samedi 21 juin 2014

Ponzi éducatif fiction

Prenons deux agenais de 15 ans... Tous les deux vaillants et motivés.

Le premier, poussé par des parents déracinés, informés au C dans l'air, va faire des études, parce-que-les-études,-c'est-l'ascenseur-social-qu'il-est-républicain.

Le deuxième, fils de menuisier, avec sa famille élargie dans le coin, se lance dans un CAP menuiserie.

   17 ans...

Le premier a son bac général ES, et part à Bordeaux faire des études à la fac de droit. Le second a obtenu son bac pro, ou termine son apprentissage et cherche du boulot.

Pendant 5 ans, pour le premier, les parents raquent 500€ par mois pour financer les études de leur enfant. -30 000€.

Le second, trouve du boulot, et commence à 1500€ par mois. Pendant les 5 premières années, il gagne +90 000€. Il reste proche de sa famille, et du coup, profite d'un équivalent de 200€ par mois d'entraide familiale non PIBifiée, soit disons 10 000€.

   22 ans...

Le premier finit ses études et a en poche un diplôme prouvant sa vague incompétence dans un domaine ultra pointu, dans lequel il n'y a pas de boulot. Il part à Paris où il trouve un premier boulot à 1500€ par mois, mais pour un surcoût de la vie de 500€ par mois par rapport à l'agenais. Il gagne donc, "en réel", 1000€ par mois.

Le second, qui bosse dur et présente bien, est désormais à 2000€ par mois. Il a rencontré sa femme, le premier enfant arrive, et achète une maison avec 2000m² de terrain à 150 000€, remboursée en 15 ans.

   37 ans...

Le premier, à Paris, a fini par faire son trou, a rencontré une belette, et gagne 2500€ par mois, mais toujours avec un coût de la vie supérieur de 500€ à Paris. Il s'achète un appart de 60m² à Robinson pour 200 000€, avec un crédit sur 25 ans. Les grands parents voient leur enfants et leurs petits enfants deux fois par an, les bonnes années...

Le second a fini de payer sa maison. Il est toujours à 2000€ par mois, mais avec le potager, les solidarités familiales et la débrouille, ça lui rajoute 500€ par mois.

   60 ans...

Le premier finit tout juste de rembourser son appartement à Robinson. Il gagne désormais 3500€ par mois, mais 1000€ par mois sont partis dans les mensualités tout ce temps, et il doit encore bosser 7 ans pour toucher une retraite ridicule, dans un cadre de vie devenu invivable. D'une certaine manière, par rapport à ses autres collègues, il a eu de la chance. La moitié d'entre eux ont été virés passé 50 ans.

Le second, sa maison remboursée, il a épargné par la suite 400 000€ en immobilier/or... Il part à la retraite. Il fait son potager, son bois, et aide ses enfants à s'installer, et à leur restaurer chacun une maison...

etc etc...

A votre avis, qui a fait le bon choix ?

Le mensonge du ponzi éducatif, comme quoi faire des études vaut mieux en pratique que de ne pas en faire, tient encore parce que dès qu'un gamin a 2 neurones branchés et montre une vague motivation, on le pousse aux études. Les filières pro étant encombrées de tous ceux jugés incapables... Alors forcément, ça crée un énorme biais statistique.

Et imaginez plutôt qu'un gamin bien éduqué, motivé, décide de choisir une carrière professionnelle, et le boulevard qui s'ouvre devant lui, surtout avec le bas niveau de la concurrence que le système lui impose...

Mais pas d'inquiétudes à se faire... Progrès et modernité ! Le déracinement ou la mort ! Babel vaincra !   

32 commentaires:

  1. Bon sang, c'est tellement vrai !

    Belle synthèse en tout cas.

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  2. Excellent billet, c'est exactement comme ça.

    Ce n'est pas la première fois que je me le dis, si j'avais fait un CAP pour être plombier, soudeur ou pâtissier je suis CERTAIN que j'aurai bien mieux gagné ma vie.

