jeudi 3 avril 2014

Bruno Bertez : Une issue fatale, mais …

Mister Market And Doctor Conjoncture du Mercredi 2 Avril 2014 : Une issue fatale, mais ….Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 02/04/2014 (en Français texte en français )
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La concurrence force à la baisse en chaine des salaires pour maintenir la compétitivité. C’est mortifère. Voilà la caricature du système global et singulièrement européen; on n’atteint jamais la terre promise, les côtes sont toujours, toujours plus loin, c’est la vis, le vice sans fin.





Oui c’est une bonne caricature, mais je pense que l’ossature de la caricature est un peu plus complexe…. et plus fatale.

Car plus les dettes s’accroissent, plus les ratios de dettes croissent, ce qui est le cas, malgré l’austérité et plus le poids du passif sur l’actif, le poids du mort sur le vif est asphyxiant. Dans les schémas de marche vers le mur, le grand mur, il faut absolument intégrer le poids croissant des dettes et la tendance de plus en plus forte à la déflation. Plus le capital s’accumule et plus il faut extraire de cash flow de l’activité vivante.



Pourquoi? Parce que c’est là où la crise finit par s’imposer, comme seule solution /issue, d’elle même, indépendamment de la volonté des hommes. La mécanique de la suraccumulation de capital non productif en regard de la production vivante, en regard des flux, c’est ce qui nous permet de dire avec certitude que l’issue sera fatale. Même, si bien sûr, nous sommes incapable de fixer un calendrier, notre thèse étant que le seul pouvoir des Pouvoirs est de retarder l’inéluctable. A la fin nous serons tous morts, c’est notre certitude.



Les moyens de retarder sont encore nombreux et puissants, ils passent tous, par la progression des risques vers le Centre,vers les dernières places fortes, et la création de liquidités:

   On a passé le risque des banques vers les marchés….

   Puis des marchés et du système financier sur les contribuables et leur Banque Centrale…

   Des assets financiers et quasi financiers sur la monnaie…

Maintenant ce sont les monnaies qui sont en première ligne en cas de retour puissant des tendances déflationnistes; en effet il faudra TOUT inonder pour éviter le naufrage du grand bateau spéculatif, le grand, avec les dérivés.





Et ceci ne sera possible que si cette monnaie est acceptée. Or les banques centrales ne sont pas loin des limites de crédibilité et de confiance, il faudra engager une nouvelle Banque centrale mondiale de dernier ressort. Elle devra inspirer confiance pour que sa monnaie soit acceptée et c’est alors qu’interviendra la solution-fausse solution bien sur- de la transformation du FMI en banque centrale de dernier ressort. Les plans existent, tout est dans les cartons, cela pourra se faire dans le weekend… End.

Vous voyez il y a encore beaucoup de chemin avant la fin.

Je donne ces précisions pour que les lecteurs comprennent pourquoi je ne suis pas un Cassandre millénariste. On rejoint ici ma position originale, à savoir qu’il n’y a pas de bulle sur les assets tant que l’on poursuit la même politique monétaire, dans ma conception, c’est la monnaie qui fait bulle, pas les assets.

3 commentaires:

  1. Et voilà ! Entendu à l'instant sur F.Info, Lamy fait pression sur FH pour proposer des petits emplois payés moins que le Smic parce que, compte tenu du niveau de chômage, un petit boulot c'est mieux que rien du tout !
    Elle est belle la "gauche" ...

    Cher, monsieur, le taux de chômage élevée c'est 100% de la faute des politiques, de cette mondialisation inhumaine encouragée par l'Omc, de la robotisation et des transferts de richesses des pauvres vers les riches par l'endettement.

