samedi 15 mars 2014

Tous BAC + 5 au SMIC ! Le ponzi éducatif se meurt

Entre d'un côté, un ouineur bac + 5 qui a tout bien fait comme le système lui a dit (grave erreur !), commence à bosser à 25 ans, en stages puis CDD, à 1500€ par mois pour un boulot abscons et aliénant, obligé de déménager à la grande ville, loin de là où il a grandi, de sa famille, de ses amis, et de payer un loyer dans un immeuble de banlieue en béton plastique à 800€...

et de l'autre, un artisan bosseur, compétent, qui monte sur le tas, en commençant à 18 ans, en restant enraciné, proche des solidarités familiales, et à 2000€ par mois, et qui peut acheter sa maison sur 1000m² avec sa femme en 10 à 15 ans, y a pas à chier, le progrès et la modernité du nomadisme attalien n'ont plus le vent en poupe...

Travail manuel: pâtissier bien payé vaut mieux qu'intello précaire
L'Expansion, 15/03/2014 (en Français texte en français )
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Dans une récente chronique, nous expliquions que l'absence de chômage en Suisse ou au Danemark provenait du fait que, dans ces pays, 50% des jeunes âgés de 15 à 19 ans travaillent déjà (ils sont moins de 10% en France)

En France, en revanche, les parents préfèrent se saigner aux quatre veines pendant dix ans plutôt que de laisser leur enfant devenir un travailleur manuel.

Le sociologue Georges Friedmann a baptisé "travail en miettes" ces activités intellectuelles parcellaires : contrairement à l'artisan menuisier qui fabrique un meuble ou au garagiste qui fait redémarrer un moteur en panne, les nouveaux tâcherons du tertiaire ne voient pas le résultat concret de leur action.

Ce rejet d'un appauvrissement intellectuel sans contrepartie financière conduit déjà à un regain des métiers de l'artisanat.

Les salaires des charpentiers, ébénistes, tailleurs de pierre, cuisiniers ou boulangers, tous très recherchés, grimpent de 41 000 à plus de 50 000 euros par an, à en croire la dernière étude des centres de gestion agréés.



A noter également... On dirait que l'armée a du mal a trouver des gars pour aller faire les guerres de BHL et de l'Empire...

Pour la première fois, l'armée de terre n'a pas recruté son quota d'engagés
Secret Défense, 13/03/2014 (en Français texte en français )
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En février 2014, l'armée de terre n'est pas parvenu à recruter les 730 engagés volontaires (Evat) qu'elle escomptait. Il lui en manque 14 - soit un déficit de 2%. Ce n'est pas "dramatique" reconnait-on à l'état-major, mais c'est une première depuis la professionnalisation des armées, décidée en 1996.

Dans deux régiments d'infanterie, récemment visités, des cadres se plaignaient du peu de motivation d'une partie des jeunes engagés, estimant que la sélection était trop faible. “On prend les gens qui veulent venir” constatait un officier ancien.

22 commentaires:

  1. je suis un de ces bac+5, 26 ans (mais je ne suis pas à paris, et je gagne un peu plus de 1500€ ;-) ), mais je peut te dire que tes " artisans bosseurs" de mon age, sont effectivement bosseur, mais ne sont pas enraciné du tout. Ceux que je côtoie sont des boeufs (le marie de la vache,pas des bofs). Aucune culture, aucun vocabulaire, très bling bling, très consommateur, fort américanisé.

    Par contre tout à fait d'accord pour dire que c'est beaucoup plus rémunérateur de travailler dans le BTP que dans le tertiaire.

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    1. Par contre, ta santé est flinguée dans le BTP...
      Mais il est vrai que ça paye.

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    2. +1000000 et tonio grossit les choses, beaucoup bossent comme des merdes. Quant à leur salaire, il vient de la dette des tamponne papier...bah oui.

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    3. Oui c'est très très beauf dans les métiers manuels en général... Et oui on y laisse sa santé. Quand on a bossé 8 heures dans la poussière et le bruit à faire des efforts physiques, quand on rentre chez soi, on n'a plus la force de rien...

