jeudi 3 avril 2014

Bruno Bertez : Un jour ou l’autre, il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien…

L’Edito du Jeudi 3 Avril 2014: Un jour ou l’autre, il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien…Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 03/04/2014 (en Français texte en français )
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Nous soutenons l’idée que les élections françaises celles qui ont eu lieu et celles qui sont à venir, ont une importance capitale. Elles doivent, si on comprend bien l’importance de l’enjeu, permettre de créer une dynamique qui débouchera sur l’affaiblissement du gouvernement, sur un coup d’arrêt à l’évolution atlantiste de Hollande, sur un blocage de la dérive européenne et la fin du laminage des couches sociales petites et moyennes. Nous soutenons que tout est lié dans le grand mouvement, le colossal mouvement historique qui est en cours. La France a une position clef en Europe, elle peut dire non. Elle peut bloquer la vassalisation de l’Europe, elle peut contrer l’hegemon anglo-saxon, elle peut œuvrer en faveur d’un monde multipolaire juste et plus sûr.

Jour après jour, texte après texte, nous tentons de donner un sens aux événements. Que ce soit au plan financier, au plan social, au plan géopolitique ou géopolitique. Nous nous écartons de notre entreprise première qui était de d’informer sur les choses de l’économie, de la finance et de la Bourse. Pourquoi?

Parce que le glissement des six dernières années fait que ces domaines ne sont plus autonomes, ils n’ont plus leur vie propre, ils sont devenus serfs, pilotés, dirigés. Ce sont des enjeux. Ce sont des variables, des armes, dans la panoplie des gouvernements et de leurs banques centrales. A ce titre, ils s’inscrivent plus que jamais dans la politique, c’est à dire, dans notre conception, dans la lutte pour le Pouvoir, la Puissance, les richesses, les femmes -et maintenant les hommes- bref dans la lutte éternelle pour les dépouilles, le butin.

Bref, ils sont au service de la reproduction d’un ordre social, (des)ordre social mondial, issu du coup de force anglo-saxon des dernières décennies, coup de force qui se désigne sous le nom de globalisation-financiarisation. Car les deux sont liés, inséparables, la globalisation n’est pas autonome, elle est globalisation sous le signe et la primauté de la finance.

Il ne sert à rien de couper les cheveux en quatre sur les objets du marché financier dès lors que celui-ci n’est plus animé d’une vie propre, il n’a pas plus de réalité que la marionnette dont l’opérateur tire les ficelles dans la coulisse. Il est une ombre. Une représentation qui se donne à voir en fonction de certains objectifs. Si vous en doutez, regardez les sanctions financières contre la Russie: 50 milliards de pertes de richesses en quelques jours. La Russie rentre en récession. Regardez la misère dans laquelle on a plongé l’Iran, regardez le précipice que l’on essaie, par la déstabilisation financière, de creuser sous les pieds de la Chine. Souvenez-vous de la mise au pas de l’Europe, il y a deux ans, mise au pas qui a forcé la BCE à abandonner les voies de l’orthodoxie et à s’aligner sur les vues et intérêts anglo-saxons. Poutine n’est pas dupe qui vient d’annoncer la mise en place d’un système de paiements autonomes pour échapper à la dictature anglo-saxonne. Les Chinois ont compris, qui accumulent l’or, qui tentent de créer un marché autonome et une zone Yuan, qui multiplient les accords bilatéraux, qui transfèrent leurs avoirs loin de « l’overreach » américain. La finance, celle des assets, celle des transferts, celle des impôts, celle du recensement des avoirs, est au cœur des affrontements et des manœuvres post-crise.



La situation est simple. Après des années de déclin, les Anglo-saxons ont voulu renverser le cours de l’Histoire. Ils ont mis en place, au début des années 70, puis ensuite au début des années 80, un ordre nouveau dérivé du capitalisme, une abstraction du capitalisme, un nouvel ordre: l’ordre financier. C’est un ordre qui s’est présenté comme multipolaire alors qu’en réalité, il est hiérarchisé. Certains en détiennent la clef et d’autres non. Le centre de cet ordre est le couple Grande-Bretagne-Etats-Unis. Le principe de cette mise en ordre, mise en coupe, est le profit financier, bancaire, spéculatif. Ce que nous appelons le capitalisme d’arbitrage, celui qui joue sur l’écart entre les valeurs de tout, de tout ce qui se traite sur un marché. Actions, obligations, dettes, matières premières et, bien sûr, le cœur de tout, le travail. Car l’arbitrage international du travail, cet arbitrage qui est la cause et la source du chômage, se traite sur un marché concret, le marché des marchandises.

