vendredi 9 mai 2014

François le liquidateur

François le liquidateur
RTL, 09/05/2014 (en Français texte en français )
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Pour ma part, je ne suis pas forcément contre. Le centralisme parisien, sa gabegie, son inefficacité, son égalitarisme frisant au communisme, sa déresponsabilisation généralisée du peuple, son immigrationnisme, sont devenus insupportables. Mais si c'est pour remplacer le centralisme parisien par la dictature remplaciste de l'Europe, je suis franchement pas sûr qu'on y gagne...

C'est choisir entre la peste et le choléra...

A noter aussi le sondage auquel fait allusion Zemmour : en cas d'élections locales aujourd'hui, le PS n'aurait plus que 2 régions et 16 départements... Faute de rentes et de prébendes, le parti d'élus locaux frères la truelle mondialistes qu'est le PS serait littéralement vidé de sa substance...

32 commentaires:

  1. "la dictature remplaciste de l'Europe" (Disco T.)

    C'est quoi ??

    1. Quelle dictature ? L'UE n'est pas dictatoriale. Le voudrait-elle, Bruxelles n'aurait aucun moyen d'imposer sa dictature sur la France ou les autres pays.

    2. L'UE serait "remplaciste" ? Réf. néc. Ceux qui se font remplacer grave, ce sont principalement les Français, et c'est leur choix (cf. par exemple les élections présidentielle et législatives de 2012, mais on peut aussi remonter à Jospin ou Mitterand).

    Je me faisais la réflexion récemment que le FN avait glissé ces dernières années d'une position anti-"grand remplacement" (et accessoirement anti-UE) à une position principalement anti-UE (et accessoirement anti-"grand remplacement").
    Mon hypothèse est la suivante : le politiquement correct a fini par gagner. Etre contre le "grand remplacement" (être "raciste", si vous préférez, en langage courant) est devenu trop inacceptable, un tabou absolu. Ceux qui voient bien que quelque chose ne tourne pas rond, mais qui n'ont pas le droit de le penser, ruent comme ils peuvent dans les brancards de l'UE, qui sert d'exutoire admissible.

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    1. La seule "caution démocratique" de l'Europe concerne les parlementaires qui sont élus. Ils n'ont pour ainsi dire aucun pouvoir, tout est décidé avant et après leur votes à la commission. Les élus font d'ailleurs preuve d'une assiduité relative et à géométrie varibale (cf reportage ARD sur l'absentisme des eurodéputes, et le cas Rachida Dati dont un enregistrement est arrivé à la presse française.) Y a-t-il eu des sanctions ? Evidemment non. On ne sanctionne pas des gens aussi dévoués.

      Tu as voté pour Barroso ou pour Van Rompuy ? Comment sont désignés les membres de la comission européenne. Je n'ai pas souvenir d'avoir voté pour moscovichy ou Harlem Désir. A qui ont-ils des comptes à rendre, a part à eux-mêmes, les gens qui les ont nommés et les lobbyistes qui les payent ?

      L'europe n'a rien de démocratique.

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    2. @Anonyme 9 mai 2014 12:39
      Trouver à redire sur le degré de démocratie de l'UE est une chose, la qualifier de "dictature remplaciste" en est une autre ! Ne fais pas semblant de ne pas comprendre.

      "Tu as voté pour Barroso ou pour Van Rompuy ?"
      Ni pour l'un, ni pour l'autre, ni pour Jean-Marc Ayrault, ni pour Manuel Valls, ni pour François Fillon. De même que les britanniques n'ont jamais voté pour Blair ni pour Cameron. Tu as le droit d'être contre la démocratie représentative, mais alors pourquoi ne pas le dire clairement au lieu de taper spécifiquement sur l'UE ?

      "Comment sont désignés les membres de la comission européenne."
      Google est ton ami, mais en gros, les commissaires sont proposés par les chefs d'Etats (un peu comme les ministres en France) et la commission répond devant le Parlement Européen (comme le gvt en France répond devant l'Assemblée).

      Moscovici et Désir sont les choix de l'exécutif français découlant des élections présidentielle+législatives en France en 2012. Ces élections étaient importantes et ont des conséquences logiques. Je ne cesse de le répéter. Se plaindre de "dictature" tout en votant blanc (ou nul ou pas du tout) est piquant.

