modèle unique, elle refuse toute idée de concurrence des cultures et des modèles ("competition is a sin", n'est ce pas).

Or sans concurrence, c'est l'enfoncement garanti dans la médiocrité, dans la sous efficacité, dans la rente. On le voit avec la "démocratie" américaine de 300 millions d'habitants qui n'est plus qu'un impérialisme bancaire intégralement sous le contrôle des lobbyes. On le voit aussi en Europe avec l'euro et sa négation des prix fondamentaux que sont les taux d'intérêt et les taux de change, et qui a amené à une gabegie extraordinaire jamais vue dans l'histoire. Idem sur l'affaiblissement organisé des forces de son peuple jadis solides, par l'immigration visant à accomplir le grand destin d'unification dans une plèbe globale médiocre.

Ainsi cette religion, parce qu'elle vise à instaurer un modèle sous efficace, comme le communisme en son temps, doit s'imposer partout ou mourir.

Et c'est la que l'Ukraine est passionant. La démocrature globale est prêt à soutenir des néo nazis s'il le faut, du moment que ça affaiblit la Russie. Le véritable ennemi de cette grande révolution, ce sont tous les régimes se revendiquant de l'enracinement, de la souveraineté populaire à l'ancienne (que le système qualifiera de populiste, car populaires, contrairement à eux).

Dans ces conditions là, d'ailleurs, les suisses ont du souci à se faire. Et on voit d'ailleurs très bien que la grande offensive a commencé.

A l'intérieur des peuples déjà soumis à la grande révolution "éclairée", il existe deux ennemis avérés :
   le premier est la classe ouvrière salariée et prolétarisée consciente de son aliénation. Pour faire taire cette contestation, le système a apporté une solution globale en plusieurs bandes, constituée du couple délocalisation/chômage de masse.

En envoyant loin les métiers les plus durs, le système a réduit la contestation localement. Ceci a été couplé à une politique sciemment voulue de chômage de masse, dont l'outil principal est le salaire minimum à seuil que le système cherche à imposer partout (encore récemment en Allemagne). Cette classe de chômeurs est payée intégralement par ceux qui ont encore un travail salarié et naturellement pas du tout les kleptos (comble de l'ironie, on dira même qu'on appellera cette ponction une "assurance" chômage), et en faisant fabriquer par des esclaves loin ce que consomment des chômeurs ici, on achète la paix sociale. La peur du chômage fait le reste pour tuer toute contestation de la condition aliénante d'un salariat prolétarisé et abêti, et ponctionné à des hauteurs rarement atteintes dans l'histoire, et désormais plus très loin de l'esclavage.

   L'autre classe héréditairement ennemie à cette caste de bergers "éclairés", c'est historiquement la paysannerie indépendante et enracinée. Car structurellement insoumise, et sur laquelle le système qui veut tout régenter n'avait pas d'emprise. Son sort a été reglé il y a longtemps grâce à la "révolution verte". Il y a eu d'ailleurs ces derniers jours un excellent documentaire sur France 2, sur la mort récente de cette paysannerie millénaire. On y voit très bien comment la "modernité" les a forcé à s'endetter, à diminuer en nombre, pour finalement disparaître et pour ceux restant, devenir de simples "exploitants agricoles" :
Adieu paysans
France 2, 18/03/2014 (en Français texte en français )
→ lien

15 commentaires:

  1. A la fin il ne restera que les paysans et les maçons. Disparaitra tout ce qu'il y a entre. Les trader et les conseillers en com seront les premier dans la charrette vu leur inutilité.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "à la fin" ? C'est quoi et c'est quand, "la fin" ?
      Moi je peux te dire qu'à la fin il n'y aura plus d'humanité. Et même qu'à la fin le soleil n'existera plus non plus.