    Et encore, votre exemple est vraiment très prudent ; en réalité si votre menuisier présente bien, est sérieux et motivé il créer son entreprise à 37 ans et gagnera beaucoup plus.

    Hé oui j'ai moi-même eu la chance d'avoir des parents bobos-enseignants-gaucho-chrétiens, ça m'a puissamment aidé à rester dans la filière études-salariat bidon...

    Mais mon fils ne tombera pas dans le même piège (sauf si manifestement ça lui convient bien, il y en a qui s'y sentent bien et y réussissent mieux), j'y veillerai.

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  3. La plus grande erreur de ma vie est d'avoir perdu du temps à la fac... Je n'ai pas obtenu de diplôme en plus...
    Après pas mal de galères et approchant des 30 je me forme pour une reconversion.

    Si je devais avoir un gamin, je l'inciterais plutôt à suivre une filière courte qui mène à un métier porteur.

    Par contre je suis étonné que tu ne parles que de la perte d'argent. Comme si le but de la jeunesse était d'accumuler du pognon...
    Non le problème c'est de perdre du TEMPS dans des études qui ne mènent à rien... En plus entre nous l'ambiance de la fac c'est de la merde. On déconne beaucoup plus en usine ou sur un chantier je trouve !

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  4. Comment expliquer ce mépris pour les métiers manuels/techniques ?

    - Snobisme (pseudo) intellectuel: "ceux qui ne font pas d'études sont des cons"
    - Beaucoup de femmes dans l'enseignement et l'orientation: la plupart des femmes méprisent les métiers manuels et techniques (dans les filières courtes liées aux métiers de l'industrie les femmes sont pratiquement absentes)
    - La tertiarisation de l'économie
    - La plupart des métiers manuels sont usants physiquement

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  5. J'allais te dire de nuancer que oui mais quand même il faut des ingénieurs pour nos grandes entreprises. Mais avec ce qu'il sait passé hier....
    Les collabos continuent de vendre le pays méthodiquement et les moutons se laissent dépecer tranquillement, du moment que l'équipe nationale fait le spectacle sur le gazon brésilien. Jolie concordance de dates, au passage.

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  6. J'ai vu des gens sombrer dans la pauvreté, et habiller ça d'une idéologie genre "refus du consumérisme, j'assume le retour à la nature" alors qu'en réalité, ce n'est qu'une justification à postériori : ils n'ont pas les moyens de se payer autre chose qu'une yourte.
    Aujourd'hui, le niveau d'étude baisse à cause du début d’effondrement civilisationnel... mais on va justifier que c'est plus mieux de faire moins d'études parce que gnagnagni, gnagnagna ...
    lol

    Ceci dit, je suis d'accord. J'ai fait une règle de trois entre mon salaire en 2000, mon salaire en 2013, et le prix de l'immobilier aux même dates, dans les grandes villes. J'ai constaté qu'il ne me servait a rien d'épargner (ni de gagner beaucoup) puisque je perdais en pouvoir d'achat au fil des ans ...
    travailler plus pour gagner plus comme y disait l'autre excité !

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  7. les études c'est valable si le domaine ou il y aura du boulot dans cinq ans (pour un bachelier, 15 ans pour un collégien) avec des grosses paies plait au jeune, sinon faite autre chose. et restez loin des grandes villes.

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  8. Presque parfait comme résumé. Il faut juste remplacer " faire des études à la fac de droit" par " faire des études à la fac de sociologie" (ou "psychologie", "sciences sociales", etc.). C'est vrai que le mec qui fait droit n'apprend pas à faire grand chose de ses dix doigts, mais, en tant que juriste, au moins il aura les connaissances nécessaires pour empêcher que le menuisier se fasse plumer par plus malhonnête que lui... et si il a une mentalité de requin, il fera avocat et gagnera tout plein de sous :-)

    Par contre le mec qui a fait sociologie comme un bon garçon, lui, ben il l’a bien profond...

