lundi 9 juin 2014

Impôts, dette et crédit, c’est tout ce qu’il reste aux Etats-Unis Par Bill Bonner ( Avec commentaire de Bruno Bertez)

Impôts, dette et crédit, c’est tout ce qu’il reste aux Etats-Unis Par Bill Bonner ( Avec commentaire de Bruno Bertez)
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 09/06/2014 (en Français texte en français )
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Voici un texte de Bill Bonner. Nous vous en recommandons la lecture et la diffusion, car, comme nous le disons souvent, Bonner est que nous appelons « un bon ». Bonner expose, de façon simple et accessible, des choses que vous lisez souvent chez nous. Il est concret, alors que, généralement, nous sommes beaucoup plus abstraits. C’est donc un excellent complément. Une explication de texte même. Nous tirons les principaux points de ce texte et produisons un petit commentaire.

? Nous terminons aujourd’hui notre discours aux diplômés américains de la promotion 2014. Notez que nous le faisons dans la plus profonde solitude. Nous n’avons pas trouvé d’alliés — ni à droite, ni à gauche.
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Les Egyptiens doivent particulièrement apprécier la démocratie. Mardi dernier, ils sont retournés aux urnes pour la deuxième fois en 11 mois. Ils continueront de voter jusqu’à élire un candidat que l’élite acceptera.

Le système américain lui est supérieur pour une raison bien précise : les candidats — démocrates ou républicains — qui ne sont pas acceptables pour le Pentagone, ou Wall Street, ou le système de santé sont écartés bien avant d’atteindre les élections présidentielles.

Un candidat indépendant ne dépassera pas la première étape. Il ne recevra pas de contributions électorales. Et il n’obtiendra pas l’attention des médias. Les journaleux lui colleront une étiquette "inéligible" et le rendront invisible, trop "bizarre" et "à la marge" pour valoir une attention sérieuse.

L’industrie, les médias et l’intelligentsia sont tous en faveur des candidats acceptables… ceux qui promettent de ne pas faire de vagues. Pour obtenir des votes, bien entendu, le candidat promettra "du changement"… mais c’est bien la dernière chose qu’il a en tête. L’élite n’en veut pas. Les lobbyistes, les trafiquants, les escrocs, les parasites et les zombies n’en veulent pas. Et vous n’en voulez pas. Pas maintenant… pas après avoir investi 100 000 $ et quatre années de votre vie pour en faire partie. En fait, vous ne voulez certainement pas que quelqu’un vienne vous dire que le système ne fonctionne pas vraiment comme ça… que vous avez gâché votre temps et votre argent… et que vous êtes idiot de croire à ces histoires.

Non, cher diplômés, vous voulez vous mettre à la file et tendre la main.

Au cours des 50 dernières années, la quantité de crédit aux États-Unis a été multipliée par 50

Au cours des 50 dernières années, la quantité de crédit aux États-Unis a été multipliée par 50. Cela représentait environ 33 000 milliards de dollars de nouvel argent — du pouvoir d’achat qui n’existait pas auparavant. Richard Cantillon a remarqué en 1755 que lorsqu’on ajoute du nouvel argent au système financier, il ne va pas à tout le monde en parts égales. Il va à ceux qui contrôlent le système. Puis, plus tard, quelques gouttes s’écoulent jusqu’aux pigeons. A ce moment-là, l’argent a perdu la majeure partie de sa valeur.

Vous espérez qu’on rajoutera encore plus de nouvel argent. Et que vous — en tant que membres potentiels de l’élite — en obtiendrez. Mais vous êtes un peu en retard à la fête. Vous ne contrôlez pas le système. Ce sont des personnes plus âgées qui sont à sa tête — les oligarques. Les manipulateurs. Ceux qui ont l’argent. Et le pouvoir. Ils prendront le nouvel argent… et l’ancien. Puis le système explosera avant que vous n’arriviez en tête de file.

"Décoordination intertemporelle", voilà bien une expression d’Allemand. Dans le cas présent, il s’agissait de Ludwig von Mises, qui était autrichien. Un détail. Cette expression signifie que lorsque les autorités se mêlent de la masse monétaire et du crédit, elles font inévitablement un épouvantable gâchis. Mais c’est un gâchis très spécial. D’abord, comme l’avait noté Cantillon, les initiés prennent la part du lion. Ensuite, le nouvel argent créée des distorsions et des perturbations qui condamnent tout le système à l’effondrement.

Vos parents et les initiés obtiennent le nouveau crédit. Vous échouez avec la vieille dette

? L’intertemporalité, ce n’est guère amusant

Le célèbre économiste John Maynard Keynes a expliqué l’importance du crédit comme étant "un lien entre le présent et l’avenir". C’est pourquoi on parle d’"intertemporalité". En bref, vos parents et les initiés obtiennent le nouveau crédit. Vous échouez avec la vieille dette.

Je parle de ça en expert, en quelque sorte… ou au moins en vétéran. Il y a 30 ans, je pensais qu’il n’était pas juste que ma génération accumule tant de dette gouvernementale en s’attendant à ce que votre génération la paie. J’ai donc fait un procès en class action au gouvernement américain, dans lequel mon fils Will, qui avait sept ans à l’époque, était le principal plaignant. Une cour fédérale a jugé que la plainte était sans fondement. A ce moment-là, Will et les autres jeunes étaient confrontés à 1 700 milliards de dette fédérale. A présent, il y en a 10 fois plus.