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    3. Je ne suis pas contre la démocratie représentative. Je suis contre les systèmes ou les gens n'ont pas de compte à rendre.

      Et donc, voter quoi ? FN ? Ils voulaient "faire un coup" aux municipales s'est présenté à Forbach. Résultat : Philippot, qui a donc hérité d'une place de conseiller municipal, ne s'est pointé à aucune réunion (sauf la première) dudit conseil...

      Ils faut les pendre. Tous.

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    4. @Durand : le fonctionnement de l'UE c'est ça :

      1) la Commission Européenne dont les membres ne sont élus par personne fait une proposition au Conseil Européen (par exemple : l'autorisation de la culture du maïs transgénique Mon810)

      2) Le Conseil Européen qui regroupe les chefs d'Etat ou de gouvernement des 28 pays vote. La demande d'autorisation du Mon810 est refusée à la majorité des membres mais pas à la majorité qualifiée, qui seule fait autorité selon le TUE.

      3) La Commission Européenne en prend acte, comme elle a pris acte du vote consultatif (eh oui, faut pas pousser non plus !) du Parlement Européen sur le sujet (qui a voté majoritairement contre) mais décide finalement l'autorisation de la culture du maïs transgénique.

      Votre affirmation "Quelle dictature ? L'UE n'est pas dictatoriale. Le voudrait-elle, Bruxelles n'aurait aucun moyen d'imposer sa dictature sur la France ou les autres pays." est donc fausse !

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    5. @Anonyme 10 mai 2014 17:57
      Mon affirmation est pourtant une évidence, et votre démonstration manque pour le moins de fondement. Il ne m'a pas fallu deux minutes pour trouver que :

      "Le MON 810 est le seul OGM actuellement cultivé dans l'Union européenne. Son renouvellement d'autorisation est actuellement en cours d'examen par l'Union européenne, avec en parallèle des discussions pour revoir le processus d'évaluation des OGM. Les Etats de l'UE ont la possibilité d'interdire sur leur territoire un OGM autorisé par l'Union européenne." (6 mai 2014)
      http://www.20minutes.fr/ledirect/1367693/20140505-ogm-conseil-etat-maintient-interdiction-culture-mais-mon810

      Alors, dictature ? Chacun peut en juger !

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    6. L'article de 20 minutes n'est pas crédible vis-à-vis du droit européen. Si la Commission Européenne décide de contraindre les Etats qui ne veulent pas appliquer sa directive, elle le pourra. C'est aussi simple que ça.

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    7. @Anonyme 12 mai 2014 08:31

      Quelle directive ? Il me semble que vous confondez tout. Il y aurait eu directive pour interdire la culture du Mon810 si la majorité qualifiée avait été atteinte. Pour rappel : la majorité qualifiée est JUSTEMENT ce que veulent les eurosceptiques, pour que l'UE ait le moins de pouvoir possible.

      Eventuellement, ça vous embêterait de donner un lien étayant un tant soit peu vos propos ? Parce que c'est bien beau de juger mon lien "pas crédible", mais vous il faudrait vous croire sur parole...

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    8. @Durand : Non, pas me croire sur parole mais vous savez pertinemment que le droit européen prime sur le droit national. Pour vous éclairez, voici un extrait du même article :

      «Le gouvernement essaie d’intervenir au nom d’une urgence et d’un risque non démontrés; cela l’entraîne sur une voie qui ne respecte pas entièrement la légalité», a accusé Jean Bizet (UMP) en annonçant que son groupe déposera devant le Conseil constitutionnel une saisine reposant sur ces arguments. «Par divers petits arrangements, a-t-il ajouté, le gouvernement cherche à obtenir cette interdiction de la mise en culture des maïs transgéniques».

      Je vous invite à lire également la position de la Commission Européenne sur le principe de précaution : http://europa.eu/legislation_summaries/consumers/consumer_safety/l32042_fr.htm ou il est clairement énoncé que "le recours au principe de précaution n'est donc justifié que lorsque trois conditions préalables sont remplies:

      l'identification des effets potentiellement négatifs;
      l'évaluation des données scientifiques disponibles;
      l'étendue de l'incertitude scientifique."

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    9. "vous savez pertinemment que le droit européen prime sur le droit national"

      Oui, mais cela n'a rien à voir avec une dictature ! C'est un transfert de souveraineté. Si ce transfert de souveraineté se fait vers une institution non-dictatoriale, il n'y a pas dictature. C'est tout.