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    1. Sauf si tu t'appelles Soral. :))

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    2. Etant passee par des etudes de Droit (Bac +5), je tiens a nuancer un peu (beaucoup). Il y a enormement d'etudiants en Droit, y compris en niveau Master, pour, finalement, pas tant de debouches que cela.
      Beaucoup de jeunes avocats sont au Smic, et pas seulement ceux de province.
      Le Droit est un domaine sur-sature qui n'est a recommander uniquement si la personne sait precisement ce qu'elle souhaite faire a l'issue des etudes, et qu'elle opte pour une specialite porteuse. (pas evident la non plus, parceque les choses peuvent evoluer vite, beaucoup d'etudiants s'engouffrent dans les specialites dites porteuses a un instant T, et qui, du coup, ne le sont plus quelques annees apres).

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  9. Description très juste. C'est juste dommage que ce blog n'existait pas AVANT que j'entre à l'université comme un con...

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  10. Pour le coup du menuisier j ai l ex de ma femme qui une fois menuisier c est empressé de rentrer à EDF Résultat il a tout fait comme disco sauf que EDF C est mieux pour gérer le potager qu un boulot de menuishier payé au Smic

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    1. C'est ce que j'allais dire. Tonio nous dit pour le menuidiser :
      "Le second, trouve du boulot, et commence à 1500€ par mois"

      Tu ne connais pas l'état de l'emploi pour les menuisiers. Y'a pas de boulot. Le peu qu'il y'a est très mal payé. De ce que je connais autour de moi, les métiers manuels qui payent un peu : serveur, mécanicien "poid lourd", maçon, couvreur. Quand je dis un peu c'est débutant à 1300 net, 1500 après 5 ans, 1800 après 10 ans.

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  11. Un concurrent instruit ma dit qu'il pousse ses enfants à l'instruction pas pour un métier mais pour ne rien à avoir se reprocher.

    Avant un bon diplômé c'était pour avoir le bagage pour passer les concours de la fonction publique maintenant j'ai l'impression que cela sont tous chez ikea . ( pas besoin de détailler)

    J'ai l'impression également que les artisants sont en concurrence avec le fait soit même et la baisse des salaires d'apprenti ou de 1er boulot dans de grande structure qui vont les motiver à ne jamais vouloir/pouvoir s'élever.

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  12. J'ai de plus en plus de plaisir à lire vos billets, celui ci me touche particulièrement. J'ai un bac+3, ai bossé dans la finance, puis l'immobilier, puis le pharmaceutique.

    Il y a 8 ans, j'ai quitté la région Lilloise pour une contrée moins frappa dingue qu'est la charente maritime, je suis retourné à l'école, pour passer un CAP de plomberie et me suis installé.

    Il me reste deux ans à payer pour la maison de 170 m², un peu plus de 300 euros/mois. Les temps sont durs depuis 2 ans, les clients se font rares, une 50 aine d'heures par mois fournissent finalement l'équivalent d'un smic (avec du matos revendu).

    Ca me laisse pas mal de temps libre, pour mes enfants, ou pour la plage à 5 minutes en vélo, enfin, tout ça pour dire que le monde est branque, et que les tamponne papiers vont gravement souffrir de ce qui se prépare. Juste retour, finalement

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  13. Oui, t'as parfaitement raison : les citadins instruits, c'est tous des cons.
    C'est ça, mon garçon...

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    1. Non, tout simplement des intellectuels...

      Haro sur la base.

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  14. Tonio j'aime bien tes exemples, mais niveau prix et capacité d'achat tu es à l'ouest...

    A 37 ans, après plus de 15 ans de travail, le bac+5 et sa nana de même niveau ont réussi à mettre de coté au moins 80 K€ à 2... et dans 50% des cas, papa et maman ont rajouté 15%. Donc un crédit de 15 ans suffira pour rajouter les environs 100 K€ restant.

