lundi 24 novembre 2014

La Sainte-Alliance klepto contre le peuple décent

Le système d'aujourd'hui tel qu'il se met en place dans les pays impériaux (ie à déficit commercial massif) que sont les USA et la France est diabolique.

Ce système a réalisé la jonction d'intérêt entre les deux extrémités de la population : lumpen prolétariat subventionné d'un côté (qu'on importe d'Afrique par millions au besoin, ou qu'on fabrique par l'écolo-gôchisme) + bureaucratie papy boomesque + riches proprios du capital versus population ouvrieuse et productive.

En bref, pour simplifier: le parasite de la rente contre l'hôte qui le nourrit.

Ce consensus social, jamais explicité au demeurant est extrêmement puissant pour permettre au status quo de se maintenir.

Plus j'y pense et plus je me dis que l'ancien régime est tombé du fait qu'il n'a pas su réaliser cette jonction et qu'il manquait l'autre bout du lumpen prolétariat aux forces au pouvoir pour se maintenir. L'opposition était trop criante.

Extrait d’une conversation entre Colbert et Mazarin sous LOUIS XIV, Extrait du « Diable Rouge » : Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…

Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’Etat… L’Etat, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.

Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

Mazarin : On en crée d’autres.

Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.

Mazarin : Oui, c’est impossible.

Colbert : Alors, les riches ?

Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.

Colbert : Alors, comment fait-on ?

Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d’un malade) ! il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus !
Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…
C’est un réservoir inépuisable.

Regardez l'évolution des revenus par décile sur 10 ans en France :


A l'instant même sur BFM Business, j'entends que le pouvoir, via un rapport franco allemand, commence à dire qu'il faut bloquer les salaires.

Comme si le problème, c'était les revenus nets dans un pays qui me ponctionne 70% de mon super brut et dont un tiers des revenus des gens sont de l'argent gratuit ponctionné aux autres (sans parler du coût de la bureaucratie) :

(Part de la dépense publique dans le PIB. Aujourd'hui, on vient titiller les 60%)

Idem sur BFM Business, ils se plaignent que les banques ne prêtent plus aux PME. Bien sûr qu'elles ne prêtent plus. Investir dans une PME est ultra non rentable. L'économie productive réelle est ponctionnée jusqu'à l'anémie pour maintenir la rente.

Il faut absolument sauver la crédibilité de l'État pour pouvoir maintenir sa capacité à s'endetter afin de continuer la distribution d'argent gratuit à la bureaucratie, aux papy boomers retraités de cette même bureaucratie, et à l'immigration la chance. Il faut également dans le même ordre d'idée empêcher l'immobilier de tomber. Tout cette dette assise sur du rien produit de la monnaie qui permet de faire tourner la machine à distribuer des revenus non gagnés. La taille du stock de dette grossissant, il faut ponctionner toujours plus l'hôte pour en maintenir la crédibilité (le "crédit").



cf encore le dernier article de Charles Gave, sur la monnaie, qui rejoint les positions de Bertez, expliquant que l'invariant, désormais, ce n'est plus la monnaie, mais le prix des actifs.

Tout ça fait sens, fait corps. C'est un tout.

La rente, le prix des actifs, tout est devenu too big to fail.

Le parasite doit saigner toujours plus l'hôte pour arriver à se maintenir à sa taille disproportionnée. Se faisant, il désincite toujours plus l'hôte, le fragilise de plus en plus. La croissance disparaît.

Et même si je ne conteste pas les problématiques de peak everything, on voit bien qu'on nous agite désormais devant les yeux une impasse politique, en nous mettant en avant les écolos gôchistes non-croissantistes pour essayer de justifier politiquement la disparition de la croissance afin d’entériner la continuation de la grande spoliation de tout ce qui travaille et produit.

L'issue est évidente. Comme Gave ou Bertez la pressentent très bien également. Le parasite finira par tuer l'hôte. Dans une énième resucée de tentative communiste faillie, ie la spoliation totale des productifs par la sainte alliance des peigne-cul, des gueulards et des rentiers.

Car in fine, tout revient toujours à ça : qui travaille gratuitement pour qui, ou dit autrement, qui est l'esclave de qui ? Ça vaut en politique intérieure comme dans les rapports entre nations.

4 commentaires:

  1. Ta phrase conclusion résume toute la problématique.

    C'est tellement simple, historique, lié à la nature humaine... qu'il est stupéfiant que cela puisse échapper à tant de personnes (qui en plus, suprême ironie et machiavélisme du Système 2.0... se sentent LIBRES).