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    1. Pascal Lamy affirme dans le même souffle qu'un des facteurs de décroissance majeurs est celui du taux élevé des inégalités et enclenche aussitôt son hymne aux petits boulots. Et il se croit cohérent !
      C'est le mode d'attribution des minimas sociaux qui n'a vraiment jamais été repensé.
      L'idée de maintenir au contact du monde du travail le capital social inactif devrait instaurer une subordination desdites aides à une sorte de domiciliation des récipiendaires au sein d'une ou de plusieurs entreprises. La notion de capital social "hébergé" pourrait alors naître. Un exemple, suite à la crise de 2008 la BBV (banque espagnole) avait instauré un salaire minimum à près d'un tiers de son salariat qui en d'autres circonstances, comme c'était alors le cas chez les concurrents du secteur des métiers de la finance, aurait du été licencié. Quand la reprise dans le secteur a ensuite donné quelques signes tangibles, les concurrents à la BBV ont du réembaucher et reformer son personnel manquant tandis que la BBV n'avait pas à le faire. Bilan des courses, le coût financier du passage de la crise a été moindre pour la BBV que pour ses concurrents.
      La mise à disposition d'actifs en stand by auprès des entreprises garantirait aux individus de ne pas se déconnecter durablement du monde du travail tout en offrant aux entreprises un service "suspension active-amortisseurs" capable de lui faire franchir bien des étapes de creux et de vagues économiques. Personnellement j'y rajouterai une dose de travaux d'intérêts collectifs en guise de contraintes civiques. Il faut faire de l'entreprise le pivot d'intégration de la société et non plus celui de sa désintégration.
      Si Lamy avait juste un peu d'imagination, il éviterait de se contredire, mais il est tellement convaincu d'être investi d'un capital intelligence hors du commun ---compte-tenu de son énorme CV---qu' il ne daigne pas ramasser la balle au sol ( de rugby.. la gonfle) !

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  2. Soyons clair... meme si l'avenir se situe au dela de l'horizon, le Systeme financier global est maintenu en lévitation par la fraude organisée: les banques centrales ont tout interet à jouer de concert avec les "bullion banks" sur le marché étroit du marché de l'or afin de casser sa dynamique haussiere et conforter l'illusion que le dollar est toujours le roi!. L'Empire manifeste des velleités de conquetes d'espace géostratégique en Europe mais aussi au Moyen Orient et particulierement en Asie Pacifique.

    Le "Grand Echiquier", ce "mein kampf" U.S, est explicite: maintenir la Russie sous pression de l'OTAN avec l'Ukraine comme ligne Maginot sous le nez des russes (version inversée des "missiles de Cuba").
    Isoler la Russie de l'Europe en supprimant, dans un 1er temps, la manne energetique pour faire basculer les necessités des USA vers l'UE...Le gaz de schiste sera importé par bateau et permettra à l'Empire une emprise supplémentaire sur ses provinces.
    Le traité transatlantique permettra de consolider l'absorbtion des états dans le maelstrom oligarchique des multinationales apatrides avec cette prééminence juridique internationaliste du moins disant ecologique, social....
    L'ouverture avec l'Iran à avoir -probablement- avec une réorientation stratégique visanr à isoler l'influence sino-russe et une rupture, en cours, du partenariat historique entre les USA et l'Arabie Saoudite (?). Cela permettra d'alleger la présence US dans cette région pour mieux concentrer son action militaire en Asie Pacifique. Le bellicisme nippon sert les interets US dans la région, appuyé en cela par une Coréé du sud menacée par sa soeur du nord.

    Une 3eme guerre mondiale est en élaboration, semble t-il, apres tout les USA ont émergé comme puissance émergente dans un monde d'empires en 1918, ils ont émergé de leur gouffre économique grace leur entrée en guerre en 1941 (pas grace au New Deal)... il est donc logique de s'interroger sur l'attitude qu'ils auront et les évenements qui pousseront, ici et là, dans un monde qui se cherche sur puissance et pouvoir... impérialiste.
    On notera au passage, que USA, CHINE et ALLEMAGNE ont toutes des velleites hégemoniques... à des echelles differentes: les USA étant les plus voraces!

    La crise financiere et économique, comprise comme systémique, ouvre le champs à de nouvelles formes de guerres d'agression, facon 2.0. On peut aussi imaginer que le feu nucléaire soit la véritable impasse à toute sur-action militaire, auquel cas la guerre qui se profilerait se jouerait sur le plan monétaire, avec le concours des nouvelles technologiques. Pour la Chine et la Russie la meilleure défense pourrait etre l'attaque!!!

    MASTER T

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