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    4. C'est l'interet des études : le salaire est moins bon (je connais des maçons à 2500 euros nets avec le black qu'ils se font), mais on préserve sa santé et sa force de travail...


      @Tonio

      Le chômage des diplomés ponzi augmente certes, la rémunération baisse, mais le réseau devient de plus en plus prépondérant.
      Bref, pour les gosses de l'élite, tout va pour le mieux.

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  2. "Les salaires des charpentiers, ébénistes, tailleurs de pierre, cuisiniers ou boulangers, tous très recherchés, grimpent de 41 000 à plus de 50 000 euros par an, "
    je me marre, ou alors ça a vraiment changé et depuis peu.
    ou alors c'est pas en France...

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    1. Dépend du niveau de qualification pratique. Des ouvriers vraiment bons qui te rapporte du pognons en tant que patrons tu veux pas les perdre et tu les payes. Du 35k€/45K€ l'an pour les meilleurs c'est pas nouveau. J'ai connu ça au début des années 2000 et j'avais pas 30 ans. Mais là on parle pas de 35 heures et le niveau "d'étude" et largement au dessus de bac +5. Le niveau de ces gars c'est des milliers d'heures de pratiques et c'est savoir rester concentré sur des tâches parfois délicates 8 à 10 heures par jour sans papoter toutes les 5 minutes.
      Dans l'industrie par exemple un ajusteur capable de faire les ajustements nécessaires en 1 jour pour te remettre en service un outil industriel qui va sur une ligne de production rapportant des milliers d'€ par jour c'est plus difficile à trouver qu'un bac +5 en métier tertiaire banale. Mais là encore bac +5 c'est comme "charpentier ou ajusteur" ça ne veut rien dire et il existe des différence énormes...

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    2. C'est un peu plus compliqué, ça ne concerne pas les salariés mais les indépendants ou chef d'entreprise et encore parmi eux, uniquement ceux qui arrivent à trouver un marché solvable, qui fournissent un travail de qualité et qui savent le faire savoir.

      D'ailleurs, les centres de gestion agréés ne concerne pas les salariés mais les indépendants ou entreprises à actionnaire unique.

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    3. PS : donc les centres de gestion agréés ne parlent pas de salaire mais de rémunération !

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  3. "Bac + 5" ça ne veut rien dire.
    la palette est tellement large làdedans qu'on y trouve de vrais futurs prolos mais aussi des gens qui gagneront très bien leur vie.
    d'une manière générale tout ce qui touche les maths s'en sort plutôt bien. mais c'est plus difficile que la socio...

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  4. Bac+8 trentenaire à 800 euros par moi,s je ne peux qu'abonder en ce sens.

    Mes jeunes frères, pâtissier et boulangers de leurs états, gagnent bien mieux leur vie que moi, ont pu rester près de la famille, acheter une maison et fonder un foyer.

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  5. Même avec un bac+5 scientifique, en physique fondamentale qui plus est, on sort de la fac totalement inemployable en l'état. Par contre après une reconversion dans l'info on s'en sort très bien, mais c'est l'unique possibilité, et c'est au prix d'exercer pour les 45 prochaines années le métier le plus aliénant qui soit. Pour toutes les disciplines scientifiques à l'université (je vous rassure, c'est encore pire dans 99% des écoles, seules X et l'ENS tiennent réellement la comparaison avec l'international, par contre en école on apprend les techniques de management à la mode, à pipeauter du vent et à cliquer sur next slide en réunion + le réseau pro pour se placer), on retrouve :

    - Un haut niveau de connaissances théoriques. En apparence seulement, parce que si l'édifice monte haut, c'est de la dentelle et les fondations sont très précaires et la culture G n'est plus là : merci le saccage de l'éducation nationale. Pour info, contrairement à ce que tous les droitards naïfs en mal de bouc émissaire pense, ce saccage n'est pas causé par mai 68, ce ne sont que deux phénomènes connexes et corrélés : http://michel.delord.free.fr/2gaulle-pedago.html

    - Un manque de savoirs pratiques, de compétences techniques, de savoir-faire, une méconnaissance des pratiques expérimentales de base en labo, faute de temps et de moyens au cours de la formation.