Le véhicule de cet ordre, ce sont les flux financiers, les structures, les superstructures, les théories et même, dans une certaine mesure, la culture. L’objectif de cette mise en ordre, ce n’est pas l’égalité, la justice, le progrès, le développement commun, non, c’est la maximisation du profit financier, au bénéfice d’une classe, d’un hegemon et d’un impérium. La règle du jeu a cessé d’être la production de richesses, elle a muté en sa dérivée la production de valeur. D’où, au passage, l’accroissement considérable des inégalités entre ceux qui avaient accès au crédit qui gonfle en levier les valeurs et ceux qui en étaient barrés. D’où l’appauvrissement relatif de ceux qui épargnent et produisent, au bénéfice de ceux qui financent avec de l’argent emprunté et qui spéculent. D’où, l’enrichissement des malins, des rusés, des bien-placés, au détriment des producteurs. D’où le Crony Capitalism.

Le système a muté également au cours de la période. On est passé de l’exploitation des travailleurs, des ouvriers dans les usines, à l’exploitation magique, soft, par la finance, c’est à dire les signes, les abstractions que l’on ne voit pas. Cela ne veut pas dire que l’exploitation du travail n’a pas continué, mais cela s’est déplacé ailleurs, là où on ne la voit plus, en Chine, au Bangladesh, au Vietnam, etc. Bref, chez les émergents. Les peuples, chez nous, sont en quelques sorte devenus de petits exploiteurs sans le savoir. D’où un changement de mentalité. Ceci explique l’affaiblissement des gauches productivistes, des syndicats. Ils n’ont pas suivi les délocalisations des postes de travail, ils sont restés dans leurs fauteuils d’infirmes quasi assistés, car privés de forces vives et vivifiantes de l’effort.

Le mouvement que nous décrivons, en forme de survol, a des limites. Eh oui, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Plus on crée de soi-disant valeur, plus il faut en extraire du profit pour rentabiliser tout cela, pour rembourser, pour justifier les hausses des cours de Bourse, plus il faut taxer et surtaxer pour honorer les dettes. Plus la masse des assets, nous n’osons pas dire « actifs », financiers croît, et plus il faut prélever, faire du cash-flow pour justifier la valeur atteinte, accumulée. Il faut ce que l’on appelle « deliver ». Honorer les « claims » ; Désolé pour les anglicismes. Avec une masse accumulée de 160 trillions de dollars dans le monde, il en faut des richesses réelles pour maintenir tout en vie, pour maintenir tout cela solvable. Le besoin de prélèvement devient considérable, disproportionné. La masse de 160 trillions devient peu à peu fictive, c’est à dire qu’une grande partie n’est gagée par rien, du vent, des promesses. Tout le monde ne peut prétendre à ce que ses droits, son capital, ses créances, soient honorés.

C’est ce qui est apparu en 2008, le révélateur en a été la crise dite du « subprime », c’est à dire la crise des prêts douteux au logement. La crise a révélé, non seulement un surendettement, mais une insolvabilité généralisée. Autrement dit, puisque l’on ne pouvait maintenir la valeur de tout ce capital, il y avait un besoin de destruction. Un besoin de dépréciation. Un besoin de restructuration, étalement, moratoire. Appelons-le comme nous voulons, du moment que cela recouvre la destruction de ce qui est fictif et ne peut être honoré.