    Du coup, ils peuvent même taper sur du 100m2...

    Pour le salaire, après 15 ans d'expérience avec un bac+5 et sur Paris, 2500 € net c'est inconcevable... dans 85% des cas, ce profil avec cette expérience, se trouve minimum à 3000 € net...
    Que ce soit moi ou beaucoup de collègues, anciens amis, bac +4/5 que ce soit fac ou école de commerce, à 30 ans, on tourne tous entre 2500 et 3500 € net sur Paris hors prime, participation ou PEE

    Après je dis pas que dans 20 ans, ce que tu décris pourrait être le cas en France...

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  15. Depuis quelques temps, je n'entends plus parler du nombre de jeunes qui trouvent du boulot après la fin de leurs études. Qqun à des infos sur ce point ?

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    1. Le dernier article qui en parlait la semaine dernière, on est passé de 12% de jeunes au chômage après quelques mois à la sortie de leurs bac+4/5 à 16%.

      Et surtout des salaires en baisse en euros constants

      http://www.challenges.fr/emploi/20140617.CHA5086/salaires-en-baisse-pour-les-jeunes-diplomes-des-grandes-ecoles.html

      Pour ceux qui sont dans ce cas comme moi, cela est facile à remarquer.

      Dans mon poste, les salaires à l'embauche n'ont pas bougé depuis 2007/2008...

      Alors que l'immobilier à pris 20%, l'imposition 10%, et les produits de la vie courante 10/20%

      Génération sacrifiée ? :o

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    2. Non, pas génération sacrifiée. C'est la génération des baby-boomers qui était une génération dorée.
      Là on connait d'une part un retour à la normale, et d'autre part on se farcit les "déchets" laissés par ces baby-boomers : dette, pollution et environnement dégradé, centrales nucléaire en fin de vie, pays déconstruit et soumis à l'Europe, etc.
      Si tu préfères, toutes les générations à partir de maintenant seront "sacrifiées".

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  16. Zut ce post ne correspond pas à ce que j'observe autours de moi ... n'en déplaise à beaucoup ...

    Bac+5, plus de 2500 net par mois dans une ville de Province ... La plupart de mes camarades de classes sont dans la même situation (les Parisiens touchent souvent plus).
    On est peut être dans un domaine porteur ? tous scientifiques: mécanique, énergie, environnement, nouvelles technologie, chimie, audit et conseil ...

    Dans les autres domaines ? Quelques exemples de jeunes diplômés dans mes connaissances
    Bac+5 commerce international > 1800 euros
    Bac+4 en droit des entreprises > 2000 euros
    Bac+5 en art et culture française + concours fonctionnaire > 1800 euros
    Bac+5 en traduction et interprétation > 1900 euros

    Un point commun : la capacité de bouger et de parfois traverser la France pour aller là où il y a du travail ...

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  17. Les études ça ne sert pas seulement à gagner plus que le voisin... c'est d'abord et avant tout pour ne pas rester neuneu toute sa vie, savoir se servir de ses neurones, acquérir un minimum de culture et des connaissances, bref devenir quelqu'un d'un peu raffiné et civilisé qui développe son potentiel d'être humain.

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  18. Thèse inverse ou complémentaire c'est selon : http://www.internetactu.net/2014/06/17/travail-et-automatisation-la-fin-du-travail-ne-touche-pas-que-les-emplois-les-moins-qualifies/

    la déqualification a cause du second age des machines

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  19. Belle fiction effectivement. On pourrait en faire un TV feuilleton sur France3 :)
    Mais faut étayer de chiffres, car c'est très loin de de ce que j'ai pu voir. Peut-être parce que celui qui la raconte fait partie des personnes ayant fait des études, qui en tire un bon salaire mais qu'il idéalise les "autres". L'herbe est toujours plus verte ailleurs dit-on.