      On a tout à fait le droit d'être contre ce transfert de souveraineté. Moi, je suis pour. Que ceux qui sont contre l'assument au lieu d'utiliser des mots-épouvantails comme "dictature" ou "EURSS", qui servent apparemment à couper court à toute discussion.

      Le débat est en train de dériver sur le maïs transgénique, alors que ce n'était pas le sujet. Je n'ai pas d'avis sur la question des OGM.

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    10. @Durand : non, le débat ne dérive pas, bien au contraire. L'autorisation du maïs transgénique est un exemple (ça aurait pu être autre chose) du pouvoir dictatorial de la Commission Européenne qui impose sa vision politique sans tenir compte du choix de la majorité des Etats représentée au Conseil Européen et de la majorité des peuples représentée au Parlement Européen. CQFD !

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    11. Il fallait donc voter "oui" au référendum sur le traité constitutionnel en 2005 (ce que j'ai fait), CQFD !

      Mais peut-être serez-vous satisfait à partir du 1er novembre, en effet :
      "La majorité qualifiée devra alors rassembler au moins 55% des États membres (avec un minimum de 15 États) et 65% de la population" (contre la majorité des Etats et 74% des voix aujourd'hui).

      http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/fonctionnement/institutions/comment-est-organise-vote-majorite-qualifiee.html

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  2. C'est la seule explication possible à la soudaine accélération de Hollande, alors que cet homme est tout le contraire : un procrastinateur.

    Cette "note confidentielle" doit exister. En outre, pas besoin d'avoir fait l'ENA pour savoir que le PS se prendra une tôle en 2015 aux régionales.

    D'où l'entourloupe pour reculer d'un an les élections, avec l'espoir (comme d'habitude chez Hollande) qu'un "retour de la croissance" calmerait le désir de vengeance des français.

    Pépère peut toujours rêver.

    Il est cuit.

    Pour 2017 il ne lui restera plus que la lutte contre "la bête immonde", le "fascisme". On peut donc compter sur Hollande pour continuer à pousser le FN...

    Ce qui expliquerait là encore la sortie de Hollande au sujet du droit de vote des immigrés (durant son interview à BFM).

    Le plan se déroule comme prévu.

    La faillite économique de la France, entraînera la faillite du Système.

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    1. "l'espoir (...) qu'un retour de la croissance calmerait le désir de vengeance des français" (Anonyme 09:46)

      Sauf nouvelle crise style 2008, moi j'y crois, au "retour de croissance". Certes il sera faible, mais même Hollande ne pourra pas l'empêcher. Toute son habileté sera alors de présenter cette croissance comme résultant de sa politique.
      C'est pourquoi il faut toujours se comparer avec nos voisins pour juger d'une politique.

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    2. Non, mais là, il peut pousser le FN tant qu'il veut ca ne change rien. Le FN sera probablement en tête en 2017 (je ne suis pas madame Irma, mais c'est le sens de l'histoire). Et perdra assez probablement (disons à 99%).
      La montée du FN ne se fait plus au détriment exclusif de l'UMP. Elle se fait au détriment de tous les autres. Les vases ne communiquent plus comme avant.
      Donc sa seule chance, c'est de torpiller l'UMP ! J'espère pour lui qu'il à des dossiers à la DSK sur tout le monde...

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    3. Vous "croyez" au retour de la croissance. Le mot est juste.

      Car enfin, sur quoi vous basez-vous ?

      Le talent de Hollande ? Ses talents de réformistes ?

      La chance ?

      Et de quelle croissance parle ton ? Forte pour créer des centaines de milliers d'emplois ? Ou la "croissance" du CAC 40 ? Des prix immo ?

      Sauf élément exogène (nouvelle technologie, nouvelle source d'énergie... peu probable)... rien ne plaide en faveur du "retour de la croissance", d'une vraie croissance, celle que le populo voit et dont il peut jouir.

      Nous sommes endettés jusqu'au cout. Et la "croissance" vient pour beaucoup de cet endettement. Hollande va continuer bien entendu, mais en face, les terribles forces de la déflation feront que nous aurons au mieux un match nul.
      Et comme la population continuera d'augmenter, le PIB par habitant continuera de baisser.