En bonne logique, conformément aux règles internes du capitalisme et à sa morale, tout ce qui était fictif, bidon, obsolète, périmé, dépassé par le progrès technique, par la modernisation des processus de production, tout le capital qui était adossé « à la pourriture » du système devait être détruit. C’est la seule justification du capitalisme. On a le droit, la liberté de s’enrichir en produisant des richesses utiles à la société, mais si on cesse d’être efficace, alors on accepte sa responsabilité et on accepte d’être ruiné. Le gain comporte un risque, et quand le risque survient et que l’on perd, cela est dur, mais c’est ainsi, on est ruiné. Le capitalisme dans sa dureté n’est défendable que sous ces deux aspects, liberté et responsabilité. L’introduction de la dissymétrie, les gains pour moi et les pertes pour la société, discrédite le système. Si on avait accepté la destruction, l’efficacité et la morale du système auraient été assurées. Mieux, le système aurait été légitimé. On serait reparti sur des bases saines, fortes, solides, on aurait déblayé l’avenir. Cassé les chaînes du boulet de l’excès de capital fictif, non productif, non compétitif.

Hélas, le rapport des forces sociales, politiques, la gangrène des élites, la pourriture des médias, étaient tels que l’assainissement a été jugé inacceptable. Et les classes dominantes ont eu la possibilité de refuser en quelque sorte que justice capitaliste soit faite, elles ont triché. Elles ont fait en sorte, à la faveur de l’enfumage, que non seulement leur capital fictif ne soit pas détruit, mais en outre que, pour les sauver, on crée encore plus de monnaie, de quasi-monnaie, de dettes et que l’on mette les taux d’intérêt, c’est à dire la rémunération de l’épargne à zéro! On a créé de la monnaie pour rendre les dettes supportables, pour solvabiliser comme on dit, pour gonfler artificiellement la valeur des actifs financiers menacés de destruction, pour rendre vie à des collatéraux zombies, pour fabriquer des faux bilans. Au passage, on a modifié les règles comptables, mais c’est une autre histoire. Ainsi, on a consolidé la masse énorme d’actifs financiers afin qu’ils puissent continuer à prétendre prélever sur les richesses, les cash-flows. On a fait en sorte qu’ils puissent être « honorés »-le choix du terme est une honte- malgré leur péremption.

Autrement dit, on a continué de gonfler le passif du bilan du système mondial par le crédit gratuit, la création de monnaie, la lévitation des cours de Bourse. Ce faisant, alors que l’actif du bilan restait quasi stagnant, on a accru les déséquilibres. En effet, la croissance de la production de richesses réelles s’est pour ainsi dire arrêtée. Mieux, même les GDP réels correspondant à de vraies productions de biens et services consommables ont chuté. Le Gap entre ce que l’on pourrait produire et ce que l’on produit réellement est colossal. Le résultat est que la disproportion entre le passif et l’actif réel a augmenté et que le système est encore plus déséquilibré, plus fragile qu’avant. La masse des assets financiers visibles, on ne compte pas les droits, les claims, tels que les retraites bien sur, la masse des assets visibles dépasse largement le double du GDP mondial ! Et tout ceci alors que personne ne conteste, et pour cause, l’entrée dans une phase de croissance faible, voire dans une période de stagflation.

Et nous en étions là, en Avril 2013. Un passif pléthorique, un actif insuffisant. Le tout cependant gelé car le passif ne circule pas, beaucoup de liquidités sont oisives, la prudence l’emporte, on garde des réserves, la monnaie et quasi-monnaie ne tournent pas, elles sont comme neutralisées. Beaucoup d’argent spécule, donc est bloqué sur les marchés. Ce qui fait que le déséquilibre ne se manifeste pas. Le système donne une apparence de stabilité grâce à ce que l’on appelle le Ponzi, c’est à dire grâce au fait que l’argent que l’on crée est sans cesse utilisé pour soutenir la valeur des assets, des cours de Bourse, de dettes. Pierre vend à Paul qui revend à Jacques…

C’est une situation précaire, transitoire. Pourquoi? Parce qu’un tel système est instable, fragile. Il est vulnérable aux excès intérieurs et aux chocs extérieurs. Il peut basculer à tout moment dans l’euphorie si les spéculateurs considèrent que leur enrichissement va durer toujours, il peut basculer dans l’autre sens s’ils cessent de croire aux miracles. Il est à la merci d’un emballement inflationniste ou d’une rechute déflationniste.