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  20. Le sujet de math pour le bac S est trop dur :(
    Et l'année prochaine on constatera, tout étonnés, que la France recule encore dans les comparatifs d'éducation entre les pays.

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  21. Moi : 5 ans d'études, ingénieur, ai sacrifier 5 ans de ma vie amoureuse, sociale et familiale pour un job à 800 bornes de chez moi avant de me faire virer suite au rachat de la boite, aujourd'hui dans une grande ville à 400 km de ma famille, 10 ans d’expériences, au plus bas de l’échelle de mon entreprise. Quand je regarde le type de bien immo que je peux me payer, je préfère ne pas y penser. Ma femme : même situation. Nous serons probablement obsolètes professionnellement et donc chômeurs dans 10 ans. Quand à notre retraite...

    Un ami d'enfance : CAP, élagueur salarié, puis a monté son entreprise dans notre village d'enfance . Sa femme, CAP : coiffeuse salarié, puis à monté son salon de coiffure dans le village. Propriétaires d'un immense longère à 200 mètres des parents. Ce sont aujourd'hui des notables du village. Dans 10 ans ils ne feront plus que de la gestion comptable et salariale de leur entreprises et quand il souhaiterons prendre leur retraite ils revendront et empocherons le pactole.

    Les exemples comme cela sont légions. Et encore, moi et ma femme avons la chance d'être dans des secteurs dits "porteurs".

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  22. Courtier en refinancement sur paris , je vois passer les vrais revenus Imposables. La description de Tonio est d'une justesse impitoyable . ( N'oublions pas les impôts)

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  23. Les 2 personnes les plus riches de mon entourage sont l'un charpentier souvent +10 000/mois (à son compte + 1 employé), et l'autre chaudronnier/soudeur (à son compte + 3 employé), tous les 2 ont commencé comme apprenti et sont propriétaire autour de Toulouse de maison de + 200m2 avec piscines personnalisée, dépendance... pourtant autour de moi j'ai des ingénieurs, des fonctionnaires de hauts niveaux, de nombreux cadres du privé... bloqué à Paris dans des 3 pièces au mieux... loin en salaire et qualité de vie...

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  24. Tout ceci est fort juste, en remplaçant toutefois la menuiserie/ébénisterie (qui fait rêver, mais qui ne rapporte plus rien) par des métiers d'artisanat, manuels, plus porteurs : boulangerie, pâtisserie, ajusteur, plomberie, plus les métiers déjà mentionnés plus haut. A condition toutefois que le gosse ait un minimum de cervelle, et de préférence qu'il aille voir les Compagnons, histoire d'apprendre avec les meilleurs et de se chopper un réseau qui vaut tout l'or du monde. Et comme tu le rappelles, ce sont les cassos même pas capable de suivre une scolarité au collège (en 2014 !!!) qu'on envoie en CAP, et qui eux galèreront au SMIC. Ca fausse complètement l'évaluation.

    Un autre biais dans ton raisonnement : tu postules que les deux gosses viennent d'une petite ville, avec leur famille enracinée dans le même coin. Dans la pratique, c'est plutôt l'exception que la norme. Pour les générations X et Y déjà, la norme c'était plutôt de voir les grands-parents une fois par an les meilleures années (le reste de la famille on en parle même pas) : rupture du lien générationnel, rupture de la transmission. Nos propres parents (la génération X) n'ont même pas conscience de cette rupture et n'ont jamais fait le moindre effort pour nous transmettre quoi que ce soit.

    Tu postules aussi que la famille de ton gosse menuisier dispose d'un solide bon sens populaire, cette intelligence pratique qui fait si souvent défaut à des gens comme moi capable de résoudre des problèmes de mécanique quantique pointus et de comprendre des maths accessibles à moins de 0.1% de la population. Bref, des reste de la common decency si chère à Michéa. Dans la pratique, on sait ce qui en est. Suffit de faire des chantiers l'été ou de bosser un peu comme agent de sécurité de nuit pour être fixé sur ce point.