    - Une méfiance réciproque vis-à-vis de l'industrie, et là les torts sont partagés entre le corps professoral et le milieu industriel. L'absence totale de réseau pro pèse également très lourd. Certaines UFR ont pris conscience de ce problème, on en verra vraisemblablement pas les effets avant 10 ou 20 ans, au mieux.

    - Il est beaucoup plus difficile d'entrer en master pro qu'en master recherche. Les premiers sont beaucoup plus sélectifs que les seconds, et pour cause, il y a en moyenne 10 masters recherche pour un master pro (théoriquement la distinction entre les deux a disparu, théoriquement seulement). Certaines spécialités sont très prisées des industriels. Il n'y a, le plus souvent, aucune passerelle entre un parcours orienté recherche et un parcours professionnel. Sans thèse au bout du M2R, il faut souvent repartir 2 voire 3 années en arrière...

    Globalement les masters/IUP d'informatique trouvent très facilement un premier emploi, même s'il risquent de tomber de haut, une fois dans le milieu pro. Les matheux s'en sortiront toujours bien, puis viennent les physiciens qui auront un peu plus de mal. Chimie, biologie, géologie, ça devient très très chaud.

    Pour info, devant l'abondance de bachelier généraux ces 2-3 dernières rentrées, et l'effondrement spectaculaire du niveau du bac en 10 ans, certaines UFR mettent en place des quotas dès la L1. A Strasbourg par exemple pour s'inscrire en STAPS, filière de branleurs et de beaufs déracinés par excellence, il vaut mieux avoir un bac S. Les BTS ne prennent quasiment plus que des bacs généraux, parfois il vaut même mieux avoir une mention. Je suis très inquiet pour les bac technologiques qui voient les portes du supérieur se fermer une à une et qui ne sont clairement pas employables.

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    1. Sur le marché depuis 3 mois, je constate que les compétences pratiques rares (genre savoir utiliser une chaine de chromato) sont la réelle plus value des biologistes/biochimistes.

      Le reste, c'est du vent, et ça ne vaut pas un clou.

      J'ai un bac techno (nul en math, mais je suis quand même sorti major de promo de mon BTS...). Entrer en BTS était déjà dur, mais, ayant eu à donner des cours à des élèves de STL et assimilés, j'ai constaté la dégradation du niveau... une cohorte de brêles, quelques bons éléments dont on se demande ce qu'ils foutent là, et rien de plus.

      Le management est également à la mode, même si je ne comprend pas encore pourquoi...

      La géologie peut mener à tout : j'ai bien rencontrer un géologue cuisinier.

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  6. ................"Je suis très inquiet pour les bac technologiques qui voient les portes du supérieur se fermer une à une et qui ne sont clairement pas employables"...........

    Il y a des filières comme celles dédiées à l'eau, qui proposent des voies formatives reposant sur des bacs techno + BTS et qui débouchent sur de véritables métiers polyvalents avec, pour les plus ambitieux des masters pro. Le principal problème à résoudre c'est l'adéquation entre certaines voies formatives et les besoins des secteurs concernés avec la dimension du quota de professionnels impliqués dans l'enseignement théorique (dans les filières de l'eau on compte près de 35% des cours prodigués par des professionnels du secteur). Ca a une autre gueule !

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    1. J'ai un pote dans ce cas. Effectivement, les métiers de l'eau, ça marche.

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  7. Retour d'expérience: j'ai 23 ans et après une licence obtenue à la fac, j'ai passé un cap de charpentier chez les Compagnons.
    Rentré en apprentissage à 21ans je gagnais de base 1250 nets/mois plus les chèques de déplacement (150 de bénef chaque semaine, non imposables).