Les premiers symptômes de la montée des risques ont conduit les USA à envisager de réduire, puis stopper les politiques monétaires décrites ci-dessus. Nous entrons dans la période de vérité, de retour sur terre, de réconciliation, comme on dit. Cette période se définit comme une période, soit de partage, soit de pillage. Face à un actif insuffisant pour un passif trop grand, le partage, ce serait la répartition de la rareté entre tous les participants au jeu mondial; le pillage, ce serait la possibilité pour les uns de se goinfrer et de spolier encore plus les autres. Le pillage, c’est le dépeçage au profit du plus fort et de ses complices, et son symétrique, l’appauvrissement des plus faibles et des moins solides. Vous avez compris que le choix des classes dominantes, c’est le dépeçage. La politique en cours est engagée dans cette direction,. Les Anglo-saxons, les kleptos, les bourgeoisies compradores, ont commencé le processus à la fois au plan intérieur, dans chaque pays, et à l’extérieur, dans le monde entier. Sus à tout ce qui est vulnérable. Il faut réduire les droits des uns sur la richesse mondiale pour préserver les droits, voire augmenter les droits des autres.

   D’où les politiques d’austérité, de réformes scélérates, d’érosion des protections sociales et des retraites, l’amputation de l’éducation.

   D’où, pour faire tenir tranquille les peuples, la propagande malthusienne.

   D’où les tensions géopolitiques, il faut conquérir les actifs des autres, leurs richesses gazières, leur gaz de schiste, leurs matières premières, contrôler leurs oléoducs, etc. Ou bien encore, il faut leur en barrer l’accès.

   D’où la recrudescence de pressions sur les vassaux pour qu’ils s’alignent.

   D’où la mise en coupe réglée de certaines parties du monde au mépris de l’Histoire et de la géographie et des engagements antérieurs.

La volonté de faire rendre gorge à certains pays, après l’Irak, la Libye, passe par la mise sous coupe réglée de l’Europe. Il faut que, non seulement elle ne s’oppose pas et ne dénonce pas, mais il faut qu’elle participe afin de s’assurer de sa complicité. Il faut donner une apparence « morale » au pillage. L’Europe a cessé de prétendre être un rival, un concurrent, l’enjeu maintenant est de l’aligner totalement.

La politique d’encerclement de la Russie s’inscrit, bien sûr, dans ce cadre. On prépare déjà un après Poutine chez les néocons ! On rêve d’un nouveau Gorbatchev qui vendra son pays à la CIA, ou pourquoi pas d’un nouvel Eltsine. Et surtout, on commence à asphyxier la Chine. La dévaluation du Yen, le rapprochement Japon/Corée du Sud, la constitution de bases qui encerclent la Chine, le financement des agitations séparatistes, tout cela va dans le même sens, affaiblir la Chine comme on l’a fait de l’URSS, de l’intérieur, de telle façon que le régime craque, qu’une opposition se forme et que « la communauté internationale » des pillards puisse exercer ses droits, son droit. En l’occurrence, l’objectif est d’empêcher les mutations en cours qui verraient le consommateur chinois exercer ses droits de prélèvement sur les richesses mondiales et les ressources rares; rendez-vous compte, que se passerait-il si le Chinois commençait à jouir autant que l’Américain ou l’Européen ! Et puis, il y a l’autre aspect, l’autre enjeu, le trésor amassé par le régime de Pékin, ses immenses réserves, une partie colossale du passif mondial, sous forme de créances sur les pays développés. Il faut à terme, pouvoir le neutraliser, mieux, le confisquer. Quelle joie si on pouvait appliquer, là aussi, les fameuses Sanctions.

Laminage des populations à l’intérieur des pays, monté des tensions géopolitiques, cela va de pair. Il suffit de regarder l’Histoire. Les deux phénomènes sont indissociables. Comme les deux faces d’une même pièce, d’une pièce de 160 Trillions qui représente le passif mondial.

Intuitivement, les peuples sentent bien la cohérence profonde des événements disparates qui se déroulent sous leurs yeux. Ils voient, ils sentent, sans pouvoir le verbaliser, que tout est lié. L’appauvrissement chez eux et la multiplication incroyable des conflits guerriers.