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  3. ...d'ou la nécessité de reporter les élections régionales...

    Ces gens sont des crapules, d'insupportable parasites ne produisant rien et ne cherchant qu'à vivrent sur le dos du pays.

    Les quelques reformes actuelles ? Parce qu'ils voient bien qu'il sont en train de tuer le corps de la bete qui les hébergent.

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  4. Identité culturelle de l'Europe : "il n’y a pas d’homme-en-soi, hormis dans le cerveau surmené des idéologues, mais un façonnage culturel de l’humain ".
    Suite : http://bancduvillage.wordpress.com/2014/05/09/identite-culturelle-europeenne-la-crise-de-la-maturite/

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  5. Très fine votre analyse Tonio.
    Dans la même veine, j'ai toujours beaucoup de mal à digérer l'arrêt de la "niche fiscale" sur les mutuelles (part patronale). En effet, je n'ai pas encore pu constituer de patrimoine quelconque à partir de ces mutuelles...
    Je l'ai d'autant plus mauvaise que je viens de tomber sur une niche fiscale colossale que j'ignorais et qui vient d'être mise en évidence par cette sordide affaire
    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/le-grand-rabbin-de-france-par-interim-au-coeur-d-un-scandale-financier_1536349.html
    Au delà du coté polémique dès qu'on parle de cette communauté, je suis choqué de constater qu'il n'y aucune limite à ces dons... Ceci est un vrai scandale. Car en toute chose il y a la belle histoire et la vraie : La belle, c'est le sidaction, le telethon, les assocs pour malade pour qui le grand public fait des dons somme toute mineurs, la vraie, c'est l'arbre qui cache la forêt, ou plutôt le maquis des associations, que cette niche permet de financer sans limite (assocs bidon pseudo caritative pour financer des gens peu recommandables, ou même cette affaire où l'on voit l'abus de droit ou plutôt l'abus de niche !)
    Faible avec les forts, dur avec les faibles

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  6. Les bien pensants se lâchent et osent l'insulte, le peuple, c'est du caca, il ne comprend rien à rien, http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1197969-hollande-face-a-bourdin-sur-rmc-le-president-contre-la-france-des-beaufs-et-des-reacs.html un article de BRUNO ROGER-PETIT retenez ce nom si jamais vous le croisez, vous saurez quoi lui dire.

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    1. eh ben, il en tient une couche ce BRUNO ROGER-PETIT. Encore une belle presstitute !

      yongtai

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  7. ça date un peu, mais c'est toujours d'actualité :
    http://fortune.fdesouche.com/281103-exclusivite-fortune-gerald-celente-le-gang-financier-et-politique-est-impuissant-a-eviter-leffondrement

    yongtai

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  8. quelqu'un a entendu parler de cela ?

    http://fortune.fdesouche.com/338523-le-t-e-g-une-vraie-faille-dans-le-systeme-bancaire#more-338523

    yongtai

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  9. Je vais faire un parallèle entre la méthode en cours pour la "construction" européenne et la gestion collective de l'énergie notamment avec les modes d'acheminement du gaz.
    Si l'extraction du gaz est nettement moins onéreuse que celle du pétrole, en revanche ses modes d'acheminements - livraisons sont coûteux, très coûteux. La dépendance mutuelle entre zones livrées et zones d'extraction est manifeste avec le mode d'acheminement en pipe-lines. Elle induit des ingérences envers les régimes que les tracés parcourent. Sources de tensions, le gaz peut se révéler alors être très "explosif". En ce qui concerne l'Europe, la méthode qui gouverne l'assemblage hétéroclite des entités administratives locales vers un horizon continental mal défini, ou carrément pas du tout défini, conduit à des interdépendances soumises à de multiples distorsions que l'ouverture des frontières ne fait qu'aviver. Le résultat ne peut donc qu'être, lui aussi, explosif. Alors quand de sympathiques Enarques jouant du jeu de personnages aussi abrutis que l'auditoire auquel ils s'adressent pour mieux le tromper, l'enfariner, le leurrer affirment à tout bout de champ que l'Europe c'est la fin des conflits qui ont marqué l'histoire de ce continent, sans s'en apercevoir, ils en arrivent à être encore plus abrutis que l'image du masque derrière lequel ils veulent cacher leur machiavélisme.

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  10. Samedi 10 mai 2014 :

    Pourquoi le "vivre ensemble", c'est fini !

