mercredi 7 mai 2014

Sortir des impérialismes

Plus je lis, plus je vieillis, et plus je comprends/ressens que le véritable ennemi, empêchant l'enracinement, c'est l’impérialisme. Impérialisme en général. Avec le centralisme qui lui est associé.

A ce titre, j'entends les critiques de ceux qui expliquent que la nation n'était que la forme d’impérialisme précédent celle qui se met aujourd'hui en place, avec des blocs encore plus larges.

L'impérialisme, son uniformisation, son centralisme peuvent s'imposer par la culture top-down (télévision, pravda), la religion (toutes les religions universalistes), politique (OTAN, €URSS, mais aussi les projets concurrents de Poutine ou encore de la Chine).

Je fantasme surement un peu la chose (mais pour avoir fait 3 ans d'internat, je ne pense pas), mais je me dis que la vie de village a du bon. Besoins matériels bien moindres, véritable richesse sociale. Sans tomber dans le communisme...

Grossir n'amène rien, sinon les économies d'échelle (mais au temps de la robolution, et des 20% de chômage, cette logique d'économies d'échelle devient inutile). Grossir, c'est la politique de croâssance pour l'oligarchie, pas pour le petit peuple. Le petit peuple s'enrichit quand il vit enraciné avec des valeurs morales sures et solides, développe sur la durée son capital, en voisinage resserré, sans faire trop d'enfants... Là il produit une croissance réelle, qualitative.

L'idéal que je fantasme, serait de retrouver cette vie de village au moyen-âge, mais sans la dureté de la vie qui y prévalait, grâce aux progrès scientifiques et techniques réalisés depuis. Chacun, propriétaire de son lopin de terre, sans racket d'État et bureaucratie insupportable, avec un centralisme a minima, sans charité forcée envers un lumpen prolétariat fabriqué de toute pièce, en restaurant les valeurs de responsabilité. Et dans ce cadre là, j'imagine tout à fait possible de m'entendre avec un voisin musulman...



J'ai dans l'idée qu'il est vain de lutter politiquement contre ces impérialismes, et que si le changement doit se faire, il se fera par asséchement naturel du tribut perçu par l'Empire centralisateur, faisant alors tomber en ruine son infrastructure (il faut s'imaginer comment les bâtiments publics romains ont été désossés de leurs pierres pour bâtir les maisons).

Ça ne peut pas se faire à la périphérie de l'Empire (il n'y a rien à attendre de ce qu'il se passe en Ukraine)..Il faut que l'Empire soit contesté en son cœur (USA, Europe occidentale).

Et justement, la crise actuelle, marque le début de l'effondrement de l'infrastructure centralisatrice impériale :


Le système centralisateur essaie de réaliser une retraite organisée pour se rabattre sur une ligne de front centralisatrice plus tenable, tout en continuant à grandir géographiquement. Mais c'est impossible, il est bloqué dans la réallocation du tribut par ses prétentions "démocratiques" et la retraite tourne à la Berezina...

Le véritable changement se fera naturellement par :
   d'un côté, l'appauvrissement et le peak everything, obligeant à un retour du réel, du système D, de l'autonomie,
   de l'autre, la montée en puissance des forces décentralisatrices avec la diffusion du savoir (cf comment j'ai énormément appris sur le potager juste avec google et youtube), les imprimantes 3D, la production locale d'énergie...

   Et enfin, surtout, l'exode urbain. Alors que l'Empire rêve d'une population entièrement empilée, contrôlée, abrutie, dans des giga-mégapoles, absolument dépendante du marché pour tout, la ruralité est l'ennemi naturel du centralisme.

Ces 3 points, on les a vus se développer en Grèce... Y a qu'à voir comment Athènes se vide de sa population...

L'Empire ne mourra pas d'une quelconque manifestation politique. Même une élection embarrassante d'anti impériaux, il s'en accommodera, quitte à tomber le masque et à abandonner officiellement les derniers oripeaux de démocratie.