L’économiste Richard Duncan est d’avis qu’elle dépassera les 30 000 milliards de dollars avant que tout explose. Pourquoi tant de dette ? Parce que c’est ainsi que les initiés transfèrent la richesse réelle, la faisant passer de votre poche à la leur. Le secteur financier vous prête de l’argent pour des maisons, des voitures et ainsi de suite. Et — dans le cas des prêts hypothécaires –, le prêt sera garanti par Fannie Mae. Les prêts hypothécaires sont rarement remboursés. Ils continuent simplement, d’un "propriétaire" à l’autre. C’est ainsi que le secteur financier est désormais le "propriétaire immobilier" de 44 millions d’Américains. Et d’où les banques obtiennent-elles l’argent qu’elles vous prêtent ? De nulle part.

Mais vous êtes déjà au courant du système de crédit, n’est-ce pas ? A sa remise de diplôme, un étudiant américain typique a déjà environ 25 000 $ de dettes. Ici à Baltimore, le taux d’imposition marginal frôle les 50%, de sorte que vous devrez amasser 50 000 $ de revenus pour revenir dans le vert.

Lorsque les Espagnols ont conquis l’Amérique latine, leur système d’encomienda exigeait généralement 40 jours de travail seulement de la part de leurs victimes. Les Français ont conquis Madagascar ; ils ont forcés les hommes de l’île entre 16 et 60 ans à travailler 50 jours par an. L’exemple américain ressemble plus à celui de la Russie, où le tsar Paul I avait déclaré en 1797 que les serfs devaient trois jours par semaine à leurs seigneurs et maîtres. Cela représente près de 150 jours.

Un taux d’imposition de 50% — fédéral et local — est l’équivalent d’environ 125 jours de travaux forcés par an. Cela fait beaucoup. Mais ce n’est que le début. Dans notre système de démocratie de copinage, tous les grands secteurs ont le fouet en main.

Et maintenant que vous êtes sorti de l’université, vous pouvez rejoindre les rangs des corvéables.

Source Chronique Agora

http://la-chronique-agora.com/impots-dette-credit/

A PROPOS Par Bruno Bertez

Principaux Points :
- Le système américain n’est plus une démocratie. Les élites établissent une sélection qui barre la route aux candidats qui voudraient rétablir la souveraineté du peuple. Ils favorisent l’accession au pouvoir de ceux qui, tout en promettant le changement, servent leurs intérêts oligarchiques.

- L’oligarchie se construit sur le crédit et les dettes. Le crédit a été multiplié par 50 en 50 ans.

- Le crédit est une multiplication des signes monétaires qui dilue les signes existants et favorise les kleptocrates. Bonner insiste, comme nous le faisons régulièrement, sur l’effet du génial Cantillon. Je signale que, jamais au cours de mes longues études, je n’ai entendu parler de Cantillon… tiens, tiens. L’effet Cantillon est au cœur du glissement du système faussement capitaliste de l’exploitation des classes moyennes, vous savez que nous soutenons ce point central.

- Bonner décrit le transfert des ressources d’une classe sociale à l’autre et le transfert occulte entre les générations. Transfert qui produit et entretient un nouveau système féodal, un système de servage. Ce qui disparait dans les transferts, c’est la liberté et la dignité.

- Bonner insiste peu, mais il pointe le lien entre le Pouvoir de ceux qui contrôlent le système et la domination des autres, qu’il appelle les pigeons.

- L’illusion de propriété, en particulier immobilière est un élément du servage. En réalité, en termes systémiques, c’est le système financier qui est le vrai propriétaire et la propriété, au lieu de contribuer à la liberté et à l’autonomie, renforce le servage. C’est une sorte de miroir aux alouettes.

- L’objectif du système est l’extension du crédit, en particulier aux jeunes, il faut les enchainer par la dette pour qu’ils la bouclent et se couchent le nez sur le guidon. D’où la dette étudiante, élément stabilisateur du Système malgré son apparence nocive. La dette étudiante, insolvable, est un coût de reproduction du Système de domination… reporté sur les classes moyennes bien sûr, par la fiscalité ou l’effet Cantillon.

- L’impôt, dont les scélérats de gauche et de l’ultra gauche se font les apôtres et les inquisiteurs, est un moyen de vous enchainer et de vous faire taire. Il donne aux autres un droit sur votre travail, votre temps de vie, etc.

Commentaire :

C’est ce système que nous décrivons jour après jour, au fil de l’actualité.

C’est ce système qu’il est prévu de renforcer et d’exponentialiser, selon le dernier Davos. Nous avons entendu que les élites prévoient de créer 100 trillions de crédit pour « financer » la croissance des 20 prochaines années. Avec de tels chiffres, pas besoin de distribuer de salaires… on accordera des prêts. Pas besoin d’épargne non plus, on pourra prolétariser les classes moyennes. Si vous avez le temps, lisez le Code Noir qui réglementait, généreusement, l’esclavage français. Vous saurez, en transposant un peu, ce qui attend vos enfants.

C’est ce système que Hollande et la fausse droite veulent achever d’implanter en France grâce aux revendications de l’Universel, grâce à la destruction des identités, grâce au laminage par le rouleau compresseur/oppresseur européen, grâce à la pénalisation de la fiscalité, grâce à la BCE et au carcan de l’euro, grâce aux contrôles, grâce à la surveillance, grâce à la culpabilité distillée, grâce…

C’est ce système que, sous couvert de capitalisme, les très Grandes Entreprises veulent mettre en place, ou renforcer, car il garantit la vis sans fin de l’exploitation, de la baisse des salaires, des couvertures sociales et des niveaux de vie.

C’est ce système qui est tout l’opposé du libéralisme et du capitalisme que l’on vous fait passer pour du libéralisme ou du capitalisme afin d’en saper les bases et mieux les détruire ; l’objectif étant de sceller l’alliance des kleptocrates et des étatistes réunis pour vous exploiter et dominer.

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