vendredi 30 janvier 2015

Libéralisme et frontière

J'avoue en avoir assez d'entendre des gens se dire libéraux et vanter l'immigration et la liberté de mouvement des capitaux.

Pour moi, le libéralisme, ça consiste, en gros, à voir l'économie comme un écosystème vivant et fragile (l'écosystème des hommes), à le laisser évoluer naturellement et à laisser les équilibres naturels se former par les mécanismes de marché. Les étatistes, eux, s'imagineront plutôt une machine sur laquelle on peut tirer des leviers et ouvrir/fermer des vannes.

Ce n'est pas le libéralisme et la démocratie qui permettent la paix et l'État de droit. C'est l'inverse.

Et je commence à en avoir assez d'entendre ces défenseurs d'un libéralisme dégénéré dévoyer les concepts. On notera d'ailleurs que tous ces "libéraux" sont très souvent au service de la classe kleptocrate.

Un marqueur qui ne trompe pas pour les reconnaître d'ailleurs : ils ont tous peur de la déflation-qu'elle-est-le-mâââl et applaudissent au bailout de 2008.

Il n'y a de libéralisme possible que dans un espace cohérent, partageant des valeurs communes et des lois communes.

Dans ces espace clos, on peut organiser la société de sorte que l'État soit minimal et que l'écosystème humain s'épanouisse.

   L'immigration

Cet écosystème des hommes va en premier lieu trouver un équilibre entre les 3 facteurs de production : le travail, les ressources naturelles et le capital.

Les groucho libéraux justifient l'immigration au nom de la liberté des individus de circuler. C'est grotesque. Il n'y a aucune liberté de circuler. Il y a 4000 millions de miséreux sur cette planète (et l'occident fait bien ce qu'il faut pour que ça ne s'améliore pas en ramenant régulièrement des pays entiers à l'âge de pierre), et seuls 2 viennent chaque année chez nous (Amérique du Nord + Europe). Pour les 3998 autres, ils n'ont pas le droit de venir.

L'immigration c'est comme si une main interventionniste faisait une injection permanente dans l'écosystème clos, injection qui détraque l'équilibre naturel et l'empêche de se former. Naturellement, ceci se fait au détriment du facteur travail qui subit cette modification des rapports de force en sa défaveur, et au profit des rentiers et des kleptos.

Qui plus est, l'importation industrielle de gens pauvres intellectuellement et matériellement, et de cultures semi-communistes, pousse à toujours plus de socialisme.

Enfin, cette immigration qui fait qu'on se retrouve de plus en plus avec plusieurs peuples sur la même terre, et qui balkanise la France, rend de plus en plus impossible un libéralisme authentique, alors que les tensions et inégalités communautaires poussent de plus en plus vers un État totalitaire.

Le libéralisme n'est pas une sorte de formule magique applicable partout et tout le temps. Il nécessite des conditions de société particulières, et une société relativement cohérente pour permettre que chacun vaque à ses intérêts. Sans socle commun, sans peuple véritable et cohérent, le libéralisme est impossible.

Donc pour résumer très simplement, soit les libéraux qui applaudissent à l'immigration sont des cons, soit ils sont des traitres.

   La liberté de mouvement des capitaux

Sur ce point là, je vous renvoie à un post précédent : Les contradictions de Bastiat : libre échangisme et liberté de mouvement des capitaux sont incompatibles avec le libéralisme

Liberté de mouvement des capitaux et libre échangisme ont un effet essentiel : l'échappement à l'impôt des hyper riches (individus ou entreprises).

Libre échangisme et liberté de mouvement des capitaux aboutissent logiquement à la restauration de l'ancien régime, à ceci près que les marchands qui l'ont promu ont remplacé l'ancienne noblesse d'épée.

Par ancien régime, il faut comprendre prise de pouvoir par une petite classe aristocratique privilégiée. Privilégiée au sens où elle échappe à l'impôt (ce qui est le cas), et dont le pouvoir se transmet héréditairement (ce qui est le cas, vu que leur pouvoir provient de leur fortune, transmissible).

Mais surtout, loin de contraindre par la concurrence fiscale les États dispendieux, la concurrence fiscale, le fait que le capital mobilier et les marchandises circulent sans contrainte, aboutissent à ce que l'hyper fiscalité ne repose plus désormais que sur les 30-99,9% de la population, enracinée par nature (dont le patrimoine est immobilier et les revenus issus du travail), et qui se voit de plus en plus massacrée d'impôts. Pour le plus grand plaisir des plus riches qui voient dans cette hyper ponction le moyen d'empêcher toute ascension nouvelle par le mérite qui pourrait venir contester leur nouveau statut d'aristo.