L'Empire mourra du tribut qui lui manquera pour payer sa bureaucratie et ses rentes...

Infrastructure, superstructure, toussa toussa...

Je ne suis pas encore certain de tout ça, mais c'est confusément comme ça que je ressens les choses...

19 commentaires:

  1. Vu chez notre berruyer national, un peu d'humour au sujet de l'Ukraine:
    http://www.dailymotion.com/video/x1tbvsj_comprendre-la-crise-en-ukraine-en-4-minutes-et-en-souriant_webcam#from=embediframe

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  2. J'abonde et je regarde mes 1ere patates et oignons perso pousser depuis 1 mois.
    La seule limite de notre coté c'est que cette démarche de comprendre le monde et ses enjeux pour revenir à la ruralité demande un travail personnel, un certain niveau d'éducation qui n'est pas partagé fortement par la plèbe (dont je fait parti) qui profite encore des facilités du système.
    Ca viendra peut être ou alors la colère et la violence sera la porte de sortie de ces gens à qui ont a prémaché la vie depuis le berceau.
    Mais l'espoir fait vivre et l'exemple de la Grèce et de l'Ukraine sera peut être la clé de l'éveil ...

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  3. Je suis globalement d'accord, mais ... je pense que l'analyse "géographique" en 2D n'est pas suffisante.
    Il y a d'autres axes a prendre en compte, et notamment certains qui permettent peut-être une porte de sortie a l'empire : l'axe technologique.

    C'est assez confus dans mon esprit, mais j'imagine une sorte de bunkerisation à la globalia, avec ponction des ressources et sécurisation des accès, ne laissant que les miettes aux "ruraux", avec une plèbe impériale d'abrutis citadin comme bouclier humain pour les protéger des hordes sauvages enracinées.

    Je pense qu'ils vont juste s'accaparer le peu de technologie qui restera. Ou du moins, les technologies "carbonnées". Peut-être qu'autre chose naitra des imprimantes 3D, mais on est encore loin de pouvoir rivaliser avec les techno du fossile.

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    1. Vous voulez la méthode israélienne dans les colonies où vivent 400 colons pourrissent la vie de dizaines de milliers de palestiniens via barrières et route sécurisé ?

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  4. Ta conclusion est évidente, et pas du tout "diffuse", ni "confuse".

    Je le répète depuis des années. Recette :
    -visualisez n'importe quel clown, crapule, représentant ce que tu appelles l'"empire" : Ségolène Royal, Sarkozy, Hollande, Taubira, Coppé, Montebourg, Sapin....

    -le "tribu" que vous payez (impôts, taxes, dettes, esclavage) sert à entretenir ces crapules

    -vous travaillez comme un con, pour entretenir ces parasites

    -et mieux encore, ces parasites SE PERMETTENT EN PLUS de vous pourrir la vie, de vous dicter ce qui est bien et ce qui ne l'est pas !

    C'est la double peine.

    Votre" tribu" conditionne, et leverage, leur pouvoir de nuisance. Rien d'autre.

    Supprimez, ou en tout cas réduisez, le "tribu"... et leur pouvoir de nuisance, leur parasitisme s'écroulera.

    CQFD.

    Rien à attendre de la "politique", des "élections" (à part voter pour le FN afin d'emmerder les gauchistes et les bobo bourgeois à la con). Rien à attendre de "réformes", aucun homme providentiel.

    Il faut simplement leur couper les vivres. Les asphyxier financièrement.

    Vous savez ce qui vous reste à faire : expatriation, réduction travail, consommation, investissements.

    Et pour les plus aventureux : tout faire pour augmenter les dépenses (arrêts maladie, fraude aux aides sociales, etc.) afin de précipiter l'effet ciseau.

    Mettons-les en faillite.