Ils savent que la morale, la justice, tout cela c’est du pipeau et que l’on est dans une grande phase de pragmatisme cynique. Chacun ses intérêts. Ils sentent que la période de concertation, de coopération, qui a accompagné la montée des passifs est en train de se terminer. Ils savent qu’elle laisse la place à l’affrontement et à la guerre pour la mainmise sur les actifs, sur les richesses réelles.

Très souvent, nous entendons les uns et les autres dire, désabusés: « tout cela se terminera par une bonne guerre », ils ont raison, ils ont une intuition que les élites n’ont pas, aveuglées qu’elles sont par leur propre propagande. Ces idiots croient à leurs mensonges!

15 commentaires:

  1. Se terminera par une bonne guerre, ou pas !...

    Un texte bien long ou il y a du vrai mais aussi beaucoup de roman ce qui, dans une réponse point par point conduirait inévitablement à une pratique de même nature, en fin de compte assez stérile...

    En fait le système financier actuel est effectivement assez compliqué mais on peut en percevoir les contours par quelques connaissances sur les modalités de la création monétaire (assez simple à comprendre), et un petit tour sur les sites boursiers et les informations des principales banques centrales (FED-BCE-BOJ), notamment les bilans.

    Après chacun peut broder à l'infini mais au final on ne peut que constater qu'il s'agit encore et toujours de la même ingénierie financière à l'œuvre depuis plus de 2 siècles avec succès au total puisque la monnaie papier a fini par l'emporter, (supplantée maintenant par la "monnaie électronique") et que, malgré une très mauvaise image des banques, nous y laissons sans broncher l'essentiel de nos chers deniers.

    Dans ces conditions, et malgré certains effets peu moraux le système tient et c'est maintenant la référence mondiale (peut-être parce qu'il favorise les "riches" partout !...) au point, me semble-il, qu'il n'est guère sur le point de disparaître sauf révolution mondiale (au minimum aux USA) ce qui "à cht' heure" (comme on dit dans le nord) n'est point d'actualité...

    Bien sûr, il y a aussi le danger de la dette des états mais tant que ceux-ci remboursent capital et intérêts ( payés par de nouvelles dettes évidemment...), tout baigne. Y a-t-il une limite à cette dette ? certainement mais le japon en est actuellement à plus de 250 % du PIB ( Les USA et l'Europe autour de 100 % grosso modo) et les créanciers continuent à prêter sans problème. Le grand soir de la banqueroute généralisée, sœur Anne l'attend mais ne le voit pas venir...



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    1. Révolution ou, on peut rêver, le changement du système politique d'un pays phare sur le plan idéologique (tiens, la France ?) pour une démocratie, qui ferait tâche d'huile, et qui offrirait une légère chance de passer à autre chose sans violence pour peu les consommateurs avides qui peuplent les pays redeviennent des hommes.
      A part ça ou une pénurie du pétrole rapide et totale qui serait la meilleure chose qui puisse arriver...

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    2. "malgré une très mauvaise image des banques, nous y laissons sans broncher l'essentiel de nos chers deniers."
      Faux : J'ai l'obligation légale d'avoir un compte en banque sinon je me contenterai de planquer mes liquidités. Rien que cette loi indique notre niveau de liberté et où se trouve les maîtres. De la même façon, l'état m'oblige a passer par l'intermédiaire d'une banque pour recevoir un salaire supérieur à 1,5 SMIC ou pour payer mes gros achats.
      Je n'ai jamais fais confiance au banques, et je ne suis pas le seul mais par la loi on a habituer puis contraint progressivement les gens à se lier totalement à elle pour les échanges marchands.

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    3. A anonyme 4 avril 2014 13:38

      Ce que vous dites est vrai mais la nécessité d'avoir un compte ne vous oblige pas à y laisser dormir vos liquidités. Vous n'êtes pas obligé non plus d'avoir des produits bancaires et pourtant les livrets, plans, assurance vie etc. ne manquent pas d'amateurs. Vous pourriez éviter les chèques et les cartes de paiement mais, comme vous le dites, nous y sommes habitués et franchement c'est tout de même plus confortable pour la vie de tous les jours. Souvenez-vous du flop de Cantona...