    Nous, on sort à 25-26 ans dans le meilleur des cas de la fac armé d'un master totalement inutile sur le marché du travail, arraché de haute lutte, et dévalorisé en terme de contenu et de savoir par 40 ans de massacre de l'université. Pour quel avenir ? Un mcjob.

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    1. Il est rare que je sois a 100% d'accord avec un commentaire, mais la, c'est le cas. Excellent resume de la situation.

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  25. Tout à fait d'accord avec cet article !
    Je me permets de rajouter une autre situation basée sur mon exemple personnel.
    Ado, ma mère, toujours pleine de bon sens, voulait me pousser à faire un apprentissage en boucherie (dans les années 80). A l'époque déjà, les voies professionnelles étaient surtout faites pour accueillir ceux qui suivaient déjà mal en collège, ce qui n'était absolument pas mon cas étant plutôt tête de classe. Je me disais pourquoi pas, mais pas de chance, je suis tout le contraire d'un manuel, et je me voyais déjà couper des morceaux de viandes à longueur de journée, ce qui n'était tout de même pas un truc qui me faisait rêvé.
    Du coup, j'ai continué mes études jusqu'à bac+4 en fac de sciences, avec l'idée que prof, ça pouvait être un bon plan quand je pensais à tous ceux qui galéraient autour de moi, qui se retrouvaient ingénieur dans une grande ville puante, etc.
    Oui, j'ai choisi l'enseignement pour avoir du temps libre.

    Petite parenthèse, surtout ici avec quelques lecteurs populistes qui n'hésitent pas à en foutre plein la gueule aux "branle-rien" de fonctionnaires. Avant de critiquer tel ou tel métier, je les invite cordialement à gérer une classe en lycée pro pendant une semaine, avec des CAP post SEGPA bourrés de cas sociaux (non, ce n'est pas péjoratif, juste le triste constat de la réalité) et d'inadaptés, voire de psychotiques, sous traitement psy, de dépressifs (j'ai eu 2 tentatives de suicides en classe en 14 ans de carrière, ça fait pas beaucoup; remarquez, il y en a un qui s'y était repris à 3 fois...).
    Bref, il y a une charge mentale extrême que je compare à un ami infirmier psy, qui bénéficie de beaucoup de journées de récupération, parce que "à force de passer des journées entières avec des fous, si je fais pas régulièrement un break, c'est moi qu'on va enfermer!". Donc, oui, il y a des vacances. Pas mal. Heureusement.

    Parenthèse fermée.

    Voilà donc, à propos du temps libre, au début j'étais hyper déçu parce qu'en fait, je faisais facilement mes 39h comme les autres. C'est vrai qu'avec l'expérience et une capacité à optimiser mon travail pour rester efficace sans faire des choses inutiles, ça a baissé avec les années, me laissant l'opportunité de faire pas mal d'autres activités.

    J'ai vite calculé que si je restais dans une grande ville, ça allait être la galère. J'ai donc fini par être muté dans une petite ville de province, et j'ai acheté une maison à la campagne que j'ai retapé tranquillement à moindre frais, tout en plaçant des sous sur un PEA. Tranquillement.

    Donc le problème n'est pas forcément de faire des études ou pas, c'est de savoir optimiser sa vie. Même un informaticien peut trouver du boulot dans une petite ville. Certes, il sera mal payé, mais voyez les autres avantages, de la qualité et du coût de la vie.

    PS: sinon je confirme que 80% des gamins qui sont dans une voie pro (quoiqu'il y a de grosses différences entre les filières) sont là par défaut et sont donc bien incapable de s'insérer dans le métier qu'ils font. Dommage pour ceux qui sont là par choix et qui ont des capacités, parce que forcément, le niveau moyen est bien en dessous de ce qu'il faudrait.
    Je vous parlerais des évaluations et de la réalité d'une note et de ce qu'elle représente vraiment en terme de capacités une autre fois...

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