      Supprimer
  2. J'ai entendu à la télé (oui j'ai été faible mon dieu) que 92% des Français n'avaient plus confiance dans les partis politiques. 92%.... En gros il n'y a plus que les partis qui ont confiance en eux-mêmes. Moi qui suis pour la suppression des partis je me réjouis, mais là il faut faire quelque chose. Car si même devant un tel constat le pouvoir reste sourd et refuse de faire évoluer le système, on se demande par quoi il va falloir passer.
    Je refais une pub pour "Contre les élections" par David Van Reybrouck. Lui, qui n'est pas Français, ose émettre un léger espoir d'une prise de conscience de la classe politique pour qu'elle instaure, par paliers, dans le calme, la démocratie. Mais il avance également, que dans le cas d'une surdité irréversible, et je suis plus sur cette position en ce qui concerne la France, alors il pourrait bien falloir passer par une révolution pour déboulonner tout le système politique qui n'aurait bien évidemment elle, que son gagne-pain à perdre, au mépris de l'intérêt général. http://popularchie.wordpress.com/2014/03/14/instances-democratiques-bouricius/

    RépondreSupprimer
  3. Voilà pour moi un billet idéal pour placer mon petit couplet lamarckien (il y avait longtemps...).
    Je suis convaincu qu'il y a en biologie possibilité d'action du soma sur le germen, contrairement au dogme central du néo-darwinisme qui affirme l'existence de la barrière de Weissmann; il y a en effet pour moi une supériorité écrasante d'une adaptation qui accepte l'action du soma sur le germen par rapport à une qui ne l'admet pas; je rappelle que Darwin était lamarckien (théorie des gemmules), sans doute parce qu'il était convaincu de cette supériorité. Rapporté à la société je suis convaincu qu'il y a la même supériorité écrasante d'une adaptation sociale qui accepte l'action du soma/peuple sur le germen/élite par rapport à une autre qui ne l'admet pas. Ce qui est en jeu c'est le conflit entre la légitimité/soma des aspirations du peuple et la légalité/génome imposée par l'élite/germen. Démocratie véritable du peuple contre démocrature du chèque en blanc, c'est-à-dire dictature.
    Le dogme néo-darwinien de la barrière de Weissmann est le rempart derrière lequel tous les pouvoirs actuels s'abritent pour justifier la prééminence du germen sur le soma, de l'élite sur le peuple. Que s'écroule ce dogme (ce que l'on est en train de découvrir en biologie) et le modèle politique sur lequel sur lequel il est fondé s'écroulera aussi; le darwinisme du "struggle for life" tel qu'il nous est présenté par nos élites comme indépassable (et qui fait peut-être se retourner Darwin dans sa tombe) et avec lequel nos constitutions doivent impérativement s'accorder, ce pseudo-darwinisme-là apparaîtra alors pour ce qu'il aura toujours été: une lutte individuelle contre la mort et non pas une lutte de l'espèce humaine pour sa survie.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En termes plus concrets, le soma ne se résume pas qu'à un amas cellulaire indifférencié. Il a aussi pour vocation à se spécialiser. Le méristème produit et entretien une armée de cellules indifférenciées dont on peut faire usage comme base des cellules dites "souches". L'entité au travers de laquelle les informations sont filtrées dans le cadre des échanges-régulations entre les cellules en cours de différenciation reste celle du germen. Il n'y a donc pas lieu à opposer son rôle à celui d'une évolution des cellules indifférenciées. Au niveau de nos sociétés dites "modernes" nous en sommes encore à croire que la différenciation est un élément en opposition avec le germen.Complètement abscons !
      Toute analyse prise sous l'angle de relations de prééminence est condamnée à mal poser les questions et par conséquent à aboutir à des réponses partielles ou incomplètes peu à-même de s'appliquer avec efficacité sur le terrain...de la réalité.
      En l'absence d'un ETAT et des élites qui l'accompagnent voyez un peu le chantier d'une reconstruction en Centrafrique, juste cet exemple !
      Par contre il y a indubitablement la dimension de LA METHODE. Soit sur un modèle hyper centralisé comme c'est un peu le cas de notre modèle français, soit sur un schémas comparable à celui des sociétés comme ceux des fourmis, où les événements in situ sont traités sur place sans passer par un PC central. L'intelligence qui y règne est de type holistique et les temps de réaction y sont plus courts tout en respectant une coordination de très grande qualité.D'ailleurs, à ce propos, des entreprises relevant de grandes sociétés internationales en auraient fait une source d'inspiration afin de donner plus d'efficacité et d'initiative aux acteurs qui les animent.