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  2. Dans un débat avec Jean-Luc Mélenchon, en octobre 2009, Alain Minc avait déclaré à propos de la dette publique :

    « La dette, à ce niveau, ne s’éponge plus que de deux manières : par la guerre ou par l’inflation. »

    http://www.youtube.com/watch?v=gKgtpZyBaBk

    Comment ça, par la guerre ?

    Par la guerre contre la Russie ?

    Par la guerre contre la Chine ?

    Par la guerre contre les pays pétroliers ?

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    1. Oui, tout est possible mais loin d'être certain...et Minc n'a rien d'un prophète, même pas la barbe !

      On peut aussi envisager un scénario différent comme des prêts négatifs consentis par les banques centrales, des contractions du pouvoir d'achat dans les pays "riches", un système monétaire piloté au niveau mondial et bien d'autres formules imaginables.

      Imaginer, inventer n'est-il pas le propre de l'homme ? Alors gardons confiance en l'avenir et si d'aventure la catastrophe est au bout du chemin (pratiquement certaine dans quelques milliards d'années...) l'univers restera "de marbre" et les morts ne se retourneront pas sans leur tombe.

      Mais chacun est évidemment libre d'avoir la certitude que le pire n'est plus qu'à deux pas et il peut même avoir raison sur bien des points mais pour la guerre ou l'effondrement économique la probabilité n'est, à mon avis, pas très favorable à "cht'heure" !...



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  3. J'avais relevé il y a peu sur ce blog une intervention de SORAL sur son concept de national socialisme. Sur le texte ci-dessus je note l'analyse dite d'encerclement de la Chine par les USA.
    Quel parallèle ?
    L'Allemagne des nazis avait relancé son économie en se finançant principalement auprès des.......................Français et des Britanniques (donc la thèse à Soral, aux idiots). Sa façon de nous avoir rembourser, on la connait. Et à l'heure actuelle quel est l'Etat qui détient en principal la dette des USA ?
    La Chine.
    Sans autres commentaires, je pense que vous avez tous FREE, non ?

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    1. Soral ou la conspiration guidant le monde !...

      Un allumé indispensable dans ce monde du spectacle mais il ne faut évidemment pas le prendre au sérieux pour éviter la sclérose cérébrale...

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    2. SORAL a une approche originale, pas du tout inutile, le seul soucis c'est la façon avec laquelle il tente de tout relier. Il est excessif. Nous sommes tous menacés de faire des raccourcis du même style et ce faisant, c'est la perte de crédit auprès de l'auditoire qui en résulte trop souvent. J'irai même jusqu'à écrire que c'est au détriment d'analyses intéressantes que des formules à l'emporte-pièce peuvent participer.Combien de causes sont victimes de défenseurs trop zélés !!

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    3. de nous avoir ....remboursés... (Euh !)

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  4. +1 au commentaire précédent
    La guerre est devenue la continuation de la politique par d'autres moyens, et la politique celle de l'économie par d'autres moyens (c'est de M. Ruppert).

    Or la guerre est mortifère pour les économies. Pour qu'elle reste à leur service, elle doit être de basse intensité et suivre les principes de la Blitzkrieg, c'est-à-dire l'attaque du fort au faible, violente et rapide.

    Elle n'est plus qu'un outil au service ultime des financiers, dont l'intérêt réside dans le maintien des déséquilibres et de la guerre perpétuelle, une stabilisation du désordre en quelque sorte. Ce qui recoupe ce qui Naomi Klein.

    Pourquoi les peuples laissent-ils faire ?
    Parce qu'il n'y a plus d'alternative à proposer à ce système qui paraît remarquablement antifragile (il se nourrit de ses faiblesses).

    Pour repousser indéfiniment le stade de la banqueroute, il suffit de convaincre le créancier de patienter.
    Et le créancier, ce sont les émergents et tous les pays périphériques de l'Occident-too-big-too-fail.

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  5. D'accord avec cette analyse ... sauf que selon moi Malthus n'est pas un épouvantail (et ne l'a jamais été d'ailleurs). On est bien en train d'atteindre les limites de la croissance exponentielle. Au mieux ce serait un pallier dans la mesure ou on parvient à faire un bond technologique majeur.