    Selon le géographe Christophe Guilluy, le verdict des élections municipales traduit l'émergence de la société multiculturelle. La question identitaire est portée comme un étendard.

    Christophe Guilly est géographe et consultant auprès de collectivités locales et d’organismes publics. Il a publié en 2010, "Fractures françaises", (Bourin éditeur), où il étudiait l’évolution socio-culturelle des classes populaires. Pour lui, le modèle républicain est mort et le verdict des élections municipales traduit l'émergence de la société multiculturelle. Les communautés, quelle que soit leur origine, rongées par l'angoisse d'être ou de devenir minoritaires, se mobilisent aujourd'hui sur des enjeux identitaires.

    - Le Nouvel Observateur : Après la bourrasque des élections municipales, quelle analyse faites-vous de l'état de crise politique et sociale du pays ?

    - Christophe Guilluy : La révolte gronde dans ce que j'appelle la France périphérique, c'est-à-dire les territoires qui sont à l'écart des grandes métropoles : bourgs, petites villes, la plupart des villes moyennes, une partie du périurbain et le monde rural. C'est une immense partie du territoire qui accueille 60% de la population et 80% des nouvelles catégories populaires : ouvriers, employés, petite classe moyenne en voie de paupérisation, jeunes et retraités issus de ces catégories.

    Depuis quelques années, toutes les radicalités sociales et politiques viennent de cette France périphérique. Les bonnets rouges, par exemple, ne partent pas de Nantes, Brest ou Rennes, mais de Carhaix et du fin fond du Finistère. De même, la carte des plans sociaux est calée sur cette France de petits bourgs souvent méconnus. Et les poussées du FN aux municipales viennent, elles aussi, de ces territoires : Brignoles, Hénin-Beaumont, Béziers, etc.

    C'est une France des fragilités sociales et économiques favorable au social, mais uniquement pour sa communauté. Des électeurs qui développent un discours très hostile aux "fainéants", aux "assistés", et, en réalité, aux immigrés. On assiste à une critique paradoxale de l'Etat-providence par ceux qui en ont le plus besoin.

    - Aux municipales, la gauche s'est effondrée dans cette France-là, mais a bien résisté dans les grandes métropoles...

    - La malédiction de la gauche, c'est d'avoir gagné la mairie de Paris en 2001. Aujourd'hui, si on veut gagner la France, il faut perdre Paris ! La logique métropolitaine repose sur la dynamique de l'économie-monde, et ça marche : on estime que deux tiers du PIB sont réalisés dans les métropoles, ce qui, in fine, permet des transferts vers les autres territoires.

    Ces moteurs économiques ont mécaniquement attiré les populations les plus qualifiées en entraînant une gentrification du parc de logements privé, inaccessible désormais aux catégories modestes. Cette disparition de l'essentiel des classes populaires de ces lieux du pouvoir économique et culturel est au cœur du malaise français car, pour la première fois dans l'histoire, les catégories populaires ne vivent pas là où sont produites les richesses.

    La disparition du parc privé "social de fait" n'est pas compensée par la construction de logements sociaux ; un parc social qui s'est spécialisé peu à peu dans l'accueil des populations immigrées et qui explique que ces territoires soient aussi les plus inégalitaires de France. Dans ces métropoles, l'ouverture, la mondialisation, est une bénédiction, les majorités électorales qui s'y dessinent favorisent donc mécaniquement le PS (Paris, Lyon, Lille, etc.), les Verts et la droite modérée (Juppé à Bordeaux, Moudenc à Toulouse...).

    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140505.OBS6135/pourquoi-le-vivre-ensemble-c-est-fini.html

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  11. - A vous entendre, dans les métropoles et les banlieues, c'est l'alliance des bobos et des immigrés qui fait gagner la gauche. Pourtant, aux municipales, les banlieues ont voté à droite...

    - Cette "alliance objective", plus qu'une "alliance", est d'abord le fruit d'une géographie inédite puisque aujourd'hui deux tiers des immigrés extraeuropéens et plus de 60% des cadres se concentrent dans les agglomérations de plus de 200.000 habitants.