      Supprimer
  4. Il y a l'universalisme top-down tel que nous le connaissons avec l'Empire et il y a celui, moins à la mode, du bottom-up des peuples, qui est véhiculé par la tradition maçonnique, et j'aimerais qu'on arrête ici de confondre l'un et l'autre parce que, sans déconner, c'est RELOU !
    La maçonnerie n'est pas la French-American Foundation. Ne pas confondre.

    L'universalisme porte en lui le meilleur et le pire de l'homme.
    Pour le moment, c'est le pire qui prévaut.
    Mais le meilleur n'est jamais loin, même si l'idiocratie nous menace, je l'admets.

    A nous de travailler à éviter le pire.

    RépondreSupprimer
  5. Petit addendum sur l'esclavage.
    Si tu vois que sous Rome le maître devait à son esclave logement, nourriture, habillement, et quelques jours obligatoirement fériés pour aller prier les dieux et, bien, ON Y EST.
    Parce que même biberonné aux subventions collectives, le travailleur moderne ne vit pas mieux que sous Rome. Son différentiel de confort de vie, il le doit simplement au progrès technique et surtout, aux énergies fossiles.

    Mais sur le plan humain, rien de vraiment changé. La parenthèse de la guerre froide s'est refermée, et la démocratie a cessé de devoir se présenter comme le choix du peuple.

    RépondreSupprimer
  6. "Les deux ennemis fondamentaux de leur "République" : la classe ouvrière consciente de son aliénation et la paysannerie indépendante."

    On pourrait créer un parti d'opposition, avec une couleur rouge de la révolte, et un symbole de la classe ouvrière (par exemple le marteau), et de la paysannerie (par exemple une faucille). Puis on prendrait le pouvoir puis on mettrait en place un régime égalitaire et étatiste. Puis on s'enrichirait, on s'embourgeoiserait, on voudrait une vie libre, avec moins d'Etat. Puis ca genererait des inégalités, puis on aurait une élite arrogante coupée du peuple, et un petit peuple asservi, en particulier la classe ouvrière et la paysannerie, qui finira par vouloir se révolter. Alors on pourrait créer un parti d'opposition, avec une couleur rouge...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est exactement la conclusion de Robert Michels, un sociologue italien, qui a publié un livre relativement célèbre en sciences sociales, "les partis politiques".

      Supprimer
    2. D'ailleurs je ne savais pas ça porte un nom : "la loi d'airain de l'oligarchie " http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_d%27airain_de_l%27oligarchie

      Supprimer
    3. Alors pourquoi ne pas essayer l'anarchie???

      Supprimer
  7. http://www.ledauphine.com/isere-sud/2014/03/21/le-pompier-refuse-de-lui-serrer-la-main-manuel-valls-s-enerve

    ........

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Valls devrait s'estimer heureux et se rappeler qu'avant la révolution, en 1788, les Grenoblois ont accueilli les représentants de l'Etat en leur jetant les tuiles des toits (Journée des Tuiles), et cette rebuffade victorieuse a été une des étincelles qui a mis le feu aux poudres en provoquant les Etats Généraux du Dauphiné.
      Et rappelons qu'ils y a quelques semaines le chef de la police de Gières (à coté de Grenoble) a été viré pour avoir exécuté une quenelle. Bravo messieurs.

      Supprimer
  8. "remplacer la dentelle de civilisation millénaires construites sur la durée"

    Il faut préciser que cette dentelle ne s'est généralement pas faite "dans la dentelle" mais par des guerres , des soumissions par contrainte et autres plaisanteries...

    Et aujourd'hui, les jeunes ne veulent même plus faire la guerre, tu vois le merdier !!!

    RépondreSupprimer

Si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite, c'est normal. Il doit être validé avant publication.