jeudi 5 juin 2014

Les contradictions de Bastiat : libre échangisme et liberté de mouvement des capitaux sont incompatibles avec le libéralisme

Liberté de mouvement des capitaux et libre échangisme ont un effet essentiel : l'échappement à l'impôt des hyper riches (individus ou entreprises).

Libre échangisme et liberté de mouvement des capitaux aboutissent logiquement à la restauration de l'ancien régime, à ceci près que les marchands qui l'ont promu ont remplacé l'ancienne noblesse d'épée.

Par ancien régime, il faut comprendre prise de pouvoir par une petite classe aristocratique privilégiée. Privilégiée au sens où elle échappe à l'impôt (ce qui est le cas), et dont le pouvoir se transmet héréditairement (ce qui est le cas, vu que leur pouvoir provient de leur fortune, transmissible).

Vous me direz que s'il n'y avait pas d'hyper fiscalité, il n'y aurait pas de fuite de l'impôt. Ce serait peut-être entendable pour les particuliers, mais surement pas pour les entreprises, prêtes à tout pour gratter 0,1% de taux de marge nette.

Mais surtout, loin de contraindre par la concurrence fiscale les États dispendieux, la concurrence fiscale, le fait que le capital mobilier et les marchandises circulent sans contrainte, aboutissent à ce que l'hyper fiscalité ne repose plus désormais que sur les 30-99,9% de la population, enracinée par nature (dont le patrimoine est immobilier et les revenus issus du travail), et qui se voit de plus en plus massacrée d'impôts. Pour le plus grand plaisir des plus riches qui voient dans cette hyper ponction le moyen d'empêcher toute ascension nouvelle par le mérite qui pourrait venir contester leur nouveau statut d'aristo.

Et donc, à moins que aristocratie et libéralisme soient compatibles, j'en déduis le théorème de Disco :
libre échangisme et liberté de mouvement des capitaux = ancien régime

Le traité transtalantique qui arrive est dans la continuité de ceci. Il s'agit désormais d'entérinner ce retour à l'ancien régime. Un peu comme lorsque César puis Auguste ont achevé la République, corrompue, inefficace, incapable de décider et diriger efficacement, pour acter le nouveau rapport de force et la perte de dignité de plus en plus prégnante de l'ancien citoyen romain.

Notez que je joins cette perte de dignité dans l'assistanat, l'hyper redistribution, la déresponsabilisation étatique à cette montée de l'aristocratie. Loin de dissocier État hyper spoliateur et aristocratie échappant à l'impôt, ces deux notions s'articulent ensemble et se complètent...

Là dessus, je terminerai par une précision : les gôgôchistes du front de gôgôche, type anciens fonctionnaires encartés CGT multi proprios à 2000€ par mois (en récompense pour n'avoir rien branlé de leur vie quand un maçon qui a construit 3 dizaines de maisons dans sa vie touche 1000€), qui s'insurgent contre cet accord de libre échange, sont des escrocs intégraux. Cette course à l'empire est essentiellement due au surendettement des nations qui le composent. Or ce surendettement a surtout servi à nourrir toute cette caste parasitaire. Et non contents d'avoir pillé le pays, ils ont en plus passé leur temps à imposer au reste du peuple une immigration n'importe quoi au nom du zumanisme zuniversel de la gôgôche hors-sol, qui a achevé de ruiner les nations. Immigrationnisme pour lequel, ils braillent de concert avec l'hyper classe, les empires n'ayant pas besoin de citoyens libres, dignes et enracinés, mais d'une plèbe informe abrutie sous assistanat.

Par leur cupidité, leur goinfrerie, leur bêtise, leur incapacité à toucher le sol, leur promotion systématique de la médiocratie au lieu de l'élitisme républicain, cette caste a été une des plus grandes contributrices à la délégitimation de tout service public, de toute solidarité, à la destruction et à la ruine des nations, et a ouvert un boulevard à l'aristocratie mobilière pour hâter la course à l'instauration de l'Empire. Et elle s'est largement goinfrée pour ça.

Alors qu'elle aie au moins la décence de fermer sa gueule !

Enfin, la seule solution que j'entrevois à tout ceci pour retrouver la dignité du citoyen libre : l'autonomie. Sortir au maximum du système. "Prendre le maquis"...

10 commentaires:

  1. Je dois admettre qu' il y a peu de cela mais la seule option que tu proposes c est de faire un poulailler et un jardin bon c est plutôt léger comme solution

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  2. Non.Nous n'allons pas "sortir" du Système.

    Nous allons le détruire. Ni plus ni moins.

    Partir, détourner le regard ne suffit pas. Au contraire : ouvrons grand les yeux.

    Et réjouissons nous de la chute de tous ces parasites, et de leur système mortifère et dément.

    Tout finit par se payer.