    L'inconvénient de l'explication à la Bertez c'est qu'elle donne l'illusion que les élites contrôlent le cours des choses, et qu'elle se seraient laissées aller par faiblesse ou habitude a la kleptomanie.

    Je pense au contraire qu'elles ont perdues le contrôle. Que leur objectif à la base, et c'est ce qui est censé leur donner le sentiment de supériorité morale, c'est la redistribution modérée. Mais vu que le système bute, elles font comme tout le monde : elles protègent leurs intérêts.

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    1. Pas d'accord, ce qui s'est passé en Ukraine montre la parfaite maîtrise des evènements par le bloc BAO. La contre attaque de Poutine en Crimée n'a fait que reprendre une petite partie du gateau géopolitique, les US sur ce coup là ont gagné, basta. Mais la suite est toujours délicate, la révolution Orange a échoué, Poutine a bien succédé à Elstine...
      Sur l'encerclement de la Chine, certes c'est séduisant mais qui oserait attaquer la Chine en frontal ??? En plus son alliance tacite avec la Russie renforcent les deux. C'est pour cela que les US montrent les dents. Nous sommes entrés dans une guerre mondiale entre l'alliance Chine-Russie vs l'entente US-GB-UE, le champ de bataille s'appelle Syrie, Iran et Ukraine et il y a des morts tous les jours.
      Les deux dernières guerres de ce type ont fait gagné l'empire de la mer vs la terre, jamais deux sans trois ???
      Pour ma part, je pense que la clef du système reste l'Allemagne, si elle rejoint l'empire de la terre, ça va faire mal aux US et GB car l'Allemagne tient toute l'économie européennes dans ses mains, y compris celle de la France. Le traité transatlantique vise à créer un verrou symbolique supplémentaire face à ce risque mais c'est un leurre , un truc symbolique. Les symboles sont très importants jusqu'au jour où on les piétine...
      L'avenir promet d'être palpitant.
      NB : Les Russes se sont fait avoir comme des bleus en Ukraine et semblent très en retard dans les guerres de 4eme génération, c'est assez inquiétant, d'autant plus que tout repose sur un seul homme, et la santé est parfois fragile, n'est ce pas Hugo...

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  6. @Anonyme 04/04/2014 14:19;

    Un petit rappel quant à certaines méthodes éprouvées par les anglo-saxons.
    Environ trois semaines avant l'attaque sur Pearl-Harbor, les USA avaient instauré un embargo pétrolier à l'égard du Japon. Nation déjà hautement industrialisée à l'époque et qui ne pouvant accepter un tel diktat dut assumer le rôle de déclencheur des hostilités (induites).
    L'essor économique de la Chine est gourmande en matières premières non renouvelables. Et tout particulièrement pour certaines d'entre elles parfaitement indispensables dans les technologies d'avant garde (spatial, énergies libres avec le palladium et terres rares...). Or, il se trouve que le tout proche et immense espace sibérien recèle près de 80 à 90 % des réserves mondiales estimées pour certaines d'entre elles......
    En faisant usage de l'UE dans ces manœuvres de diversion à l'égard de Moscou, les USA veulent vérifier d'abord si l'axe Moscou-Pékin peut être tangible dans la durée. Si d'après leur diagnostic ce n'est pas le cas, il y a tout lieu à s'attendre à un rapprochement obligé entre Washington et Moscou. Le coté "obligé" reposerait sur le traité de libre échange transatlantique et une monnaie unique selon certaines thèses pas si improbables (ce en quoi DSK représentait un gros cailloux dans leur sabot). Les USA n'ont aucun intérêt à affaiblir durablement Moscou. Adhérer à une analyse inverse relèverait d'une myopie aiguë !
    La position de l'Allemagne trouve son originalité dans le fait que seuls les intérêts en terme de business les préoccupent et dans cette histoire de traité de libre échange USA/EU elle n'a rien à y gagner, au contraire. D'où le tapis rouge déroulé aux pieds de notre machiavel en culottes courtes par Obama il y a peu. Et comme la France na manque jamais une occasion pour tenter par tous les moyens à se faire valoir au dessus de son partenaire d'outre Rhin, au risque d'être le dindon de la farce, elle est en train de devenir, de fait, un satellite de Washington.

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