    Chaque milieu a ses inconvénients. Il ne faut pas non plus tomber dans l'erreur d'idéaliser le "milieu ouvrier". C'est dur, les ouvrages/travaux réalisés sont souvent laids, modernité oblige, t'es pas si souvent bien payé comme j'en ai eu la chance durant mon apprentissage et tes collègues sont souvent aussi cons qu'à la fac, mais dans un autre genre, avec souvent l'humilité en plus.
    L'important est que l'on a un savoir pratique qui nous appartient et puis pour le reste, avec internet, pas nécessairement besoin d'aller à la fac pour s'intéresser à la géopolitique ou à d'autres sujets/domaines qui font péter plus haut que leur cul trop d'étudiants.

    Après, c sur que ça fait moins d'effet quand t'abordes dans un bar du 15ème à Paris: "Et sinon tu fais quoi dans la vie?" ...."Je suis charpentier." "Ah...."






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  8. Sur l'autoroute A6 il y a un an, pendant la nuit on s'arrete à une station. Quelques instants plus tard s'arrete une unité de l'armée francaise avec les treillis couleur désert. Les soldats font leurs courses dans la station pour acheter des trucs à grignoter. Sur leurs épaules sont marqués que ce sont des soldats dédiés à la guerre au Mali.

    Cette nuit là, à part l'encadrement, la filiation d'origine de ces jeunes étaient à 95% d'origine du Maghreb et d'Afrique. Quasi pas de "desouche". Ce qui n'enlève bien sur rien à la qualité de ces gars. Je me suis aussi dit que c'était pas ce qu'on voyait à la télé, pour les actus et les défilés.

    En même temps, c'était juste un groupe et pas toute l'armée francaise.

    Juste pour dire que le recrutement semble difficile, et qu'il doit s'opérer 'auprès de certaines populations., pour des raisons sociales...

    Et que ton intello explication babel et BHL machin, elle est bien perché...

    Mets de l'huile.

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  9. Propagande Babélienne afin de limiter le niveau d'éducation. Le taux de chômage est largement plus élevé chez ceux qui ne poursuivent pas leurs études :
    http://cache.media.education.gouv.fr/image/2012/33/7/Infographie-insertion_214337.jpg

    Ca devient de plus en plus n'imp ... Le syndrôme du blog : après avoir épuisé son domaine de compétence, ça dérape.

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    1. Faux! C'est vrai mais plus complexe que : un niveau ouvrier qualifié = un boulot. Dans les domaines de compétences recherchés et pour ceux qui sont bons le chômage n'existe pas et les salaires sont bons mais cela à toujours été vrai et le problème viens qu'en France les voies pros et techniques sont des voies de garages pour des brêles et donc que la plupart ne savent pas bosser. J'ai rencontré des gars avec BEP en mécanique qui ne savait pas ce qu'était un étau...
      En Allemagne pour avoir eut la possibilité de bosser avec eux les voies techniques sont plus valorisé donc il y a moins de brêles.
      En France ont gâche plein de jeunes dans des filières universitaires bouchées alors qu'avec un diplôme technique voir pro les gars trouveraient plus facilement un emploi et aurait un métier en mains. Dans une voie technique les "études" sa commence dans ton premier boulot, "écoute, bosse, et perfectionne toi." Une fois que tu maîtrise bien le boulot et que tu a compris le métier tu négocie ton salaire à la hausse et tu change de boîte si ça ne suis pas.

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    2. Oui, mais quels profils ?

      Le wesh ou le branleur bac-2 ou CAP, d'accord.
      Par contre, les mecs droits dans leurs bottes n'ont aucun problème pour trouver... d'ailleurs, les patrons font la sélection de leurs apprentis en amont pour éviter les boulets (souvent cassos ou CPF) et déceler les perles.

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  10. Petite annonce pour nos amis plombiers :
    http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/banksandfinance/10600331/Wanted-French-speaking-plumbers-for-tax-exiles.html

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  11. Le problème c'est qu'en France, le travail manuel est dévalorisé, donc tout le monde veut faire des études pour ne pas se salir les mains. Bilan, des hordes de psychologues, sociologues, commerciologues au chômdu ou des Bac +5 en communication qui touchent le SMIC.

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