    Pour le reste un bémol : je pense plutôt à l'extrême modernité de Atlas Shrugged. En clair, ce n'est pas le parasite qui va nous tuer. C'est nous qui allons lui faire la peau.

    Cette idée, là encore très simple, évidente, commence à faire son chemin

    C'est la rapine et la dette, c'est à dire notre servage, qui permettent au parasite de tenir... Si nous commençons à faire la "grève"... alors game over.

    Implosion.

    Notre salut est dans la faillite. Il suffit d'accélérer un peu l'entropie.

    Pour peser sur les recettes :
    -expatriation
    -baisse revenus, consommation, investissements

    -et tout faire pour tirer sur les dépenses : arrêts maladies, tourisme médical, subventions etc.

    .... et ce afin de maximiser l'effet ciseau.

    Le pognon volé (via taxes et dettes) c'est l'oxygène du parasite. Il suffit de l'asphyxier en fermant le robinet.

    RépondreSupprimer
  2. Il y a un débat récent qui traine sur le net entre Zemmour et Mélenchon (malheureusement pas le débat entier). Ca s'échauffe pas mal sur des petites phrases mais il y a un passage très intérressant ou JLM lui reproche de s"attaquer AU COEUR DE LA FRANCE QUI EST 1789, LA REPUBLIQUE.
    Ce à quoi EZ répond que la France n'est pas 1789 mais qu'elle est vieille de 15 siècles, référence à la phrase de De Gaulle, l'Histoire de France commence avec Clovis.
    Mélenchon est aggressif mais de bonne foi, son logiciel c'est 1789.

    Dans un autre passage, EZ dit "moi je veux éviter la guerre civile". Or c'est justement un des reproches qui lui est fait, c'est de taper un peu trop fort sur les immigrés ou français d'origine immigrée pour pousser à la guerre civile. Preuve que EZ a conscience de l'impact de son livre et de qu'il se dit sur les médias alternatifs.

    RépondreSupprimer
  3. C'est une des composantes du problèmes. L'alliance de l'hyper classe hors sol nomade à la Attali et du lumpenprolétariat sous tittytainment. Et c'est même un grand classique de la SF dystopique (rien qu'en BD francophone : cf l'incal, SOS bonheur et la guerre éternelle).

    Ce sont des choses que certains libéraux comme Gave comprennent très bien. Par contre leur logiciel mental n'est simplement pas capable d'entrevoir l'autre composante : les banques, la servitude par l'endettement, l'argent dette. Bertez et Sannat eux pigent tout. Et demande à Yoanande qui lui est carrément en train de piger la dynamique et d'en identifier le moteur, à la suite de Giraud, Jancovici et Roddier.

    Pour rappel (tu as déjà posté tout ça me semble) :

    https://www.youtube.com/watch?v=CNJzNXio6FE
    https://www.youtube.com/watch?v=ez2ohIhtX0k
    https://www.youtube.com/watch?v=kgA2-bWXSN4
    https://www.youtube.com/watch?v=c9jfU6q2GpM
    https://www.youtube.com/watch?v=YMOFBioFNvc

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/02/04/114-la-revoltante-histoire-de-la-pretendue-reserve-federale-americaine

    « Si je suis descendu, je ne regretterai absolument rien. La termitière future m’épouvante. Et je hais leur vertu de robots. Moi, j’étais fait pour être jardinier. »

    RépondreSupprimer
  4. Comment s'est faite la jonction entre groucho et lumpen ?
    Sur le dos des autres, pardi !
    C'est ça, le miracle de la mondialisation.

    Le grand perdant de tout ça, ce sont les peuples des pays dont nous pillons allègrement les ressources (pardon, nous les achetons au prix du marché et ils recyclent leurs capitaux... chez nous, dans des actifs bidons - j'appelle ça du pillage).

    Tout ce bordel tient parce que les élites locales sont formatées à notre pensée. Ce sont des élites compradore.
    Mais le jour où elles prendront leur destin en main (parce que je doute qu'un jour leur peuple le fasse ; même le Venezuela a échoué) ça va piquer très fort chez nous.
    Cela dit, le monde des illusions, ça peut durer un certain temps...

    RépondreSupprimer

Si votre commentaire n'apparaît pas tout de suite, c'est normal. Il doit être validé avant publication.