mercredi 11 juin 2014

Oil Man : Pétrole : hormis les non-conventionnels américains, la production mondiale a baissé en 2013

Pétrole : hormis les non-conventionnels américains, la production mondiale a baissé en 2013
Le Monde, Matthieu Auzanneau, 11/06/2014 (en Français texte en français )
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En dehors des nouveaux pétroles extrêmes et "non-conventionnels" d'Amérique du Nord (pétrole de schiste aux États-Unis et sables bitumineux au Canada), le reste des extractions mondiales a enregistré un repli sensible en 2013, que ne suffisent à expliquer ni les sanctions contre l'Iran, ni la crise libyenne. Partout sauf en Arabie Saoudite, les vannes sont restées ouvertes à fond.

Le Brésil voit sa production de brut reculer pour la troisième année consécutive, malgré le développement de ses champs offshore ultra-profonds. L'Angola menace de rejoindre une longue liste de producteurs majeurs confrontés aux limites de leurs réserves d'or noir.

Les exportations mondiales sont également tirées vers le bas par l'Algérie, le Mexique, l'Azerbaïdjan, l'Indonésie, le Congo-Brazzaville, ou encore... le Brésil.

Dans son dernier rapport annuel, l'administration Obama de l'énergie persiste une fois encore à doucher le discours volontariste de l'industrie, en soutenant que le boom du pétrole de roche-mère à de grandes chances d'être terminé dans deux ans. A noter dans le graphe qui suit, publié en mai par Washington, le large écart entre le scénario de référence et le scénario "optimiste", fondé sur une hypothèse haute de ressources récupérables :



L'avenir présagé du développement du pétrole de roche-mère est empreint de grandes incertitudes. Certains experts jusqu'ici rangés parmi les "pessimistes" estiment que le boom des "schistes", aux États-Unis et bientôt ailleurs, ne fait que commencer. Ces mêmes experts, toutefois, jugent qu'un tel boom, aussi impressionnant soit-il, ne suffira pas à combler longtemps le déclin de la production existante de pétrole conventionnel, et par là à reculer la date du pic pétrolier.

L'un de ces experts, le géologue britannique Richard Miller, ancien prospectiviste de la compagnie BP et auteur d'une analyse remarquée publiée en janvier par la Royal Society à Londres, déclare au Guardian :
« Nous sommes probablement au pic pétrolier aujourd'hui, ou au moins sur ses contreforts. »

A propos, des pétroles de schiste et des sables bitumineux, Richard Miller ironise :
« Nous sommes comme des rats de laboratoire qui ont mangé tous les cornflakes, et qui découvrent qu'on peut aussi manger la boîte. »

3 commentaires:

  1. Et pendant ce temps, les politiciens continuent de mentir. Avec une obstination qui est stupéfiante.

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    Paris maintient son objectif d'un déficit à 3,8% du PIB en 2014, ajoutant 4 milliards d'économies supplémentaires pour y parvenir. Selon le texte, le gouvernement conserve sa prévision de croissance à 1% cette année et prévoit notamment 1,6 milliard supplémentaire d'économies dans la dépense de l'Etat et 1,1 milliard sur la protection sociale.

    Bercy maintent aussi sa prévision de croissance à 1%. Bercy annonce en outre que la charge de la dette moins coûteuse que prévu cette année. Elle sera inférieure de 1,8 milliard d'euros en 2014 à la prévision initiale du ministère des Finances, selon le projet de collectif budgétaire présenté mercredi en Conseil des ministre.
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    Au T1 = 0
    Au T2 = 0.2 %

    Donc atteindre 1 % sur toute l'année 2014 est tout simplement grotesque !

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  2. Oui mais bon, la production a-t-elle baissée a cause des limites d'extraction ou bien à cause de la crise qui fait diminuer la demande ?
    Telle est la question ... ou du moins, tel est l'argument des contradicteurs du pic pétrolier, et, a moins d'y répondre clairement, tout le reste ne sert pas à grand chose.

    Pour l'instant, seul (à ma connaissance) Steven Koppits à aborder ce sujet crucial.

    Sinon, il suffit d'attendre, disons 2 ou 3 ans environ. On verra bien si la technologie de fracturation s'exporte et relance la production ou bien si au contraire la production finit par décliner en volume total.

    On est vraiment à l'heure de vérité en ce moment puisqu'il y a des remous sur les marchés et les stratégies d'investissements. C'est la que tout va se jouer. Si le pétrole n'est plus rentable, alors ce sera le vrai "pic pétrolier officiel"... et la, on entrera direct en terra-incognita et les choses pourraient aller très vite.

    Perso, je ne CROIS (j'insiste, c'est une croyance, pas une certitude) que le déclin sera lent ... on a trop chargé la mule, elle va s'écrouler.

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  3. C'est tout vu. Le principal gisement américain à Monterrey vient de voir ses capacités réduites à la baisse de... 96%! Et c'est le plus facile à exploiter, soit-disant.

    Un bémol: Le pic du charbon est loin d'être atteint (je dis loin,dans 25-30 ans, guère plus). A partir du charbon, même d'une lignite pourrie, on peut faire du carburant liquide. C'est en grande partie comme ça que l'armée allemande était alimentée pendant la guerre, le procédé est peu couteux.

    D'ailleurs le charbon sera beaucoup plus un problème insurmontable que le pétrole. Le pétrole c'est la mobilité, c'est l'export et le mondialisme. Le charbon, c'est l'électricité (70% de la prod électrique mondiale) et le chauffage. Après ça, il nous restera la biomasse comme ressources et basta.

    Donc je ne crois pas pour ces raisons au big crash. Ils vont s'adapter, couper les branches mortes voire des secteurs entiers trop énergivores, ce genre là. Ils tenteront au maximum de continuer à assurer une normalité, au moins pour les bénéficiaires des régimes en place, les autres étant priés de se serrer la ceinture ou de dégager. Et puis dans 30, 40 ou 50 ans, la machine calera définitivement.

    D'ici là, l'humanité aura probablement pas mal changé, tant en volume qu'en localisation. Les villes sont condamnées, tout le monde le sait, et perdront probablement la majorité ou la totalité de leurs habitants de façon relativement brutale par manque de subsistances. Ensuite, ne survivra de l'espèce que la quantité d'humains que la terre peut nourrir sans artifices, c'est à dire probablement deux à trois milliards, guère plus, et ce en incluant les connaissances actuelles et leurs développements possibles.

    A moins d'un miracle dont l'humanité est friande, voila l'avenir dans les grandes lignes. C'est un coup dur pour l'espèce mais pas un coup d'arrêt. Les humains auront ainsi une fois de plus dans leur courte histoire l'occasion de démontrer leur légendaire capacité d'adaptation. Qui vivra verra.

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