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  3. Disco, l'autonomie que tu préconises (et que tu as le courage d'essayer de mettre en pratique, au moins symboliquement) est une utopie, c'est de la branlette mentale pour améliorer ton moral dans ce monde complètement déconnant. Travailler la terre, vivre de sa propre production, c'est une autre forme d'aliénation, celle du paysan qui se tue au travail (mais dans la dignité, certes). Bref, pas vraiment une solution qui motivera les foules.
    Ta critique de Bastiat est un peu légère. Le libéralisme demande un Etat fort pour appliquer la loi de façon stricte, et notamment le droit de propriété. Or, à l'échelle mondiale, il n'y a pas d'Etat, c'est juste l'anarchie, ou le chaos, c'est à dire la loi du plus fort. Si on veut du libéralisme à l'échelle mondiale, c'est à dire si on veut que le capital ne fasse plus la loi mais qu'il y soit soumis, il faut un Etat mondial, des lois mondiales, une fiscalité mondiale.
    Quand on voit l'exemple européen, ou si on imagine un Etat mondial basculant par "inadvertance" dans l'autoritarisme voire la dictature, on a vite fait de préférer la situation actuelle, avec tous ses défauts. Si nos petits Etats étaient mieux gérés, moins obèses, moins socialistes, si nos dirigeants étaient moins corrompus, si la justice était plus forte, etc... alors la liberté de mouvement des capitaux ne serait plus un si gros problème.

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    1. "Travailler la terre, vivre de sa propre production, c'est une autre forme d'aliénation, celle du paysan qui se tue au travail (mais dans la dignité, certes). Bref, pas vraiment une solution qui motivera les foules."

      Je le confirme. Je le fais actuellement. Pas un petit jardinet. Un retour à la terre avec toutes les contraintes qui s'ensuivent (pas minces)... D'un autre côté je viens de me prendre en photo. Je ne ressens plus le besoin d'utiliser la méthode lafay. ;) J'en suis moi-même sur le cul pour tout vous dire. Bonne santé, le moral et je redeviens moqueur.

      De même je passe mes journées au grand air avec un casque sur les oreilles à écouter des heures de conférences plus intéressantes les unes que les autres en maniant "la fourche".

      Je vote joyeusement FN sous les colibets de "ceux qui savent mieux que moi" et sors petit à petit du statut d'assisté du système (je compte là-dedans n'importe quel salarié/rentier/retraité/RSA).

      Bientôt Dieu reconnaitra les siens et j'ai bien peur qu'ils ne soient pas obèses, sentencieux ou spectateurs... Vivement que "l'amer" se retire... :)

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    2. J' ai fait de même il y a maintenant plus d'un an, lâcher mon job rénumérateur vers un retour à l'autonomie, seule solution de résistance que j'entrevois, après un an et demi, 25 ruches, 1000m2 de buttes intensives (sur base de la ferme experimentale Au petit Colibri), production en gros de vermicompost, ect....pas facile c'est sur quant au départ on ne sait même comment pousse un petit pois, mais comme dit plus haut, un casque sur les oreilles, le grand air et plus la sensation de subir cette merde et de vendre son âme transforme un homme ainsi que ses enfants. Merci pour ce site dont je partage un grand nombre de points de vue. Ceux qui bablètent que ce n'est pas rentable, se fourre nt le doigt dans le nez, c'est une solution crédible au peak everything et à la surpopulation.

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    3. Heu... comment as tu fait ?

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    4. Avec un pote, beaucoup de foi, internet, et de l'huile de coude :-)

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  4. Autarcie, plus de consommation, effet "tang", système par terre.

    André jacques holbecq a lâché hier après-midi quelques scuds : il semble que les suisses vont essayer de faire passer une votation sur l'exclusivité de création monétaire par la banque centrale suisse (et non les banques privées).
    En France, nous auront droit à une pétition seulement.

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  5. A l'auteur du billet: Je sens au fil des lecture du blog que la pression monte :D

    "Marrant" j'ai le même ressentiment. pourriez vous indiquer votre région ? éventuellement par mail ?

    Je manque cruellement de personnes avec qui échanger les idées, mon entourage votant à la tête du client... N'ayez pas d'inquiétude big brother, sinon je ne poserai pas la question !

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  6. L'autonomie, bingo, le pire ennemi du capitalisme. Voir ce dialogue fabuleux ramené par Marx (Le Capital, livre 1, chapitre 33) entre Wakefield et Merivale, 2 capitalistes conseillers de la couronne britannique : "Dans les pays de la vieille civilisation, le travailleur est, quoique libre, dépendant du capitaliste en vertu d'une loi naturelle [!] ; dans les colonies cette dépendance DOIT être créée par des moyens ARTIFICIELS." Etc. A lire.

    Je viens justement à l'instant de mettre un article qui parle de l'autonomie sur mon blog : https://bancduvillage.wordpress.com/2014/06/05/face-a-la-technique-lautonomie/

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