    Ce qui est vrai, c'est qu'aux municipales les musulmans n'ont pas voté à gauche. Mais cette désaffection renvoie à une erreur de diagnostic sur le vote Hollande en 2012 (ou Royal en 2007). A l'époque, la communauté musulmane a voté à plus de 90% pour Hollande uniquement par rejet de Sarkozy. De la même manière, les "petits Blancs" qui ont rallié massivement Sarkozy en 2012 vivaient dans le fantasme d'un Hollande candidat des musulmans et des immigrés.

    Il faut relativiser fortement les résultats des municipales en banlieue. Les gens ne votent pas. Les municipales en banlieue, ce sont des élections sans le peuple. Au contraire de la présidentielle de 2012, où les catégories populaires se sont déplacées, ce qui a permis la victoire simultanée des thèses de Patrick Buisson à droite et de celles de la fondation Terra Nova à gauche.

    Sur toutes ces questions ethnoculturelles, droite et gauche tiennent un discours officiel républicain mais ont des pratiques de campagne communautaristes. Or, aujourd'hui, les classes populaires se déterminent de plus en plus sur des questions identitaires. Donc, d'un côté, la gauche agite le spectre du racisme pour mobiliser les minorités, de l'autre la droite fustige l'islamisation pour séduire les "petits Blancs".

    - Si les classes populaires se déterminent sur les questions identitaires et non plus économiques et sociales, le choix de Manuel Valls, c'est une bonne réponse de la gauche pour essayer de les reconquérir ?

    - C'est le meilleur pour répondre à la demande d'autorité. Mais comme la question identitaire est aussi ethnoculturelle, il lui sera difficile de parler en même temps aux "petits Blancs" et aux musulmans. Autre difficulté, les attentes des électeurs musulmans sont à des années-lumière de celles de la gauche sociétale. Ils sont ancrés dans la tradition et réagissent exactement de la même manière que les "petits Blancs".

    Depuis vingt ans, la réislamisation des banlieues d'un côté et le vote FN de l'autre sont les deux faces de la même médaille. Aujourd'hui, chez les jeunes et dans les milieux populaires quelle que soit l'origine, la question identitaire est portée comme un étendard. Ces populations se nourrissent d'un bricolage ethnoculturel par effet miroir. Il marche pour tout le monde : le petit Blanc, le petit juif, le petit musulman, le petit Noir car l'identité, c'est aussi quelque chose que le regard de l'autre vous fait porter.

    - C'est la fin du modèle républicain ?

    - Ce modèle assimilationniste est mort. On assiste à l'émergence de la société multiculturelle. Nous, Français élevés au biberon du républicanisme, sommes très mal à l'aise avec cette réalité. Or la société multiculturelle, c'est une société où l'autre ne devient pas soi. Si l'autre ne devient pas soi, j'ai besoin de savoir combien va être l'autre. La crainte d'être ou de devenir minoritaire est une angoisse identitaire quelle que soit l'origine. Sur cette question, on est tous fondamentalement pareils : le cadre, l'ouvrier, le musulman... On peut avoir un discours de gauche, de droite ou d'extrême droite mais on réagit de la même façon.

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  12. Suite et fin de l'interview de Christope Guilluy :

    - Pourtant le vote FN est parfois massif dans des régions où il n'y a pas d'immigrés, et inversement il peut être faible là où il y en a beaucoup...

    - Il faut rappeler dans quel contexte s'inscrit la montée du FN. Le dernier rapport de la CNCDH (Commission nationale consultative des Droits de l'Homme) confirme une tendance observée depuis plus de quinze ans, un rejet massif de l'immigration : 75% des sondés jugent qu'il y a trop d'immigrés. Cette question préoccupe la société tout entière et s'exprime différemment en fonction du lieu de vie, de la couleur politique et de la situation sociale. Mais il y a bien un point commun entre le vote frontiste et les pratiques de contournement de la carte scolaire : le rejet de l'immigration.

    De la même manière, la localisation de l'immigration n'est pas un bon indicateur pour mesurer le vote FN. Il était très fort en Seine-Saint-Denis à la fin des années 1980 et il a reflué parce que les "petits Blancs" sont partis. Le potentiel électoral du FN s'est déplacé en Seine-et-Marne, dans le Val-d'Oise ou dans l'Oise, dans les lotissements pavillonnaires bas de gamme construits dans les années 1970-1980 pour accueillir notamment ceux qui fuyaient la petite couronne.