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    1. +1
      et dans cette logique la vente de Peugeot et d'Alstom, la délocalisation des sièges probablement de Lafarge et de Publicis sont de bonnes nouvelles.

      quel gâchis d'en arriver à cette conclusion pour espérer s'en sortir "libre".

      yongtai

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  5. Sortir des impérialismes, en étant le propre changement que tu veux voir de ce monde.
    Se sortir les doigts, ne rien attendre des partis politiques ou des syndicats, ni même de l'état aux mains des lobbys.
    Perso, j'adhère de plus en plus à une vision bio-anarchiste pour bien vivre ensemble ;-)

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  6. Bonjour Tonio,
    Ouiiii, tu es sur la bonne voie. Approfondis encore, cherches, prends encore plus de hauteur. Essayes de regarder avec de nouveaux prismes, d'une nouvelle manière, comme tu l' as fait avec le jardinage. Essayes encore et tu vas trouver.

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  7. C'est curieux, j'ai exactement la vision inverse de la tienne...

    Je trouve qu'au contraire, si le pouvoir tend à se centraliser (outre-Atlantique) l'autorité qui le fonde a tendance, elle, à se dissoudre dans le mondialisme.
    L'hyper-classe n'a plus ni patrie ni frontière. Le Monde lui appartient, les Etats lui sont soumis.

    Revenir aux Etats, c'est se diviser spontanément ; ça n'empêchera jamais l'Hyper-classe de régner (plus on est divisé, moins on règne !).

    Il faut tout repenser.

    Aucun pouvoir global n'est viable (ONU, UNESCO, FMI, OMC, etc.). C'est voulu.
    Il faut encore et toujours diviser.
    A mon avis, on raisonne tous sur de mauvaises bases, avec les réflexes d'antan.

    Le monde est désormais global, il faut penser une reprise en main globale.

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    1. Encore heureux qu'aucun pouvoir ne soit global. Là ce serait le cauchemar ultime, sans porte de sortie...

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    2. Et la finance (avec sa zone obscure, le crime organisé, pas si différent des instances officielles, d'ailleurs), elle est pas globalisée ?
      Et l'économie de marché, elle est pas globalisée ?
      Et la cupidité, elle est pas globalisée ?

      La cupidité, le montrait Stiglitz, est le nouvel Espéranto. Elle se décline dans tous les pays, toutes les cultures.

      Et c'est bien le problème : ON N'A PAS DE PORTE DE SORTIE.

      Déjà essaie de vivre sans portable, tu vas voir (c'est encore possible, j'en suis la preuve vivante ; mais ça devient un acte de résistance !).

      Et encore, ce n'est pas le problème. Le problème, c'est que les contre-pouvoirs sont complètement inhibés ; il ne font que balbutier au niveau global.

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  8. Bonjour les nains,
    A ce sujet, il existe une pensée profonde (et française) : Lucien Cerise en première partie de Neuro-esclaves : http://www.scriptoblog.com/index.php/auteurs/lucien-cerise.
    Il insiste sur la nécessité de la "limite", notion primordiale mal connue (conf antérieure)
    (yoananda t'avait mis sur la piste mais ...)
    ciao bello Alainquiz

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  9. Bonjour,
    j'adore tout ce que vous dites sur votre blog, et du coup, je me prends à penser que nous devons être quelques uns à partager cette optique !!!
    Sur quoi, je ne vais pas énumérer tous les éléments d'analyse avec lesquels je me trouve parfaitement en phase avec vous, ce serait long et redondant.
    Merci et bravo pour votre vision politique, et double bravo pour vos travaux de jardinage.
    Frédéric Meignien.

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  10. Nous restons donc sur le chapitre de Candide, premier globe trotteur annonçant les prémices de la globalisation, qui, ne cessant de poser des questions malgré l'assistance d'un précepteur en permanence accroché à ses basques, se vit obligé au final à abandonner ce nomadisme sans fin pour se sédentariser et mettre en pratique tous les acquis théoriques des préceptes et expériences hérités.
    "Cultive TON jardin" sur les bords du Bosphore.
    L'auteur de cette magnifique parabole en fit autant au Petit-Freiney en y introduisant les légumineuses et autres techniques destinées à rendre plus autonomes des autochtones sédentarisés ....faute d'autre chose.
    Importante la nuance entre sédentarisé par choix et après bien des expériences et sédentarisé par fatalité d'un non accès aux savoirs....
    Tout le dilemme est bien résumé là, le sionisme post-choa ou la soumission à l'empire, to be or not to be, that is the question ?!
    Le "bio anarchisme" dont un des bloggeurs ici en a créé le néologisme serait-il quelque chose se rapprochant du concept des kibboutz hybridé avec celui des Amishs....??