Et donc, à moins que aristocratie et libéralisme soient compatibles, j'en déduis le théorème de Disco :
liberté de mouvement des capitaux = ancien régime

Notez que dans les médias, hormis quelques-uns comme Charles Gave, tous les "libéraux" qui s'expriment sont des défenseurs systématiques de la kleptocratie sus-citée. Je n'y vois pas un hasard. Le libéralisme authentique est la seule voie de sortie par le haut pour le peuple méritant et pour aboutir à une démocratie d'hommes libres et décents. Associer systématiquement dans la tête du peuple libéralisme et kleptocratie, faire du libéralisme une sorte de doctrine au service des ploutocrates et systématiquement en défaveur du travail, est le meilleur moyen pour le système d'éloigner le peuple de la vraie solution.

Et donc, j'en appelle aux libéraux et à ceux qui se revendiquent de ces idées là. Si vous êtes sincères et que vous n'êtes pas des faux-nez des socialistes, si vous voulez réellement que vos idées s'imposent et que le peuple vous suive, vous n'échapperez pas à une réflexion sur la frontière !

8 commentaires:

  1. Salut disco,
    juste pour signaler, dans ta liste de liens, que yoananda a supprimé son blog, et ria novosti a changé de nom.
    @+

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  2. en effet, un beau cas est celui de laurence parisot. depuis qu'elle n'est plus au medef, je l'écoute donner son opinion parfois sur rtl. Et là on se rend très vite compte qu'en réalité cette femme est une socialiste libertaire.

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    1. Effectivement, et d'ailleurs pourquoi les médias diffusent-ils les commentaires sans intérêt de Mme Parisot ? A quel titre parle-t-elle puisqu'elle n'est plus représentante du Medef ? Elle a une communauté de fans, elle écrit des best sellers ? Non. J'en viens presque à penser que la seule raison de lui tendre le micro est justement ceci : "cette femme est une socialiste libertaire".

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  3. La posture libérale que tu défend est également la position défendue par Maurice Allais. A lire, pour ceux qui ne l'ont pas lu, "Le Piège" de Sir James Goldsmith écrit en 1993, qui annoncait très clairement la rupture sociétale qu'allait entraîner l'ouverture à tout vas. Comme tu le soulignes, l'économie est un écosystème fragile. Il ne faut pas s'étonner de la progression continue du chômage dans une pluto/kleptocratie, où règne désormais un capitalisme de connivence estampillé soit "libéralisme" par certains, soit "ultralibéralisme" par d'autres (je ne vois pas comment cela est possible quand le mammouth étatique ponctionne 58% du PIB...).

    Cordialement,

    Martin

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  4. Maurice Allais, excellent ce type.

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  5. Très bon billet, qui résume bien le grand problème du courant libéral. Un schisme latent entre libertaires et liberaux conservateurs, si l'on peut se risquer à une caricature.

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  6. Ta posture libérale me plait beaucoup. Je me suis longtemps cru anti-libéral (et même anti-libéral primaire) avant de lire Goldsmith, Allais, François de Closet et Alain Peyrefitte, Aron.

    Ta grille de lecture est très intéressante, toutefois je pense que tu passes encore à côté du problème central de l'Etat qui est celui de toutes les techno-structures trop complexes (les bureaucraties centralisées, les grandes entreprises, la syndicratie) : le manque de résilience aux chocs externes. C'est d'ailleurs tout l'enjeu du dernier numéro d'un des hors série de l'excellente revue Diplomatie (à compléter avec la non moins excellente revue Conflits). En période de crise (catastrophe naturelle, effondrement économique, attaque terroriste), les peuples, et surtout les peuples enracinés, font preuve de bien plus de résilience que les Etats et les grandes entreprises.

    Ainsi Gave serait bel et bien un libéral authentique et non un néo-libéral kéké à la Contrepoints ou à la h16. Sa réflexion a sans doute évolué, mais la dernière fois que je l'ai lu il partageait encore un grand nombre de tabous avec les "libéraux" de seconde espèce (y compris une croyance à la corne d'abondance, une certaine naïveté en ce qui concerne l'énergie, et le fondamentalisme de marché).

    Ca fait plaisir de voir que tu redeviens actif. Comment va ton potager ?

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