    Ces électeurs peuvent vivre dans des villages où il n'y a pas d'immigrés, mais ils trimballent avec eux leur histoire et leur vote. Prendre sa valise, quitter l'endroit où l'on est né, c'est un acte très fort, source d'un fort ressentiment. Un déménagement, c'est encore plus violent qu'un vote. Cela signifie que les gens ne veulent pas d'un "vivre ensemble" qu'on leur impose, ce qui n'interdit pas rencontre et fraternité.

    Mais aujourd'hui, et à l'exception des primo-arrivants, personne, pas plus les "petits Blancs" que les bobos, ne s'installe à La Courneuve ou à Clichy-sous-Bois. A bien des égards, la société multiculturelle française ressemble de plus en plus à celle qui existe en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis.

    - Et est-ce que c'est forcément la barbarie ou la guerre civile ?

    - Non, c'est le paradoxe, "se séparer", c'est aussi refuser l'affrontement. D'ailleurs, les tensions ne sont vives que sur les rares "territoires de contacts" des catégories populaires. La poussée FN dans certaines petites villes pauvres du Sud ou du Nord repose avant tout sur un conflit territorial non dit, exacerbé par des dynamiques démographiques différenciées.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140505.OBS6135/pourquoi-le-vivre-ensemble-c-est-fini.html

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  13. L'étron qui fait le clown sur BFM, avec Merckel, sur l'Ukraine, qui raconte n'importe quoi en permanence, qui se déshonore chaque jour un peu plus, se ramasse une nouvelle tôle dans la gueule.

    Et c'est bon.

    Quand il sera à 0 il fermera peut-être -espérons le- sa petite gueule.

    Autre motif de satisfaction : son jaune ridicule, AKA Manuel El Blancos, lui aussi commence à se prendre des baffes dans la gueule.

    Là encore, extrême jouissance.
    ***************
    François Hollande enregistre une nouvelle baisse de sa cote de satisfaction (18%, -5), tandis que l'action de son Premier ministre Manuel Valls suscite le mécontentement de 51% (+8), selon le Baromètre OpinionWay publié dimanche pour Clai-Metronews-LCI.

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  14. Bravo en tout cas à la belle Conchita Wurtz pour sa performance über-magnifique à l'Eurovision !

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  15. Ce soir, dans CAPITAL sur M6: Allocs, sécu, retraites: le système français...

    "En ces temps de crise, le modèle social français, l'un des plus généreux au monde, est un bon filet de sécurité pour les plus fragiles. Mais alors que les finances de l'État sont en berne, peut-on encore se permettre de dépenser chaque année 600 milliards d'euros dans les régimes sociaux ? L'assurance-maladie, l'Unedic, les caisses d'allocations familiales et les régimes de retraites ne sont-ils pas parfois trop généreux ? Une générosité qui peut s'accompagner d'abus. Au sommaire : «Au chômage à 6000 euros» - «Allocs logement : une aubaine pour les marchands de sommeil» - «Les largesses de l'assurance maladie» - «Retraites : les coûteux privilèges des régimes spéciaux»

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  16. C'est vrai qu'il en faut pas mal du matériaux pour pailler au naturel. C'est tout le paradoxe du terme "déchet vert", notamment les tontes, les feuilles et les branches. En se dégradant, un paillage naturel enrichit le sol. Mais cependant, la bâche noire remplit son office de barrière protectrice du sol. Après pourquoi pas essayer, pour compléter, sur une certaine surface.

    A part ca, sympa la gagnante de l'eurovision. :) Le mélange des genres n'existe pas. L'année prochaine je me fais poser une paire de seins et je vais chanter une chanson sur la tolérance, les oiseaux, les conneries... Non, parce que 30 ans sans victoire française, ce ne peut plus durer.

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  17. @Anonyme 12/05/14 08;12

    ........."Non, parce que 30 ans sans victoire française, ce ne peut plus durer.".................

    Si la France est représentée par des hurluberlus chantant en anglais.... J'en ai rien à battre qu'elle se farcisse les dernières places.
    La France des Trenet,Piaf, Aznavour,Henry Salvador, Souchon, Voulzy,Gérard LeNormand,Barbara, Balavoine, Julien Clerc, Serge Lama,Renaud, Sardou etc... ça a une autre gueule non ?
    Et surtout, surtout il y aurait-il une pincée d'imagination pour un concours des pays francophones avec le Quebec notamment ???

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