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    1. Oui, je me rêve de vivre en objecteur de croissance coopérant librement dans mon arche dans une dynamique d'autogestion tout en respectant la nature.

      Bon concrètement,pour le moment, je me forme et m'informe en permaculture ;-) tout en investissant dans une maison bioclimatique.
      Pour la scoop, rien de concret pour le moment :-(

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    2. Un objecteur de "croissance" ?
      Laquelle ?
      Celle qui transmute la croissance des causes environnementicides en décroissance du saccage de notre capital TERRE ?
      Ou celle qui se ment à elle-même en ne comptabilisant qu'au gré des profits immédiats des chiffres dénoués de tout sens faute de mises en équations d'avec ceux des effets collatéraux ?

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    3. Fucking Green business...

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  11. J'avais fait ce constat que le flux rural/ urbain, un jour se renverserait et ce fut chose faite en Grece! Considérant les forces de pressions en jeu et considerant par la meme ce qui se profilait en France j'en deduisais que notre avenir etait celui des grecs. (Assimilé) fonctionnaire dans la Sante, je n'ignore point que j'appartiens à la sphère, peu envieuse, des "variables d'ajustement" du systeme puisqu'on recherchera, comme en Grece, Espagne... une reduction des couts par l'essorage du fonctionnariat (régalien ou non).

    C'est donc sur ce constat du sur endettement généralisé public/privé au demeurant amplifié par le transfert des dettes pourries bancaires vers la dette publique que je me suis décidé à me sortir les doigts pour réaliser ce qu'au fond j'avais déja idéalisé dans mon adolescence par rejet de la vie "moderne" (vie à la ferme et bucolisme).
    Pouvant etre considéré comme un dissident du systeme, systeme qui produit industriellement de la quenelle tandis que d'autres, malgré leur audience, ne sont que des artisans (incontournable comme symptomes anti systeme et indispensables comme éveilleurs de consciences).
    La dissidense a plusieurs visages et axes d'action, mais convenons qu'elle est le contrepoids naturel (viral) de la bete/systeme.
    Il y a une démarche philosophique à réagir comme nous le faisons car le systeme devenus un liévathan totalement sur dimensionné nécessite de lui meme qu'il phagocyte plus d'énergie, car vérolé qu'il est, il en perd de plus en plus dans les méandres de sa porosité (corruption, mauvaise allocation, rendements fictifs...) Bref, le systeme se consume de l'intérieur ce qui, instinctivement, l'oblige à s'étendre géographiquement (3 dimensions:à l' extérieur et sur son propre territoire, en profondeur).
    Le systeme agit comme un trou-noir: il absorbe l'energie environnante et produit sa propre lumière (soft power) tout en abusant de son hard-power. La lumière qu'il émet est tout ce qui constitue l'efficience de la MATRICE, elle oblitère, en l'étouffant, la véritable lumiere des hommes, celle qui étincelle au plus profond de son Etre Intérieur. La servitude volontaire des peuples en est sa conséquence la plus concrète. Agir en dissident n'est qu'un juste retour des choses, une réaction saine de la pensée relativement à cette étincelle qui sommeillait en nous.

    MASTER T

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  12. A propo empire, ce livre ( dont des articles sous pseudo de l'auteur ont été publié ici) vient de sortir.

    http://www.amazon.fr/gp/aw/d/2865532496/ref=mp_s_a_1_1?qid=1399565122&sr=8-1

    Sja

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